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ISBN : 2246819415
Éditeur : Grasset (03/04/2019)

Note moyenne : 4.83/5 (sur 9 notes)
Résumé :
« Sur le bateau, dans les yeux épuisés de ma mère, je vois les bottes françaises, les tirailleurs français, les soldats de la pacification ; dans ceux de mon père silencieux, la traîtrise d’avoir manqué à son pays pour survivre en France. Ils sont vivants et veulent être heureux là-bas, là-bas d’où venaient ceux qui les ont mis à genoux au pied des Aurès. »
Dans ses montagnes berbères, Vendredi, l’effrontée, cabriole parmi les chèvres pour faire rire son p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
saphoo
  04 mai 2019
Un premier roman époustouflant, une auteure qui a le mot juste pour nous peindre une relation mère -fille quelque peu particulière.
C'est à la fois émouvant et plein d'humour de découvrir comment on peut se construire dans une relation sans tendresse ni amour maternel au sens naturel. Des coups par ci, des coups par là, pour un oui pour un non, pour un rien pour de trop, comment grandir sans lumière ni soleil qu'est une famille normale. Et pourtant, cette fille vaincra et par ses mots d'enfant, d'adolescente, elle nous contera son quotidien, ses rêves et ses douleurs, ses besoins et ses espérances, ses guerres et ses victoires.
C'est beau, et dur à la fois mais sans pathos, non juste une vérité vivante.
La peinture des années 70-80 est bien fidèle pour ceux qui l'ont vécu, un petit air de nostalgie.
Une lecture qui se dévore tant on est pris dans le sillage de Vendredi et de son destin qui se perpétue à travers la narratrice, sa fille.
C'est un très beau récit au style intéressant et plaisant.
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ErnestLONDON
  24 avril 2019
Naissance prématurée, après une grossesse contrariée et contrariante, racontées par sa mère comme une histoire drôle, après une gorgée de thé à la menthe : « On peut survivre à tout quand on survit à sa mère. » En trois pages, Dalie Farah donne le ton.
(...)
Un évènement littéraire.

Article complet sur le blog :
Lien : https://bibliothequefahrenhe..
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cecille
  03 mai 2019
Un tout premier roman pour cette auteure. Une plume donc que nous découvrons à travers une histoire de lien mère fille. Une enfant raconte sa naissance, raconte sa mère Vendredi, Djemaa en arabe. Celle-ci est née au bord d'une petite ville Berbère, " L'Algérie, c'est l'Éden de ma mère. " En effet cette petite algérienne dévore les paysages de son enfance, " dévale la pente comme un ballot de tissus multicolores" voue un grand amour à son père, berger. Malheureusement celui ci va être tué par des tirailleurs dans d'ignobles conditions. "Ce jour-là on se bat en Algérie, des hommes blancs torturent des hommes bruns qui eux-mêmes en égorgent d'autres. Et blancs et bruns se plaisent à aimer ensemble le ciel, les raisins et la colère du ciel. " Orpheline de père, La violence de la mère va s'intensifier à l'égard de Vendredi, jusqu'au jour du grand départ pour la France, mariée à un cousin veuf.
"À la descente du bateau, Vendredi déteste Marseille. Elle déteste l'odeur des poissons grillés et la chambre étroite du beau-frère tatoué célibataire qui travaille sur le port. L'homme l'a dévorée des yeux. Elle a dû dormir dans une pièce unique, se tenir entre un placard et un canapé et manger des sardines non assaisonnées dans une gargote où les hommes l'ont jaugée en souriant." C'est une nouvelle vie, Vendredi est belle et avec son mari ils vont d'abord s'installer dans une petite maison à Ponteix, en Auvergne où elle mettra au monde trois enfants, trois petite frisottés. Puis, un nouveau départ pour un autre logement, dans les nouveaux logements neufs communautaires en pleine effervescence à cette époque.
C'est l'histoire de deux petites filles, l'une devenue mère de l'autre. Et l'autre se raconte, raconte son enfance, sa soeur chérie, son amour des livres, de l'instruction, de l'école et ce sera là un des chemin qu'elle va prendre pour échapper à cette mère qui l'aime tant mais ne sait pas le montrer comme son enfant le souhaiterait. Histoire de lien mère fille, histoire d'exil et de violence, histoire d'émancipation .. très touchant seulement les mots sous la plume de l'auteure, malgré leur poésie, s'enchainent rapidement, trop vite, une véritable course à la vie ! Un peu à regret pour moi. Nous n'avons pas le temps de savourer par exemple cette enfance algérienne, cette vie de famille en France, jamais il n'est question des frères, cette petite soeur, nous comprenons bien qu'elle est à un moment donné de la vie de la narratrice son sauveur, cependant on ne découvrira rien d'elle ...
J'ai tout de même l'impression d'avoir déjà vécu ce sentiment d'écriture "vive", rapide dans mes dernières lectures de nouveautés, serait-ce là un nouveau courant ? Cela change de ma lecture dernière d'Anjana Appachana, c'est peut être pour cela que je me fais cette remarque par ailleurs !
