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ISBN : 2266280538
Éditeur : Pocket (11/10/2018)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Bienvenue à Marseille, où un étrange phénomène se produit. Dès qu'un élu prononce un discours, une horde d'activistes l'en empêche en se lançant dans une véritable " foire à la baston ".
Derrière ces happenings d'une rare violence, il y a plusieurs hommes et femmes aux parcours et aux motivations bien différents. Paolo, l'inventeur du concept et le meneur du groupe ; Lang, ancien photographe de guerre au passé peu clair. Olivia, l'ex de Lang ; Awa, qu'il a c... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Garoupe
  30 mai 2017
Le type qui a inventé le roman noir et le type qui a inventé Cedric Fabre, ils ont dû en boire des coups, ensemble… forcément ensemble
Voilà un livre et surtout un auteur qui n'oublient ni d'allier forme et fond ni de penser autant à ses personnages qu'à son histoire… rendant les choses toujours plus touffues et étoffées qu'il n'y paraît.
Grégoire Lang, après un obscur passé de photo-reporter de guerre ayant essentiellement bourlingué en Afrique, se consacre maintenant à une sorte de fightclub socio-artistique dont la forme reste la bagarre mais dont le fond dépasse largement le simple défoulement et vire à la critique politico-sociale. Il s'est plus ou moins lié d'amitié avec Paolo qui organise ces « fightmobs » et partage avec lui une relation sentimentale avec Olivia, la fille d'Old Maurice, tuée dans un attentant sur une plage de Tunisie.
Lang est contacté par Awa, une black qui déboule dans sa vie en faisant valoir une dette qu'aurait Lang envers elle pour ne pas l'avoir sauvée d'un viol en Afrique. Sans avoir besoin de pousser très loin les négociations, Awa obtient de Lang qu'il aille récupérer son fils dont la garde lui a été retirée il y a quelques mois.
Ce livre est d'abord un livre hautement politique. Marseille et sa faune ne sont qu'un décor familier à Cédric Fabre mais n'importe quel autre contexte (plus ou moins urbain tout de même) pourrait accueillir son récit : la déshumanisation de la vie sociale est partout.
Au-delà de cette chronique de la décrépitude du lien social, « un bref moment d'héroïsme » est donc un livre hautement humain, à travers la galerie de personnages dépeints par Cédric Fabre, au premier rang desquels Lang, Old Maurice, Awa, son fils Arsène. Humain, ce livre l'est assurément à la fois dans les passions qui tissent les relations entre les personnages mais aussi dans les manipulations, les mensonges et les ultimes vérités que les protagonistes se jettent au visage pour mieux découvrir leurs propres vérités. C'est un livre sur l'apprentissage du deuil des autres et de soi, en tout cas du soi qu'on expose aux autres pour se protéger quitte à se perdre soi-même.
Dans ce récit, il y a toujours une personne qui en utilise une autre : Awa utilise Lang pour récupérer Arsène, Lang utilise Paolo pour se donner un but, Lang utilise Arsène pour essayer de contrecarrer les envies de suicide de son ami et accessoirement père de son ex-petite amie, etc… On se met alors à chercher le point commun entre tous les fils de cette histoire jusqu'à saisir tout le génie de Cédric Fabre qui fait d'Olivia, une morte, la pierre angulaire de son récit, sans en avoir l'air.
Il y a des livres, sans que tu saches vraiment comment (et puis parfois, il ne faut pas chercher à comprendre, ne pas trop vouloir décortiquer au risque de perdre une certaine spontanéité), qui te prennent et ne te lâchent plus : ils t'emmènent dans leur bulle et tu te laisses porter et par l'histoire et par les personnages et par toutes ces petites choses, ces petits moments d'existence, ces petites réflexions sur l'existence qui parsèment le récit et que l'auteur t'offrent , parce que ce livre est une offrande. Après, toi lecteur, tu en fais ce que tu veux mais il y a plein de petites pépites et richesses, de petites leçons, de petits fragments qui te restent à jamais.
Alors certes, l'auteur t'emmène dans sa bulle narrative et tu t'y sens bien. Mais il ne te propose pas pour autant un long fleuve tranquille. Tu es balancé à droite, à gauche, dans cette bulle, tu te cognes aux parois comme les personnages se cognent à la vie que leur réserve Cédric Fabre, tu t'égratignes sur les aspérités de la bulle, sur ses défauts comme les personnages sur les aléas de leurs existences, sur les embûches de leurs parcours.
