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ISBN : 2246819415
Éditeur : Grasset (03/04/2019)

Note moyenne : 4.21/5 (sur 26 notes)
Résumé :
« Sur le bateau, dans les yeux épuisés de ma mère, je vois les bottes françaises, les tirailleurs français, les soldats de la pacification ; dans ceux de mon père silencieux, la traîtrise d’avoir manqué à son pays pour survivre en France. Ils sont vivants et veulent être heureux là-bas, là-bas d’où venaient ceux qui les ont mis à genoux au pied des Aurès. »
Dans ses montagnes berbères, Vendredi, l’effrontée, cabriole parmi les chèvres pour faire rire son p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
saphoo
  04 mai 2019
Un premier roman époustouflant, une auteure qui a le mot juste pour nous peindre une relation mère -fille quelque peu particulière.
C'est à la fois émouvant et plein d'humour de découvrir comment on peut se construire dans une relation sans tendresse ni amour maternel au sens naturel. Des coups par ci, des coups par là, pour un oui pour un non, pour un rien pour de trop, comment grandir sans lumière ni soleil qu'est une famille normale. Et pourtant, cette fille vaincra et par ses mots d'enfant, d'adolescente, elle nous contera son quotidien, ses rêves et ses douleurs, ses besoins et ses espérances, ses guerres et ses victoires.
C'est beau, et dur à la fois mais sans pathos, non juste une vérité vivante.
La peinture des années 70-80 est bien fidèle pour ceux qui l'ont vécu, un petit air de nostalgie.
Une lecture qui se dévore tant on est pris dans le sillage de Vendredi et de son destin qui se perpétue à travers la narratrice, sa fille.
C'est un très beau récit au style intéressant et plaisant.
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ErnestLONDON
  24 avril 2019
Naissance prématurée, après une grossesse contrariée et contrariante, racontées par sa mère comme une histoire drôle, après une gorgée de thé à la menthe : « On peut survivre à tout quand on survit à sa mère. » En trois pages, Dalie Farah donne le ton.
(...)
Un évènement littéraire.

Article complet sur le blog :
Lien : https://bibliothequefahrenhe..
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cecille
  03 mai 2019
Un tout premier roman pour cette auteure. Une plume donc que nous découvrons à travers une histoire de lien mère fille. Une enfant raconte sa naissance, raconte sa mère Vendredi, Djemaa en arabe. Celle-ci est née au bord d'une petite ville Berbère, " L'Algérie, c'est l'Éden de ma mère. " En effet cette petite algérienne dévore les paysages de son enfance, " dévale la pente comme un ballot de tissus multicolores" voue un grand amour à son père, berger. Malheureusement celui ci va être tué par des tirailleurs dans d'ignobles conditions. "Ce jour-là on se bat en Algérie, des hommes blancs torturent des hommes bruns qui eux-mêmes en égorgent d'autres. Et blancs et bruns se plaisent à aimer ensemble le ciel, les raisins et la colère du ciel. " Orpheline de père, La violence de la mère va s'intensifier à l'égard de Vendredi, jusqu'au jour du grand départ pour la France, mariée à un cousin veuf.
"À la descente du bateau, Vendredi déteste Marseille. Elle déteste l'odeur des poissons grillés et la chambre étroite du beau-frère tatoué célibataire qui travaille sur le port. L'homme l'a dévorée des yeux. Elle a dû dormir dans une pièce unique, se tenir entre un placard et un canapé et manger des sardines non assaisonnées dans une gargote où les hommes l'ont jaugée en souriant." C'est une nouvelle vie, Vendredi est belle et avec son mari ils vont d'abord s'installer dans une petite maison à Ponteix, en Auvergne où elle mettra au monde trois enfants, trois petite frisottés. Puis, un nouveau départ pour un autre logement, dans les nouveaux logements neufs communautaires en pleine effervescence à cette époque.
C'est l'histoire de deux petites filles, l'une devenue mère de l'autre. Et l'autre se raconte, raconte son enfance, sa soeur chérie, son amour des livres, de l'instruction, de l'école et ce sera là un des chemin qu'elle va prendre pour échapper à cette mère qui l'aime tant mais ne sait pas le montrer comme son enfant le souhaiterait. Histoire de lien mère fille, histoire d'exil et de violence, histoire d'émancipation .. très touchant seulement les mots sous la plume de l'auteure, malgré leur poésie, s'enchainent rapidement, trop vite, une véritable course à la vie ! Un peu à regret pour moi. Nous n'avons pas le temps de savourer par exemple cette enfance algérienne, cette vie de famille en France, jamais il n'est question des frères, cette petite soeur, nous comprenons bien qu'elle est à un moment donné de la vie de la narratrice son sauveur, cependant on ne découvrira rien d'elle ...
