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ISBN : 2264034483
Éditeur : 10-18 (03/12/2001)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 167 notes)
Résumé :
Pleins de vie ne manie ni l'humour ni l'émotion au niveau du cortex cérébral. Fante frappe au cœur, aux tripes et au plexus solaire, jamais à la tête. Il n'écrit pas comme un ingénieur mais comme un paysan, sensible à la densité des choses et au lent travail du temps.

Il n'argumente ni ne démontre mais cherche les moyens de rendre au plus près, au plus juste, au plus vibrant, le plein de vie avec sa charge de pulsions contradictoires, de dérapages con... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
ibon
  21 décembre 2017
La vie de Fante est pleine de rebondissements. Un régal de péripéties et de manigances désopilantes. A ses dépends.
Face aux exigences de sa femme, de son père, de son employeur ou de la religion, il fanfaronne avec de grands gestes et finit par se soumettre pour se retrouver la cible de toutes les critiques. Ce qui donne lieu à des scènes hilarantes.
Mais Fante n'est pas seulement le rigolo qui fait rire malgré lui.
Il est un incendiaire! L'ironie perce sous ses aspects inoffensifs. Il pointe non seulement les défauts de ses proches mais aussi la société puritaine américaine avec une lucidité de maçon des Abruzzes, sans doute héritée de son père.
Fille ou garçon? L'angoisse du futur père grandit à mesure que le "monticule" grossit. Joyce attend un bébé. Dans leur nouvelle maison, John Fante s'attire les foudres de sa femme exigeante et préfère dormir à l'américaine, c'est à dire faire chambre à part en dépit de la tradition italienne.
le livre ne parle que de cela: John Fante contre les traditions. Un match inégal pour une lecture inégalable.
C'est le livre qu'il faut lire absolument pour détendre ses zygomatiques.
Pour faire le plein de vie.
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meeva
  05 août 2015
Quel bon livre !
J'avais emprunté à la bibliothèque il y a quelques temps « La route de Los Angeles » de Fante, après avoir lu de bonnes critiques sur des livres de cet auteur.
C'était le premier livre écrit par Fante, publié de manière posthume, et je l'avais très moyennement apprécié.

Heureusement, persévérante je suis…
A la bibliothèque toujours, j'ai trouvé « Pleins de vie ». Alors je me suis dit qu'il fallait voir.
Ah ben c'est tout vu ! C'est nettement meilleur (traduire « à mon goût », bien entendu, je ne suis pas qualifiée pour juger de la différence de qualité littéraire entre deux livres, surtout du même auteur…)

Dès le début j'ai accroché à la pensée un peu désabusée, cynique parfois, pas très courageuse du narrateur, Fante lui-même :
« C'était une grande maison parce que nous étions des gens aux grands projets. D'ailleurs le premier était déjà là, butte accrochée à la taille de ma femme, monticule agité de mouvements doux, telle une boule de serpents qui se lovent et frémissent. Dans les heures qui précèdent minuit, je collais mon oreille à l'endroit stratégique et entendais comme le ruissellement d'une source, des gargouillis, chuintements et autres clapotis. »

Autant Bandini m'avait franchement irrité dans « La route de Los Angeles », autant le narrateur Fante, ici, m'a charmée, fait sourire, émue parfois.
Non, non, même dans sa muflerie il n'arrive pas à être vraiment irritant, grâce à la spontanéité, à la fraîcheur de sa pensée.

Le thème principal pourrait être la paternité, mais au-delà, c'est aussi la famille.
Dans leur belle maison de Los Angeles, sa femme et le monticule tombent dans un trou dans la cuisine, dû aux termites, qui ont bouffé le plancher.
Fante va alors chercher son père pour réparer le trou et économiser de l'argent.

Tout est drôle dans ce livre, tout en finesse.
Les superstitions pour enfanter un garçon au lieu d'une fille sont l'occasion d'un inventaire à la Prévert des croyances populaires qui permettent d'éloigner les sorcières, de guérir les maladies…
Le voyage en train de Fante et de son père est truculent.
Toutes les situations échappent au narrateur et on devine qu'il tente surtout, dans ses réflexions, de garder son estime intacte, ce qui le rend très attachant.
Petit à petit, un problème va prendre de l'ampleur dans l'histoire : la conversion de Joyce, la femme de Fante, au catholicisme.
Les rencontres avec le prêtre sont elles aussi désopilantes.