Cédric Fabre fait preuve d'une générosité sans faille et d'un véritable amour pour ses personnages en leur offrant à chacun un destin digne de leur statut d'héros. Tragique pour certains, magnifique pour d'autres, ces destins ne sont surtout pas des fatalités, en tout cas je ne crois pas. C'est une des forces de ce roman noir, de ne pas croire à la fatalité mais en la réalisation par chacun du pouvoir qu'il détient en lui-même sur lui, sur les autres et sur le monde qui l'entoure.
Si le récit de Cédric Fabre n'invite pas forcément à l'optimisme, son regard sur la société étant ce qu'il est, il invite en tout cas à l'humain, à la vie qui par définition contient déjà en elle la notion de mort.
Bref, vous l'aurez compris, ce livre, je lui ai kiffé sa race, je vous souhaite la même. Ce livre est aussi ma première lecture de la nouvelle collection noire de chez Plon, Sang neuf, et si bon Sang Neuf ne saurait mentir… vivement la suite des parutions !

Lien : http://wp.me/p2X8E2-Pp
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jalleks
  21 juin 2017
Le début de l'ouvrage démarre sur les chapeaux de roues.
De grosses doses de testostérone entre les lignes, où règnent les bastons entre mecs, l'hémoglobine de l'arcade éclatée, et les accolades de satisfaction, le combat accompli.
C'est des mecs, des vrais, des durs, des tatoués.
Mais ils ont une particularité : mettre le foutoir dans les lieux publics.
J'ai eu peur. Celle de ne pas trouver ma place dans ces pages, moi, lectrice à la peau laiteuse, aux yeux de biche et talons hauts.
Puis tout est parti en sucette dans l'histoire. La brute, Lang, a laissé entrevoir un coeur, en caramel. Qui fond à la moindre chaleur, mais qui peut redevenir un bloc cassant au moindre coup de froid, de colère, de dépit.
Sous les pavés, la plage.
Sous la vie de Lang, ancien photographe de guerre qui a tout largué le jour où c'est allé trop loin, la poésie de la vie qu'on nous impose, malgré nous.
A coups de lois, de remplissage de ciboulot, de parfum de mensonges promulgués par des politiques robot.
La plume de Cédric Fabre est douce, cruelle, acerbe, cynique, vraie. C'est rock , c'est brut, c'est rond, c'est pointu. J'ai pas deskotché du livre.
C'est tellement beau que j'ai envie de dire Putain, les mecs, on n'a qu'une vie.
Mais il nous reste quoi à nous ?
La rébellion ?
C'est comme pisser dans un violon.
Consommer ?
On nous vend des emballages.
Le bonheur ?
Ça n'existe que dans les séries.
Puis l'existence se déroule, et on finit par se dire qu'après tout, c'est pas si mal d'être vivant.
On est tous le héros d'un jour. de chaque jour.
Le mec qui a inventé les émotions, et celui qui a inventé l'imprimerie, je leur ferai une statue de bisounours que je poserai en haut du monument à la République.
Elle est belle la vie, suffit de suivre son chemin.
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MarcelVayre
  18 avril 2017
Un Fight Club à la française, mi-polar, mi-farce marseillaise, du polar quand même, assurément Marseillais. Dans cette ville la fiction doit beaucoup à la réalité, "un bref moment d'héroïsme" est construit sur ce fil. D'un côté il y a Marseille, post-capitale européenne de la culture, avec son maire foireux, sa canebière-monde, son MUCEM à touristes et sa fracture sociale, et de l'autre côté, une poignée de personnages bien frappés, épris de vie, de violence, de tristesse, de paix et de rédemption. Il s'agit d'activistes, une bande de potes, qui débarquent en plein meeting politique et se castagnent entre eux, rien qu'entre eux, au milieu de la foule. La violence n'est pas gratuite, elle dénonce ici d'autres formes de violence, larvées et sociales. Elle accuse une municipalité, et maintenant une métropole, qui maltraite ses habitants. On appelle cela un happening, une "foire à la baston" ou, plus vraisemblablement, une fuite en avant. Alors que les personnages évoluent, se rapprochent, se perdent parfois, autour du souvenir d'Olivia, tuée un an plus tôt dans un attentat de l'autre côté de la Méditerranée, l'histoire nous entraîne fatalement, Marseille oblige, vers le règlement de compte ultime. Un final violent à la manière d'un western, sur le toit du MUCEM - le musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée - ici associé à un décor de "western-chawarma". Des situations mais surtout un style d'écriture qui navigue assez bien entre l'émotion, la dérision et l'humour. Un point à soulever car à très haute dose, l'humour dans le polar, c'est (presque) toujours barbant. Bref, un bon moment de lecture à passer.