J'ai tout de même l'impression d'avoir déjà vécu ce sentiment d'écriture "vive", rapide dans mes dernières lectures de nouveautés, serait-ce là un nouveau courant ? Cela change de ma lecture dernière d'Anjana Appachana, c'est peut être pour cela que je me fais cette remarque par ailleurs !
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NanouAnne25
  08 juillet 2019
La loi "anti-fessée", la narratrice de ce roman aurait certainement voulu qu'elle soit votée beaucoup plus tôt. Elle ne donne pas son nom, on peut soupçonner une large part autobiographique, mais cette femme qui a connu une enfance difficile, s'est forgé un caractère résilient et déterminé, sans ressentir de haine envers les personnes qui l'ont martyrisée, sa mère en particulier.
Ce roman aborde la relation mère-fille au travers d'une transmission particulière, sur fond d'immigration. L'amour maternel se manifeste beaucoup plus violemment que par la tendresse et la douceur.
L'histoire commence d'abord en Algérie, dans les années 50-60 où la narratrice nous raconte les relations entre sa mère, appelée Vendredi, et sa grand-mère. Vendredi est une fille vive, effrontée, elle ne tient pas en place. Adulée par son père, elle assiste impuissante à sa mort d'une manière barbare par des soldats. C'est une enfant à ce moment-là, et sa mère, déjà démonstrative de son amour à coups de poings et de pieds, va renforcer sa violence envers ses filles, qu'elle considère comme des fardeaux, Vendredi étant la plus teigne de toutes. L'histoire continue en France dans les années 70 à 90, à Clermont-Ferrand, impasse Verlaine, où Vendredi, mariée à l'adolescence contre son gré, y élève ses enfants et perpétue la tradition maternelle dans la démonstration d'affection envers sa fille ainée, la narratrice. Cette dernière se fait alors une promesse, celle de quitter l'impasse Verlaine.
L'écriture est percutante, incisive, empreinte d'humour aussi, l'humour caustique de la narratrice à la fois endurante et résignée. J'ai aimé découvrir le portrait de cette femme forte, qui ne s'est pas laissée abattre à l'adolescence, au contraire. C'est tout à son honneur de ne pas déverser de propos haineux à l'encontre de sa mère dans ce roman. Pour elle, ces coups étaient une marque d'amour de la part de sa mère, qui n'a pas su démontrer sa tendresse autrement dans une culture où l'affection ne se manifeste pas par des effusions.
Enfin, je terminerais en rajoutant qu'entre la maltraitance et l'interdiction de la fessée, il y a ce qu'on appelle l'équilibre, la juste mesure.
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Marpesse
  30 juin 2019
Voici un livre dont on a du mal à se détacher. Dès le début, j'ai compris que ce serait un bon livre. Dans le domaine contemporain, je suis souvent freinée par l'écriture un peu facile, nominale et journalistique, et beaucoup de livres me tombent des mains. Certains livres, comme Chanson douce avec sa nounou tueuse, m'ont paru bien plats en dehors de leur sujet qui tient le tout.
Le sujet ne suffit pas... Il faut une écriture pour le servir. Et Dalie Farah, si elle tient un sujet fort, ne se laisse pas aller aux facilités contemporaines.
Elle parvient à la retenue et à la franchise à la fois. Elle distille de la poésie, sans jamais tomber dans la formule facile. On savoure au passage quelques petites phrases qui sonnent juste et au bon moment.
On veut savoir, on rit, jaune parfois. C'est fort et surtout, très bien écrit.
J'ai aimé le passage à l'hôpital, j'ai aimé plein de petites choses entre les lignes aussi. Je me suis attachée très vite à cette petite fille.
Dalie ne cherche pas le pathos, elle ne cherche pas non plus à l'éviter. Elle se concentre sur le style.
Les moments marquants, même s'il y en a beaucoup : quand la petite fille apprend l'existence des Juifs et de la Shoah, tout cela noyé dans un cerveau pris dans son quotidien, qui cuisine ; les Mon Chéri offerts à la mère pour lui plaire ; le joli moment du papier peint et des "au secours", tout en subtilité.
L'auteur réussit en plus à ne faire détester personne, ce qui est encore plus fort, car la mère aussi est attachante malgré tout.
Pas de misérabilisme, celui auquel l'époque nous habitue. Et pourtant, avec un tel sujet, ça aurait pu être très risqué.
