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EAN : 9782812924880
336 pages
Éditeur : Editions De Borée (12/09/2019)

Note moyenne : 4.11/5 (sur 40 notes)
Résumé :
Malheur à quiconque provoque la colère de Léa, trentenaire parisienne qui ne supporte pas l'incivilité. Un soir, en quittant sa salle de sport, elle entend l'appel au secours d'une femme enfermée dans les toilettes du sous-sol. Mais quand la prisonnière s'impatiente au point de devenir odieuse, Léa explose et part en l'abandonnant à son sort. Le lendemain la femme est retrouvée morte...
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
beatriceferon
  03 novembre 2019
Léa est très active. Illustratrice de livres pour enfants, elle gagne sa vie grâce à des travaux alimentaires : création de logos et publicité pour des firmes. Mais elle ne désespère pas de voir publiées les aventures de Marcello, un joli petit lapin. Pour garder la forme, elle fréquente un club de sport. Et là, un soir, elle entend un appel au secours. Oui, Léa est gentille et serviable, mais elle ne se laisse pas marcher sur les pieds. Et la femme qui appelle à l'aide est grossière et agressive. Ce qui irrite Léa. C'est pourquoi elle aura affaire à Rodolphe, un policier tiraillé entre les exigences du métier, un petit garçon pas comme les autres et une ex-maîtresse inquiétante.
Que dire à propos du roman de Stéphanie Exbrayat ? J'ai peur de divulgacher et je ne veux pas révéler des éléments que vous aurez plaisir à découvrir quand vous lirez « Colère assassine ».
L'auteure ne nous plonge pas d'emblée dans le coeur de l'histoire. Elle prend son temps pour nous permettre de faire la connaissance des protagonistes. Il y a d'abord Léa. Si on la présente comme colérique, je ne suis pas d'accord. Elle ne se laisse pas faire ? Bien sûr que non. Mais, à mon avis, elle est déjà bien plus patiente que moi. Après une rude journée de travail, la voici enfin assise dans une rame de métro bondée. En face d'elle, un enfant mal éduqué. Non. Je me trompe. Pas éduqué du tout serait plus juste. Il pousse des cris stridents tout en bourrant Léa de coups de pieds si violents qu'elle craint pour ses bas. « Sa mère assise à côté de lui (…) semblait ne rien entendre. Son attention était monopolisée par le clavier d'un téléphone portable. » Tout en martelant les jambes de Léa, le gosse fait « rouler une petite voiture rouge sur la vitre. Dans un bruit de moteur ses lèvres projetaient la morve en pluie. » Mais Léa, bien que bouillonnante, ne réagit toujours pas, jusqu'à ce qu'un « gros postillon glaireux s'écras[ât] sur son écran. » Je ne sais pas quel ange de patience pourrait supporter tout cela sans réagir. Pour ma part, il y a longtemps que j'aurais exterminé cet affreux moutard ! Quant à la mère, elle invective Léa qu'elle traite de « bouffonne » et de « connasse » avant de la menacer physiquement. Si Léa réagit vivement, elle a bien raison !
Puis, il y a Rodolphe. Policier, mais surtout papa seul d'un petit garçon, mutique depuis qu'un drame a endeuillé ses cinq ans.Cela fait des semaines que Rodolphe est harcelé sans relâche par une fille avec laquelle il a eu une brève aventure. Elle devient haineuse, menaçante : « Je sais où t'habites. Je te jure que tu vas le regretter ! »
Et puis, il y a Adeline. Sous son apparence séduisante se cache un démon dont on ferait bien de se méfier. D'emblée, elle apparaît comme très dangereuse et, au fil du récit, se montre de plus en plus terrifiante.
Les chapitres, assez courts, ont tous pour titre le nom d'un des trois personnages et la tension monte jusqu'à atteindre le paroxysme dans les dernières pages.
Stéphanie Exbrayat sait distiller habilement son suspense en l'entrecoupant de scènes décontractées (quelques jours de vacances entre soeurs pour Léa et Bénédicte) ou pleines de douceur (quand Léa raconte les aventures d'un petit lapin à Gabin).
Les personnages ont de l'épaisseur, on peut facilement comprendre leur psychologie et s'identifier à eux (à l'exception, bien évidemment, de la serial killeuse!)
