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EAN : 9782070126521
240 pages
Gallimard (01/10/2009)
3.33/5   36 notes
Résumé :
" Je ne me suis pas toujours appelé du nom que je porte, et c'est comme si j'avais vécu une autre fois. C'est comme si j'avais été un autre. Mais de cet autre, je n'ai aucun souvenir. Rien qui puisse se dire tel, plu-tôt les ombres floues des réminiscences où s'évanouissent, aux limites de la mémoire, les ultimes rayons d'un monde éteint. J'étais trop jeune pour les souvenirs, quand j'ai cessé d'être lui. Et cependant il a toujours occupé ma pensée, toute ma pensée.... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Les taiseux. Qui tuent les mots.
Les mots tus sont tordus. Et à coup sûr il y aura toujours quelqu'un pour les entendre, ces mots tordus qui n'ont pas été dits. Et pour recevoir un sentiment qui n'existe pas, lui aussi déformé par le silence jeté ou embrassé.


Magnifique livre écrit par Jean-Louis Ezine sur l'histoire familiale de… Jean-Louis Ezine.
Bien que n'étant pas estampillé « biographie », l'identité du narrateur laisse entrevoir qu'il s'agit bien là de faits autobiographiques.

Au début, j'ai trouvé le livre difficile à lire, pas pour ce qu'il raconte, mais pour le style. Riche d'un vocabulaire pour moi incertain. Tant pis. Je me suis laissée bercée de ces quelques méconnaissances, qui n'auront pas gêné mon entrée dans cette histoire, plus rocambolesque que romancée.


Il s'agit d'abord d'une relation qui n'existe pas entre le petit Ezine et son beau-père, qui lui a donné son nom. Entre violence et mépris avec ce beau-père, entre violence et complicité avec sa mère, ici tout est suggéré plus que raconté, pas de risque de règlement de compte, la vraie pudeur est là je crois, avec ce narrateur.

« Engendrerie, ce pourrait être un joli pour une famille, quand il n'y a pas de famille. Chez nous, on s'engendre, on ne se connaît pas. Etranger, familier, c'est tout un. Chez nous, quand ça se tait, il faut avoir l'oreille fine pour distinguer la pudeur de l'indifférence. »


Sa mère le voulait poète, elle lui aura sans doute donné le goût de la poésie, pourquoi pas de la littérature. Au hasard d'indices semés avec méthode par sa mère, il commencera à imaginer son père, le vrai, à vivre une vie intérieure riche d'imagination, d'échappées vers un possible qui n'a pas eu lieu.

Dans la quête de son père, il va partir dans un voyage bien plus long que prévu à travers l'histoire familiale, au risque de la perte de son monde imaginaire, afin de briser certainement la chaîne des non-dits, héritage irréfléchi mais inéluctable de ses ancêtres.

L'histoire se complique un peu dans les méandres de la généalogie possible de Jean-Louis Ezine. Bah oui, mais la vie n'est pas un long fleuve tranquille. Là, il est vrai que le langage soutenu complique un peu la tâche. Mais quel plaisir quand, au hasard d'une sinuosité, vous tombez sur une telle pépite :


« La discrétion est sans doute une vertu. Mais Louise l'aura illustrée sa vie durant avec une telle intempérance qu'elle aurait pu proposer, si cette pathologie avait le pouvoir d'exciter la curiosité clinique au lieu de l'endormir, une version délirante et presque inhumaine de la pudeur. La tête un peu penchée sur le côté, dans une posture d'effacement ou de soumission mais peut-être aussi de légère ironie, elle semblait mortifiée par l'intérêt qu'on lui témoignait. Sa retenue était telle qu'elle n'était justement pas fondée chez elle sur la rétention mais paraissait sourdre en continu de sa menue personne, s'enroulait avec volupté autour d'un sourire grêle qui décourageait le partage, noyait d'avance la curiosité polie qu'elle aurait pu inspirer et finalement envahissait l'espace où elle se montrait en quantité telle qu'on aurait pu dire de cette taiseuse qu'elle était volubile de ses silences : personne n'est jamais parvenu à les interrompre. »


Magnifique livre… Enjoy !