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fandepolars
  19 juin 2017
Un bref moment d'héroisme de Cedric Fabre
IL s'agit là d'un des premiers romans édités chez Sang neuf nouvelle collection de Plon, choix il est vrai là très judicieux.
En effet c'est un roman noir, traitant de la difficulté de faire son deuil, mais aussi de la misère sociale, de la politique, une vraie critique de la Société dans laquelle on vit !
Chacun trouve un moyen de se rebeller contre elle d'une manière assez originale, adieu les manifestations puisqu'on a là des free fights, bien orchestrés, et idée assez originale de l'auteur je dois dire !
Régler ses comptes avec son passé finalement c'est aussi cela le sujet du livre, et chacun des personnages n'est pas toujours ce qu'il parait, prisonnier d'un rôle qui va le dépasser totalement !
Le livre est sombre, l'écriture simple sans fioriture et les personnages très bien dépeints, attachants…
Je ne connaissais pas Cédric Fabre c'est là une vraie découverte et moi qui préfère le noir je n'ai pas été déçue… Bien au contraire, je lirai son prochain avec un grand plaisir et je vous invite vivement à le découvrir!
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LLebrown
  20 mars 2018
On devrait lire plus souvent des bouquins qui n'ont eu que 12 lecteurs sur Babelio.
Si je n'avais pas été marseillais, je n'aurais probablement jamais entendu parler ni du bouquin ni du type qui l'a écrit. Et pourtant. Pourtant, le bouquin est bon, pas besoin de tergiverser. Les virgules et les phrases à rallonge y sont peut-être pour quelque chose. Peut-être que c'est parce que c'est truffé de bagarres, de bières englouties en moins de temps qu'il faut pour le dire et d'érections intempestives qui sont soulagées à peu près aussi rapidement. Peut-être que c'est parce que ça raconte la vie dans une version juste assez fantasmée pour qu'on puisse la supporter.
Je conseille le bouquin à tous ceux qui se forcent à lire des classiques et qui se font chier. Personnellement, je l'ai englouti comme une bière bien fraîche après une journée laborieuse.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
MarcelVayreMarcelVayre   18 avril 2017
Nous suivons le flot des gars qui rejoignent la manifestation, ils descendent La Canebière d’un pas rapide, drapeaux roulés sous le bras, tee-shirts de la CGT et foulards rouges et noirs, ils vont encore écouter du reggae et « antisocial » de Trust, couverts par les slogans à la voix nasillarde crachés dans le mégaphone et qu’on comprend rarement. Certains ont des masques de protection qui dépassent de leur poche arrière. Ça sert à rien de se défendre des gaz lacrymo, il faut inverser le processus, faire pleurer ceux qui te brûlent les yeux, les émouvoir aux larmes, peut-être avec dix mille personnes qui entameraient en chœur, immobiles et face aux flics, « Juste une mise au point » de Jakie Quartz. »
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Rob7Rob7   05 septembre 2019
C'est complexe, vous savez, le monde animal. Perdez votre angélisme et n'oubliez jamais que détruire une ruche équivaut aussi à abattre une monarchie.
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MarcelVayreMarcelVayre   18 avril 2017
Les allées d’un supermarché, quand tu pousses devant toi un Caddie qui produit des bruits de cliquetis de roues et de claquement de ferrailles, elles ressemblent à des champs de déshonneur, tu passes devant des rayons de paquets de pâtes et de céréales qui te font gagner des prix et des promos, des rangées de compotes et de couches qui redonnent le sourire à ton enfants et tu te dis que malgré l’invention de l’intelligence artificielle, ce sont ceux qui ont inventé le bonheur artificiel qui ont finalement triomphé.
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Rob7Rob7   05 septembre 2019
Les gens ordinaires, tous ce qu'ils peuvent comprendre c'est qu'on se fout d'eux, que forcément aprés l'âge de pierre, l'âge de fer, l'âge du bronze, l'âge du verre, l'âge du rotin, l'âge du plastique, l'âge du pneu, il y avait des chances qu'on arrive un jour à l'âge du casque intégral en revenant aux pierres et aux barres de fer.
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Rob7Rob7   05 septembre 2019
Tu vois, c'est la magie du langage: les balayeurs sont devenus des "techniciens de surface" et les branleurs sont devenus des "décideurs".
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