AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Anne Plantagenet (Traducteur)
ISBN : 2221115406
Éditeur : Robert Laffont (05/05/2011)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 170 notes)
Résumé :

En cette année 1568, tandis que l’Inquisition continue à soumettre de son talon de fer la vie politique, religieuse et culturelle des royaumes espagnols, dans les montagnes et les vallées des Alpujarras, au sud de la Péninsule, l’heure de la révolte a sonné.

Ecoeuré par les injustices, les expropriations et les humiliations, les musulmans se dressent contre l’oppresseur afin qu'on reconnaisse leurs droits civils et religieux.

>Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (40) Voir plus Ajouter une critique
Marple
  25 mai 2013
La mezquita de Cordoue... Un endroit qui m'a profondément touchée quand je l'ai visité, bien plus notamment que l'Alhambra de Grenade ou la ville de Séville. Un lieu à la croisée des chemins musulmans et chrétiens, puisque c'est une ancienne mosquée sur laquelle les Catholiques ont ensuite érigé une cathédrale. Et un point central de ce grand roman historique qui s'attache à la vie des Maures en Andalousie au XVIe siècle, entre insurrection, assimilation et cohabitation.
J'ai tendance à l'oublier dans ma vie quotidienne moderne, et les romans historiques me le rappellent à chaque fois : dans le passé, la religion avait un rôle capital, dans la vie publique comme dans la sphère privée. S'il est construit sur un ressort proche du très bon La Religion de Willocks, c'est-à-dire un héros à mi-chemin entre les cultures chrétienne et musulmane (ici maure), Les Révoltés de Cordoue tire son originalité et son intérêt du point de vue adopté : Hernando se sent résolument maure et musulman. Pour autant, il ne considère pas les chrétiens comme des ennemis absolus, il cherche plutôt à les comprendre, parfois à les aider, et constamment à vivre en harmonie avec eux, par des tentatives de syncrétisme, un mariage, des activités ou des amitiés. le propos est donc nuancé, montrant l'intolérance et les atrocités dans les 2 camps, mais aussi la grandeur d'âme de quelques individus. Très instructif aussi, sans aucun doute.
Ce qui aurait pu être un cours magistral sur l'histoire d'Andalousie, l'Islam des Maures ou leurs différentes actions clandestines devient une belle fresque sous la plume d'Ildefonso Falcones, avec des rencontres, des amours, des trahisons, des deuils, des souffrances, des apprentissages, des études. Bref un excellent roman historique, passionnant et intéressant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          555
bilodoh
  08 février 2014
En randonnée en Espagne, j'ai été séduite par les paysages de la Sierra Nevada et par les villages blancs des Alpujarras. Ce roman de Ildefonso Falcones est arrivé à point pour me raconter leur histoire, celle de la culture d'al Andalus et des héritiers du royaume de Grenade.

À vrai dire, je connaissais peu de choses des Maures, selon des bribes de souvenirs de cours d'histoire, c'étaient les « méchants » et ils auraient été vaincus par un certain Charles Martel… En fait, le roman se passe huit siècles plus tard et commence à Juviles en 1568, à l'époque qui a suivi la Reconquista avec la révolte des Morisques et leur expulsion définitive.

C'est une période mouvementée, avec l'Inquisition et les guerres de religion, mais c'est aussi le cycle infernal de la cruauté qui crée un sentiment d'injustice qui appelle les victimes à la vengeance, celles-ci s'en prennent à des innocents qui deviennent vengeurs à leur tour, complétant une spirale guerrière destructrice.

Même si on sent parfois que l'auteur se passionne davantage pour l'Histoire que pour son histoire, l'écriture fluide, les personnages attachants permettent d'apprécier leurs aventures au long des quarante années et des 1075 pages (édition de poche).

