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EAN : 9782960223507
250 pages
Éditeur : Auto édition (06/12/2018)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 43 notes)
Résumé :
"Mes erreurs sont tout ce qu'il me reste" - Ciwen

L'horreur et la violence côtoient la féerie et la beauté. La magie et les combats forgent la réalité au jour le jour. Tandis que les légendes et mythes résonnent dans l'inconscient collectif comme des promesses d'un jour meilleur, telle la mystique Roche Des Ages que Ciwen, un mage de foudre, recherche désespérément.

Dans une existence où le macabre est un lot quotidien.. Quel est le sen... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (40) Voir plus Ajouter une critique
Soukiang
  08 février 2019
Si je vous dis Dark Fantasy, cela vous inspire-t-il quelque chose ?
Sans être un adepte ou lecteur rôdé du genre, je me suis laissé d'abord embarqué dans un univers sombre et violent, proche de l'apocalypse, dans les entrailles d'une planète à l'agonie, la lumière est perçue presque comme un sacrilège, autant le dire d'emblée, l'auteur n'y est pas allé de main morte (sans jeu de mots), dès le prologue, dès le premier chapitre, j'ai fini par être envoûté dans cette imagination débordante, au fil des chapitres suffisamment étayés, j'ai envie de préciser combien cette lecture a été salvatrice, entre deux romans figurant dans un contexte plus "contemporain", il est bon de puiser dans cette mouvance trouble entre le bien et le mal, point de départ et point de distinction que l'on va progressivement en distiller la teneur, cette confusion et amalgame de ces notions s'inscrivant comme le fil conducteur d'une histoire de toutes les imaginations, largement abordable pour tout un chacun et finalement irrésistible ...
Vous l'avez compris, il ne sera pas question ni de romance dans le texte ni d'une version soft d'une adaptation de Conan le Barbare de Robert E. Howard (rare incursion en ayant dévoré quelques-uns de ses livres avec les adaptations cinématographiques avec Arnold Schwarzenegger), si le prologue ambitieux pose les bases d'un récit empreint d'une aura énigmatique, rien de moins que la naissance d'un héros dans un no man's land saisissant de réalisme et de frayeur ressenti, une quête de tous les dangers pour le personnage principal, l'univers dépeint repousse les frontières de l'imagination la plus fertile et débridée qu'il soit mais surtout la mise en place d'un univers tout simplement fascinant, cette envie d'en savoir plus et toujours plus autant pour décrypter les nombreux messages sous-jacents qui s'égrènent dans la progression du récit que la découverte de nombreux personnages aux pouvoirs mystiques et aux desseins contrastés.
Cette immersion dans un terreau riche de puissances en opposition, la présence symbolique des légendes sacrées, des parcours du combattant foulant des chemins presque infinis, dans cette enivrante sensation de vitesse et de forces démoniaques à l'oeuvre, le ressenti est palpable, plonger ou replonger dans les mots de l'auteur, c'est prolonger ce plaisir évanescent d'une plume maîtrisée, généreuse pour éprouver la vitalité et l'énergie qui animent tous les personnages, dans cette ambiance oppressante, dans cette incertitude de lendemains, tout est prétexte à traquer des vérités, au milieu d'intrigues politiques et de domination terrestre, que vous soyez dans la peau qui d'un mage, qui d'une fée, qui d'un elfe ou d'un lycanthrope, un seul objectif, survivre !
Il était une fois un héros mythique qui suivait son instinct sauvage et rédemptrice, dans sa quête identitaire, son parcours solitaire va le pousser dans ses derniers retranchements, il va découvrir qu'il existe pour accomplir une mission à haut risque, le roman présente cette particularité de semer le trouble dans la tête de tous les participants à cette aventure hors du commun, le lecteur n'est pas en reste, plus d'une fois, ce sentiment d'être largué pour soulever de nouvelles questions sans réponses, s'il est une chose que j'ai apprise dans toutes les lectures, c'est la patience, pour traquer ou trouver le coupable dans un polar, pour atteindre l'apogée d'une histoire d'amour ou pressentir le destin funeste d'un personnage dans un roman historique, Les Royaumes Démoniaques n'échappent pas à la règle.