Quand Fante essaie de garder le contrôle de la situation, sur sa femme, voici ce que cela donne :

« J'ai eu envie de la secouer.
« J'ai pris une décision. Tu arrêtes ça, ou je quitte cette maison. »
Elle a souri en rejetant en arrière ses cheveux humides.
« Tu peux partir quand tu veux. »
« C'est ta décision ? »
« Oui, mon chéri. »
La tête basse, je suis sorti de sa chambre. Elle avait donc choisi. Tout était de sa faute. Mais je ne suis pas parti. On ne peut pas les quitter dans cet état. Une grossesse exige un tact infini. Il ne faut pas non plus leur faire de scènes. On prend son mal en patience, mais on ne les quitte pas. »


Pleine de vie, en cloque :
« Elle a mis sur l'mur, au d'ssus du berceau
Une photo d'Arthur Rimbaud
'Vec ses ch'veux en brosse, elle trouve qu'il est beau
Dans la chambre du gosse, bravo !
Déjà les p'tits anges sur le papier peint
J'trouvais ça étrange, j'dis rien
Elles me font marrer ses idées loufoques
Depuis qu'elle est en cloque...
[…] »
Extrait de « En cloque », Renaud :
https://www.youtube.com/watch?v=B6iJ5UzX5yU
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Kittiwake
  12 août 2015
John Fante nous livre ici une gentille comédie un peu foutraque, très cinématographique dans l'écriture, déjantée à souhait, et qui cache avec pudeur une grande sensibilité derrière un humour parfois un peu potache.
Le narrateur est écrivain, et vit à Los Angeles avec sa douce, qui porte en elle le fruit de leur amour. Romantique, non? Et quoi de plus normal que d'offrir un nid douillet à sa famille potentielle? le hic, c'est que d'autres avaient eu l'idée de s'abriter dans cette belle maison : des termites, qui ont fait descendre la dulcinée de cinquante centimètres à travers le plancher de la cuisine!
Et c' est qui qu'on appelle pour réparer les dégâts ? Papa, bien sûr. Un émigré des Abruzzes. Peu enclin à des compromis. le voyage en train laissera des traces autant pour les passagers que pour les agents ferroviaires. Et à la maison, les travaux ne correspondent pas tout à fait au cahier des charges.
On s'achemine vers la naissance dans une ambiance électrique, sur fond de conversion religieuse au forceps.
Le film, scénarisé par John Fante lui-même date de 1956, trop tôt pour Ben Stiller, qui incarnerait à merveille ce jeune futur père, trop gentil pour refuser quoi que ce soit à qui que ce soit, la meilleure solution pour se retrouver pris dans un méli-mélo inextricable.
L'ouvrage est en partie autobiographique, et c'est sans doute ce qui lui confère son caractère sincère.
Un petit roman très agréable et plein de sensibilité.