Certes, Léa abandonne une femme en détresse à son triste sort. Mais franchement, qui aurait envie de rester près d'une personne qui lance « c'est pas possible d'être aussi bête ! », « Mais démerdez-vous espèce de conne ! » à quelqu'un qui fait tout ce qui est humainement possible pour l'aider.
Ce qui m'a tout particulièrement touchée, c'est l'affection et la complicité qui lient les deux soeurs. Les miennes sont très importantes pour moi. Et quand Léa s'occupe d'un chien abandonné, cela m'émeut car j'aime beaucoup les animaux. Bien qu'elle dise ne pas avoir d'atomes crochus avec les enfants, elle s'occupe pourtant avec patience et tendresse de Gabin.
Au centre du roman, le danger des non-dits. Plusieurs fois, des mots qu'on ne prononce pas entraîneront des catastrophes.
Ce livre m'a énormément plu (j'ai d'ailleurs immédiatement acheté le premier ouvrage de l'auteure).
Pourtant, j'ai un reproche à lui adresser : il est rempli de fautes d'orthographe qui me perturbent. Par exemple : « pour tout le monde, se serait la stupeur », « dis comme ça... c'est un peu... réducteur. », « un blaid pourri ». Ou de syntaxe : « Elle disait qu'elle n'y avait pas de clé » ou « Elle supputait les hommes préférer les filles imparfaites . »
Si cela ne vous dérange pas, foncez, vous ne le regretterez pas. Et si, comme moi, cela vous dérange, foncez quand même, car l'histoire en vaut la peine et vous tiendra en haleine jusqu'à la dernière page.
Merci à l'Opération Masse critique de Babelio ainsi qu'à la maison d'édition de Borée Marge noire qui m'ont permis de découvrir cette lecture passionnante.
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SerialThrillers
  28 octobre 2019
Très belle découverte que ce roman de Stéphanie Exbrayat.
L'intrigue, racontée à la troisième personne du singulier entre trois personnages, devient très vite addictive. Léa qui laisse une femme enfermée dans les toilettes car elle ne supporte pas son insolence, Rodolphe en bon capitaine de police qui a en charge l'enquête tout en gérant son fils mutique et Adeline la séduisante jeune femme qui a eu une relation d'un soir avec le dit capitaine. Un mélange des genres pas si étonnant porté par un rythme détonnant.
Suspense machiavélique à souhait, il est difficile de s'arrêter en cours de lecture.
Les bons romans jouant avec des sentiments tel que l'excitation, l'envie, la peur, l'effroi et la joie sont rares. Celui ci est une perle en la matière.
Un grand merci à l'auteure pour ces délicieuses heures passées avec son imagination.
Commenter  J’apprécie          160
Boulibooks
  30 octobre 2019
Je remercie Babelio et les éditions Marge Noire pour l'envoi de « Colère assassine » de Stéphanie EXBRAYAT dans le cadre de la dernière masse critique Mauvais genre.
Cette lecture a été une très bonne surprise ! Outre la couverture magnifique, l'histoire est originale et bien amenée. L'auteure nous ici offre un thriller psychologique addictif à trois voix.
Léa, jeune trentenaire, est une femme-enfant à la sensibilité exacerbée. Elle est tantôt tendre, naïve tantôt intransigeante, impulsive. Elle est tout et son contraire. Son métier d'illustratrice de livres pour enfants la passionne même si elle clame haut et fort qu'elle n'aime pas les enfants. Par-dessus tout, elle déteste l'injustice et l'impolitesse. Parfois, Léa a du mal à gérer ses émotions et peut devenir agressive voire violente. Elle est consciente de ses débordements et se soigne.
Rodolphe est un homme réservé et bienveillant, veuf et père d'un petit garçon mutique prénommé Gabin. Il est policier de son état. Il essaie de conjuguer vie professionnelle et vie personnelle aussi bien que possible.
Adeline est une femme magnifique, blonde avec une silhouette de rêve. Son corps est son outil de travail, elle est escort. Elle ne semble pas heureuse, elle est même assez torturée et très vite nous devinons chez elle un comportement déviant, inquiétant.
Un chapitre, une voix, une histoire, un point de vue. Les trois profils se racontent, se croisent, se confrontent et finissent par se confondre.