Prendre le temps de s'imprégner d'abord d'une atmosphère étouffante, rare sont les moments de plénitude ou de pause, le souffle du démon s'harmonise dans le chaos indescriptible régnant sur ces terres désolés, la forêt magique et étrange fait partie de l'équation complexe, le hasard n'existe pas, tout semble se focaliser dans un passé traumatisant avec ses blessures béantes, ses interrogations éprises de sens cachés, la part ésotérique est abondante, les affrontements sont légion, que l'on soit coutumier de cette fantaisie noire par le biais de la littérature ou de celui des jeux (rôle ou vidéo), une chose est certaine, l'action est trépidante, si le héros se nomme Ciwen, j'ai été littéralement sous le charme d'Olivia, une créature ondine, on l'appelle aussi génie aquatique ...
Ce qui est frappant dans cette histoire, c'est le parallèle avec l'histoire de l'humanité, ces millions de personnes qui ont laissé leur empreinte ou leur ADN depuis la nuit des temps, dans l'exploration des terrains vierges ou défigurés par les nombreux conflits inter-claniques, des valeurs perdurent ou sont trahies, des manipulations comme des mensonges préfigurent des comportements machiavéliques et trompeurs, dans les décisions des politiques sur l'appel à la paix ou à la solidarité de la chaîne alimentaire, dans la recherche optimisée de l'exploitation des ressources disponibles, le gaspillage doit être banni, ce sont autant d'indices non dénués de métaphores avec le monde actuelle, de l'univers Les Royaumes Démoniaques de Christopher Evrard à aujourd'hui, un jour de février 2019, le lien est ténu ...
Pour peu que l'imagination fasse preuve de sensibilité ou de sagesse, la lecture est d'une belle facture, d'un ensemble cohérent et si ce n'est quelques rares égarements, principalement dans les nombreuses sous-intrigues dont la construction prend parfois des intonations insolentes ou sans séparation, il vous faudra alors faire preuve de patience, l'idéal serait donc de ne pas tout lire d'une traite pour laisser à l'esprit le temps de digérer et d'évaporer tous les détails qui ont leur importance dans l'afflux des , de laisser libre court à toute votre imagination, tout est perspective entre le réel et les réminiscences, entre plusieurs niveaux de lecture pour alterner passé et présent, ne vous trompez pas pour les illustrations, au passage d'une influence approuvée et signée Jenny Burgy, forts bien réussies et dans le ressort de la narration en cours avant ou après l'apparition, ce premier tome n'est pas un livre réservé à un jeune public, toute la panoplie des combats avec son lot de cortèges de victimes, tous les impacts ne sont pas factices, les coups portés sont éprouvés, l'effort physique enduré, la souffrance est viscéralement prégnante, dans ce tourbillon improbable et de tous les excès, vous ne serez pas au bout de vos peines.
L'imagination, dit-on, est dans la limite de ce que l'auteur peut en découler, avec sa plume ici, dans la richesse évidente complétée par une lucidité à bâton rompu de tous les tenants et aboutissants de plusieurs récits qui se suivent pour converger peu ou prou, garder à l'esprit que ce tome pose les bases d'une réflexion sur la vie et la mort, l'amour et la haine, la guerre et la paix, qu'est-ce qui pourrait différencier notre histoire de celle issue de Royaumes Démoniaques à travers les quêtes existentielles de Ciwen ou d'Olivia ?
Chaque personnages, qu'il soit du côté du pacifisme ou celle de la force obscure apportent leur lien psychologique, leur crise identitaire comme ce désir individuel de combler les trous, de caresser les rêves d'une vision salutaire d'un monde au bord de l'apoplexie, ces liens de causalité ne sont pas dûs au hasard ou juste à l'impermanence des aléas de l'existence, trouver des solutions de rechange ou des compromis, ériger des barrières et de créer des alliances, tous pour un ou un pour tous ?
