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EAN : 9782842612504
167 pages
Éditeur : Le Serpent à plumes (28/02/2001)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 55 notes)
Résumé :
Kéba-Dabo avait pour tâche, en son ministère, de " procéder aux désencombrements humains ", soit : éloigner les mendiants de la Ville en ces temps où le tourisme, qui prenait son essor, aurait pu s'en trouver dérangé. Et son chef, MourNdiaye, a encore insisté : cette fois, il n'en veut plus un seul dans les rues ; et ainsi fut fait. Mais les mendiants sont humains, et le jour où, écrasés par les humiliations, ils décident de se mettre en grève, de ne plus mendier, c... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
aouatef79
  12 mai 2019
"La Grève des bàttu , ou, les déchets humains", est un roman de la grande écrivaine sénégalaise ,Aminata Sow Fall .Cette dernière est une militante des droits de la femme africaine . Cette dernière est brimée dans cette société matriarcale et surtout elle ne doit pas dire "Non" à l 'homme .Aminata est contre la polygamie ,entre autres .
" La Grève des bàttu ,ou,les déchets humains", est un roman à la fois une peinture de moeurs et une satire politique .Il met face à face deux extrèmes de la société : les démunis , les faibles ,les pauvres , les humbles ,les mendiants et de l 'autre côté les nantis , la supposée élite du pays :les grands fonctionnaires ; les autorités ou ceux qui commandent .Les récit est supposé se dérouler dans un pays imaginaire d ' Afrique mais plusieurs indices
laissent penser qu 'il s 'agit de Sénégal .Un des protagoniste du récit est Mour Ndiaye , un homme politique véreux , ambitieux et sans scrupule .Il veut débarasser la ville de ses mendiants .Pour activer cette opération ,il charge son subordonné zélé , Keba Dabo .Ce dernier recourt à des méthodes musclées et pense , ainsi ,arriver à ses fins .Alors , les mendiants s 'organisent et se révoltent à leur manière :ils font la grève et cessent de
mendier .Mais cette grève provoque le désarroi des habitants .Ces derniers sont dans leur majorité des Musulmans .Ces derniers , leur religion leur ordonne d 'attribuer une partie de leurs revenus aux pauvres c'est-à-dire faire l 'aumône .Et dans cette société , les gens qui veulent que leurs vœux soient exaucés doivent faire des offrandes aux marabouts qui à leur tour attribuent une partie aux mendiants .Mais ces derniers ont déserté les lieux .Mais une ville sans mendiants est un non-sens .Mour Ndiaye qui pensait débarrasser la ville de ses mendiants et rendre ainsi la ville agréable aux touristes, doit s 'avouer vaincu car il pensait qui si son opération réussissait , il allait accéder au poste de vice-président de l 'Etat .Les vainqueurs de cette confrontation sont les humbles , les sans-grades .
" Avec humour , avec gravité aussi , Aminata Sow Fall dénonce dans ce roman les travers des puissants et donne un visage aux éternels humbles ,du Sénégal ou d 'ailleurs".
PS :le bàttu : mot wolof désignant la calebasse servant de
d 'obole ou de sébile aux mendiants .



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miriam
  06 février 2013
Les battù sont les calebasses que tendent les mendiants.
Ce roman met en scène deux extrêmes : mendiants et puissants. Mour NDiaye, Directeur de la Salubrité publique, charge Keba Dabo de désencombrer la ville afin de la rendre plus présentable aux touristes étrangers. Mour NDiaye compte sur le succès de la campagne pour atteindre le sommet de la puissance : un poste de Vice-président de la République.
Keba Dabo, par des rafles musclées et brutales, réussit sa mission.
On découvre que la société des mendiants est remarquablement organisée. la solidarité est financée par la tontine quotidienne qu'organise Salla Niang dans sa cour, qui fournit un abri pour les nécessiteux, revend bouts de chandelles ou poulets donnés en aumône - tenant une sorte de commerce du produit de la nécessité - paie les obsèques du malheureux Madiabel, victime d'une des rafles, nourrit la communauté dans une sorte de cuisine collective.
Les puissants vivent dans des villas somptueuses, entretiennent maîtresses et secondes épouses, prodiguent satisfaction "aux demandes pressantes d'argent des parents, cousins, copains et beaux-parents...." sans parler des sacrifices sur les conseils des marabouts.
Car ce sont eux, les marabouts qui font le lien entre les extrêmes de la société! La réussite de tel ou tel politicien dépend de leur influences et de leurs prières. La politique nage dans le domaine magique. de la rencontre avec Sérigne Birama, un saint homme, date la prospérité de Mour Ndiaye. Il entretient cette relation par des dons substantiels et des sacrifices.
Mais à qui offrir les sacrifices prescrits par les saints hommes si les mendiants ont disparu? Comment se concilier le sort? A qui adresser les prières?
Lien : http://miriampanigel.blog.le..
