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Brice Matthieussent (Traducteur)
EAN : 9782264034519
208 pages
Éditeur : 10-18 (03/01/2002)
3.96/5   199 notes
Résumé :
"Pour écrire l'Orgie, comme pour son Vin de la jeunesse, Fante a pressé, furiosissimo, les Raisins de la colère. De la vendange, le père Steinbeck tirait une morale ; malgré l'adversité, Fante en rapporte d'abord une extraordinaire énergie. Du désespoir ? "
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
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Kirzy
  15 août 2018
Mon premier John Fante à l'occasion de la réédition complète de son oeuvre chez 10/18. Aucune explication rationnelle pour expliquer pourquoi j'ai mis autant de temps à ouvrir un livre de ce grand auteur américain.
Deux nouvelles donc, L'Orgie et 1933 fut une mauvaise année, qui se lisent comme un seul roman puisqu'on suit le même personnage d'abord âgé d'une dizaine d'années puis de 17 ans.
On entre direct dans l'histoire des Etats-Unis de la première moitié du XXème siècle, du rêve américain promis aux immigrés mais qui n'a souvent entraîné que désillusions et déboires, ses excès, ses passions. Sortir de la pauvreté coûte que coûte, se débarrasser du complexe qu'elle entraîne, voilà le thème qui affleure tout au long des pages.
Mais on n'est pas chez Steinbeck, pas de dénonciation sociale directe, pas de roman politique frontal. Là, on pénètre avant tout dans l'âme humaine, sa complexité, ses contradictions, ses rêves avec beaucoup de tendresse et de compassion.
L'écriture plutôt nerveuse respire d'une grande sensibilité quand il s'agit de décrire ce qui anime cet enfant puis adolescent. La seconde nouvelle est remarquable dans ce qu'elle dit de la fragilité de l'adolescent face au choix qu'il a à faire face ou contre sa famille pour devenir ce qu'il veut être et surtout pas ce qu'il ne veut pas être. Tout est criant de vérité et très actuel au final. Mais malgré la noirceur de la toile de fond, l'auteur parvient à mêler avec élégance humour et désespérance. Les passages sur ce bras gauche, surnommé le Bras – une personne à part entière – qui doit briser la fatalité qui voudrait le conduire à devenir poseur de briques comme son père, sont extrêmement drôles tout en créant une empathie forte.
S'il y a des amateurs de Fante, je serais ravie de recevoir un conseil pour choisir mon prochain !
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Jeanfrancoislemoine
  02 août 2018
Je poursuis ma découverte de l'oeuvre de John Fante et,aujourd'hui,je viens de terminer "l'orgie".
Ce livre se compose de deux nouvelles qui,une fois de plus,m'ont subjugué.
La première, "l'orgie" démarre très fort, vraiment.J'ai été absolument béat de bonheur devant la première scène qui oppose le père et son copain Franck à la mère du narrateur âgé de dix ans.Une scène d'anthologie dont je ne vous parlerai pas pour ne pas vous priver d'une situation qui donnera le ton de la suite.Si vous hésitez ,lisez la dans la librairie,vous partirez FORCÉMENT avec le livre(n'oubliez pas de payer....ce qui pourrait arriver tant vous serez captivé )
On va retrouver les thèmes récurrents chez Fante,la famille,la religion,l'alcool,les femmes mais aussi entrer dans l'univers de tous ces courageux travailleurs italiens venus tenter leur chance aux USA,cet Eldorado si utopique,si illusoire.
La deuxième nouvelle ,tout en conservant les mêmes thèmes ,est d'une autre teneur.On retrouve l'enfant à 17 ans qui va naïvement croire pouvoir partir monnayer ses "talents"de lanceur de base ball dans une grande équipe du pays.Un beau récit initiatique,l'amour,l'amitié, la trahison,les différences sociales,le rêve, l'émancipation,les leçons de la vie,tout y est et c'est beau.
Avec ce livre,je continue un périple que je ne suis pas près d'abandonner.Fante est vraiment un très bon auteur.Il sait nous faire rire,nous émouvoir, nous offusquer avec talent.Avec lui,on suit comme aimanté par les mots,c'est génial.
Je cours chercher un autre de ses livres mais,promis,je passe à la caisse.