Je remercie l'auteur pour sa confiance de m'avoir fait pénétrer son univers passionnant et terriblement accrocheur, j'ai vécu des émotions diverses au travers des personnages de Ciwen et d'Olivia, les Royaumes Démoniaques sont loin de se réduire juste à ces personnages principaux, tout reste encore à vibrer dans les multitudes conquêtes en juxtaposition, comme la toile de l'araignée, la complexité de la toile n'a d'égal que la dynamique amplifiée par une action continuelle et palpitante, l'intensité se mesurant alors au degré d'impact de chaque combat épique, une vision juchant sur des hauteurs vertigineuses et de toutes les surprises, des retournements de situation et des situations anxiogènes complètent le tableau d'envergure d'une saga qui ne fait que ... commencer !
Magie ou alchimie ? Ondine ou Elfe ? Humains ou lycanthrope ? Bien ou mal ? Rationnel ou irrationnel ? Rêve ou réalité ?
A vous d'écrire votre propre histoire, de créer des sorts magiques ou de survoler des zones par les airs, de croiser le fer de votre épée avec des créatures venues des enfers, des entités démoniaques dont le titre éponyme du tome 1 La Roche des Ages n'est pas étranger.
Rien n'est jamais défini ni ne trouve une vérité absolue, pour peu d'être prêt à laisser le surnaturel et l'imagination la plus décomplexée se faire une place dans votre coeur de lecteur, la récompense pourrait s'inviter alors dans votre univers livresque, celui d'élargir votre horizon vers de nouvelles frontières, dans l'inimaginable comme dans la synthèse d'un monde en gestation et dont toutes les valeurs symboliques ou de la mythologie pourraient s'incruster dans les Royaumes Démoniaques de Christopher Evrard (ou Yaverot Smith).
Une auto-édition qui se pare d'une sublime couverture signée Art by Wuika / Jenny Burgy et d'un énorme travail de correction par Loli Artesia.
Bonne découverte !!!
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saigneurdeguerre
  15 janvier 2019
Qui êtes-vous Ciwen, vous dont les plus vieux souvenirs remontent à l'âge de sept ans ? Qui étaient vos parents ? Êtes-vous mage ? Magicien ? Alchimiste ? Sorcier ? Créature démoniaque ?
Vous n'aspirez qu'à la Paix mais votre route est jonchée de cadavres…
Pourquoi cherchez-vous La Roche des Âges ? Oui, pourquoi ? Vous ne répondez pas ?
Après avoir pénétré dans le château de Kaevir et y avoir semé une sacrée pagaille, vous vous êtes retrouvé dans les catacombes salement amoché. Qui est cette Olivia qui s'y trouvait avec vous et vous a, semble-t-il sauvé la vie ?
Seraient-ce les catacombes qui vous ont rendu muet tels les morts que vous y avez sûrement découverts ?


Critique :
Les scènes de combat semblent sorties tout droit de jeux vidéo avec un super méga héros, indestructible (Superman peut aller se rhabiller), grossier, avec la subtilité d'un rouleau compresseur dans un magasin de porcelaine. Il y a très longtemps, lorsque je jouais aux jeux de rôle, un tel personnage serait appelé un « gros Bill ». Mais l'auteur a ainsi conçu son histoire car nous ne sommes pas loin de « dieux » s'affrontant dans un univers que certains voudraient réduire en poussière, mais pourquoi ? Les buts poursuivis par les-uns et les autres ne sont pas clairs.
Quelques invraisemblances : dans les catacombes notre héros, qui ne voit que parce qu'il a une torche, aperçoit à travers « des trous dans la roche une des chauves-souris géantes se faire dévorer par un serpent au moins aussi grand. La créature devait faire dans les vingt mètres de long. » (Page 70). « Aussi grand », 20 mètres pour une chauve-souris, même géante, cela fait beaucoup, surtout si elle vit dans des catacombes…
Tout au long de l'histoire, il y a beaucoup de sous-entendus, sans que le lecteur, lui, ne sache à quoi on se réfère : « Tu te souviens de ce qu'il a fait pour toi, n'est-ce pas ?
- Oui… Dans ce cas j'accepte, sourit Olivia. »
En tant que lecteur, j'aimerais comprendre ce que le roi Soluéral a fait pour l'ondine, Olivia… (Ce n'est là qu'un exemple parmi d'autres.)
Le listing, la vitre, une araignée géante buvant des verres de whisky… des grades tels que lieutenant-colonel me laissent perplexe car ce sont là des éléments d'une époque qui cadre mal avec l'univers de cette histoire qui semble plutôt moyenâgeux… Mais je n'ai peut-être rien compris.
