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EAN : 9782207137093
208 pages
Denoël (01/06/2017)
3.33/5   41 notes
Résumé :
Depuis des décennies, Pornarina ensanglante secrètement l’Europe. Les rares à connaître son existence – les pornarinologues – l’ont surnommée la-prostituée-à-tête-de-cheval. Elle serait coupable de dizaines d’homicides.
À plus de quatre-vingt-dix ans, le Dr Blažek est un tératologue renommé. Il vit dans un château fort avec sa fille adoptive : Antonie, vingt-quatre ans. La jeune contorsionniste assiste le docteur dans sa traque obsessionnelle de Pornarina, ma... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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Paradoxalement sur Diane, titre le moins âpre du concis EP Metal Circus, Hüsker Dü narrait la ballade du serial killer, Joseph Ture, conduisant sa victime Diane Edwards, une homonyme d'une girlfriend d'un autre serial killer, Ted Bundy, dans sa camionnette pour la violer puis la tuer :

« Hey little girl, do you need a ride?
Well, I've got room in my wagon why don't you hop inside
We could cruise down Robert Street all night long
But I think I'll just rape you and kill you instead

Diane, Diane, Diane

I heard there's a party down at Lake Cove
It would be so much easier if I drove
We could check it out, we could go and see
Oh won't you come and take a ride with me

We could lay in the weeds for a little while
I'll put your clothes in a nice, neat little pile
You're the cutest girl I've ever seen in my life
It's all over now, and with my knife ».

Les protagonistes de Pornarina n'écoutent pas Hüsker Dü mais Marylin Manson, Antony and the Johnsons ou Sunn O))). Et c'est bien dommage car cela aurait évité un ou deux clichés - notamment sur Marilyn Manson - que l'on trouve dans les romans traitant des mêmes thèmes que Pornarina.

Pornarina la-prostituée-à-tête-de-cheval, une serial killer émasculant ses victimes, est l'objet d'un mythe auprès des pornarinologues - ils sont à Pornarina ce que sont à Jack L'Éventreur les ripperlogues - qui la traquent à travers toute l'Europe et organisent des conférences à son sujet. Précisément, le livre suit l'un d'entre eux, le Dr Franz Blazek, et sa fille adoptive et bras armé, Antonie/Antonia - tous les deux sont des freaks. Vers la fin du roman, le romancier américain, William T. Vollmann, auteur d'une trilogie sur la prostitution et dont les prostituées sont souvent des personnages de ses livres, se mêle à l'histoire. Cette présence de William T. Vollmann fait du livre de Raphaël Eymery un livre à la Vollmann où personnages réels - Stéphane Bourgoin est par exemple cité - et fictifs - Sherlock Holmes (du moins son fantôme) fait par exemple son apparition - se croisent.

Premier livre de Raphaël Eymery pour lequel il a obtenu le Prix Sade du premier roman 2017, Pornarina s'intéresse à la question d'un certain attrait - entre fascination et répulsion - pour les serial killers en mobilisant une représentante féminine de cette population singulière, à la question de la parenté et à d'autres thèmes. Texte rythmé, parsemé ici et là de quelques (micro) fulgurances d'écriture et d'idées et de nombreuses références à Thomas Harris, David Cronenberg, Bram Stoker, Edgar Allan Poe ou Mary Shelley, ce premier roman propose une lecture plutôt « plaisante » même si certaines idées aurait mérité d'être davantage développées - a priori, il n'y aura pas de suite sur les pornarinologues et la pornarinologie.
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Quand j'ai vu que Guimause l'incluait dans sa sélection #pumpkinautumnchallenge (catégorie cri de la Banshee), je me suis dit que ça serait sympa de moi aussi le sortir de ma Pile à Lire. Et là, la claque, ce livre est génial ! Il aborde beaucoup des thèmes que j'adore : le freakshow, les tueurs en série, les sciences occultes, les cabinets de curiosités et la folie humaine. Il est tout ce que j'attends d'un roman noir. J'avais déjà lu des livres acclamés par le public et que les lecteurs classaient en « horreur » (Du Feu de l'Enfer de Sire Cédric pour n'en citer qu'un), mais je trouvais leur lecture prévisible et souvent redondante par rapport au genre. Rien de tout cela ici ! C'est LE roman que j'ai toujours voulu lire et il m'attendait sagement dans ma bibliothèque depuis tout ce temps !

