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Anna Gibson (Traducteur)
ISBN : 223406015X
Éditeur : Stock (16/03/2011)

Note moyenne : 3.3/5 (sur 10 notes)
Résumé :

Il n’est pas besoin d’avoir lu La fille américaine pour apprécier La scène à paillettes. Plutôt que d’une suite, il s’agit de la même histoire racontée dans une autre perspective, dans un autre temps et avec d’autres personnages-clés. Seuls éléments communs : le lieu, cet endroit baptisé le « Coin », et le mystère central du meurtre d’une jeune ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Woland
  09 septembre 2014
Glitterscenen
Traduction (du suédois) : Anna Gibson
ISBN : 9782253162988

Il nous a été impossible de comprendre si, dès le départ, cette "Scène A Paillettes", qui nous donne enfin la clé de la mort de "La Fille Américaine", était prévue comme une "suite", un second tome, ou bien si elle ne l'est devenue que pour des raisons commerciales, à cause de l'ampleur du manuscrit original. Quoi qu'il en soit, renoncez à l'idée de lire "La Scène ..." avant "La Fille ..." Non seulement vous n'y comprendriez pas grand chose, mais en plus, vous auriez l'impression que Monika Fagerholm a usurpé sa réputation littéraire. Bref, vous auriez tout faux.
Même si nous sommes encore bien loin d'une construction classique, "La Scène A Paillettes" adopte un style moins concis, moins elliptique que "La Fille Américaine." En revanche, les retours en arrière sont toujours là et l'épilogue nous renvoie directement en 1969, aux jours de la mort d'Eddie de Wire. Sinon, l'action se situe pour l'essentiel dans les années 2000. Les adolescents qui tenaient la vedette dans "La Fille Américaine" ont grandi ou ont disparu. Certains parce qu'ils sont morts (Doris Flikenberg), d'autres parce qu'ils ont fui (Rita, l'une des soeurs de Bengt). Pour nous conter cette partie de l'histoire, ne restent en piste que Solveig, la jumelle de Rita, Suzette Plackèn, qu'elle a jadis sauvée de la noyade et Maj-Gun Maalamaa, la fille de l'ancien pasteur du Coin. Evidemment, ces personnages, le lecteur les a déjà aperçus : Solveig, présente, avec Rita - ou du moins, c'est ce qu'on nous a toujours dit - au moment même où Eddie de Wire est tombée dans le marais de Bule ; Suzette, qui a travaillé un temps dans le kiosque de glaces qui appartenait à Jeannette Lindström ; et Maj-Gun qui, au temps où elle n'était qu'une enfant aussi volontaire et aussi entière qu'elle, s'est prise de bec une fois avec Doris Flikenberg.
Au début, cette mise en valeur de personnages qui, jusqu'ici, avaient passé pour secondaires, déstabilise un peu le lecteur. Mais il s'habitue assez vite et s'aperçoit alors, toujours insensiblement, par de menus détails, de menues réflexions, que toute la vérité n'a pas encore été dévoilée. D'ailleurs, autour du marais de Bule et dans le Coin, la Mort et le Destin ne cessent - n'ont cessé - de rôder depuis les dernières pages de "La Fille Américaine." Ainsi, la "maison de la partie boueuse de la forêt" a sombré dans les terres marécageuses : ne surnage que l'escalier extérieur, long de quarante marches. Bengt est mort - suicide ou meurtre, le doute demeure et ne sera pas levé. A défaut des lieux, le spectre de la Fille américaine continue à hanter les esprits au point qu'il provoquera - indirectement - la mort d'une autre toute jeune fille, Ulla Bäckström. Celle-ci, fascinée par cette mort jamais tout à fait élucidée, avait écrit pour le lycée du Coin une pièce sur le sujet. Elle y tenait bien sûr le rôle principal, celui de la Fille américaine.
La Mort, dans ce deuxième volume, apparaît toute-puissante. Maj-Gun enfant joue avec un masque qu'elle a baptisé "l'Ange de la Mort "Liz" Maalamaa." Coïncidence ou non, ce masque est récupéré par Ulla Backström qui l'arbore lorsque sonne sa dernière heure. Et c'est quelqu'un que, dès sa jeunesse, on avait surnommé "Ange de la Mort" qui, dans une crise de folie, fait basculer Ulla, dix-huit-dix-neuf ans, par dessus le balcon de sa chambre et dans le néant. Mais, derrière la Mort, au fur et à mesure que se développe le récit, le lecteur voit se préciser la silhouette du Destin, appliqué à tisser et à retisser les fils de sa trame : chacun d'eux a son importance, aucun d'eux n'est superflu et si certains doivent finir sous le ciseau, n'est-ce pas, finalement, conforme à ce qui doit, à ce qui devait, être ?
A lire. Mais seulement si vous avez réussi à "entrer" dans "La Fille Américaine." Sinon, ce n'est pas la peine. Les deux livres forment un tout, un univers étrange, en apparence chaotique et pourtant redoutablement logique, qui baigne dans un onirisme et une poésie qu'il faut apprivoiser l'un et l'autre, avec des personnages hors-norme dont les pensées et les actes font songer, de manière irrésistible et troublante, à la fameuse tirade de "Macbeth" :
"Demain, puis demain, puis demain glisse à petits pas de jour en jours, jusqu'à la dernière syllabe du registre des temps ; et tous nos hiers n'ont fait qu'éclairer pour des fous le chemin de la mort poudreuse. Eteins-toi, éteins-toi, court flambeau ! La vie n'est qu'un fantôme errant, un pauvre comédien qui se pavane et s'agite durant son heure sur scène et qu'ensuite on n'entend plus ; c'est une histoire dite par un idiot, pleine de fracas et de furie et qui ne signifie rien..."
... Mais un rien somptueux, les amis ! Et c'est ça qui compte ! ... ;o)
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Claw
  06 janvier 2013
Livre unanimement salué par la critique.
Donc bon livre officiellement ; officieusement, c'est tout autre chose. Vraiment beaucoup de mal à lire plus de 20 pages d'un coup. Plus de 3 mois pour lire ces 486 pages poétiques et incompréhensibles. Avec des aller-retours entre différents personnages, différents lieux, différentes histoires, différentes époques... Tout ça mélangé, et on ne sait plus où on en est, complètement perdus!
Du coup, je ne sais pas quoi en penser, tout comme "La fille américaine", lu juste avant. Mais vraiment content d'en avoir fini avec ça! Une véritable épreuve de force.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
WolandWoland   12 septembre 2014
[...] ... Ces paroles-là, non pour une effet "solennel" mais parce que c'étaient ces paroles-là qu'on pouvait ressentir dans son corps, qui étaient d'une certaine manière déjà là, déposées en vous, et quand on les entendait, ces paroles, ça se ranimait : quelque chose de grand, un scintillement qui est le temps, pas dans le sens habituel mais comme une archéologie en vous, et pareil chez les autres, chez les êtres humains en général. Un instant ressentir aussi cela : cette participation. Que, d'une certaine façon, nous sommes tous les mêmes, que nous portons en nous le même paysage - et le même temps. Qu'il existe, a existé, un autre temps. Du temps qui n'est pas secondes minutes jours années décennies, ni ma vie, ni l'histoire de ma famille - mais du temps comme dans "les générations suivent le destin des générations." Un temps plus vaste, un paysage, le temps de tous.