A la fin du livre figurent des liens vers des morceaux de musique à écouter, qui, pour l'auteur sont adaptés aux différents passages de son roman. L'idée est excellente.
Petit bémol, face au nombre considérable de personnages, j'aurais aimé trouver un index des noms avec une petite explication du genre qui est qui.
Cet ouvrage de dark fantasy s'adresse, je pense, à un public jeune pétri de jeux vidéo. Des vieilles biques telles que moi seront davantage intéressées par la diplomatie, moins de magie, des personnages plus vulnérables que ce qu'on trouve dans « Les Royaumes Démoniaques » (dont ce n'est que le tome 1).
Christopher Evrard, l'auteur, a du talent pour écrire des poèmes, pour rédiger des citations au pouvoir évocateur fort, une belle plume. Il est jeune et devrait encore améliorer son style s'il poursuit dans la voie de l'écriture. Son roman de fantasy s'adresse plutôt à un public « jeune adulte » et « grand adolescent ».
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PartageTesPages
  19 juillet 2019
« Premier livre de fantasy et j'ai bien aimé ! »
Petit à petit, j'ai été prise dans l'histoire à découvrir les créatures, les actions et les rencontres. Mon personnage préféré est une ondine du prénom d'Olivia. Le fil conducteur est dynamique, d'un chapitre à un autre il y a des rebondissements.
Le point fort de ce livre est les descriptions de certains éléments des personnages, leurs émotions, les actions. Tout cela m'a permis de me plonger dans un imaginaire à visualiser les scènes, certaines un peu horribles.
Par contre la fin m'a laissé sur ma faim. J'aurai aimé en avoir plus. Lorsque j'ai refermé le livre ma réaction a été « déjà » !
C'est le premier livre de l'auteur à qui je dis bravo. Si le tome suivant est une suite je le lirai avec plaisir.
Jusqu'à maintenant je ne lisais pas de fantasy, cette lecture ne m'attirait pas mais je suis contente de l'avoir fait. Ce n'est pas dans mes lectures favorites mais ravie de la découverte de ce genre littéraire.
Je recommande Les Royaumes démoniaques.
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Viracocha
  14 décembre 2018
Tout d'abord, je tiens à remercier Christopher Évrard, l'auteur et un collègue des Plumes Indépendantes, de m'avoir permis de lire son livre que je considère comme un petit bijou, même si je n'ai pas éprouvé l'irrépressible coup de coeur que j'aime tant ressentir devant un bon roman. On n'en était pas loin, mais il a manqué un petit je ne sais quoi pour que je succombe totalement au charme obscur de l'univers construit autour de la roche des âges. Toutefois, cela faisait longtemps que je n'avais pas pris autant de plaisir avec un roman de fantasy. Alors, on ne va pas tourner autour du pot plus longtemps. Place au synopsis.
« Mes erreurs sont tout ce qu'il me reste. » - Ciwen
L'horreur et la violence côtoient la féerie et la beauté. La magie et les combats forgent la réalité au jour le jour. Tandis que les légendes et mythes résonnent dans l'inconscient collectif comme des promesses d'un jour meilleur, telle la mystique roche des âges que Ciwen, un mage de foudre, recherche désespérément.
Dans une existence où le macabre est un lot quotidien... Quel est le sens de la vie ? Quelle signification mettre à des concepts comme l'amour et la haine, ou la guerre et la paix ? Comment les définir, et les dépasser ?
Tant d'éternelles énigmes qui se posent à chaque instant, depuis la nuit des temps.
Les réponses apparaissent toujours dans le noir, telles des lucioles fuyantes...
Séduit dans un premier temps par la beauté de la couverture dont je déplore seulement l'absence d'effet sur le titre du premier tome et sur le nom de l'auteur, je n'ai pas hésité quand j'ai pu convenir d'un partenariat avec l'auteur. Avec un prologue officiant comme mise en bouche, je me suis rapidement plongé dans un univers à la fois dense et sombre mais qui ne laisse rien présager de la suite. Je dois avouer que cela fait partie des petites choses qui font que je n'ai pas eu le coup de coeur tant espéré. La distance entre le prologue que l'on finit par oublier et la richesse de l'intrigue qui s'ensuit, ancrée dans un contexte bien spécifique.