Ceci est l'histoire d'une obsession : trouver la prostituée-à-tête-de-cheval, Pornarina. Cette figure féminine, légende ou réalité, fait l'objet de nombreuses recherches, souvent pas très catholiques, au sein d'une société secrète masculine, qui se nomme entre eux pornarinologues. Il y a une réelle concurrence entre les membres pour qui mettra le premier la main sur la prostituée. Pornarina est un fantasme qui hantera tout le récit. le doute plane toujours, existe-t-elle vraiment? Femme noire et obèse à la mâchoire de cheval selon certains, déesse expiatrice pour d'autres, elle émasculerait ses victimes au seul moyen de sa dentition extraordinaire. Tueuse en série à la fois crainte et respectée, elle est le Graal des pornarinologues.

Le concept de base du récit est assez étrange : le fantôme de Sherlock Holmes nous raconte l'histoire du Dr Blazek, médecin des cas bizarres qui collectionne les curiosités. et parmi celles-ci, sa fille adoptive Antonie, contorsionniste de naissance, formée à combattre et à tuer. Ces deux personnages à eux seuls valent le détour. le docteur est le fils de mères siamoises qui ont longtemps voyagé avec un cirque/freakshow et son plus grand regret est d'être né normal. C'est cette frustration qui le pousse à collectionner les étrangetés et bizarreries de la nature et à poursuivre Pornarina. Son discours est froid, clinique, tout ce qui importe, c'est sa quête et il espère bien que sa fille l'aidera dans cette tâche.

Antonie est recueillie par le docteur, sauvée de la misère des bidonvilles de Kiev. Elle a une capacité incroyable à replier son corps pour le faire passer n'importe où. Elle va même jusqu'à disloquer certains de ses os pour entrer dans des espaces hyper exigus. Elle est d'ailleurs souvent décrite comme ressemblant à un lézard ou un serpent. le docteur va la traiter comme sa propre fille, mais l'entraînera pour que son « talent » se développe à son potentiel maximum (ce qui donne des scènes assez étonnantes et difficiles à imaginer de son corps qui se désarticule complètement et qui n'a plus rien d'humain). Après une mission concernant Pornarina réalisée pour le docteur, elle sombre petit à petit dans la folie. Les événements qui vont survenir par la suite ne feront que la pousser davantage vers le fond du gouffre et cette descente en enfer est fascinante à suivre. La galerie des autres personnages est tout aussi colorée et dérangée, que ce soit les autres pornarinologues, la famille de Blazek, la secte qu'on rencontre à la fin, etc.

Le duo de protagonistes habite dans un ancien château avec deux domestiques (dont un qui ressemble au monstre de Frankenstein niveau carrure et mental :p), dans lequel humidité et poussière ont élu domicile. Cet endroit donne une ambiance particulièrement sombre et glauque au récit. Les couloirs sont obscurs et sans fin, un véritable dédale dans lequel se perdre, et dans lequel on ne vous entend pas hurler. Les autres lieux que nous visiterons sont très différents, mais gardent toujours cette aura un peu sale, malsaine.

J'ai beaucoup aimé les différents extraits d'étude ou de recherches « scientifiques » qu'on retrouve dans ce livre. C'est étrange, car le style d'écriture fait un peu ancien , désuet (positivement bien sûr) par moment, mais les références de l'auteur sont par contre contemporaines, ce qui donne un roman tout à fait atypique.

Ce livre n'est pas à mettre entre toutes les mains : ce n'est pas juste une enquête un peu noire sur Pornarina. On assiste à des scènes bizarres, voire malsaines, à des discours dérangeants et régressifs, à des actes de folie extrême. On ne s'attend tellement pas à tout ce qui s'y déroule. Cette lecture a été un vrai délice pour moi que l'étrange et la folie fascinent !

