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EAN : 9782070734399
308 pages
Gallimard (05/10/1993)
3.79/5   55 notes
Résumé :
Poète amoureux de l'âme parisienne, éternel flâneur qui sait trouver des trésors au coin de la rue la plus anonyme, Fargue raconte sa ville dans ce livre célèbre, qui aujourd'hui nous restitue le parfum du Paris de l'entre-deux-guerres.
Le quartier de prédilection de Fargue, peu exploré par d'autres écrivains, c'est le boulevard Magenta, Belleville, le boulevard de la Chapelle, la gare de l'Est et la gare du Nord, "vastes music-halls où l'on est à la fois act... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
barbaracopercini
  25 juin 2017
La lecture du "Piéton de Paris" a poussé il y a quelque vingt ans ma curiosité et a stimulé mes recherches bibliographiques pour écrire ma thèse à l'Université.... donc je suis très heureuse d'en parler maintenant :-)
Je suis tout à fait satisfaite d'avoir choisi ce poète-chroniqueur, cet "homme en proie à la ville" comme sujet de ma thèse en faisant un detour hors des sentiers classiques, en fait L.-P. Fargue est un écrivain malheuresement peu connu. Fargue incarne bien la qualité du “boulevardier” parce qu'il se trouve dans le café exact à point nommé (ce sont les années du banquet qui vont de 1885 au 1918). Il est sensible aux cafés, aux ambiances, aux sons: il se met à l'écoute de Paris. Effectivement dans son oeuvre la plus connue “Le Piéton de Paris” on retrouve cette esthétique sonore tandis que les descriptions très pittoresques et folkloriques de la ville deviennent un terrain fertile à son errance et à ses souvenirs d'enfance.
Fargue aime tellement flaner le long de sa ville natale qu'il fait de cette activité un leitmotiv de son oeuvre et lui vaut ce surnom : en bref un promeneur formidable qui parcourt les lieux les plus secrets pendant la nuit (célèbres ses "nuits blanches"), mais aussi les recoins les plus insaisissables de son Paris en taxi chaque jours infatigablement.
Fargue est donc le poète urbain par antonomase qui voit parfois dans la nature les manifestations de la Ville.
Son écriture repose bien sur une déambulation urbaine qui pourtant converge dans un espace interieur.
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Bouteyalamer
  12 juillet 2020
Pérégrinations de l'entre-deux-guerres classées par quartiers puis par types (le Parisien, la Parisienne), enfin par cafés, restaurants et hôtels (Ritz, Meurice, Georges V, Crillon, etc., beaucoup sont encore au Michelin). Un style documentaire, journalistique, un luxe d'anecdotes et de personnages avec un name-dropping intensif, une ironie stimulante et des trouvailles langagières. Place du Théâtre Français : « Stock aussi a ses fervents, et la Civette les siens. Ceux-là feuillettent avidement quelques conseils sexuels pour la jeunesse ou les Dix Commandements du Constipé, en ayant l'air de s'intéresser au Voyage en Orient de Gérard de Nerval. Ceux-là pelotent les cigares et les respirent avant de les mettre en bouche, chacun cherchant à se montrer plus connaisseur que le voisin » (p 91). Au Jardin des Plantes : « Selon certains savants, les diplodocus étaient bêtes comme des camions : nuit et jour ils pataugeaient dans une boue phosphorescente d'où montaient des fusées comestibles. Puis, tout couverts de goémons moirés et de fientes verdâtres, ils s'en allaient galoper sur un gazon ravissant qu'ils ont esquinté, gazon que nous appelons aujourd'hui Montagnes Rocheuses » (p 119). le meilleur est dans l'introduction (« Par ailleurs, dédié à Madame Paul Gallimard ») où Fargue expose son art d'écrire. Complet changement de ton pour « D'après Paris », poèmes en prose autour du rêve et des cauchemars.
On trouve au vingtième siècle la même précision cordiale et nostalgique dans « l'Invention de Paris » d'Hazan, ou mieux chez Modiano, l'exploration teintée d'angoisse d'un Paris disparu.

