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EAN : 9782700275315
288 pages
Éditeur : Rageot Editeur (08/01/2020)
3.98/5   76 notes
Résumé :
Déployer ses ailes et prendre son envol. Planer dans la brise, se griser de vitesse.
Lorsque Romane et Jules se rencontrent à la fac, leur amitié est fulgurante, nourrie d'idéalisme. Quelle vie veulent-ils mener ? Une existence remplie d'un amour rare, d'une famille-nid et de confiance ? Ou baignée d'art et de marginalité, de liberté et d'urgence, sans aucun attrait pour le futur ?

"Il est des oiseaux qui dorment dans les grands vents, d'autres... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (52) Voir plus Ajouter une critique
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sur 76 notes
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Jmlyr
  18 février 2020
Je remercie BABELIO pour cette proposition de Masse Critique privilégiée et les éditions RAGEOT pour l'envoi de ce livre qui s'adresse plutôt aux adolescents et jeunes adultes.

Ce roman coécrit par Manon FARGETTON et Jean-Christophe TIXIER reprend l'histoire de certains lycéens et jeunes adultes déjà abordée dans « Quand vient la vague », et poursuit par d'autres péripéties, mais les thèmes principaux restent les discriminations et les secrets de famille.
Les oiseaux quittent le nid, avec sérénité ou avec violence, jamais sans remise en question ni quête de sens de leur vie. En plein vol ils subissent parfois des courants descendants, mais ils parviennent aussi à trouver le cap, même s'ils en changent en cours de route.
Nos jeunes oiseaux volent rarement en solitaires, ils forment plutôt de petits groupes qui se retrouvent sur les plages girondines, à surfer les belles vagues et refaire le monde, ou dans les villes, entre boîtes de nuit et squats où ils consomment quelques fois alcool et substances illicites. Parfois, une colombe blessée et prostituée contre son gré est échouée là, son destin entre les griffes de vautours avides d'argent. Son sort est pourtant trop fréquent.
Certains retournent de temps en temps au nid, pour des retrouvailles émues ou tendues, les prises de bec ne sont pas rares.
Les amours de nos tourtereaux ne sont pas toujours calmes ni classiques, mais les thèmes de la sexualité sont abordés avec finesse et sensibilité, et la pathologie de l'endométriose, qui touche bon nombre de jeunes filles est largement envisagée. L'homosexualité, comme dans le tome précédent, est traitée avec respect, et l'on retrouve citée l'association le Refuge, qui existe réellement, qui combat l'homophobie et la transphobie, et promeut l'éducation à la sexualité pour tous, accueillant aussi des jeunes en difficulté.
Certains ados refusent définitivement le « système » et nichent dans des squats d'artistes, souvent poussés à la marginalité par un vécu familial traumatisant.
Mais qu'en est-il des jeunes qui font ce choix sans cause apparente réelle et laissent les parents démunis et dans l'incompréhension, même s'ils finissent par accepter ce choix ? J'ouvre la voie pour un troisième tome !
Lien pour l'association le refuge
https://www.le-refuge.org/association

Lien : https://motsdiresanshaine.bl..
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marina53
  30 juin 2021
Une nouvelle année commence pour Romane à Paris. Inscrite en fac de sociologie à La Sorbonne, elle s'éloigne de ses parents et de son petit ami, Clément, qui âgé de deux ans de moins, est resté à Bordeaux pour finir le lycée. Dès le premier jour, elle croise Jules, qu'elle a rencontré l'année précédente lorsqu'elle était partie à la recherche de Nina. Jules qui, visiblement, a abandonné son projet de devenir architecte puisque le voilà lui aussi en socio. Rejeté par ses parents qui n'ont jamais accepté son homosexualité, le jeune garçon a vécu un temps dans la rue avant de trouver une colocation. Tous les deux, seuls, dans cette grande ville, leur rapprochement semble évident. Aussi se sont-ils mis ensemble lorsqu'un des professeurs leur a parlé de questionnaires qui serviront à des enquêtes de terrain. Pour Jules, le sujet semble tout trouvé : les gens qui vivent dans la rue...