Je dois vous l'avouer, cette lecture a mal débuté pour moi. Je n'aime pas dire du mal de mes lectures mais je n'aime pas cacher la vérité. le prologue pourtant bien écrit ne m'a pas permis de m'immerger dans cet univers et j'ai surtout eu des difficultés à m'attacher au personnage principal, Ciwen, dans sa manière d'être présenté dès le premier chapitre. En effet, sans perdre de temps, Christopher Évrard nous dévoile son héros, presque un anti-héros, et s'il semble charismatique et baroudeur, il a une conception de la justice qui m'a laissé circonspect. Je vous le dis franchement, je suis de la vieille école, j'aime bien les chevaliers noirs, tant qu'ils ne franchissent pas certaines limites, le meilleur exemple étant pour moi Batman. On est dans des cadres différents, mais dans le fond, on cherche tous une certaine dimension aux héros qui nous plaisent, et leurs caractéristiques se recoupent que ce soient des chevaliers porteurs d'une épée ou des héros vêtus d'une cape et de collants. Qu'importe la tenue et les artifices, l'essentiel repose dans la conduite que le héros adopte.
Ainsi, d'emblée, Christopher Évrard nous présente l'homme dont on va suivre la quête. Il est solitaire, charismatique, il paraît enclin à défendre les opprimés et à combattre l'injustice, mais il n'hésite pas à se salir les mains et à exécuter les perfides représentants des ténèbres dont il semble également lui-même faire partie, même quand ces derniers sont à terre et dans l'incapacité de se défendre. Après, même si l'auteur m'avait prévenu, je pense qu'on peut forger un personnage sombre sans pour autant en faire un justicier qui n'hésite pas à recourir au meurtre, surtout quand l'ennemi est déjà vaincu. Moi-même j'ai donné vie à des personnages troublés et troublants, dont les sens de l'éthique sont confus, mais là il s'agit du héros et de sa présentation. Attention, par la suite, je l'ai trouvé plutôt sympathique Ciwen. En l'occurrence, il a eu l'occasion de s'expliquer sur sa vision des choses mais il est vrai que je n'ai pas apprécié les premiers pas du personnage principal, un avis qui reste au demeurant extrêmement subjectif.
Cependant, cela ne m'a pas dissuadé de poursuivre ma lecture. Cela a jeté un froid mais c'est tout. La plume de l'auteur est agréable, le vocabulaire est adapté à l'univers dark fantasy volontairement assumé et une fois que l'on quitte la première scène où une boucherie a eu lieu, on se surprend à se plonger dans un roman où cohabitent des mages, des elfes, des démons, des ondins et tout un tas de créatures chimériques. La roche des âges n'est que l'un des éléments de poids donnant un intérêt à cette histoire. J'ai même presque envie de dire que sa présence est superficielle dans ce premier tome. Cela aussi m'a fait un peu tiquer, car au final, l'auteur ne nous donne que peu d'informations sur cet objet et sur les raisons qui incitent certains personnages, y compris Ciwen, à s'y intéresser farouchement. Je veux dire, quand on cherche un bout de pierre au péril de sa vie, la motivation devrait être légitime. En comparaison, Tolkien avait su mettre en valeur l'anneau dans sa trilogie, distillant un certain nombre d'informations autour de cet artefact, sans pour autant tuer le suspense.
Maintenant, est-ce vraiment un point faible ? Je l'ai vu comme tel mais cela a permis à l'auteur d'approfondir son univers. Au cours de ce premier tome, Ciwen ne se lance pas seulement à la quête de la roche des âges, il est surtout à la recherche de sa propre identité. Lui-même ne sait pas vraiment qui il est. Il se questionne sur sa destinée et sur le sens de la vie. Avec un certain brio, Christopher Évrard nous emporte dans une toile d'intrigues et de cheminements qui s'articulent autour d'une préoccupation collective majeure pour toutes les créatures peuplant ce monde. On suit les péripéties de Ciwen, mais pas seulement. Et j'ai énormément pris de plaisir à découvrir les turpitudes des ondins et des elfes par exemple.