Marcher en Dieu dans le temps, dans un paysage que nous partageons : nous faisons partie les uns des autres et parfois nous pouvons en avoir l'intuition fugitive. Une femme découpant des vêtements au-dessus d'un seau, longues bandelettes, soie velours guenille chiffon -

Dans cette langue-là, il y avait de la place. Pour tout. Je ne suis pas sans espace.

Et alors, dans ce temps-là, un instant, un fragment, voir sa propre vie. Un fragment dans un paysage avec des fragments d'autres paysages en soi, les paysages des autres. Par-delà toutes les limites. Par-delà les étroites frontières familiales, bien sûr : papa maman enfant, un héritage par-delà ces héritages-là, mais comprenant aussi ceux-là. Et avec quelle évidence il y avait aussi de la place dans ce paysage-là pour LA JOURNEE DU DESIR. Une vieillerie qui n'est pas toi mais qui est née en toi. La Putain Joyeuse, la Fille de Bornéo, whatever ; ce sont, n'étaient, que des appellations. Tout comme la Raclure, ainsi que ça s'était appelé un temps après l'enfance, l'enfance où il y avait eu un sens intuitif inné pour ce qui était soi et pourtant tellement plus grand que soi. Mais la Raclure alors, ainsi nommée par Tom Maalamaa, son altesse royale adossée à Gustav Mahler. La princesse du presbytère qui était l'héritière des mots, mais les mots soudain étaient là pour lui, il en avait fait sa propriété, et cette petite amie pathétique qui levait les yeux au ciel en silence à ses côtés. Parlant, acquiesçant, comme sur commande. En même temps, bien sûr, c'était plus facile : être d'accord, ça ne demandait pas de résistance. Etre dans son paysage à lui, qui se fortifiait plus il parlait, acquérait un cadre, le cadre de ses mots à lui, jusqu'à devenir le seul cadre possible.