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Chasto
  15 juin 2019
Regards d'instants de vies et de parfums d'une ville de célébrités et d'anonymes qui se croisent et se côtoient avec charme et simplicité.
Petites promenades parisiennes à l'âme poétique d'un flâneur en découvertes de trésors et de souvenirs d'une histoire ayant fait sa capitale.
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Charybde2
  28 août 2014
Le doux choc de la déambulation, poésie et philosophie de vie.
Sur mon blog : http://charybde2.wordpress.com/2014/08/28/je-me-souviens-de-le-pieton-de-paris-leon-paul-fargue/
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LesLecturesDeRudy
  24 novembre 2020
Jolie balade dans un Paris disparu celui de l'entre-deux- guerres et surtout une époque révolue. Au fil des pages on croise des fantômes célèbres et d'illustres inconnus et on ne peut que s'émouvoir à la description des rues et lieux-dits disparus à jamais.
L'écriture dans un français parfait est superbe . Une lecture rafraichissante emplie de nostalgie .
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Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
JcequejelisJcequejelis   02 août 2013
Sur les quais (I)

Au temps où je dansais la gigue,
J'aurais pu faire un bel enfant.
Mais à présent, ça me fatigue,
Je ne suis plus qu'un ci-devant.

J'en ai marre de l'élégance,
Des romans d'analyse et des chansons d'amour.
Adieu Messieurs ! Vive la France !
Moi, je remonte dans ma tour.

Ne cherchez pas de qui sont ces vers, où triomphent l'insouciance et la rêverie. Ils sont exactement d'un illustre inconnu dans le plus noble sens du terme. J'ai vainement essayé de me faire présenter ce poète, qui me paraît, à l'odeur de ses poèmes, passer la moitié de sa vie dehors. Il aime mieux garder l'anonymat.

936 - [Folio n° 4376 - p. 71]
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oliviersavignatoliviersavignat   15 août 2021
L'été, quand il fait très chaud, les bouquinistes femmes n'hésitent pas à plonger dans la Seine. Quelqu'un flâne sur le quai pour ses livres, et souvent aussi, pour voir sortir de l'eau en maillot la sirène ruisselante. Et il crie "Eh, la petite dame, combien le Taine" En quelques brasses, la petite dame atteint la berge, ramasse son peignoir, remonte vers les bibliothèques en séchant ses mains sur ses hanches, cède le Taine, le Flaubert ou le Jean Lorrain au client, et retourne dans l'eau fraîche...
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SepoSepo   09 novembre 2014
Ghetto juif entre-deux-guerres:

"De vieux Juifs, comme on rencontre qu'à Bydgoszcz, Zlatana ou Milowek, se faufilent le soir entre les livres. On s'étonne de les voir Paris, vêtus de touloupes qui balayent le sol, le favori roulé, le cheveu huileux, la main tremblante. Ceux-là, plus libres en France que partout ailleurs, méprisent hardiment le costume chrétien. Affairés et rêveurs, ils vont et viennent dans la boue du ghetto, coiffés de petites toques à courte visière, enveloppés, enhaillonnés de longues de redingotes aile de corbeau, de lévites funèbres. Les yeux profonds, tristes et perdus, le teint rose, parfois effrayant, les oreilles énormes, le corps penché, boiteux, borgnes, tuberculeux neuf fois sur dix, ils traînent d'une boutique à l'autre, chuchotent, glissent, immensément paresseux, et passent et repassent devant les pâtisseries et les merceries saumurées et fétides de ce quartier où les mousquetaires venaient autrefois se battre en duel.p.96/97,
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Charybde2Charybde2   28 août 2014
Pour moi, le dixième, et que de fois ne l’ai-je pas dit, est un quartier de poètes et de locomotives. Le douzième aussi a ses locomotives, mais il a moins de poètes. Mettons-nous d’accord sur ce mot. Point n’est besoin d’écrire pour avoir de la poésie dans ses poches. Il y a d’abord ceux qui écrivent, et qui constituent une académie errante. Puis il y a ceux qui connaissent ces secrets grâce auxquels le mariage de la sensibilité et du quartier fabrique du bonheur. C’est pourquoi je pare du noble titre de poète des charrons, des marchands de vélos, des épiciers, des maraîchers, des fleuristes et des serruriers de la rue Château-Landon ou de la rue d’Aubervilliers, du quai de la Loire, de la rue Terrage et de la rue des Vinaigriers. A les voir, à leur sourire en courant sur le trottoir gravé de fatigues, à demander des nouvelles de leurs filles, à voir leurs fils soldats, je me sens réjoui jusqu’aux écrous secrets de mon vieux cœur sans haine.
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GMEGME   14 décembre 2011
Le douzième aussi a ses locomotives mais il a moins de poètes. Mettons-nous d'accord sur ce mot. Point n'est besoin d'écrire pour avoir de la poésie dans ses poches. Il y a d'abord ceux qui écrivent, et qui constituent une académie errante. Puis il y a ceux qui connaissent ces secrets grâce auxquels le mariage de la sensibilité et du quartier fabrique du bonheur
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