Après avoir émis quelques reproches sur cet ouvrage, j'aimerais contrebalancer en évoquant certains points forts du livre mais j'ai bien peur de devoir spoiler l'histoire et je n'aime pas ça. Ainsi, je vais faire dans la simplicité. Il faut dire que je ne m'attendais pas forcément à l'arrivée d'un personnage inattendu venant se mêler si tôt à la quête de Ciwen… Un personnage permettant d'introduire une peuplade se distinguant du lot des humains et permettant à la magie de s'introduire davantage aux yeux du lecteur. L'une des qualités de l'auteur est de parvenir avec un personnage d'en présenter d'autres. Les rencontres sont multiples et fluides, aucune n'est forcée et ne s'inscrit dans le cadre d'une trame linéaire. En outre, si j'ai eu quelque peine à m'attacher au personnage principal en raison de son sens particulier de la morale et de la justice, j'ai adoré la plupart des personnages secondaires qui gravitent autour de lui. Chacun était remarquablement dépeint, leur personnalité était extrêmement bien pensée et réfléchie.
Indubitablement, Les Royaumes Démoniaques nous transporte dans un monde obscur et féerique où l'on éprouve un plaisir non dissimulé à chaque fois que l'on décide de retourner dans le livre et d'en tourner les pages. La profondeur et le souci du détail conférés à ses personnages mais aussi aux lieux ou encore aux légendes et mythes qui donnent du corps au récit, la densité de l'univers fait qu'on lit les chapitres à toute vitesse, sans voir le temps passer. Plus je me suis rapproché de la fin, plus j'ai commencé à le regretter et à m'attacher à cet univers, admirant l'architecture de la trame regroupant tous les éléments interagissant les uns avec les autres sans qu'aucune incohérence ne se fasse ressentir.
Comme je vous l'ai dit, il m'a manqué ce « je ne sais quoi » dû en partie à ce qui pourrait être considéré comme des « broutilles ». Mais parfois, le coup de coeur se joue sur des détails. Toutefois, je le redis, le tome 1 : La roche des âges est un bijou. Comme tout bijou, son reflet ne sera pas perçu de la même manière par ceux qui lui accordent leur attention. J'ai vraiment beaucoup aimé ce livre et je n'hésiterai pas à lire la suite mais je n'ai pas adoré. Peut-être que je déploie autant d'énergie à le signaler parce que « merde » j'avais envie de ressentir cet élan de fascination comme j'avais pu l'éprouver avec la lecture de la trilogie Origine de Deïmian ou avec celle de Kane Banway, Crying Star. Toutefois, je pense que d'autres lecteurs adoreront ce livre et feront fi de ces détails.
Si ce livre peut être considéré comme de la fantasy plutôt sombre, cela reste quand même très axé fantasy et donc à la portée de tous les amateurs de ce genre qui évoque souvent une lutte avec des forces démoniaques.
En somme, un très bon début de saga. Je le recommande vivement aux fans du genre et je vous invite à fermer les yeux sur les broutilles qui m'ont dérangé un chouïa dans ma lecture. À chacun son avis, mais ce serait dommage de passer à côté d'une telle pépite !
Lien : http://leslecturesdechrisred..
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Wolkaiw
  07 février 2019
Certains livres vous embarquent à travers de nombreuses inconnues, à la découverte d'un monde fantastique et de créatures incroyables, La Roche des Âges en fait partie ; j'ai pénétré au coeur d'un univers sombre, angoissant, riche mais surtout passionnant. Tout débute sur un prologue qui, je dois bien l'avouer, me laisse vraiment très perplexe. Je ne suis pas sûre de l'avoir apprécié, notamment car je le trouve beaucoup trop obscur et complexe, je pense qu'il peut effrayer et rebuter certains lecteurs. M'est avis que les éléments de réponse concernant le prologue arrivent trop tard et que de très nombreuses questions restent en suspens, je ne suis donc pas du tout convaincue de son utilité, du moins, dans ce premier tome. Passons donc le prologue et entrons dans le vif du sujet : l'histoire.