"En plein vol" fait suite à "Quand vient la vague" mais peut tout à fait se lire indépendamment. Nina, qui avait fugué lorsqu'elle avait découvert la vérité sur sa famille, est retournée à Bordeaux, laissant Jules à Paris. Sa meilleure amie, Romane, partie à sa recherche avec Clément, son petit frère, a rejoint la capitale pour ses études. Nina dans leurs pensées, ce sont bien Romane et Jules les deux héros de cet opus. le sujet de leur enquête va les conduire auprès des sans-abris et les questionner sur ce que la société peut faire pour les aider. Un sujet qui ne va pas sans rappeler au jeune homme ses mois de galère dans la rue mais aussi les mains tendues. À travers eux, Manon Fargetton et Jean-Christophe Tixier abordent divers thèmes tels que l'homosexualité et les refuges qui aident ceux qui sont rejetés par leur famille, les sans-abris et le regard que l'on porte sur eux, la prostitution, la drogue, l'endométriose, le harcèlement, l'esclavage sexuel, la précarité, la liberté... Peut-être trop de sujets pour un roman destiné aux adolescents et qui ne fait que 280 pages. Par contre, les personnages, entiers, sensibles, hésitants quant à leur entrée dans la vie d'adulte, sont bien dépeints.
Une lecture agréable...
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Nat_85
  15 février 2020
Reçu dans le cadre d'une Masse Critique, je remercie Babelio et les éditions  Rageot.
Après " Quand vient la vague ", Manon Fargetton et Jean-Christophe Tixier nous offrent en ce début d'année 2020 aux éditions Rageot la suite tant attendue de ce roman contemporain et addictif.
Romane quitte Lacanau pour intégrer la fac de sociologie à la Sorbonne à Paris. Ces derniers mois ont été tumultueux. Mais Romane est persuadée que sa relation avec Clément, de deux ans son cadet, résistera à la distance. Un lien indéfectible les unit depuis que Nina - la soeur aînée de Clément et meilleure amie de Romane - a fugué en compagnie de Jules. En effet, en apprenant l'existence d'une demi-soeur, Nina n'a su encaisser la révélation de ce lourd secret de famille et a fait le choix de fuir. Dans sa fuite, elle a rejoint Jules, mis à la porte par ses parents lorsqu'ils ont eu vent de son homosexualité.
p. 18 : " Il est gay, cela a suffi à faire de lui un paria. Ses parents n'ont vu dans son coming out que dégoût et vice. "
Ensemble, ils ont affronté la rue, la galère et le rejet.
p. 170 : " Mais c'est ainsi qu'il a tenu bon, qu'il a affronté le rejet et surmonté la rue. En étant tout à la fois son propre père, sa mère, et lui. En étant toute cette famille qu'il n'avait plus. En étant ces bouts de lui qu'il écrivait ou dessinait sur les murs et les trottoirs. Comme s'il était sans passé, sans histoire, sans racines du jour au lendemain, quand ses parents l'ont viré. "
Depuis, Nina a retrouvé sa famille. Jules, non.
Lorsque Romane franchit les portes de l'amphi, son regard se fixe immédiatement sur un visage qu'elle n'imaginait retrouver ici, à Paris. Jules.
p. 12 : " Ce mec transpire l'émotion à fleur de peau. Écorché vif. Touchant. "
Les mots sont inutiles ; seule la complicité qui les reliait importe désormais.
p. 15 : " Je ne prononce pas le nom de Nina. Je sens qu'il ne faut pas. J'ignore ce qui s'est passé entre eux, à la fois durant leur fuite l'an dernier, et ensuite, cet été, lorsqu'elle a débarqué à Bordeaux. "
Mais dans le cadre d'un devoir commun en sociologie, Jules va se retrouver confronter à ses vieux démons, délaissant Romane face à l'angoisse et la maladie.
Dans la suite du roman " Quand vient la vague " Manon Fargetton et Jean-Christophe Tixier prolongent l'exploration du passage de l'adolescence à l'âge adulte, avec toutes les désillusions qui l'accompagnent.
Si j'ai perçu la construction narrative plus confuse que dans le précédent roman, altérant sensiblement l'intrigue,  les sujets abordés ont néanmoins aiguisés ma curiosité et figés mon attention. La maladie de Romane, l'homosexualité de Jules, la précarité, l'usage des drogues, la rupture familiale, la quête d'identité et de sens sont omniprésents tout au long de ce roman.
Bien que destiné à un public adolescent ou jeune adulte, il est porteur de messages à l'attention des parents parfois - souvent - dépassés par les chemins empruntés par leurs progénitures.
