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EAN : 9782070364374
224 pages
Éditeur : Gallimard (06/09/1973)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 90 notes)
Résumé :
« Blaise Poulossière sortit de sa poche l'immensité d'un mouchoir à carreaux.
- C'est moi qu'à présent je fais cuire la soupe, le lard et le ragoût, confia-t-il à sa femme qui reposait là, devant lui, à l'intérieur du caveau de famille.
- Le monde sont fou, ma pauvre vieille, le monde sont fou...
Il se moucha fortement, ce qui fit s'égailler des mésanges perchées sur une croix. »
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Zazaboum
  30 avril 2020
Trois septuagénaires, trublions assoiffés et alcooliques sèment la pagaille dans un café de leur village. S'estimant très vieux et dédaignés par leurs semblables ils décident d'aller s'installer à l'Hospice. Pour profiter de leur dernier voyage ils partent à pieds avec le vieil âne de l'un deux et des munitions dans leurs gibecières : le picrate !
Entre moqueries, soûleries, vacheries et règlements de compte de leur jeunesse le chemin va se révéler semé d'embûches alcoolisées et de nostalgie en retrouvant l'une de leur conquête de leurs 20 ans !
Dialogues truculents, accents du cru, ils ne sont pas difficiles à imaginer si l'on a déjà passé du temps dans un café de village de la France profonde ou déjà vu le film !
Petit rappel nostalgique des vacances de mon enfance où ces vieux nous faisaient tant rire et nous donnaient l'impression de transgresser les recommandations de notre grand-mère !
CHALLENGE MULTI-DEFIS 2020
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Renod
  28 mai 2019
La Fête aux Escargots se tient chaque premier dimanche de juin sur la place du bourg. Les flonflons de l'orchestre peinent à couvrir le boucan de trois ancêtres attablés au fond du café. Ca plaisante, ça s'asticote et ça s'engueule. Les voisins couvrent ces énergumènes d'un oeil goguenard. Il faut dire que leurs frasques défraient la chronique locale depuis des décennies. le trio a décidé de quitter le village pour se rendre à l'hospice départemental. Blaise, âgé de soixante-douze ans, est usé par les millions d'hectares de terre labourée. Baptiste, du même âge, un vieux rabougri, plissé et bossu, est régenté par ses brus qui limitent sa consommation de vin. Le dernier, c'est Jean-Marie, son aspect colossal ne trompe plus personne, avec les années, il a perdu de sa superbe. Alors s'ils sont vieux, ils iront chez les vieux. Ils décident de faire le trajet qui les sépare de l'hospice à pied, avec Panpan, l'âne de Blaise, aussi décati que son maître. « Les voyages, y a rien au-dessus pour voir du pays » Surtout pour ces trois boit-sans-soif qui n'ont – à l'exception de leurs obligations militaires – quasiment jamais quitté leur village. Les voilà confrontés à la modernité mais surtout à leur passé. De tendres souvenirs vont remonter dans leurs coeurs usés. Libérés de toute contrainte, ils mangent sur l'herbe, se délassent les arpions dans la rivière, et dorment à la belle étoile. le lecteur se régale des leurs échanges et de leurs chamailleries qui se terminent souvent en empoignade. C'est une farce bien ficelée à la sauce Fallet : des lascars hors du temps qui savourent ces précieux cadeaux de la vie que sont l'amitié, la liberté et le vin rouge. Si ce n'est pas mon Fallet préféré, j'ai hâte d'en découvrir l'adaptation de Gilles Grangier.
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lecassin
  31 mars 2013
René Fallet avait coutume de dire que sa prose était irriguée par deux veines : celles du Beaujolais et celle du whisky ; la première produisant des romans "rabelaisiens", la seconde des textes plus mélancoliques...
A n'en pas douter, « Les vieux de la vieille » appartient à cette veine du Beaujolais qui nous a déjà donné l'excellent "La grande ceinture" en 1956.