Nous effectuons la connaissance d'un personnage étonnant : Ciwen. Loin d'être un protagoniste ordinaire, une aura de mystère plane autour de lui, lui conférant un aspect presque surnaturel par moments. Il est aussi fascinant que badass bien qu'extrêmement violent. Malgré la rage qui l'anime, on se surprend à s'attacher à lui, à son histoire ainsi qu'au combat qu'il mène. Son parcours est atypique et totalement chaotique, on le surprend à massacrer de pauvres gens et à partir à la recherche d'une étrange roche... Plus Ciwen progresse, plus ses certitudes volent en éclats. Il prend conscience qu'il ne sait pas réellement qui il est, l'évidence le frappe de plein fouet. Va alors débuter, en plus de la quête de la roche des âges, une quête d'identité qui va jalonner le récit.

Ciwen est déterminé et prêt à tout pour atteindre son but, à savoir : trouver la fameuse roche des âges, celle dont de nombreuses légendes évoquent l'existence mais surtout, les pouvoirs... Nul ne semble réellement connaître son emplacement ni sa réelle puissance, les rumeurs sont si nombreuses qu'on vient même à douter de son existence. Cette roche attire les aventuriers comme du miel, véritable objet de légendes et de quêtes. Quelles sont les intentions de Ciwen ? Pourquoi souhaite-t-il à tout prix mettre la main sur cet objet ? C'est là un des enjeux du livre.

Au fil de la lecture, on découvre un univers créé de toutes pièces, un monde dans lequel plusieurs races cohabitent dans une certaine harmonie. Les ondins ainsi que les fées font partie intégrante du paysage fantaisiste de ce livre, ce sont des peuples que le lecteur apprend à connaître avec une curiosité non dissimulée. Se dessine progressivement l'importance de la faune et de la flore au coeur d'un monde dangereux où tout peut facilement éclater. Christopher Evrard nous dépeint et nous immerge dans un univers de fantasy que j'aime beaucoup. L'ambiance est lourde et oppressante, on sent que l'atmosphère au-dehors est électrique et chargée de diverses tensions...

Ce qui frappe d'entrée de jeu, c'est la qualité de la plume de Christopher Evrard. L'auteur possède une plume riche et généreuse, sans doute parfois un peu trop en ce qui concerne les détails. Dans l'ensemble la plume est très fluide et agréable, mais certains passages traînent un peu en longueur, ce qui peut casser le rythme. La plume est certes riche mais parfois un peu surchargée, offrant une abondance de détails qui m'a malheureusement sortie de la lecture à plusieurs reprises. J'aime les styles et tournures recherchés mais j'aime également pouvoir me représenter les choses tout en gardant un certain flou et non pas recevoir tous les éléments d'un coup.

De très nombreux personnages gravitent autour de Ciwen, ce dernier semble les attirer mais également les repousser, agissant comme un aimant. La magie va entrer en jeu et ainsi proposer des scènes pour le moins explosives. Les mages comme les autres créatures vont révéler leur pleine puissance à mesure que nous prenons conscience des enjeux du récit. Il ne s'agit pas seulement de trouver la roche des âges, un autre combat pointe brutalement le bout de son nez et fait trembler les pages du livre. Va alors apparaître le mythe du ou des Créateurs, un mythe dont quelques informations nous sont délivrées, par-ci par-là, un mythe dont je ne vous donnerais pas plus de détails pour l'instant...
On ne parvient pas toujours à mettre le doigt sur certaines choses, sur certains aspects de la quête de Ciwen et des autres intrigues sous-jacentes. Je suis convaincue que les (nombreux) tomes suivants nous offrirons des clés de compréhension mais surtout des réponses. L'intrigue se complexifie et se densifiant au fil des chapitres, chaque personnage gagne en profondeur et le masque des uns et des autres tombent. le mur des apparences s'effrite, il devient temps d'affronter la réalité en face et de se préparer au pire... Silence et vacarme cohabitent au même titre que la bonté et la méchanceté. Rien n'est manichéen, tout est dans une subtilité que le lecteur s'approprie.

Une guerre semble sur le point de se préparer, les combats font rage et brisent l'harmonie qui s'était installée. Au milieu de tout cela, le destin de Ciwen se dessine et prend forme, une destinée sur laquelle il n'a aucun contrôle et qu'il découvre avec étonnement. Il est alors question pour lui de connaître ses origines et d'accorder sa confiance avec parcimonie... Ce livre pointe du doigt de très belles valeurs et nous pousse à réfléchir sur la confiance et la méfiance, sur les moyens que nous employons afin de justifier la fin mais surtout, sur le besoin de se connaître pour aller de l'avant. Je suis curieuse de retrouver Ciwen et les autres personnages...