Finalement, rares sont les enfants qui répondent exactement aux attentes ( illusoires ) de leurs parents. En deviennent-ils moins aimables pour autant ? Ce qui ressort de cette lecture, en plus de l'intrigue romanesque, est la nécessité de l'accompagnement et du conseil plutôt que la confrontation et la répression qui permet à l'adolescent d'être un adulte en devenir, équilibré et épanoui.
Lien : https://missbook85.wordpress..
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Ileauxtresors
  08 février 2020
De jeunes adultes qui se découvrent à la croisée des chemins, sur le point de prendre leur envol et de faire des choix de vie… le sujet est beau, j'avais un a priori positif et je remercie l'éditeur et l'opération Masse Critique de Babélio de m'avoir proposé de découvrir ce roman. Je l'ai lu avec curiosité, mais il ne m'a malheureusement pas emportée.
À la lecture, j'ai eu très vite l'impression d'une intrigue mouvante, d'une navigation à vue se traduisant par l'accumulation de fils insuffisamment articulés entre eux et un manque d'arc narratif général pour tenir l'ensemble. L'histoire passe très vite sur certains aspects – par exemple l'amitié fulgurante entre Romane et Jules, dont on ne saisit pas bien pourquoi et comment elle se noue, du moins si l'on n'a pas lu Quand vient la vague – pour bifurquer à plusieurs reprises de façon arbitraire et déboucher in fine sur un dénouement plat et prévisible.
Cela m'a donné l'impression que ces différents fils narratifs devaient permettre d'évoquer chacun une thématique – notamment la sociologie (puisque les deux protagonistes étudient cette discipline), l'homosexualité, la vulnérabilité des sans-domicile fixe et des sans-papiers, l'endométriose, les drogues, le consentement et la recomposition des relations familiales lors de la transition de l'adolescence vers l'âge adulte. Toutes ces questions sont importantes, mais restent traitées de façon rapide et superficielle, me laissant sur ma faim. Par exemple, Jules et Romane se posent des questions intéressantes sur le rôle et l'engagement du sociologue, mais on n'apprend finalement presque rien sur cette discipline et ce fil narratif disparaît en cours de route.
Le roman aurait pu creuser la psychologie de ces deux personnages plein d'idéaux, mais fragiles et sensibles, s'efforçant de se construire avec ce que la vie leur a réservé et le soutien (ou pas) de leur entourage. Mais là encore, les personnages semblent assez monolithiques et ils ne m'ont pas touchée.
Alors, on peut toujours se dire qu'on n'appartient plus au public (adolescent, voire jeune adulte) visé par ce roman, mais il me semble que le fait de s'adresser à ce lectorat ne dispense pas de construire l'intrigue et d'étoffer les personnages.
Une lecture un peu facile, donc, vite lue et probablement vite oubliée. Je remercie Babelio et l'éditeur pour ce service presse et j'aurais aimé pouvoir être plus enthousiaste. D'autres Babélionautes semblent avoir été conquis, j'espère qu'il en ira de même pour vous si vous décidez de lire En plein vol !
Lien : https://ileauxtresors.blog/2..
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Sharon
  26 février 2020
En plein vol est la suite de Quand vient la vague. J'ai préféré ce second tome au premier, peut-être parce que l'ordre personnage principal/personnage secondaire s'est inversé. Nina s'est éclipsée, retournant à Bordeaux sans que l'on sache pourquoi, dix-huit mois plus tard, elle a choisi de retourner auprès de sa famille et de bouleverser ses projets. Jules, celui qui l'a tant soutenu, et Romane, sa meilleure amie, sont au premier plan. Romane est en outre la petite amie du frère de Nina, Clément, qui est plus jeune qu'elle. Pas de beaucoup, non, cependant ces deux années, le fait que Romane soit à la fac, et encore au lycée suffit pour matérialiser cette différence, pour entraîner aussi des commentaires remplis de misogynie et de sexisme. Oui, Romane est forcément une "cougar" aux yeux de ceux qui aiment les clichés, et qui sont incapables de comprendre que l'amour n'a rien à voir avec ce concept de proie et de prédateur. Ce n'est pas la seule remarque misogyne de ce roman, et au fur et à mesure des pages, Romane prend de plein fouet ce que les femmes doivent subir, et elle n'a pas l'intention de subir ces comportements sans rien dire, sans rien faire.