Le point de départ de l'intrigue : une femme enfermée dans les toilettes en sous-sol d'une salle de sport est retrouvée morte. L'enquête policière conduite par Rodolphe n'est pas la partie la plus importante/intéressante du roman, selon moi elle aide à mettre en valeur la psychologie des personnages et le triangle infernal d'un jeu cérébral dangereux. le persécuteur, la victime et le sauveur. Attention les rôles ne sont pas prédéfinis et sont interchangeables, c'est là tout l'intérêt du récit !
Les chapitres courts apportent un rythme soutenu à la narration ; le style de l'auteure est fluide et agréable ; les pages se tournent toutes seules. La fin de l'histoire est un peu convenue mais ne gâche en rien la bonne impression laissée par ce roman.
Même si je m'attendais à quelque chose de beaucoup plus sombre, j'ai passé un excellent moment de lecture.
J'ai vu que Stéphanie EXBRAYAT avait publié un autre livre « Personne n'a oublié » en juin dernier, je le lirai avec plaisir.
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JML38
  25 octobre 2019
Léa ne supporte pas l‘injustice, Léa ne supporte pas l'incivilité, Léa ... On a compris, la liste de ce qu'elle ne supporte pas et de ce qui la met en rogne est longue comme le bras. Et si elle attendait simplement que cela passe sans réagir violemment ? Mais non, ses réactions sont incontrôlables, quitte à aller à l'affrontement physique avec les risques que cela engendre pour elle et pour autrui.

Cette propension à l'énervement chronique lui joue un mauvais tour lorsque, pleine de bonne volonté, elle vient en aide à une dame coincée dans les toilettes d'une salle de sport et que, fortement agacée par les réflexions désobligeantes de ladite personne, elle l'abandonne à son triste sort, persuadée qu'elle sera rapidement délivrée par quelqu'un d'autre.

C'est par l'intermédiaire d'un policier, Rodolphe, qu'elle apprend que cela s'est très mal terminé pour la naufragée des toilettes pour dames, ce qui la culpabilise fortement et lui fout les chocottes de peur d'être rattrapée par la justice.

Rodolphe est un père meurtri. Suite au décès de son épouse, il doit s'occuper seul de Gabin, son petit garçon plongé dans le mutisme depuis le dramatique événement, l'enfant étant de loin le personnage le plus attachant du livre. Peu à l'aise avec la gent féminine, Rodolphe a de plus eu la malchance de croiser la route d'Adeline, personne rancunière et particulièrement toxique.

S'ensuit une sorte de vaudeville tragique, la présence pesante d'Adeline maintenant un sentiment de malaise, la jeune femme faisant planer une menace diffuse mais angoissante sur Rodolphe, son fils, et Léa que le policier doit interroger dans l'affaire des toilettes fermées de l'extérieur. Les rapports entre le policier et sa principale suspecte deviennent rapidement ambigus, le petit garçon favorisant naturellement le rapprochement dans une relation dont l'équilibre tient parfois à peu de choses : un dessin de lapin à l'oreille cassée, une clé se trouvant là où elle ne devrait pas...

Dans un récit où l'intrigue ne tient pas une place prépondérante – c'est peut-être le principal défaut du roman -, le lecteur trouvera tout de même son compte pour peu qu'il apprécie ce style d'histoire où le thriller psychologique flirte allègrement avec le roman sentimental.
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PriscillaMushu
  30 mai 2019
Coup de coeur
Je ne sais même pas par quoi commencer pour expliquer mon ressenti...y a des lectures comme ça que tu adores sans forcément arriver à l'expliquer de manière simple et rationnelle ( c'est le propre du coup de coeur d'ailleurs... ça s'explique pas ^^)
Je dirais que TOUT est réuni pour que ça fonctionne !
Déjà j'ai adoré tous les personnages. Tous très différents et avec leur propre histoire, ce qui les rend attachants ( ou à défaut intéressants).
D'ailleurs le livre est construit avec des chapitres courts qui mettent successivement en lumière chacun d'eux, offrant un excellent rythme à l'intrigue ! Pas un instant je n'ai décroché de ma lecture, y a vraiment pas de temps mort et c'est vraiment une lecture très addictive de la première à la dernière page.
La quatrième de couverture n'est pour moi pas forcément un excellent reflet de ce que contient ce thriller ( et pourtant il me donnait déjà envie tel quel).