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le_Bison
  23 juin 2017
Deux nouvelles dans « l'orgie ». La première qui porte son nom me parle de son père. Fils d'immigré italien, la famille est importante. le paternel, la fondation d'une famille. Il y est question d'une mine d'or et donc du père de ce jeune garçon. Un père qui boit, un père qui voit d'autres femmes que sa mère. Beurk. le petit s'en trouve traumatisé, sonnant la fin de l'innocence enfantine. Ce père qu'il estimait tant descend en chute libre de son piédestal. Il y est aussi question de religion. Dans cette famille catholique et italienne, la foi de sa mère et ses prières incessantes deviennent lourdes à porter pour ses frêles épaules. Surtout quand son père lui demande une certaine solidarité masculine vis-à-vis des mensonges avec sa mère. La fin d'un couple à ses yeux de jeune rital.
Je retrouve ensuite Dominic Molise, un peu plus âgé, dans la seconde nouvelle, « 1933 fut une mauvaise année ». Tu imagines donc la période. Début de l'adolescence, en pleine crise économique. Il rêve de devenir joueur professionnel de base-ball, son père rêve de faire de lui son successeur dans l'entreprise familiale de maçonnerie. La batte face à la truelle. Et que dire de ses rêves de Dorothy. Sublimes à en respirer le parfum de ses petites culottes. Cela bouillonne dans sa tête, les hormones, les rêves, les déceptions… La crise, l'adolescence, la mouise…
Orgie de losers. 1933, la putain de vie des losers… Fin du rêve, aussi éphémère qu'un glaçon dans un whisky.
[...]
Lien : http://memoiresdebison.blogs..
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Myriam3
  04 juin 2018
On ouvre ces pages et on voit aussitôt les différents personnages de cette famille d'immigrés italiens, une vraie galerie de personnages tragico-comiques mais que Fante ne tourne jamais en ridicule: il s'arrête à la dérision.
C'est l'histoire d'une initiation douloureuse, et banale, au monde des adultes, à l'effritement de l'image du père, à la confrontation entre la misère et les rêves d'un gamin de devenir joueur professionnel de base-ball.
Mais on ne pleure pas, on rit même de cet ado naïf et un brin arrogant dont le bras gauche - pilier de sa future carrière - est un personnage à part entière qui vit sa propre vie. le portrait de la grand-mère est truculent, ceux des autres membres de la famille sont émouvants et cette jeune fille qu'il aime passionnément, Dorothy Parrish, est touchante par les grands airs qu'elle se donne.
L'air de rien, Johan Fante décrit en quelques phrases légères la beauté et la tristesse de la vie, et ça chamboule le coeur.
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celestineh
  27 novembre 2019
Deux nouvelles assez peu connues de John Fante mais encore une fois, quel plaisir de lecture !
Comme à l'accoutumée, l'auteur décrit sa famille dans un style inimitable. Il n'est d'ailleurs jamais aussi bon que lorsqu'il raconte ses souvenirs de jeunesse comme dans Bandini. C'est fantaisiste, enlevé, agréable à lire.
La première nouvelle concerne les souvenirs de Dominic Molise (héros récurrent) à l'âge de 10 ans. Il grandit dans le Colorado au sein d'une famille d'origine italienne aux fins de mois plus que difficiles. La mère est très pieuse et le père est maçon, volage, joueur, alcoolique à ses heures. le jeune héros qui admire ce père va découvrir dans la douleur que celui-ci est loin d'être le modèle qu'il imaginait. le récit se termine par une scène incroyable « d'attaque à l'eau bénite » qu'on ne pourrait lire nulle part ailleurs que chez Fante ! C'est la nouvelle que j'ai préférée. Il y raconte ce passage bien particulier au cours duquel un enfant ou un adolescent découvre que ses parents ne sont peut-être pas les êtres parfaits qu'il s'est représenté jusqu'alors.
La seconde nouvelle concerne les souvenirs du même garçon à 17 ans. Joueur de base ball, il veut quitter son Colorado natal pour aller trouver la gloire en Californie. Mais son père ne l'entend pas de cette oreille et veut que son fils devienne maçon comme lui. L'adolescent va chercher les moyens de partir malgré l'opposition du père. Dans le même temps, il découvre l'amour et le désir pour une jolie fille.
Deux pépites dont je recommande vivement la lecture !
