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ISBN : 2226001328
Éditeur : Albin Michel (09/01/1975)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 24 notes)
Résumé :
Jules Matrat a quitté son village de la Loire, dans les premiers jours d'août 1914. La guerre,, il l'a faite mais il ne la supporte que parce qu'il a rencontré Louis Agnin, venu des Alpes. Soldats par devoir, tous deux restent des paysans. Entre les combats, ils parlent de la terre, des bois, des saisons, et chacun tente d'expliquer à l'autre à quoi ressemble sa fiancée. Ensemble, ils bâtissent un avenir où ceux qu'ils aiment s'aimeront... Dans ce très beau roman, C... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (3) Ajouter une critique
ManouB
  17 mars 2016
Jules Matrat est un jeune paysan dont la vie simple est faite de travail quotidien. Il quitte son village de la Loire, dans les premiers jours d'août 1914, quand la guerre l'arrache brutalement à sa ferme, à ses vieux parents qui vont devoir se débrouiller seuls, à sa promise, la Rose qui l'attendra, et à ses terres...
La guerre, il ne la supporte pas et se réfugie dans l'amitié d'un autre soldat, Louis Agnin venu d'un petit village de Maurienne. Tous deux d'origine paysanne, parlent, entre deux combats, de leur terre, des bois, des travaux des champs selon les saisons et de leur fiancée...
Ensemble ils bâtissent un avenir où il seront réunis avec ceux qu'ils aiment pour toujours... et où ceux qu'ils aiment, s'aimeront.
Mais Louis est tué et Jules ne s'en remet pas. Revenu chez lui à la fin de quatre années de guerre, il n'arrive pas à se laisser aller au bonheur tant rêvé. Il n'arrive pas à oublier, les cris, les canons, la mort, la peur et les tranchées tout ce qui le hante et dont il n'arrive même pas à parler... Coupable d'être revenu vivant et de ne pas s'estimer heureux de l'être, Jules s'isole de plus en plus, s'éloigne de sa famille et de Rose devenue pourtant sa femme... Il subit ses reproches et son incompréhension. Alors lui qui aimait tant la vie et sa terre natale ne sait plus comment vivre car il se retrouve dans un monde qu'il ne reconnait plus et qui ne le reconnait plus...
C'est un roman superbe, émouvant qui prend aux tripes tant il nous rappelle la dure réalité de la vie quotidienne des survivants de la première guerre mondiale, ceux qu'on a surnommé les gueules cassées, ou les poilus... Il nous rappelle que la guerre ne s'arrête pas au retour de la paix et qu'elle laisse des séquelles et des souffrances qui se prolongent bien au-delà et toucheront les générations futures.
L'auteur qui écrit habituellement des polars, nous livre là un chef-d'oeuvre. Il relate avec beaucoup de réalisme, la détresse psychologique des survivants, hantés par le souvenir des tranchées et de leurs copains morts en héros sous leurs yeux , et qui ne savent plus pour quoi, ni pour qui, ils doivent se résigner à vivre...
Lien : http://bulledemanou.over-blo..
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BVIALLET
  16 décembre 2013
Dans les premiers jours d'août 1914, Jules Matrat, trente ans, est appelé sous les drapeaux. Ce jeune paysan de la Loire ne s'est éloigné qu'une seule fois de son village, c'était pour son service militaire. Il quitte ses vieux parents ainsi que Rose, sa promise qui va devoir l'attendre plus de quatre longues années. Sur le front, il rencontre Louis Agnin, un savoyard, homme des hautes terres comme lui, avec qui il se lie d'amitié. Jules fait la guerre par devoir et réussit à survivre à toutes les horreurs qu'il doit subir dans les tranchées. Avec son ami, ils espèrent la venue de jours meilleurs. Mais leurs projets d'établissement en commun tombe comme château de cartes le jour où Agnin meurt dans les bras de Jules. Et c'est un tout autre homme qui rentre chez lui, la guerre terminée. Personne ne reconnaît le nouveau Jules. Saura-t-il exorciser les démons qui hantent ses nuits, sera-t-il capable de vaincre la douleur, de faire son deuil et de mener une vie normale avec Rose ?
Avec ce roman de terroir largement mélodramatique, Exbrayat s'est aventuré dans un genre qui ne lui est pas habituel, lui qui s'est principalement illustré dans le polar décalé et fortement picaresque. Rien de tout cela dans « Jules Matrat », mais plutôt un récit sombre et mélancolique, assez lent et assez lourd, sans aucun humour ni légèreté. le ton est grave, la psychologie du héros est longuement détaillée. Il est triste, malheureux, inadapté au monde qu'il retrouve après toutes ces années d'enfer. le récit de guerre proprement dit est assez rapidement esquissé et presque secondaire par rapport à celui de l'après-guerre. le personnage de Rose avec sa fidélité, sa douceur et sa patience semble nettement plus positif que celui de Jules qui finit par agacer. Au bout du compte, l'intrigue est assez peu originale en dépit d'une fin tout à fait réussie. Quand aux éloges dithyrambiques de la quatrième de couverture (« Un roman bouleversant et l'un des plus beaux récits inspirés par la Grande Guerre »), il faudra une fois de plus les classer dans la rubrique « publicité mensongère » ! Bilan général : un bouquin moyen sur les sinistres conséquences d'une guerre qui fut un quasi suicide européen assez loin des meilleurs titres du prolifique auteur.
Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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GildeLonce
  17 août 2014
En cette année de centenaire et de célébration solennelle de la Grande
Guerre,il convient de relire ce roman simple et modeste de Charles
Exbrayat . le héros , un paysan de la Haute-Loire qui par cet aspect
ressemble à la majorité des combattants de l'infanterie, traverse quatre
années de guerre sans le moindre dommage physique ; pourtant , c'est
un homme brisé qui revient chez lui : ce chanceux est anéanti , incapable
de se réadapter à la vie quotidienne et à ceux qui l'aiment , parce qu'une
part de lui-même est restée là-bas , avec ses copains disparus au combat.
Sans décrire aucune scène de guerre ( hormis deux pages), Exbrayat
réussit à nous montrer quelle folie insensée et criminelle fut cette guerre
victorieuse que d'aucuns vont s'empresser de célébrer, avec des termes
aussi creux et mensongers que "Patrie , Honneur , Devoir.."
Voilà un exemple rare d'une vision de l'Histoire qui prend soin de ne
jamais oublier les hommes et qui , à ce titre , mérite d'être tirée de
l'oubli qui nous serait fatal.
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Citations & extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
SZRAMOWOSZRAMOWO   20 décembre 2014
M. le conseiller général prit la parole. Ce fut très beau. Il parla de la sainte mission remplie par ceux que l'on honorait aujourd'hui, de la grandeur de leur sacrifice, des droits des morts sur les vivants et, dans une belle envolée, s'adressant aux conscrits, il s'écria :

