AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2070734390
Éditeur : Gallimard (05/10/1993)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 34 notes)
Résumé :
Poète amoureux de l'âme parisienne, éternel flâneur qui sait trouver des trésors au coin de la rue la plus anonyme, Fargue raconte sa ville dans ce livre célèbre, qui aujourd'hui nous restitue le parfum du Paris de l'entre-deux-guerres.
Le quartier de prédilection de Fargue, peu exploré par d'autres écrivains, c'est le boulevard Magenta, Belleville, le boulevard de la Chapelle, la gare de l'Est et la gare du Nord, "vastes music-halls où l'on est à la fois act... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
DanD
  16 août 2016
Dans la tradition juive les grands auteurs prennent le nom de leur oeuvre la plus importante. Ainsi le grand codificateur Joseph Caro est devenu "Le Choulhan Aroukh" (= La table dressee) et personne ne connait plus le moraliste Israel Meir Kagan que comme "Le Hafetz Hayim" (=Le queteur de vie).
Quelque chose de ce genre est arrive a Leon-Paul Fargue. Il sera pour toujours "Le pieton de Paris". C'est devenu son appellation (controlee), sa particularite, sa distinction, son titre de noblesse. le pieton, marcheur infatigable (=jamais fatigue de sa ville) qui ne s'arrete que pour des coups (boire un coup, discuter le coup). Celui qui nous donne envie de flaner après lui dans des quartiers peu touristiques, qui nous introduit chez des monuments sacres comme le Ritz ou les Deux Magots par la porte de derriere, par la petite histoire. Au hasard des flaneries il nous presente des gloires parisiennes de ce premier tiers du siècle (le sien, pas le notre), certaines connues (Anatole France, Sarah Bernhardt…) et d'autres oubliees (Germaine tailleferre, Paul Bourget…), du moins en ce qui me concerne moi lecteur d'aujourd'hui. Et quantite d'autres gens aussi. Car les rues de Fargue sont habitees et vivantes, elles ne sont pas qu'un inventaire de lieux, qu'une agglomeration de maisons (les rues de Fargue? Dans ma petite tete ils ne font plus qu'un, lui et sa ville). Je dois dire que quand il s'arrete de marcher, sans rencontrer ni nous parler de personnes vivantes, comme dans ses descriptions du musee ethnographique ou du jardin des plantes, c'est moins interessant. A la limite du guide instructif donc pour moi a la limite du barbant. Il n'y a que l'ecriture, que le style, qui sauve ces chapitres.

Fargue est poete. le Paris de Fargue a du style. du charme. On peut tomber amoureux du style de Fargue comme on peut tomber amoureux de Paris. Encore en ce 21e siècle ou on circule plus qu'on ne deambule, ou on lit en diagonale. J'en suis sur, ca m'est arrive. Et comme je ne suis pas d'un naturel jaloux, je vous invite a essayer, vous aussi: une petite promenade du cote de Fargue?
P.S. Je dois dire mon admiration pour la collection "L'imaginaire": le choix des titres, le design des couvertures, le format, le prix. Comme disait l'autre moustachu: "tout est bon chez elle y'a rien a jeter…"
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          453
barbaracopercini
  25 juin 2017
La lecture du "Piéton de Paris" a poussé il y a quelque vingt ans ma curiosité et a stimulé mes recherches bibliographiques pour écrire ma thèse à l'Université.... donc je suis très heureuse d'en parler maintenant :-)
Je suis tout à fait satisfaite d'avoir choisi ce poète-chroniqueur, cet "homme en proie à la ville" comme sujet de ma thèse en faisant un detour hors des sentiers classiques, en fait L.-P. Fargue est un écrivain malheuresement peu connu. Fargue incarne bien la qualité du “boulevardier” parce qu'il se trouve dans le café exact à point nommé (ce sont les années du banquet qui vont de 1885 au 1918). Il est sensible aux cafés, aux ambiances, aux sons: il se met à l'écoute de Paris. Effectivement dans son oeuvre la plus connue “Le Piéton de Paris” on retrouve cette esthétique sonore tandis que les descriptions très pittoresques et folkloriques de la ville deviennent un terrain fertile à son errance et à ses souvenirs d'enfance.