Avec un intérêt pour la région comme point de départ, ma vision du roman n'est pas objective, mais je recommande l'ouvrage aux amateurs de fresques historiques.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          512
latina
  11 juin 2014
Hernando Ruiz ou Ibn-Hamid ? le nouveau-chrétien ou le musulman ?
Si vous voulez connaitre la réponse, lisez « Les Révoltés de Cordoue », et vous connaitrez tout, je dis bien tout, sur cette période sombre de la fin du 16e siècle en Espagne.
En effet...elle est bien loin l'époque bénie où chrétiens et Maures vivaient en concordance, s'appréciant les uns les autres et se découvrant dans le respect. La Reconquista est passée par là et un siècle après les Rois Catholiques, Philippe II veut éliminer toute trace de musulmans libres. La guerre des Alpujarras (les montagnes entourant Grenade et Cordoue) sera le théâtre d'atrocités, dans le chef des chrétiens comme des Maures. C'est vraiment à partir de la fin de cette guerre que les Musulmans seront brimés et finalement conduits à quitter l'Espagne de force.
Et pourtant...ce roman est un hymne à la fraternisation, à la recherche de lien entre 2 religions finalement pas si divergentes ! Et Hernando/Ibn Hamid se voudrait l'artisan de ce lien, lui qui a connu une vie mouvementée, dont la femme et les enfants ont été kidnappés, qui, de muletier, est devenu ouvrier tanneur obligé de descendre dans une fosse puante pour piétiner le fumier, et puis qui s'est retrouvé élevé au rang d'ami intime d'un Grand d'Espagne après s'être occupé des Ecuries royales, et j'en passe...
Toute sa vie, il a travaillé au rapprochement catholico-musulman, lui-même d'ailleurs est un pur produit métissé de ces 2 religions, puisque sa mère musulmane a été violée par un prêtre...Et il épousera, après une musulmane, une chrétienne pure souche.
Bref, je ne vais pas me mettre à raconter toute l'histoire tellement elle est riche (1077 pages !) mais je peux vous dire que la Mezquita de Cordoue en est un acteur principal, tout comme la famille d'Hernando et son uléma, le sage. Et n'oublions pas l'amour, magnifié par la sensualité mauresque!
Je n'ai qu'un souhait en refermant ce livre : me rendre à Cordoue et me plonger dans la splendeur de cette ville alliant subtilement le monde chrétien et le monde musulman, à l'image d'Hernando.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          4811
gouelan
  05 avril 2018
Dans le dernier juif, Noah Gordon évoque la tragédie de l'expulsion des Juifs d'Espagne à la fin du XVe siècle. En sautant d'une critique à l'autre j'ai découvert Les révoltés de Cordoue.
Je ne connaissais pas l'histoire des Maures, chassés eux aussi d'Espagne un siècle après les Juifs, alors qu'ils vivaient avec les chrétiens depuis plusieurs siècles en Andalousie.
La révolte gronde. Les Maures sont de plus en plus oppressés par l'Inquisition, la cupidité et la haine. le cercle infernal de la vengeance est lancé.
Une grande fresque où se mêlent atrocité, amour, ignorance et haine. On construit des cathédrales qui gardent pourtant l'âme d'une mosquée. On prie le même Dieu, pourtant on se déchire. Et les femmes et les enfants dans tout cela font souvent l'objet de terribles injustices. Viols, esclavages… dans un camp comme dans l'autre.
Plus qu'une guerre de religion, c'est une guerre d'intolérance et de pouvoir. le pouvoir de la religion d'aimer ou d'anéantir, de tolérer ou de s'enrichir, d'accorder le pardon ou de se venger.
Un roman passionnant, à cheval entre deux peuples, deux façons d'être et de penser, deux croyances pas si différentes l'une de l'autre finalement. Elles pourraient bien s'accommoder, voir s'enrichir de leurs différences, si on ouvrait les yeux. En tout cas, au nom d'aucune croyance divine on ne devrait autoriser de tels massacres.
Une lecture qui donne envie de visiter l'Andalousie, si riche de toutes ces communautés qui ont foulé son sol, de retrouver les traces des Maures, des Juifs et des chrétiens de ces siècles passés, de donner raison à la tolérance en admirant la Mezquita de Cordoue.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          474
Aline1102
  12 août 2011
"La Mano de Fatima" est un roman historique dont l'action se déroule près de 60 ans après la Reconquista de l'Andalousie par les Rois Catholiques, Ferdinand et Isabelle.
Ce qui marque surtout le lecteur dans ce récit, c'est la révolte des musulmans, reflétée dans le titre français du roman ("Les Révoltés de Cordoue").
Après "La Catedral del Mar", Ildefonso Falcones nous livre donc une fois encore un récit passionnant, émouvant et parfois cruel aussi. La vie de ses héros n'est, en effet, pas simple et l'auteur ne se prive pas pour nous le faire remarquer.

Les musulmans, humiliés par les chrétiens, ont toutes les bonnes raisons du monde pour se révolter. Mais, ensuite, cette révolte tourne au fiasco, certains dirigeants menant une vie trop dissolue pour être pris au sérieux, non seulement par les armées catholiques, mais aussi par les musulmans eux-mêmes. Et les musulmans deviennent, dans leur vengeance, vite aussi féroces que les chrétiens. Les massacres se multiplient, dans un camp comme dans l'autre. Hernando, notre héros, en fera les frais...

Les grandes victimes de ces événements étaient les gens qui, comme Hernando, étaient issus de relations mixtes, consenties ou non. A cheval entre deux cultures et deux religions, trouvant des inconvénients et des avantages dans ces deux pans de sa vie, Hernando se fait le "porte-parole" de ces gens qui avaient les yeux assez ouverts pour constater qu'aucun des deux camps qui s'opposaient dans cette lutte n'était exempt de vices. Bien souvent, Hernando réfléchit à ce que la religion catholique lui a appris et à ce qu'il sait de l'Islam. Et, parfois, il remet ces enseignements en question, lorsque les comportements qu'il observe chez des personnes se réclamant de l'une de ces deux religions ne lui semblent pas dignes d'un chrétien ou d'un musulman.