- Leur exemple n'est pas perdu ! En vous, il vivra éternellement et si, un jour, le besoin s'en fait sentir, comme eux, vous saurez porter des gerbes de sacrifices dans les granges de l'idéal !

Sans qu'il sût pourquoi, il parut au Jules qu'on se foutait d'Agnin. Au lieu de la pyramide, il voyait le trou où dormait le Louis. Il imaginait le gros type débitant ses phrases solennelles au-dessus de son copain, pendant qu'un peu plus loin, les amis du bonhomme l'attendaient, ayant déjà étalé les provisions sur l'herbe. Une fureur dure commença à le faire trembler. Un moment, il espéra trouver, parmi les anciens combattants, les signes d'une colère pareille à la sienne, mais il les découvrit, souriants et niais, occupés seulement à bomber le torse parce qu'on les regardait. Alors, Matrat sortit de la foule.

Isolé entre les hommes et les femmes, Jules aspira un grand coup d'air puis s'avança vers le conseiller général qui, les bras en l'air, ne parvenait pas à achever sa période, l'imagination tarie par la gueule de celui-là qui lui arrivait dessus.
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BVIALLETBVIALLET   16 décembre 2013
- Vous avez fait la guerre, vous ?
Matrat ne s'attendait pas à ce qu'on lui demandât son avis. Il rougit jusqu'aux yeux.
- Oui.
- Toute la guerre ?
- Quatre ans.
- Quatre ans, remarqua le monsieur avec une visible satisfaction et, se retournant vers son contradicteur, il ajouta :
- Vous voyez bien qu'il n'en est pas mort.
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ManouBManouB   17 mars 2016
Se contentant de se tenir par la main, ils n'avaient pas échangé une parole jusqu'à ce qu'ils fussent presque arrivés. A quoi bon ? Tout ce qu'ils auraient pu se confier, ils le savaient et, de plus, ils n'auraient pas trouvé les mots pour l'exprimer...
Ils s'embrassèrent sur la joue. Déjà il s'écartait lorsqu'elle dit : "Jules !...avec une telle voix qu'il sentit quelque chose craquer dans son cœur. Il revint sur ses pas, et prenant sa promise dans ses bras, il la baisa longuement sur les lèvres. Quand il la lâcha, il affirma : - A présent, ma Rose, c'est comme si qu'on était mari et femme. (p .35-36
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ManouBManouB   17 mars 2016
Ils s'étaient jurés de ne plus se quitter...Maintenant, qu'est-ce qu'il en restait, de tout ça ? Jules était sur la terre, l'autre dessous, et cette petite épaisseur qui les séparait était pire que des océans. En pensant à Agnin, à l'eau qui devait le pénétrer de partout, se glisser dans ses yeux, dans ses oreilles, noyer son dedans, Jules eut un grand frisson. Jamais plus il ne chanterait les airs de son pays, qu'on aurait dit qu'il avait un oiseau dans la gorge, puisque dans sa gorge, à cette heure, il y avait de la terre et que peut-être des herbes y prenaient déjà racine.
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ManouBManouB   17 mars 2016
A mesure que son père lui jetait tout ça en vrac à la figure, le Jules, à son tour, sentait sa vieille rancœur qui lui revenait. Qu'est-ce qu'ils voulaient que ça lui foute, ces histoires de maladie, à lui qui avait vu crever des jeunes, sains et costauds, par centaines ? Où se figuraient-ils donc qu'il avait passé ces quatre années pour s'imaginer qu'il puisse s'affoler parce que sa femme avait la fièvre et que le petit était mort-né ? (p 201)
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