Pour moi c'est plus la toile de fond du livre que vraiment le coeur de celui-ci mais je crois bien que justement ça a aussi participé à mon plaisir...car c'était inattendu !
En tout cas j'ai découvert l'auteur grâce à ce roman et je suis très curieuse de lire son premier roman et je suivrai la sortie de ses prochains livres !
Ce qui est sûr c'est que ce livre gagne à être connu, pour moi c'est une franche réussite et je vous le conseille vivement :)
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   05 février 2019
Elle a été profondément et durablement traumatisée, poursuivit-elle. Elle se punissait en se scarifiant et elle a tenté plusieurs fois de se suicider. Nous ne pensions pas nous en sortir, mais nous avons eu beaucoup de chance. On nous a conseillé un pédopsychiatre. Le Dr Bellanger. C’est un grand médecin. Il a réussi non pas à la guérir, je crois qu’on ne guérit jamais de ces choses-là, mais à lui apprendre à se construire malgré ce viol. Je sais tout ce que vous avez déjà tenté pour Gabin. Les psychologues, les orthophonistes… et même un neurologue. Je sais que tout ça n’a rien donné. Mais peut-être devriez-vous rencontrer cet homme. On ne sait jamais. Il pourrait peut-être aider Gabin.
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rkhettaouirkhettaoui   05 février 2019
Dans son boulot, il en voyait des horreurs : les crimes, les violences, les suicides, les overdoses… Il avait les reins solides. Mais dès qu’il s’agissait de son fils, Rodolphe se trouvait en équilibre précaire. Son petit bonhomme, c’était sa raison de vivre. Lorsqu’il était né, un amour immense l’avait submergé, amour décuplé par la mort de Nathalie, qui avait exacerbé à l’extrême son besoin de le protéger. Hélas, ses muscles n’y suffisaient pas. Il fallait composer avec les institutions, les relations avec ses petits camarades, le regard des autres, le moule dans lequel Gabin devait absolument entrer. Face à tout cela, Rodolphe se sentait souvent seul et démuni.
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rkhettaouirkhettaoui   05 février 2019
Léa plaisait aux hommes. Souvent, elle s’en était étonnée. Elle n’était pas très grande, et posait un regard très critique sur ses cuisses et ses fesses qu’elle trouvait trop enrobées. Elle avait parfois demandé à ses amants ce qui les avait attirés. Ils évoquaient ses fossettes, son sourire mutin, sa bouche pulpeuse, ses yeux rieurs et même ses rondeurs ou son caractère volcanique et enfantin. Depuis quelques années, la question du pourquoi ne la hantait plus. Elle supputait les hommes préférer les filles imparfaites.
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rkhettaouirkhettaoui   05 février 2019
Elle n’avait pas l’air de plaisanter. Elle avait même une sacrée envie de lui mettre son poing dans la figure, ça crevait les yeux. Léa savait qu’elle aurait dû faire ce que tout le monde aurait fait : rien. Être lâche. Subir et attendre sagement le moment de quitter le wagon. Ou calmer la situation tout de suite afin d’éviter que cela ne dégénère. Mais dans le même temps, elle se connaissait suffisamment pour savoir qu’elle ne ferait rien de tout ça.
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rkhettaouirkhettaoui   05 février 2019
De manière générale, Léa n’avait pas de réelles affinités avec les enfants, encore moins lorsqu’ils étaient turbulents. Les pleurs du garçon devinrent subitement plus insistants. Ils montèrent en puissance avant de se transformer en une élégie stridente et désarticulée. L’estomac de Léa se tordit sous l’effet d’un spasme de contrariété.
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Video de Stéphanie Exbrayat (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Stéphanie Exbrayat
Stéphanie Exbrayat est une auteure francilienne, elle a écrit deux romans : "Personne n'a oublié" et "Colère assassine".
A propos de Colère assassine : Malheur à quiconque provoque la colère de Léa, trentenaire parisienne qui ne supporte pas l?incivilité. Un soir, en quittant sa salle de sport, elle entend l?appel au secours d?une femme enfermée dans les toilettes du sous-sol. Mais quand la prisonnière s?impatiente au point de devenir odieuse, Léa explose et part en l?abandonnant à son sort. le lendemain la femme est retrouvée morte?
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