Les femmes ont également souffert de cette révolte. Entièrement soumises à la volonté d'un mari qui était leur maître, les femmes musulmanes ne pouvaient que lui obéir en silence, même si elles n'approuvaient pas les décisions prises par leur époux. Premières victimes des armées chrétiennes, elles étaient, lorsqu'elles tombaient entre leurs mains, exécutées ou vendues comme esclaves. Et le sort des femmes chrétiennes capturées par les musulmans était le même...
Ildefonso Falcones ne prend pas parti, laissant à ses lecteurs le soin de réfléchir eux-mêmes et de se forger leur propre opinion sur cette véritable lutte religieuse.

Très beau roman, La Mano de Fatima nous emmène donc sur les pas des héritiers d'Al-Andalus, ce fabuleux royaume; mais n'en porte pas moins un regard lucide sur de bien triste événements. Superbement documenté, c'est un récit à découvrir absolument!
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
celdadouceldadou   07 mars 2016
Pourquoi tout le monde m'appelle nazaréen,mère?
Avait il sangloté ,levant la tête d'entre ses genoux.
Aisha avait fermé les yeux devant les larmes de son fils.elle avait voulu les essuyer d'une caresse,mais Hernando avait détourné le visage.
Pourquoi? Avait-il insisté.
Aisha avait soupiré profondément ; puis elle avait hoché la tête et s'était accroupie sur la paille.
- D'accord tu es assez grand désormais, avait-elle cédé avec tristesse,comme si ce qu'elle allait dire lui coûtait un grand effort.Il faut que tu saches qu'il doito avoir quatorze ans , neuf mois avant ta naissance,le curé du village où je vivais quand j'étais petite dans l'Ajerquía d'Almeria m'a violée....
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
sissou60sissou60   26 août 2012
Les hommes poignardèrent le bénéficier et le prêtre. Un peu à l'écart, sur une petite terrasse, Hernando tressaillit lorsqu'il vit sa mère se diriger lentement vers don Martin, qui agonisait sur le sol. Que faisait-elle? Il sentit qu'Hamid lui passait un bras autour des épaules. Les femmes du village crièrent et poussèrent les hommes pour les obliger à s'éloigner des religieux. En silence, presque avec révérence, un Maure glissa un poignard dans la main d'Aisha. Hernando la vit se mettre à genoux au côté du prêtre, lever l'arme au dessus de sa tête et la planter avec force dans son coeur.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
celdadouceldadou   28 juin 2016
Vous savez que l'arabe ,leur expliqua-t- il ensuite ,est la langue de tout le monde musulman ,ce qui nous unit,quels que soient notre origine ou l'endroit où nous vivons . a travers le Coran ,l'arabe a atteint la condition de langue divine,sacrée et sublime.
Vous devez apprendre à reciter en rythme ces sourates afin qu'elles résonnent a vos oreilles et aux oreilles de ceux qui vous écoutent . Je veux que les chretiens là-dedans -il désigna l'église-entendent de votre bouche cette musique céleste et soient convaincus qu'il n'y a pas d'autre Dieu que Dieu ,ni d'autre Prophète que Mahomet.Apprends-leur,conclut - il en s'adressant à Hernando.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
gouelangouelan   05 avril 2018
- [...] En vérité, nous ne sommes rien de plus, semble-t-il, que des pestiférés : les chrétiens nous haïssent mortellement et nul dirigeant musulman n'a fait quoique ce soit pour nous aider. Nous sommes un peuple qui a toujours scruté l'horizon dans l'espoir d'apercevoir une armée, turque ou algérienne, mais celle-ci n'est jamais apparue.

Efraín fut tenté de discuter. Pestiférés ? Ses frères à lui l'avaient été, sans aucun doute, en Espagne et dans tous les royaumes européens. Inutile même de regarder à l'horizon : jamais personne ne vendrait en aide aux juifs. Mais il resta silencieux ; il n'était pas venu pour cela.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
celdadouceldadou   30 juin 2016
Hernando et ses élèves improvisés virent les chretiens de Juviles quitter l'église,nus,claudiquant,malades pour beaucoup d'entre eux,les mains attachées dans le dos., en direction d'un camp voisin.Trainant les pieds près du curé et du bénéficier , Andrès,le sacristain tourna le visage vers Hernando,assis sur le plus gros morçeau de la cloche.Le jeune garcon soutint son regard jusqu'au moment où un Maure poussa violemment l'homme avec la crosse d'une arquebuse.Hernando sentit en partie le coup dans son propre dos."Ce n'est pas une mauvaise personne ",songea-t-il.Il s'était toujours bien comporté avec lui .
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
Videos de Ildefonso Falcones (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ildefonso Falcones
Página Dos - Entrevista a Ildefonso Falcones (20/09/2016)
autres livres classés : espagneVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Jésus qui est-il ?

Jésus était-il Juif ?

Oui
Non
Plutôt Zen
Catholique

10 questions
1179 lecteurs ont répondu
Thèmes : christianisme , religion , bibleCréer un quiz sur ce livre
.. ..