Parce qu'on peut aussi dire des conneries, et même en chanter, mais c'est si beau…

« […]
All I ever wanted
All I ever needed
Is here in my arms
Words are very unnecessary
They can only do harm

Enjoy the silence”

Extrait de “Enjoy the silence”, Depeche Mode :
https://www.youtube.com/watch?v=C9WtBo9b3WI

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Écrivain, journaliste et chroniqueur radio, Jean-Louis Ezine est né en 1948 à Cabourg. Critique littéraire au Nouvel Observateur, il est membre de la tribune littéraire du Masque et la plume sur France Inter et tient une chronique quotidienne sur France Culture. Il a publié un roman en 2003, Un ténébreux (Seuil), ainsi que plusieurs livres d'entretiens avec des écrivains. Les Taiseux est son premier livre aux Éditions Gallimard.






Jean -Louis Ezine, je l'entends régulièrement au Masque et la Plume. Ezine de Pontault- Combault et du Pays d'Auge, Ezine le cycliste, Ezine qui très souvent n'a pas lu le livre dont on parle. Ou l'a lu, mais parle de tout à fait autre chose.. Beaucoup d'humour, un petit côté j'men foutiste qui n'a rien pour me déplaire, et un grand amour de la littérature.
Je ne l'écouterais plus de la même façon, Jean Louis Ezine.

Lors de la fameuse tempête de 99, Jean Louis Ezine a foncé sur sa maison de Pontault-Combault voir si les arbres de son enfance avaient résisté. Ce sont les seuls témoins restants .Avec la tombe de sa mère, qui est allée se noyer bien calmement après des années d'internement et d'électrochocs.
Ezine, il s'appelle, le nom d'un homme qu'il hait et auquel il n'a jamais adressé la parole . Ce monsieur Ezine, il buvait et cognait sec, et mère et fils se cachaient dans le chenil pour lui échapper.
Et pourtant.. Il avait un père, Jean- Louis, un père qui l'a aimé , enfin, d'après les éléments que lui fournit sa mère progressivement, un mot, une photo, un ticket de bus.

"Je t'ai tout donné. Elle m'a donné toutes les traces. Elle n'a rien gardé pour elle. Pourtant les mots me manquent. Pourquoi perd-on la mémoire de ce qui vous attache au monde? Pourquoi meurt-on à la mémoire? Je suis né d'une ombre. D'une ombre qui me photographie et me capture dans son incognito. Qui me suit partout comme mon ombre et ne me lâche jamais."
Et ce livre va être le récit d'une quête du père -et de ses origines réelles et non fantasmées comme elles l'ont été toute sa jeunesse jusqu'à ce que enfin- et une seule fois- il réussisse à croiser son père très peu de temps avant sa mort accidentelle.
La terrible honte du bâtard, ce besoin de reconnaissance continu:
"Ce qu'il lui faut, au bâtard, c'est une légitimité. Il n'a pas été reconnu d'un seul. Aussi veut-il l'être par tous.C'est humain. Ce n'est jamais qu'un dédommagement, une indemnité symbolique, pas une réparation: il n'y a pas d'alternative au néant. C'est juste un fantasme, une façon de compenser. Quant au néant dont je traite ici, il n'a aucune saveur métaphysique . C'est simplement la certitude que rien ni personne ne peut vous apporter ce qui vous manque, et donc ne peut vous tirer de là.

... Maman aurait voulu que je fasse poète."