Romane m'a étonnée aussi, parce qu'elle a déjà des projets de vie bien tracés, bien précis. Ce qu'elle découvre sur elle-même, sur son corps dans ce livre, l'amène à devoir renoncer à une part de cet avenir rêvé, à renoncer aussi à son amoureux parce qu'elle est différente - non conforme ai-je envie de dire. J'ai repensé, en lisant son choix, à tous ses livres, tous ses films, toutes ses biographies aussi, qui montrent qu'une femme "différente" n'a pas le droit au bonheur. J'ai l'impression que beaucoup de jeunes femmes ont intégré, depuis des générations, ce discours : les hommes sont en droit d'avoir une femme en bonne santé, il est même normal qu'il aille voir ailleurs si elle est souffrante. Non, je ne trouve pas dommage que Romane ait intégré ses clichés misogynes, nous sommes entourées par ces clichés, ces injonctions. En revanche, j'ai trouvé très intéressant que Clément se comporte comme un jeune homme responsable - personne ne choisira pour lui ce qu'il veut faire de sa vie, et avec qui il le fera. Ouf. Oui, aimer, c'est ne pas décider pour l'autre ce qui est bon pour lui.
Ecouter l'autre, tout est là. Ne pas chercher à hiérarchiser les douleurs. Nier la souffrance de l'autre, l'amoindrir... la vie n'est pas un concours pour savoir qui souffre le plus. Jules, au moins, est capable de se remettre en cause. Jules. Si j'ai commencé par Romane, c'est parce qu'elle est le personnage que j'ai préféré. Ce n'est pas que je n'ai pas aimé Jules, c'est qu'il est davantage dans l'absolu que dans le concret. Il veut aider les autres, sincèrement, il veut que l'on voit, que l'on regarde à nouveau tous ceux que la société a rendu invisible. Même pas ceux qui n'ont rien, non, ceux qui ne sont plus rien, ceux qui vivent à la marge. Lui qui est seul, qui est encore confronté à l'homophobie ordinaire - pour ne rien dire de l'homophobie totalement décomplexé qui s'affiche le plus souvent - a une forte tendance à ne compter que sur lui-même, à ne plus croire que les solutions peuvent venir de la société, voire même des autres. Combat perdu d'avance ? Peut-être, peut-être pas. C'est un combat, et il ne se gagne pas en un jour. Il ne se gagne pas seul non plus. Les auteurs ont bien montré le travail remarquable de certaines associations -  parce qu'elles s'appuient sur l'humain, sur l'importance de nouer des liens, de considérer l'autre, toujours, comme une personne.
En plein vol ou l'histoire de jeunes adultes  qui ont bien l'intention d'être les acteurs de leur vie et de la société à laquelle ils appartiennent.
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Citations et extraits (42) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   30 juin 2021
– On rame tous. Tu crois quoi ? Moi je bosse trois fois par semaine dans une épicerie de nuit pour pouvoir payer mon loyer. Et alors ? Je ne te demande pas d’en accueillir chez toi ou de leur filer ton sandwich ou ton pognon. As-tu seulement dit une fois bonjour à un SDF ? As-tu simplement croisé le regard de l’un d’entre eux ? Ou fais-tu comme l’immense majorité des gens, à visser ton regard sur l’écran de ton téléphone, ou bien regarder à l’opposé pour faire genre je les vois pas ? Comme les gosses qui ferment les yeux pour faire disparaître le danger ou le problème ?
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Il_voyageIl_voyage   06 avril 2020
Mes yeux se perdent sur l'horizon. Je pense à Fanch, Van, Denis , Martin et aux autres. Il y a un monde à construire. A reconstruire. A déconstruire. Celui que nous ont légué nos parents et qui étouffe tout - les hommes, les arbres, les rêves. Mais on n'y arrivera pas si on ne tient pas debout. Alors d'abord, aller mieux. Aller moins mal, ensemble. Un pas après l'autre. Et ne plus se lâcher. Je ne sais pas encore qui je veux être, mais à leurs côtés, je sais qui je suis. Ils sont ma tribu, ma famille cabossée, ceux qui m'accepteront sans chercher à me changer ou me reprocher mes faiblesses, ceux qui m'engueuleront quand je déconne, ceux qui seront là quand j'en ai besoin, ceux qui s'éloigneront parfois mais reviendront toujours. Et ce sera comme si on s'était quittés la veille.