Jean-Marie Pejat, Blaise Poulossière et Baptiste Talon habitent le même bourg depuis soixante-dix ans. Le trio passe son temps à vider des chopines et un soir de fête, ils s'aperçoivent qu'ils sont vieux... terriblement vieux... et que plus rien ne les retient dans ce village ; leur place est désormais, ils en sont convaincus (ils s'en sont convaincus) avec ceux de l'asile départemental de Gouyette.
Ils partent donc pour Gouyette ; à pied bien sûr ; et sans oublier une petite halte « arrosée » « boulevard des allongés », au cimetière si vous préférez, pour dire adieu aux copains... Vingt dieux d'ours !
Truculent !
Un ouvrage qu'il n'est pas si facile de dénicher en édition de 1958 et que, bibliophile, je suis fier de posséder.
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gill
  27 mars 2012
Pejat, Poulossière et Talon habitent le même bourg, ils ont tous les trois plus de 70 ans et , sans trop y réfléchir, partent pour l'hospice départemental de gouyette.
René Fallet nous fait le récit de cette équipée truculente.
A leur arrivée s'apercevant que, somme toute, ils ne sont pas si vieux, ils décident de faire le mur.
Ce voyage titubant a un tour rabelaisien et picaresque.
Il a fait, comme plusieurs de ses romans, l'objet d'une adaptation cinématographique qui est particulièrement réussie et qui rend un vrai hommage à son livre fameux.
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Herve-Lionel
  31 juillet 2014
N°773 – Août 2014.

LES VIEUX DE LA VIEILLERené FALLET – Denoël (1958)
Dans un village du Bourbonnais, deux septuagénaires, Jean-Maris Pejat, ancien réparateur de cycles, et Blaise Poulossière, ancien agriculteur, forts en gueule et amateur de chopines font la loi. Un troisième compère, Baptiste Talon, fraîchement retraité de la SNCF revient au village et apprend à ses amis son intention de se rendre à Gouyette, une maison de retraite dont un collègue lui a dit beaucoup de bien, tenue par les bonnes soeurs à quelques kilomètres de là. Après pas mal d'hésitations, ayant constaté qu'ils ne faisaient plus vraiment partie du village, qu'ils n'étaient finalement plus très jeunes, et qu'ils passaient le plus clair de leur temps au bistrot, les trois compères se décident à partir ensemble, mais à pied et en compagnie d'un âne cacochyme. Ils feront des rencontres non prévues avec leurs souvenirs de jeunesse mais aussi avec la maréchaussée qu'ils ne manqueront pas de ridiculiser. Ils ne partiront cependant du village sans un dernier salut aux copains du cimetière. Ils entament donc une pérégrination laborieuse et surtout arrosée jusqu'à cet hospice où ils se trouvent décidément trop vieux pour y vivre. Ainsi vont-ils refaire le chemin en sens inverse, le plus vite qu'ils pourront !
René Fallet signe là un roman d'humour repris en 1960 par Gilles Grangier. Certes il s'agit-là d'une adaptation, d'une recréation comme on dit. Les lieux sont un peu différents, les aventures aussi mais l'esprit est le même. Nous retrouvons nos trois compères toujours aussi vantards et prompts à la critique mais que rien ne retient plus au village. Leur temps est terminé et ils ne parlent plus que de la guerre de 14 qu'ils firent chacun sur des théâtres d'opérations différents et effectivement le temps a passer sans peut-être qu'ils s'en rendent compte. Grangier brode un peu avec cette histoire de pré appartenant à Talon et loué à Poulossière mais dont Baptiste n'a pas touché les loyers depuis quatre années. C'est que ledit pré a été cédé par le fils de Blaise à la commune pour en faire un terrain de football. Ce geste altruiste lui a permis de devenir conseiller municipal, autant dire notable. le pauvre Poulossière, quoique hâbleur avec ses compères, file doux face à sa famille et n'ose s'opposer aux décisions de son fils. Pourtant, à l'aide de ses deux amis, il va se venger et empêcher autant qu'ils le peuvent les matchs de football.