C‘est peut être raté, quoiqu'il n‘ait pas dit son dernier mot,ce Jean Louis Ezine,fils de Robert Demaine et de Jeannine Bunel, mais j'ai trouvé que ce magnifique récit autobiographique était celui d'un excellent écrivain.
Avec cet éternel goût de la digression, qui le fait partir au fil des pages dans des histoires de traverse ,comme on s'engage dans les chemins normands.
Comme celle de Lothar Unbekannt :
"géant impétueux aux yeux pâles et larmoyants..qui disparut à Auberville un jour de grande lessive derrière un train de draps long comme un hangar, qu'une jeune femme alla le long de ce convoi frappait à l'aide d'une cuiller en bois."
Unbekannt et disparu..Forcément, cela lui parle à Ezine!

"Là s'arrête sa légende, quand bien même sa biographie se continuerait par des marches inconnaissables ,dans l'hypothèse où il aurait sauvé sa tête et fait retour au pays. Les archives concernant les combattants de la Première Guerre mondiale ont été détruites lors de la Seconde. Une guerre efface l'autre, malgré tout. Plus rien ne serait retrouvé de ce qui fut. Cependant, quel ressort soudain détendu dans l'âme de Robert le Maudit, son fils caché, lancera celui-ci dans la poussière allemande qu'il va mordre en vainqueur mortifié et le projettera tel un furieux ,en 1945, par les duchés de Souabe et de Bavière, jusque dans les montagnes d'Autriche, sans jamais demander son chemin ni laisser le moindre indice sous les chevilles de son blindé? de quel crime réclame-t-il vengeance? de la malédiction de vivre, lui qui avait demandé une corde à sa mère?
L'étrange aveuglement dans lequel chacun se tient ici-bas, vis-à vis de l'héritage qui le fait être ce qu'il est, n'est sans doute que la légitime conséquence de l'obligation d'avoir à vivre à son compte, malgré tout. Mais nous sommes les fantômes d'inconnus qui n'en ont pas fini avec la hantise. Ils déposent en nous un monde que nous feignons de gouverner en propriétaires, quand nous ne l'ignorons pas, et qui nous anime par de complexes procédures, aussi sûrement que le fil actionne la marionnette."

Nous y revoilà.. Et le voilà aussitôt reparti pour une autre histoire, qui n‘a bien sûr rien d'innocent. Toutes parlent d'identité, et c'est très émouvant et beau.
A lire en écoutant Schubert.

































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Jean-Louis Ezine excellent journaliste et chroniqueur nous dévoile le secret de son existence avec ce magnifique récit d'un homme qui s'est longtemps réfugié dans la solitude. Avec un beau-père alcoolique et violent qui obtint que Jean-Louis devienne Ezine lui qui portait le nom de sa mère (Bunel). Cet homme leur fera vivre un enfer et l'enfant qu'il était, ne lui adressera plus jamais la parole. Lui qu'on enverra en pension sans donner la moindre nouvelles. Mais Ezine ne courbe pas l'échine et tente de retrouver les traces de ce géniteur tant fantasmé, mais même ce moment se soldera par un drame.
On peut se demander comment Ezine à réussi à rester debout avec de tels fantômes, car cette recherche de l'origine est marqué à jamais par le signe du malheur. Un livre remarquablement écrit, poignant et juste.
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Un roman autobiographique dans lequel j'ai eu du mal à entrer, que j'ai failli abandonner. Au début, je comprenais mal cette histoire de double, je trouvais cela confus. Et puis je me suis laissée séduire par la belle écriture de Jean-Louis Ezine, et émouvoir par ses tourments.
Une vie en quête de son père, à tenter de percer des secrets et à découvrir de nouvelles vérités.
Une vie à rechercher son identité.
Une vie vécue comme un schizophrène, coincé entre deux personnages.
Une vie à se chercher.
L'auteur suit les méandres de ses pensées, les méandres de son existence. Et l'on s'y perd un peu parfois, on a l'impression de s'éloigner. Mais bien vite l'intérêt ressurgit.
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Je n'ai pas dépassé le chapitre trois. Pourtant, ce que j'en disais il y a quelques temps était plutôt élogieux.... et je ne l'ai pas rouvert depuis. Ce qui m'a gênée ? La langue est un peu ardue : longues phrases, style certes particulier au livre, mais qui grince un peu, comme un beau costume qui gêne aux entournures. Je n'ai pas poussé la lecture assez loin pour savoir si l'on s'habitue, si cela sert le propos — bref, si c'est une maladresse ou une qualité. J'ai été aussi dérangée par l'absence de filtre — qui est décidément un classique — entre l'histoire racontée et la vie vécue de l'auteur. le narrateur nous raconte l'histoire de l'homme dont il porte le nom et de sa mère. Etait-il obligé, au fond, de l'appeler M. Ezine ? Qui me dit alors si on est dans l'autobiographie romancée, dans le roman autobiographique, dans le témoignage qui se veut le plus proche de la réalité possible… dans l'hommage ou le règlement de compte ? La littérature a toujours prétendu s'inspirer de faits réels.« le livre qu'on va lire, et que je signe, n'est pas de moi. […] Je l'ai volé » écrit le préfacier-prétexte du Voleur de Georges Darien. Il aurait trouvé le manuscrit dans une chambre d'hôtel. de même le Manuscrit trouvé à Saragosse. Ou encore La Religieuse, de Diderot, que bien des lecteurs contemporains ont pris pour une réelle histoire; voulant sauver Suzanne malgré les indices fictionnels dispersés dans l'écriture. Dans tous les cas, cependant, l'auteur, le voleur ne sont pas ceux à qui l'histoire est arrivée. Ils prétendent n'être que le passeur quand ils ont créé de toutes pièces l'histoire qu'ils nous offrent. Cherchons peut-être plutôt du côté de l'inspiration biographique. Rousseau, peut-être ?

" Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature, et cet homme, ce sera moi.
Moi seul. Je sens mon coeur, et je connais les hommes. Je ne suis fait comme aucun de ceux que j'ai vus ; j'ose croire n'être fait comme aucun de ceux qui existent. Si je ne vaux pas mieux, au moins je suis autre. Si la nature a bien ou mal fait de briser le moule dans lequel elle m'a jeté, c'est ce dont on ne peut juger qu'après m'avoir lu. "

En vérité, je ne crois pas que la nature l'ait brisé, ce moule, que ce soit pour le meilleur comme pour le pire. Qui a vécu quelque chose d'un peu extraordinaire (définir extraordinaire… ?) va en écrire le livre. On ne compte plus les ouvrages de formation de soi-même, les éducations sentimentales et autres témoignages du passé. Et la différence est ténue, au fond, avec les grandes histoires romantiques. Mais Adolphe n'était pas forcément Benjamin Constant ; Octave dans La Confession d'un enfant du siècle était Musset… sans l'être tout à fait. le petit Ezine, dans Les Taiseux, c'est Jean-Louis Ezine. Ce que le nom nous enlève, c'est déjà une ambiguïté, une part de doute. Et la pratique me met de plus en plus mal à l'aise, car elle enlève la distance qui, à mon sens, est nécessaire pour bien raconter une histoire. Non que le roman ait l'air mal écrit ou mal raconté, d'ailleurs, loin de là. Mais pour un nom, il a éveillé ma méfiance.
Lien : https://gnossiennes.wordpres..
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
Je ne me suis pas toujours appelé du nom que je porte, et c'est comme si j'avais vécu une autre fois. C'est comme si j'avais été un autre. Mais de cet autre, je n'ai aucun souvenir. Rien qui puisse se dire tel, plutôt les ombres floues des réminiscences où s'évanouissent, aux limites de la mémoire, les ultimes rayons d'un monde éteint. J'étais trop jeune pour les souvenirs, quand j'ai cessé d'être lui. Et cependant il a toujours occupé ma pensée, toute ma pensée. Il ne m'arrive rien d'important, ou de misérable, ou de triste ou d'heureux que je n'aie le sentiment étrange de recevoir par délégation. Nous sommes pourtant très différents, lui et moi. Pour commencer, lui avait un père, tandis que moi, je n'ai eu que le manque.
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Je ne me suis pas toujours appelé du nom que je porte, et c’est comme si j’avais vécu une autre fois. C’est comme si j’avais été un autre. Mais de cet autre, je n’ai aucun souvenir. Rien qui puisse se dire tel, plutôt les ombres floues des réminiscences ou s’évanouissent, aux limites de la mémoire, les ultimes rayons d’un monde éteint. J’étais trop jeune pour les souvenirs, quand j’ai cessé d’être lui. Et cependant il a toujours occupé ma pensée, toute ma pensée. Il ne m’arrive rien d’important, ou de misérable, ou de triste ou d’heureux que je n’aie le sentiment étrange de recevoir par délégation. Nous sommes pourtant très différents, lui et moi. Pour commencer, lui avait un père, tandis que moi, je n’ai eu que le manque. Tout, depuis toujours, a gravité autour de ce trou noir.