Voici un lien vers l'article de Stéphane Maltère, qui en dira plus sur l'histoire : http://salon-litteraire.linternaute.com/fr/les-anciens-et-les-modernes/content/1949119-dalie-farah-impasse-verlaine-nul-ne-guerit-de-son-enfance

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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
cecillececille   03 mai 2019
Sur le bateau, dans les yeux épuisés de Vendredi, les bottes françaises, les tirailleurs français, les soldats de la pacification ; dans ceux de son mari silencieux, la traîtrise d’avoir manqué à son pays pour survivre en France ; tous deux voguent vers le pays des bourreaux, vers le pays des assassins de leurs frères et de leurs pères, ils voguent vers leurs sauveurs, vers leurs employeurs et ils vomissent. Ils sont vivants et veulent être heureux là-bas, là-bas d’où viennent ceux qui les ont mis à genoux au pied des Aurès.
Vendredi le sait confusément et ne comprend pas ce qu’elle a fait pour en arriver là.
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cecillececille   03 mai 2019
Je ne veux pas écrire qu’on ne me désirait pas. Je raconte simplement la venue du petit bout de chair d’un kilogramme huit cents qui naît le 22 février.
Ma mère n’avait pas établi le lien entre son ventre et moi.
Quand on l’informe que je vais sans doute mourir, quand dans la couveuse elle me voit beaucoup moins grosse que le poulet qu’elle a bouffé la veille, maman pleure. Pas sur elle, mais sur moi. La petite chose qui ne respire pas par elle-même, la petite chose dans cette boîte en verre, c’est quelqu’un, et elle vient de comprendre que c’est un peu elle. Maman m’aime tellement que pendant les mois où mon pronostic de vie est réservé, elle ne mange pas un seul bonbon.
J’ai survécu.
Je voulais voir les prés et les coquelicots.
Je voulais sentir le vent des Aurès.
J’ai passé mon existence à attendre un printemps qui ne voudra pas arriver, à espérer un mois d’avril révolu et ravagé dans le nombril désastreux et comique de ma mère, mais j’ai survécu.
On peut survivre à tout, quand on survit à sa mère.
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ErnestLONDONErnestLONDON   24 avril 2019
L’amour maternel s’exprime chez elle comme chez certaines espèces animales qui laissent leur progéniture trouver elle-même un mode de survie. Et elle a ses raisons. Elle refuse le rôle inepte que la nature tyrannique impose aux femelles humaines parturientes. 
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ErnestLONDONErnestLONDON   23 avril 2019
Tous deux voguent vers le pays des bourreaux, vers le pays des assassins de leurs frères et de leurs pères, ils voguent vers leurs sauveurs, vers leurs employeurs et ils vomissent. Ils sont vivants et veulent être heureux là-bas, là-bas d’où viennent ceux qui les ont mis à genoux au pied des Aurès.
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rkhettaouirkhettaoui   02 juillet 2019
Vendredi a la beauté du diable et enchante ses journées. Elle court autant que les brebis et sait rameuter le troupeau comme un gracieux petit chien. Le berger ne sait ni lire ni écrire parce que cela ne sert à rien. L’essentiel est de savoir compter. Grâce à lui, Vendredi peut additionner et soustraire mieux que personne. Quelquefois, la petite fille plonge dans de longues siestes et ronfle à faire sursauter les mouches qui tournoient autour des excréments du troupeau. Les immenses journées d’ennui et d’oubli l’éloignent du giron totalitaire du foyer. Vendredi vit là les meilleurs moments de sa vie. Jusqu’au jour de la grande soif. Son père n’a jamais bu d’alcool. Paraît qu’au contraire c’était un grand buveur d’eau. Paraît même qu’il en est mort. Assis sur un monticule, il se tient les côtes de rire : Vendredi amorce des cabrioles depuis le haut de la colline, et dévale la pente comme un ballot de tissus multicolores ; quand elle se relève, elle ne tient pas sur ses jambes, titube jusqu’à se cogner contre les oliviers rachitiques aux branches écartelées. Puis elle remonte à quatre pattes pour de nouveau partir dans une série de roulades désordonnées sans jamais s’épuiser.
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Dalie Farah signe un premier roman, Impasse Verlaine (Grasset), à propos d?une relation mère-fille dysfonctionnelle mais pleine de vie et d?humour. Rencontre lumineuse avec une écrivaine en tension, toujours à la recherche des mots exacts. ? Abonnez-vous à Mediapart : https://www.mediapart.fr/abonnement ? Toutes les vidéos de Mediapart : https://www.mediapart.fr/studio/videos ? Abonnez-vous à la chaîne YouTube de Mediapart : https://www.youtube.com/user/mediapart
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