Une quête insensée dont le Graal est la tueuse en série monstrueuse Pornarina dirigée d'une plume à la fois délicieusement désuète dans certains passages, clairement addictive dans d'autres. Une collection de personnages étrangement colorés dans une sombre ambiance malsaine. Un roman hors norme, à ne pas mettre entre toutes les mains. Un coup de coeur surprise pour ce récit dérangé et dérangeant !
Lien : https://livraisonslitteraire..
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En Résumé : J'avoue, je ressors de ma lecture de ce Pornarina avec le sentiment de n'avoir jamais vraiment réussi à entrer dedans et à apprécier ma lecture. Pourtant, le roman ne manque pas d'attrait, j'en reconnais ainsi l'originalité proposé par l'auteur, ainsi que sa passion pour le côté étrange, dérangeant, bizarre sanglant et l'hommage qu'il rend à ce genre de récits fantastique. On est dans un récit qui nous montre que le monde change, que l'étrange et le mystique font de plus en plus place au terre à terre. On est clairement dans un roman initiatique où l'héroïne, Antonie, va se rendre compte que le monde est loin d'être idyllique et que, poussé par lui, elle va devoir faire des choix et évoluer, oublier la jeune fille enfermée dans son cocon pour s'imposer. le roman ne manque pas non plus d'idées, que ce soit sur la position de la femme, le sexisme, l'obsession, la sexualité, qui ne laissent pas indifférent, même si parfois elles sont menées de façon trop confuse je trouve. Sauf que voilà, pour moi, j'ai trouvé que ce récit manquait d'ambiance. Certes visuellement il est étrange et dérangeant, mais il manque à ces images un peu de vie pour qu'elles deviennent plus que de simples images qui marqueront peut-être certains, mais qui de mon côté m'ont laissé de marbre. Ensuite je n'ai jamais réussi à m'accrocher aux personnages, à me laisser porter par eux. Ils leurs manquaient un petit je ne sais quoi. Autre point, l'intrigue démarre bien, mais peu à peu s'essouffle dans des scènes qui paraissent trop longues et ne pas toujours apporter au récit. Enfin, même si je reconnais le travail de plume de Raphaël Eymery, et sa façon de jouer avec les mots, il tombe parfois dans le catalogage qui me déconnectait complètement. C'est dommage, mais maintenant on est dans un livre à double tranchant vous pourriez très bien vous retrouver complètement happé par ce roman, comme j'ai vu chez d'autres lecteurs, pour ma part je suis passé à côté.


Retrouvez la chronique complète sur le blog.
Lien : http://www.blog-o-livre.com/..
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Je n'aurais jamais lu ce livre si je ne l'avais pas aperçu à la médiathèque du coin, placé bien en évidence sur le présentoir des suggestions de lecture. Pourquoi pas, me suis-je dit.

Et j'ai été agréablement surpris. Raphael Eymery joue malicieusement avec les codes du gothique. C'est noir et sanguinolent mais juste ce qu'il faut. On retrouve les incontournables historiques du genre : le château et son donjon, les souterrains où forcément croupissent des prisonniers en état d'agonie plus ou moins avancée, les lieux labyrinthiques dans lesquels il est si facile de se perdre, l'hiver, les ténèbres, les personnages monstrueux..., avec les mises à jour contemporaines lorsque l'auteur fait écouter à un de ses personnage du doom metal, un rock à glacer le sang, ou le fait évoluer dans une architecture de béton.