Las, le temps a passé depuis leurs jeunes années et la fête annuelle des escargots va leur rappeler la triste réalité. Ils sont vieux  ! Puisque Talon a refusé la voiture des bonnes soeurs, ses deux compères décident de l'accompagner à sa nouvelle résidence, mais il préfèrent faire le chemin a pied ce qui n'est pas sans mésaventures, des rencontres de vieilles connaissances, des souvenirs de guerre, de jeunesse et de conquêtes féminines, des disputes, des jurons bien sentis et surtout sans quelques arrêts-boissons.
Arrivés enfin au but, ils ne tardent pas à s'apercevoir que cet établissement austère dont on avait pourtant dit tant de bien à Talon se révèle effectivement être un « bagne pour vieux » dont ils décident de s'échapper non sans semer la panique sur leur passage. le retour n'est pas moins épique que l'aller mais c'est entre deux gendarmes qu'ils reviennent au village. le maire les sermonne comme il l'aurait fait à des garnements. Ils promettent de s'assagir, mais faut-il leur faire confiance ?
Cette adaptation cinématographique rablaisienne s'est faite avec la complicité de Michel Audiard dont les dialogues sont toujours aussi inimitables. le scénario est servi par Noël Noël  Pierre Fresnay et Jean Gabin, des acteurs d'exception capables avec le même talent de camper un aristocrate ou un prolétaire, un flic ou un truand.
Ce n'est pas pour donner l'impression que moi aussi je fais partie des vieux de la vieille, mais je revois toujours ce film avec le même plaisir. Il correspond à une écriture cinématographique particulière désormais révolue qui doit beaucoup aux dialogues à la mise en scène et aux acteurs.
©Hervé GAUTIER – Août 2014 - http://hervegautier.e-monsite.com

Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
RenodRenod   28 mai 2019
Les tablées d’hommes (...) coiffés de la casquette ou du chapeau des dimanches, respiraient le bonheur, les mères étant au bal pour surveiller les filles, les gars étant au bal pour arracher les filles aux mères. On parlait de voitures ou d’agriculture, de porcs, de sécheresse. Rarement de politique, on se serait battus.
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lecassinlecassin   26 septembre 2016
Le monde sont fou, répéta Poulossière, pis que fou. Un jour, ce monde qui sont fou nous mettra un pétard de quatorze juillet dans le trou que je pense, et on se retrouvera dans la lune aussi vrai que je m'appelle Poulossière Blaise et que je suis à cette table. Et qui qu'on y fera, dans la lune, je vous demande ? Y'a point de terre à cultiver, dans la lune, puisque a lune, c'est que de la lune partout.
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gillgill   29 mars 2012
Les vapeurs dues au fruit de la vigne se dissipèrent comme fumée de pipe, le grand projet demeura. Bien sûr, le cadre de leur vie, cadre où les trois vieux s'étaient aussi solidement installés qu'un oncle Anselme ou Agénor en tenue de 14-18 dans le sien, ce cadre grinça aux jointures et leur pinça le cœur.
Quitter sa terre, son atelier, sa ferme, c'était malgré tout autre chose que de jeter par-dessus son épaule des coquilles de noix. Mais ce départ les occupa, ce qui leur fit du bien sous la casquette.
Jean-Marie répara d'arrache-pied les vélos en souffrance, informa sa clientèle qu'il bouclait la maison.
Blaise traita âprement de ses récoltes avec un voisin, puis descendit au marché pour y brader ses lapins et ses volailles.
Baptiste déclara en toute simplicité à sa famille qu'il l'avait assez vue...
(extrait du chapitre IV)
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RenodRenod   26 mai 2019
- Un petit coup de rouge ?
- Merci, jamais le matin.
- Vous avez tort, c’est le matin que c’est bon. Ça décape les amygdales, ça oxygène l’estomac, tous les docteurs vous le diront.
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RenodRenod   16 mai 2019
C’est pas pour dire du mal de ta pauvre femme qu’est défunte, mais on peut bien jurer sur un bénitier qu’il y a jamais rien eu de plus vilain sur le pas d’une porte, quand elle prenait l’air.
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Vidéo de René Fallet
22 janvier 1977 René Fallet, dans son bureau parle du chat en général et présente son chat Siamois, Bonnot. Pour lui il y a quelque chose de féminin chez le chat. Photographies de Georges Brassens.Photographie de chat.
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