Le premier tome de la saga Les Royaumes Démoniaques n'est pas un simple livre, il s'agit d'un véritable objet livre illustré. À certains moments clés, de superbes dessins sont insérés de telle façon à proposer une pause aux lecteurs, leur laissant tout le loisir d'admirer les coups de crayon de l'illustrateur. Je regrette juste de ne pas avoir eu l'occasion d'observer de plus près les illustrations au format papier, toutefois, même en numérique, elles restent splendides. Je salue le travail de Jenny Burgy !

En définitive, Christopher Evrard nous propose une immersion au coeur d'un univers fascinant dans lequel cohabitent plusieurs peuples, un monde aussi terrifiant que fantastique. Ciwen et sa recherche de la roche des âges sont au coeur du récit, d'autres personnages vont venir graviter autour de lui et ainsi densifier l'intrigue. J'ai aimé la valse des personnages, découvrir peuple et légendes, trembler et frémir avec eux. Il s'agit d'un récit sombre et intense qui fera travailler votre imaginaire et vous poussera à réfléchir. J'ai passé un bon moment en compagnie de ce premier tome qui pose les bases d'une saga qui s'annonce prometteuse et passionnante.
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Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
saigneurdeguerresaigneurdeguerre   13 janvier 2019
C'était en constatant la confusion et l'inefficacité des personnes qui s'autoproclamaient qualifiées pour expliquer ce qui se passait dans le monde que, progressivement, les petites gens avaient fini par se conforter et se complaire dans l'ignorance, le désintérêt et l'inculture de ce qui dépassait le cadre de leur petite vie. Pour eux, ce qui se passait au-delà de leur fenêtre, de leur quartier ou au mieux des palissades de leur ville, bien souvent n'existait même pas.
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saigneurdeguerresaigneurdeguerre   26 décembre 2018
Lire c'est très bien,mais tout comme les paroles, on n'exprime que ce qu'on veut bien exprimer. Si la personne qui te donne ces informations n'est pas digne de confiance, que valent tes connaissances ?
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PartageTesPagesPartageTesPages   28 avril 2019
"A l'aube de toute chose, naît une émotion,
Un ressenti précédant la vie, l'essence," (p.5)
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animithraanimithra   18 juillet 2018
« Je voulais simplement savoir s’il existait d’autres mondes, confia Ciwen, et le cas échéant comment les rejoindre. Je ne me suis jamais senti à ma place ici, Torhwa. » L’araignée ne trouvait pas cela très surprenant. « Tu m’as enseigné tellement de choses ; grâce à toi, je peux me défendre, je peux m’en sortir, et c’est exactement ce que je compte faire. C’est dans ce but que je veux utiliser la roche des âges. Quand je regarde ce monde, je ne vois qu’un gigantesque tombeau dans lequel on déambule en s’entretuant les uns les autres. Nous ne sommes que des âmes en peine attendant la mort, attendant la fin, priant pour qu’elle arrive rapidement, en silence, sans prévenir, sans souffrir...
Je voudrais changer tout ça, je voudrais qu’enfin on puisse vivre, réellement vivre, et non survivre. Je voudrais partager tout ça avec tous les peuples opprimés, toutes les personnes qui subissent ce monde rempli de haine. Qu’elles viennent d’Irthanor, d’Ilgar ou de Yammar. Et je ne te parle pas des démons...
Imagine... si on pouvait voyager parmi les étoiles... explorer l’univers... »
Ciwen était en pleine contemplation introspective, souriant à sa dernière phrase, puis il conclut :
« Bref, je veux offrir une porte de sortie à tout ça, pas seulement pour moi mais pour tout le monde. Enfin... quelque chose comme ça. »
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saigneurdeguerresaigneurdeguerre   24 décembre 2018
Il y a une différence entre ne pas avoir le choix et choisir la facilité. Certains diraient qu'il s'agit là de la différence entre le bien et le mal.
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