Mais ce qui est intéressant, c'est qu'Eymeri écrit avec un certain recul et une certaine variété. Il ouvre des perspectives plus larges que le simple récit et ses conventions classiques. Son roman utilise des références historiques de personnages réels. Eymeri insère des passages encyclopédiques consacrés par exemple aux soeurs siamoises Rosa et Josepha Blazek, mère(s) du personnage du docteur tératologue dans le roman, à Ed Gein, un tueur en série américain, ou encore à Carl Tänzler, un homme qui avait déterré le cadavre de la femme qu'il aimait pour vivre à ses côtés. Et surtout, on voit apparaître dans le roman l'écrivain William T Vollmann, célèbre notamment pour son roman sur la prostitution à San Francisco. Eymeri en fait un portrait hilarant, pas si éloigné que cela de la réalité ! le roman résonne aussi d'échos avec le récit biblique de Judith et Holopherne, ou avec la culture féodale japonaise avec la référence aux mercenaires (les shinobi ou ninja).
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Découvert en flânant dans une librairie il y a quelques mois, je ne suis pas un habitué de ce genre de récit, donc j'appréhendais un peu le côté gore, mais c'est léger donc ça me va.
Un peu de violence et quelques descriptions macabres, mais pas de scène insoutenable. Pas de scène de sexe non plus : la tueuse en série / prostituée que tout le monde cherche n'est pas ancrée dans la réalité, aucune scène n'est écrite de son point de vue ni ne la montre directement, et les autres personnages sont tout entiers tournés vers cette quête.
Le récit est prenant et les personnages à la fois très étranges mais crédibles. La mythologie créée est bien ficelée, avec cette société secrète des "pornarinologues", très ambigus car chacun a ses motivations propres (elles sont globalement douteuses quand même ...), et l'exhumation de Sherlock Holmes même si elle n'apporte pas grand chose est un clin d'oeil amusant au Détective que l'on a l'habitude de voir mis en scène dans diverses oeuvres.
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critiques presse (1)
Elbakin.net
01 juillet 2017
Des descriptions parfois catalogues, un rythme qui s’essouffle et une fin attendue, sont malheureusement autant de points faibles qui font finalement de ce livre, un bien meilleur exposé de l’horreur que roman.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
Nous refermons le répertoire biographique. À travers l’épaisseur brune de l’air, les yeux du détective luisent de l’éclat jaune du formol. Son allure grave nous avertit de ne pas sous-estimer le Dr Franz Blažek. Nous saisissons un nouveau volume et consultons sa section P, passant en revue la colonne : Poe, Pollock, Pope, Porlock, Porter, Potter… Aucune trace de Pornarina. C’est une grande déception. Nous décidons de partir. À peine remercions-nous Sherlock que le 221B s’évapore dans une odeur de décomposition. (p. 16)
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En comptant douze heures de marche par jour, il faut deux semaines pour parcourir les près de huit cents kilomètres séparant Bucarest de Lviv. Ce calcul, d'abord une intuition de Franz, se vérifia par la suite systématiquement : le temps écoulé entre deux séries de meurtres n'était jamais inférieur à celui nécessaire pour parcourir à pied la distance entre les deux villes, à raison de douze heures de marche par jour. Pour le docteur, c'était que Pornarina se bornait à trois actions : marcher, dormir, tuer. La troisième action se confondant avec celle de manger. Aussi Franz fantasmait-il une Pornarina ogresse, aux pieds nus et pachydermique, traçant son chemin en solitaire, le long des autoroutes et des rails la nuit, à travers les forêts et les champs le jour. Un monstre sylvain, voire chtonien, non le produit d'une mégalopole, mais l'enfant un peu faune, un peu minotaure, d'une nature primitivement exubérante ; quelque chose qui venait de la terre, pas de l'ordure, qui sortait des cavernes, pas des égouts. D'ailleurs n'avait-elle pas une tête de cheval, et non la face d'un rat ? Elle était la Mort telle que conçue par la Nature - noire, rouge, brutale, nourrissante, au service de la Vie.
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Arrachant des toiles d’araignées, deux petites filles couraient entre les colonnes d’un souterrain. Elles portaient des robes grises avec de gros nœuds. Elles criaient « Cherchez l’obèse ! Cherchez l’obèse ! » et brandissaient chacune un pieu. Des adultes silencieux les suivaient.
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Une aventure, cérébrale ou non, n’est jamais meilleure que lorsqu’elle débute à Londres, devant la façade rouge et les fenêtres à carreaux du 221B Baker Street. Le brouillard y est jaune. Tout autour des automobiles vrombissent. Nous sommes au XXIe siècle. Le vacarme s’étouffe une fois la porte du 221B refermée sur nos pas. Là, de la force de notre organe de pensée qui bouillonne, NOUS RESSUSCITONS SHERLOCK HOLMES. Un nuage brunâtre zone à l’étage. Nous montons. Un cadavre de vieillard nous indique où nous asseoir ; c’est le grand détective et il souffre de son réveil forcé ; il a cent cinquante-deux ans. (p. 11)
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Elle était la Mort telle que conçue par la Nature – noire, rouge, brutale, nourrissante, au service de la Vie. Et non la mort telle que dégradée par la civilisation – lente, stérile, terminaison d’années de souffrance ne laissant derrière elle qu’un cadavre blafard, infecté, contagieux.
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