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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gavarneur
  18 décembre 2016
L'ayant lu il y a trop longtemps, je ne veux critiquer que le titre.
Pour moi le titre est faux. (Amusant, non?)
En anglais c'était full of life, et il me semblait qu'effectivement tout tournait autour de cette vie qui emplissait le ventre de l'épouse du narrateur, qui emplirait bientôt la maison et qui donc envahissait les pensées du narrateur
Dans ma tête le titre est forcément : pleine de vie.
Ca fait plus de différence que de savoir s'il faut dire guerre et paix ou la guerre et la paix. le seul avantage de "pleins de vie" est que ça fait exubérant, ce qui me rappelle l'humour dévastateur du récit.
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SBys
  18 novembre 2017
Qui dit Fante, dit famille, dit atmosphère italienne, humour, histoires sans queue ni tête, des gens qui crient, des gens qui pleurent...
Pleins de vie n'échappe pas à cet univers Fantesse, on est plein dedans. Après le déchaînement du jeune Bandini, mais avant le désarroi d'Henri dans Mon chien stupide, on retrouve ici John Fante à l'âge adulte, attendant son premier enfant, en dorlotant sa femme Joyce, ronde et belle comme une baleine. L'histoire commence en douceur, une belle maison, de grands projets, le bébé qui est en route... jusqu'à ce que Joyce passe à travers le plancher de la cuisine ! Elle n'a rien, son ventre non plus. Les ennuis arrivent avec la fausse bonne idée de demander à son père, Nick Fante, de venir réparer le trou. Si l'on était habitué chez Fante d'un père absent, qui court les jupons, ici il est omniprésent, à la fois touchant et écrasant.
De retour chez ses parents, John convainc son vieux père de lui donner un coup de main. John est le premier de la fratrie a lui donner un petit-fils et ainsi assurer la lignée Fante. Nick ne peut manquer ça. Refusant de prendre l'avion, il reste le train, 3 jours, dans un compartiment, le père avec le fils. le voyage ne se passe pas comme John l'avait espéré. Avec sa salopette, son coffre à outils, à boire du rouge sans arrêt aux goulots, et à se couper des tranches de salami, Nick Fante ne passe pas inaperçu. Personnage haut en couleur qui s'attire les louanges des passagers du train, au détriment de John, bien sur. John encaisse en espérant qu'à la fin du voyage, il reprendra la main. Mauvais moment à passer. de retour chez lui, ça ne s'arrange pas. Même s'il est dans la force de l'âge, gagne bien sa vie comme scénariste, il n'arrive pas à sortir du joug paternel. C'est Nick qui décide, c'est lui qui marche devant, John a le dos rond, rien à voir avec la fougue du jeune Bandini. Il tente de faire valoir son point de vue, rien à faire, si ce n'est pas son père, c'est Joyce qui s'y met. Un duo qui fait barrage et... une cheminée.
Nick est un vieux monsieur qui a chaque fois qui se trouve dans une pièce, on sait qu'il va se passer quelque chose. Il est capable de tout, travaillant comme dix, pas la langue dans sa poche, parfois vicieux. Joyce, belle et enceinte, a la totale liberté de faire ce qu'elle veut, préparer du mortier ou se convertir au catholicisme, parce que même si John n'est souvent pas de son avis, « on ne peut rien dire à une femme enceinte », on a toujours tord. Contre son père aussi. Dans pleins de vie, John Fante essaie de trouver sa place, ne souhaitant blesser personne, quitte à blesser son amour propre. Sans « divulgâcher » la fin, il est possible de dire, qu'on finit toujours par trouver sa place, il suffit d'être patient, et les choses s'arrangent d'elles-mêmes.
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
withclosedeyeswithclosedeyes   19 février 2019
"Ça lui fait aucun mal. Dans les Abruzzes, les femmes enceintes travaillent jusqu'à l'accouchement ; elles lavent les vêtements, nettoient la maison, cultivent la terre. C'est bon pour la mère. Ça fortifie les muscles."
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meevameeva   05 août 2015
Je voulais une épouse athée. Cela me facilitait les choses. Cela simplifiait aussi le choix du nombre de nos enfants. Question contraceptifs, nous n’avions aucun scrupule. Nous ne nous étions pas mariés à l’église. Nous n’étions pas enchaînés par le mariage jusqu’à la mort d’un des conjoints. Le divorce était à notre disposition. Mais si elle devenait catholique, cela entraînerait un tas de complications. C’était difficile d’être un bon Catholique, très difficile ; d’ailleurs j’avais quitté l’Eglise à cause de cela. Pour être un bon Catholique, il fallait s’extirper de la foule pour L’aider à porter Sa croix. Je tenais cette épreuve en réserve pour ma vie future. Si Joyce voulait se convertir, il faudrait sans doute que suive le train, car elle était ma femme.
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KittiwakeKittiwake   11 août 2015
Maman aimait mourir. Une ou deux fois l'an, surtout vers Noël, les télégrammes arrivaient pour nous annoncer qu'une fois encore, maman mourait. Néanmoins, nous ne pouvions risquer que, pour une fois, elle ne fût vraiment à l'agonie : nous rappliquions dare-dare.
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abysseaabyssea   19 juillet 2015
"Pourquoi cette salopette?"je lui ai demandé. Il s’est regardé.
"Qu-est ce qu'elle a ma salopette?"
"Tu n'as pas le pantalon qui va avec la veste?"
"Je l'aime pas".Il était assis à la table de la cuisine,rasé de près, le visage talqué.Une raie impeccable séparait ses cheveux.Au dessus du col de sa chemise noire son cou semblait sur le point d'éclater, tant sa cravate le serrait.Il avait néanmoins l'air distingué de qui entame un long voyage."Il est têtu comme une mule",a dit Stella."Il ne veut surtout pas avoir l'air propre" "Mais je suis propre.Tous mes vêtements sont impeccablement propres"
"Enfin,une salopette! dans un train"
"Je voyageais déjà en train alors que tu n'étais même pas né. N'essaie donc pas d’apprendre à ton père comment on voyage en train"
Je trouve ton allure de vieux poseur de briques parfaitement superflue."
"Tu as quelque chose contre les poseurs de briques?"
"Que dirais-tu du costume gris" j'ai proposé.
" Il te tiendrait sans doute moins chaud dans le train." Alors, rubicond et furibard,il s'est levé. " Tu veux que j'aille voire ta maison,oui ou non?Tu veux que je t'aide?" Je le désirais sans aucun doute.
" Cesse donc de me donner des conseils vestimentaires.Tu es moins futé que tu parais,ne l'oublie pas.Acheter une maison bourrée de thermites!"
Cela a mis fin au débat.
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KittiwakeKittiwake   12 août 2015
Quels péchés avais-je donc commis en une décade et demi? La tâche qui m'attendait était énorme. Elle était même si écrasante que je ne pouvais la prendre au sérieux. Pire encore, je n'éprouvais aucune contrition. Je ne regrettais rien. Le bien et le mal, je m'étais délecté des deux.
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