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Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   14 juin 2017
Dieu avait répondu à mes questions, dissipé mes doutes, restauré ma foi ; le monde était de nouveau acceptable. Le vent était tombé, les flocons descendaient doucement comme de silencieux confettis. Grand-maman Bettina prétendait que les flocons de neige étaient les âmes du ciel qui revenaient sur terre pour une brève visite. Je savais que ce n'était pas vrai mais que c'était possible ; j'y croyais parfois quand l'envie m'en prenait.
J'ai tendu la main devant moi, de nombreux flocons sont tombés dessus, étoiles qui vivaient quelques secondes, et après tout pourquoi pas ?
Peut-être l'âme de Grand-papa Giovanni, mort il y avait maintenant sept ans, ou celle de Joe Hardt, notre camarade de la troisième base, tué l'été dernier sur sa moto, et toute la famille de mon père dans les lointaines montagnes des Abruzzes, grands-tantes et grands-oncles que je n'avais jamais connus et qui avaient quitté ce monde. Et toutes les autres, ces milliards d'âmes mortes, les pauvres soldats tués au combat, les marins perdus en mer, les victimes de la peste et des tremblements de terre, les riches et les pauvres, tous ces êtres morts depuis le commencement des temps, tous condamnés sauf Jésus-Christ, le seul dans toute l'histoire de l'humanité qui soit jamais revenu, le seul et unique, mais y croyais-je vraiment ?
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le_Bisonle_Bison   16 juin 2017
La porte donnait dans une buanderie au bout de laquelle se trouvait un lavabo. Je me suis lavé, essuyé les mains, puis je suis retourné vers la cuisine. Une corde à linge installée le long du mur a attiré mon attention. Une douzaine de petite culottes y étaient suspendues comme une file de gamines espiègles. Certaines étaient bleues, d’autres roses, d’autres encore blanches ou dorées. Elles étaient trop magnifiquement menues pour appartenir à Mme Parrish. Elles pouvaient seulement embellir la gloire de ma vie, être les soies sacrées de ma bien-aimée. Nom de Dieu ! J’allais me rassasier d’elle ce soir ! J’ai longé la corde en frottant mon visage contre chaque culotte. Elles caressaient mes narines, ébouriffaient mes cheveux. Elles étaient douze. Si nombreuses, alors que je n’en possédais aucune, pas le moindre trophée à conserver en souvenir de cette inoubliable soirée. La culotte dorée a attiré mon œil. De petits disques métalliques pendaient aux coutures, elle était lisse comme une plume, douce comme un loriot. Une pour moi, onze pour Dorothy ; le partage était plus qu’équitable. J’ai enlevé les pinces à linge et glissé la culotte sous ma chemise. Je l’ai sentie respirer contre ma chair, confortablement recroquevillée.
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MerikMerik   18 mars 2017
Je me suis senti flotter, décoller du sol, j'ai dû m'agripper à la voiture pour ne pas m'envoler; j'étais muet de stupéfaction.
"Salut", elle a dit en souriant.
Ce seul mot était plus éloquent que les œuvres complètes de Tennyson. Dieu, quel mot merveilleux ! Dieu, quelle inspiration, quelle émotion ! Quelle intelligence !
"Salut", j'ai répondu, mais aussitôt j'ai eu peur d'en avoir trop dit, peur de l'agacer d'un aussi long discours.

("1933 fut une mauvaise année")
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le_Bisonle_Bison   06 mai 2017
Dès que je suis entré, la puanteur m'a pris à la gorge. Pas simplement une odeur animale, mais l'odeur des humains, de la sueur, de l'urine et des gaz intestinaux, des matelas moisis et du graillon. Mes yeux ont mis du temps à s'habituer à l'obscurité. Le taudis se limitait à une seule pièce. Le sol était dépourvu de planches, seulement de la terre battue. Ça sentait le parmesan rance. [...]
Je pouvais admettre le désordre, la saleté, car elle était bel et bien là; je savais que les gens sont parfois contraints de vivre dans un lieu comme celui-ci. Mais mon paternel, mon propre père ?
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le_Bisonle_Bison   08 mai 2017
Des images pieuses nous regardaient sur les murs, la Madone à la tête du lit, le Sauveur exhibant son coeur sanglant sur le mur voisin, une statue de saint Antoine sur la commode, sainte Thérèse à l'autre bout de la chambre qui évoquait une cellule de nonne, et une fois de plus je me suis demandé comment ils pouvaient faire l'amour dans une pièce pareille ; pourtant, nous avions tous les quatre été conçus ici même, sur ce lit.
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