Si bien que si on se trouvait être sa soeur Maj-Gun, on devenait pour sa part, tout entière, un excès. ... [...]
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WolandWoland   12 septembre 2014
[...] ... Les jumelles. Rita, Solveig, de la maison des cousins. Voilà pourquoi la baronne se rendait au marais de Bule ! Elle allait les retrouver. Les jumelles, toujours fourrées au marais, tôt le matin quand les honnêtes gens dormaient encore. Pour "s'entraîner." Devenir "championnes de natation." Et puis quoi encore ? Quel ramdam autour de ce "potentiel" qu'elles s'estimaient avoir. Dont elles se vantaient à tour de bras en faisant semblant de parler entre elles, mais à haute et intelligible voix pour que tout le monde l'entende. Et blabla, et que je te détaille tous les "sacrifices" requis, toutes les "exigences", "s'entraîner, s'entraîner, s'entraîner ..."

Oui, oui. Bien possible qu'on ait eu ce genre de pensées dans le Coin, à l'époque déjà, avant que tout n'arrive. Genre : pour qui se prenaient-elles, ces deux-là ? Ho ! En vrai, elles n'avaient vraiment rien d'extraordinaire. Pas de quoi s'exciter. Cette "maison des cousins" par exemple, d'où elles sortaient - c'était quoi, exactement, comme endroit ?

Dans ce nouveau contexte, voilà qu'on se rappelle tout ce qu'on croit savoir à leur sujet, pas grand chose, mais tout de même bien étrange. L'horrible vieux, celui qu'on appelait le "père des cousins", qui avait gagné le terrain au jeu, les parents morts - quel genre de "danseurs", au fait, ces deux-là ? Des forains, des artistes de cirque ? Et puis soudain un souvenir, tel l'éclair : musique de danse s'échappant par une fenêtre ouverte, rideaux fermés. Notes de rumba. Un rythme entêtant, hypnotique, par les jours d'été chauds et sans vent, autour de la villa de la Première Pointe. Le danseur et sa femme, qui s'entraînaient dans le grand salon en vue d'un concours de danse.

Ce rythme-là, et les enfants silencieux. Les trois maudits. Et, plus tard, après l'accident, les trois enfants en rang d'oignons, grands et costauds tous les trois, ils avaient toujours fait plus que leur âge, adossés au soubassement de pierre de la villa.

Note de rumba, entêtantes, comme si on pouvait encore entendre la musique autour d'eux.

Un tel héritage, un tel mauvais sang dans les gènes.

On frissonne quand on y pense. Ces enfants-là. ... [...]
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ClawClaw   06 janvier 2013
Ceci, au début, est plus court. Soudain, les allées, la Roseraie 2, l'obscurité où elle roule, dans la voiture, après les grilles du portail qui se sont refermées derrière elle, elle se reconnaît.
Cela tient peut-être aux arbres, les mêmes arbres alignés au bord de l'allée comme s'ils avaient toujours été là. Et aux maisons, hautes, plusieurs étages, même s'il y a de la lumière à presque toutes les fenêtres, ce qui n'avait pas été le cas de son temps. Elle s'en souvient. Tabula Rasa. N'être rien, et neuve. Cette possibilité-là. Tournoyer dans les allées, un jour d'automne, du soleil alors.
Mon amour, ma vie, tournoyer, rien et neuve.
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ClawClaw   06 janvier 2013
L'enfant, Fluorescent. Johanna. Dans la chambre des rêves, du temps, de l'histoire. Elle épingle au mur L'enfant, Fluorescent. La femme au milieu d'un champ avec l'enfant dans les bras, photographie en noir en blanc, orage, éclairs. L'enfant de lumière / dans la lumière.
Une explosion ; transcendance.
Elle est l'enfant. Fluorescent, c'est son nom.
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ClawClaw   06 janvier 2013
Projet Terre. Orphée qui voulait rejoindre son Eurydice. Ce qu'on a perdu. Dans le monde d'en bas. Le Jardin d'hiver. Les chambres souterraines. Qui brûlent, disparaissent. On n'y est jamais allée. Et pourtant : on a jamais cessé d'y être.
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