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jfponge
  21 octobre 2018
Une fable, au message clair comme de l'eau de roche, dans un pays imaginaire d'Afrique noire où règne, comme partout ailleurs dans le monde, corruption et laisser-aller. À l'approche d'un remaniement gouvernemental, Mour Ndiaye, le directeur du Service de la Salubrité Publique, brigue le poste de vice-président de la république. Il va donc faire du zèle et charger son fidèle adjoint Kéba Dabo de désencombrer la ville de ses mendiants, une tache bien trop visible aux yeux des touristes tant attendus. Mais c'est sans compter sur la capacité d'organisation et de résistance de cette confrérie, qui bénéficie d'une opinion très favorable au sein d'une population marquée par les croyances ancestrales en les bienfaits magiques des dons aux nécessiteux. Une bonne leçon va être administrée à ce puissant infatué de lui-même et se croyant au-dessus des lois. D'une portée universelle, tel un conte De Voltaire, ce pamphlet original et d'une grande qualité d'écriture démontre avec humour la vanité de ces puissants personnages, géants aux pieds d'argile, qui croient naïvement que le reste de l'humanité les admire et les respecte. Un bol d'air, bien salutaire…
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Marti94
  01 décembre 2019
Je suis dans ma période découverte de la littérature africaine et plus précisément sénégalaise. Grâce à ma lecture du recueil de textes choisis intitulé "Le goût du Sénégal" j'ai repéré quelques écrivains et écrivaines, notamment Aminata Sow Fall, une des pionnières de la littérature africaine francophone.
Après la lecture de "La grève des bàttu" je comprends mieux pourquoi Alain Mabanckou la «considère comme la plus grande romancière africaine» dans son discours inaugural au Collège de France.
Avec un ton naturel elle nous montre non sans humour le quotidien des sénégalais et des sénégalaises et c'est ce qui fait la richesse de cette histoire sociale qui se passe à Dakar où dans une ville qui lui ressemble.
Mour Ndiaye est directeur du service de la salubrité publique. Il a reçu l'ordre du gouvernement soucieux de promouvoir le tourisme, de procéder au désencombrement humain de la ville, ce qui veut dire supprimer les mendiants. Mais personne ne s'attendait à leur réaction : après quelques coups et blessures ayant entraîné la mort de certains d'entre eux, les mendiants décident de ne plus sortir. Maternés par Salla Niang, une femme de tête, ils restent retranchés en périphérie.
C'est sans compter qu'en Afrique la charité est un devoir et même une tradition. Alors, quand les marabouts consultés par l'ambitieux Mour Ndiaye lui imposent de donner à ceux qui sont appelés bàttu parce qu'ils tendent devant eux une petite calebasse du même nom pour demander l'aumône, la pénurie de mendiants pose problème. En effet, c'est la seule façon pour lui d'obtenir le poste de vice-président.
Ça peut faire rire mais ça a l'air très réaliste.
Ce que j'ai particulièrement apprécier ce sont les portraits de femmes qui jouent un rôle important.
Je pense en particulier à Lolli et Raabi, la femme et la fille ainée de Mour. Lolli est le pilier de la famille mais elle doit se soumettre quand son mari prend une deuxième femme. Raabi représente la nouvelle génération de femme cultivée qui prône l'émancipation. Elle est lucide et n'en veut pas à sa mère d'avoir cédé face à la pression sociale.
Roman qui a mérité son Grand prix littéraire d'Afrique noire en 1980.
Lu en novembre 2019
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psycheinhell
  03 octobre 2011
Petite fable sociale aussi fun que prévisible :
au Sénégal, pour favoriser le tourisme, des mesures sont prises pour chasser les mendiants des villes. Traqués, n'osant plus se montrer de jour, ils décident, dans un élan de dignité revitalisée, de se mettre en grève. Déboussolant toute la cité, soudain privée de son droit à se mettre par la charité la conscience en règle, et les esprits en poche (ce qui n'est pas rien dans un système où les carrières se bâtissent sur les conseils des marabouts !)
On a beau voir arriver la fin gros comme un éléphant au bout d'un tunnel, reste ce plaisir revanchard du renversement réussi de situation sociale, dont on ne se lasse pas depuis l'antique et toujours fraîche Lysistrata d'Aristophane et sa grève du sexe pour arrêter la guerre. A lire aussi, et surtout, pour la couleur humaine, chaleureusement humaine des portraits, et la vivacité de la parole...
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
oassita65oassita65   19 décembre 2011
L a fortune n'a pas de domicile fixe, Dieu ne l'a pas attribuée d'une manière définitive. Il ne fait que la prêter
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oassita65oassita65   19 décembre 2011
Les rangées de perles toutes blanches qui ornent ses reins sous un beeco immaculé et que les femmes d'aujord'hui dédaignent en ignorant qu'elles abandonnent ainsi une bonne dose de leur sel
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aouatef79aouatef79   12 mai 2019
La fortune n 'a pas de domicile fixe , Dieu ne l 'a pas attribuée d 'une manière définitive . Il ne fait que la prêter .
Commenter  J’apprécie          160
everrandorianoeverrandoriano   05 octobre 2018
Quand on mendie il faut apprendre à être patient,à supporter beaucoup de choses.Celui qui a besoin du bien d'autrui doit satisfaire jusqu'à ses caprices.
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Marti94Marti94   29 novembre 2019
Lui, quand il était jeune, a fait partie du monde de ceux à qui on donnait ; il n'a jamais eu l'occasion de décharger une quelconque angoisse dans le fait de donner la charité. Ses angoisses, ses peines, ses malheurs, il les vivait ; sa mère les vivait ; ses frères les vivaient ; ils les subissaient jusqu'à l'oubli. Il ne put donc pas raisonner comme ceux que la charité apaise ; il n'a jamais connu d'autre consolateur que le temps.
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