Je me heurte tous les jours au fantôme de celui que je fus quand je portais un autre nom.
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"Christian von Wolff, qui a créé tout le langage philosophique allemand, a dit que l’existence était complémentaire de la possibilité, une doctrine qui, me semble-t-il, remet l’existence à sa place. Qu’est-ce qu’une crise d’identité? C’est l’irruption d’un possible inattendu dans une existence laquelle elle offre un complément. Je n’ai pas mon pareil, dans ce genre de crise.
En réalité, j’ai mon pareil, bien sûr. J’ai mon double. Il aurait été à l’aise dans cette fête ,si seulement il avait vécu, celui que j’étais quand je portais un autre nom. De loin en loin, toutefois, il se réveille de son sommeil de mort. Chaque fois c’est vers moi qu’il se tourne. Il n’a que moi. Il sort de son étui un violoncelle et il joue pour moi seul, bien maladroitement, parce que son sommeil de mort lui a laissé les doigts gourds, un lied de Schubert, toujours le même; Il torture alors cette mélodie, déjà déchirante quand elle est bien jouée, que Schubert a composée d’après ce fameux poème, Der Doppelgänger,où Heine s’imagine marcher à côté de son double. Le violoncelle de mon pareil a la sonorité profonde des forêts du Schleswig-Holstein, mais je ne l’écoute pas jouer. Je regarde les petits nuages de colophane qui s’élèvent au dessus des cordes dans les aigus, ça m’évite de penser à tout ce chagrin massacré."
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« Je ne me suis pas toujours appelé du nom que je porte, et c’est comme si j’avais vécu une autre fois. C’est comme si j’avais été un autre. Mais de cet autre, je n’ai aucun souvenir. Rien qui puisse se dire tel, plutôt les ombres floues des réminiscences où s’évanouissent, aux limites de la mémoire, les ultimes rayons d’un monde éteint. J’étais trop jeune pour les souvenirs, quand j’ai cessé d’être lui. Et cependant il a toujours occupé ma pensée, toute ma pensée. Il ne m’arrive rien d’important, ou de misérable, ou de triste ou d’heureux que je n’aie le sentiment étrange de recevoir par délégation. Nous sommes pourtant très différents, lui et moi. Pour commencer, lui avait un père, tandis que moi, je n’ai eu que le manque. Tout, depuis toujours, a gravité autour de ce trou noir.
Je me heurte tous les jours au fantôme de celui que je fus quand je portais un autre nom."
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Voyons les choses simplement. il nous manque à tous quelque chose. Et à tous, quelque chose d'essentiel, il ne faut pas se leurrer. Il est inutile de s'attarder aux injustices qui nous font penser que certains doivent endurer des carences plus cruelles que d'autres, c'est égal. Ce qu'il faut, c'est aller chercher ce qui manque. Et ne pas craindre l'échec. Ce qui compte, c'est de chercher, c'est ça qui donne un sens à la vie.

(P101)
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