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Pierreas
  13 mai 2019
Rencontrer les mots de Dalie FARAH fût une révélation. Depuis bien des années je ne lisais plus vraiment de roman, sans doute saturé par les flots d'informations venus du numérique ou déçu par des romans désincarnés. Impasse Verlaine, je l'ai lu en quelques heures, goulument, captivé par un style unique, une histoire que se lie à mes sensibilités. Chaque mot est soigneusement pesé, pas de superflu ni remplissage, c'est brut et fort, sensible et positif. Depuis, je relis avec un plaisir non dissimulé et retrouve mon imaginaire d'enfant. Pour tout cela, merci Dalie Farah.
Je souhaite que votre talent s'exprime encore plus fort pour les années à venir.
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ceciledesmoulins
  15 mai 2019
Une écriture magnifique, intense et légère, drôle, couvant l'émotion à chaque page, franche et libre. Ce double portrait irradie l'éclat merveilleux de l'enfance.
Dalie Farah rayonne, infuse son tonus, son talent pour la vie, sa joie, pour notre plus grand bonheur. Les baffes pleuvent, les punitions rivalisent de cruauté et pourtant l'amour est là, immense, puissant, au-delà de tout.
Ma mère, ma passion : un sujet casse-gueule et inépuisable auquel l'auteure n'a pas eu peur de se frotter dans le sillage des plus grands. Avec brio.
J'ai adoré, j'ai dévoré. Un premier roman : vivement le deuxième !
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
cecillececille   03 mai 2019
Sur le bateau, dans les yeux épuisés de Vendredi, les bottes françaises, les tirailleurs français, les soldats de la pacification ; dans ceux de son mari silencieux, la traîtrise d’avoir manqué à son pays pour survivre en France ; tous deux voguent vers le pays des bourreaux, vers le pays des assassins de leurs frères et de leurs pères, ils voguent vers leurs sauveurs, vers leurs employeurs et ils vomissent. Ils sont vivants et veulent être heureux là-bas, là-bas d’où viennent ceux qui les ont mis à genoux au pied des Aurès.
Vendredi le sait confusément et ne comprend pas ce qu’elle a fait pour en arriver là.
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cecillececille   03 mai 2019
Je ne veux pas écrire qu’on ne me désirait pas. Je raconte simplement la venue du petit bout de chair d’un kilogramme huit cents qui naît le 22 février.
Ma mère n’avait pas établi le lien entre son ventre et moi.
Quand on l’informe que je vais sans doute mourir, quand dans la couveuse elle me voit beaucoup moins grosse que le poulet qu’elle a bouffé la veille, maman pleure. Pas sur elle, mais sur moi. La petite chose qui ne respire pas par elle-même, la petite chose dans cette boîte en verre, c’est quelqu’un, et elle vient de comprendre que c’est un peu elle. Maman m’aime tellement que pendant les mois où mon pronostic de vie est réservé, elle ne mange pas un seul bonbon.
J’ai survécu.
Je voulais voir les prés et les coquelicots.
Je voulais sentir le vent des Aurès.
J’ai passé mon existence à attendre un printemps qui ne voudra pas arriver, à espérer un mois d’avril révolu et ravagé dans le nombril désastreux et comique de ma mère, mais j’ai survécu.
On peut survivre à tout, quand on survit à sa mère.
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ErnestLONDONErnestLONDON   24 avril 2019
L’amour maternel s’exprime chez elle comme chez certaines espèces animales qui laissent leur progéniture trouver elle-même un mode de survie. Et elle a ses raisons. Elle refuse le rôle inepte que la nature tyrannique impose aux femelles humaines parturientes. 
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ErnestLONDONErnestLONDON   23 avril 2019
Tous deux voguent vers le pays des bourreaux, vers le pays des assassins de leurs frères et de leurs pères, ils voguent vers leurs sauveurs, vers leurs employeurs et ils vomissent. Ils sont vivants et veulent être heureux là-bas, là-bas d’où viennent ceux qui les ont mis à genoux au pied des Aurès.
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saphoosaphoo   04 mai 2019
J'ai envie de l'embrasser, tellement elle est belle dans cette joie folle. Mais je suis bien élevée, je n'ai aucune envie de recevoir une baffe ; je l'aime de loin.
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Videos de Dalie Farah (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dalie Farah
Dalie Farah signe un premier roman, Impasse Verlaine (Grasset), à propos d?une relation mère-fille dysfonctionnelle mais pleine de vie et d?humour. Rencontre lumineuse avec une écrivaine en tension, toujours à la recherche des mots exacts. ? Abonnez-vous à Mediapart : https://www.mediapart.fr/abonnement ? Toutes les vidéos de Mediapart : https://www.mediapart.fr/studio/videos ? Abonnez-vous à la chaîne YouTube de Mediapart : https://www.youtube.com/user/mediapart
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