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LivRomaneLivRomane   31 août 2020
-T'étais pas en cours.
-Non.
-Tu ne répondais pas à mes messages. Et comme d'habitude, c'est plutôt moi qui fais le mort, je me suis inquiété. Sérieux tu fais peur à voir. T'es malade ? Questce que tu as ?
- Envie de mourir. Me regarde pas comme ça. J'ai mes règles c'est tout.
Je le laisse entrer, m'effondre sur mon canapé. Jules me suit, m'observe. Une mous dubitative ourlé ses lèvres.
- Et ça t'empêche d'aller en cours ?
- Ce n'est pas comme si ça me faisait plaisir de rester enfermée ici, Jules.
- Non mais je veux dire, toutes les filles ont leurs règles... Elles ne désertent pas les amphis ou leur taffetas cinq jours par mois.
Je hurlé intérieurement. Parce que déjà, non, toutes les filles n'ont pas leurs règles - elles peuvent s'interrompre pendant des années, quelques femmes ne les auront jamais, d'autres ne les ont plus. Et puis elles ne durent pas forcément cinq jours. Pure loterie. Malgré les clichés que des profs de bio nous serinent depuis le collège, on est pas toutes identiques, avec des cycles de durée identique, et des sensations identiques.
Genre moi, à quatorze ans, je me suis retrouvée aux Urgences. J'avais tellement mal. Impossible de me lever, mon père m'a portée jusqu'à la voiture. J'avais l'impression que mes organes se détachaient à l'intérieur de mon ventre. J'avais mille ans.
A l'hôpital, un médecin m'a dit que mon niveau de douleur équivalait à celui d'une femme en train d'accoucher. D'abord, il a cru que c'était l'appendicite. Raté. Il a percuté quand je lui ai expliqué que c'était à chaque fois que j'avais mes règles. >, a-t-il conclu avec un air désolé.
C'est normal.
C'est normal bordel.
Chaque gynécologue à qui j'en ai parlé depuis m'a fait la même réponse. Ton agacé et soupirs en bonus. Le problème est dans ma tête alors? Je suis le problème ? Peut être que je ressens tout cent fois plus fort que les autres. Pas de bol.
Jules me juge, je le lis dans ses yeux. Il me prend pour une chochotte. Peut être que c'est vrai. Mais j'aimerais bien qu'il partage ma réalité, juste trente secondes. Qu'il éprouvé ce que j'éprouve. Qu'on regarde s'il ne tombe pas par terre en se tordant de douleu, lui aussi. Parce que là, je n'ai pas le courage pour faire de la pédagogie.
+ Lire la suite
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letilleulletilleul   07 mars 2020
Canapé orange.
Silhouette rouge d’une main sur le mur.
Silence.
Écho des cris et et des hurlements.
Éclaboussures de peur.
Au sol des tessons de bouteille.
Partout des canettes éparpillées.
Une seringue.
Jules s’agenouille. Se décale. Cherche le meilleur angle.
Garder une image.
Un dernier vestige.
Une infime trace.
Pour ne pas oublier.
Netteté sur le canapé. Flou sur le profil de la main. La seringue
En premier plan.
Il a mal.
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jolliyayajolliyaya   07 février 2020
Nina. Oui, c'est elle le début de tout. Ce moment exact où j'ai eu pour la première fois la certitude intime d'exister, lorsque nos regards se sont croisés dans la cour de récréation, le jour de notre rentrée en sixième. Elle portait une jupe bleue et une veste en jean. Elle avait les mêmes longs cheveux blonds que moi, à l'époque, que nous avons coupés depuis. Elle avait l'air un peu paumée, mais courageuse, comme si elle était décidée à ne pas laisser la peur gagner. Elle a effacé la mienne d'un sourire. D'emblée, elle a été l'Amie. Mon double, mon reflet, mon opposée, ma confidente, ma complice. On ne s'est plus quittées.
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Vidéo de Manon Fargetton
“La littérature fantastique à l'attaque des clichés sexistes”, voilà le thème du parcours mené en 2020 - 2021 par Manon Fargetton avec une classe de cinquième du Collège Jean Jaurès de Montreuil.
Un dispositif impulsé par le conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, a réussi en cette année si particulière à réunir des artistes de littérature jeunesse et des collégiens pour développer conjointement des projets artistiques autour de l'écriture et de l'illustration.
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