Fargue aime tellement flaner le long de sa ville natale qu'il fait de cette activité un leitmotiv de son oeuvre et lui vaut ce surnom : en bref un promeneur formidable qui parcourt les lieux les plus secrets pendant la nuit (célèbres ses "nuits blanches"), mais aussi les recoins les plus insaisissables de son Paris en taxi chaque jours infatigablement.
Fargue est donc le poète urbain par antonomase qui voit parfois dans la nature les manifestations de la Ville.
Son écriture repose bien sur une déambulation urbaine qui pourtant converge dans un espace interieur.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
LN
  15 juin 2017
"O vie, dans ce moment qui passe
et que nous voudrions pour toujours
ressaisir,
Cesse de dérober le secret de nos jours." Plainte
Léon-Paul Fargue, poète piéton se promène dans le Paris d'avant guerre, et chante sa ville ses quartiers, les cafés, les hôtels, et ses lieux emblématiques, quartiers par quartiers. Il agrémente son récit de rencontres, d'anecdotes qui illustrent cette vision nostalgique d'une ville qui s'évanouit peu à peu, toujours changeante sous les feux de l'histoire qui couve.
"Si j'avais quelque jeune disciple à former, je me contenterais probablement de lui murmurer ces seuls mots : sensible, s'acharner à être sensible, infiniment sensible, infiniment réceptif. Toujours en état d'osmose. Arriver à n'avoir plus besoin de regarder pour voir. Discerner le murmure des mémoires, le murmure de l'herbe, le murmure des gonds, le murmure des morts. Il s'agit de devenir silencieux pour que le silence nous livre ses mélodies, douleur pour que les douleurs se glissent jusqu'à nous, attente pour que l'attente fasse enfin jouer ses ressorts. Ecrire, c'est savoir dérober des secrets qu'il faut encore savoir transformer en diamants. Piste longuement loin, s'il le faut" p. 11
"Au-delà du halo des grands boulevards, l'éventail de vitres de la gare de l'Est commence à rougir. Et, par les soirs de fête, les arbres se garnissent à perte de vue d'oranges sanguines, dont la lumière en chemise à plis peint en bras nus les branches poudreuses..." Suite de la rêverie
"J'ai bu le lait divin que versent les nuits blanches." Suite de la rêverie
"Nous pourchassions l'immense variété de vivre. Nous déchirions l'album des rues et des boutiques. Nous courions dans les fêtes en voleurs d'images." Talus
Le titre de ce livre est devenu le nom que l'on donne à Fargue. C'est lui qui est à jamais "le piéton de Paris".
Lien : http://www.lecturissime.com/..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Charybde2
  28 août 2014
Le doux choc de la déambulation, poésie et philosophie de vie.
Sur mon blog : http://charybde2.wordpress.com/2014/08/28/je-me-souviens-de-le-pieton-de-paris-leon-paul-fargue/
Commenter  J’apprécie          40
amadisdeGaule
  15 janvier 2008
Paris dans les pas de......
à noter une même découverte de Paris parait ce mois de janvier 2008 sous la plume de Franz Kafka
Commenter  J’apprécie          21
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
DanDDanD   10 août 2016
La place [Saint-Germain-des-Pres] vit, respire, palpite et dort par la vertu de trois cafes aussi celebres aujourd'hui que des institutions d'etat: les Deux Magots, le Cafe de Flore et la Brasserie Lipp...
...Par la cherte de ses consommations, les plus cheres de Paris, le Cafe des Deux Magots est fort recherche des snobs, qui trouvent que le Dubonnet a cent sous ne constitue pas une depense exageree pour qui veut assister a l'aperitif des ecrivains modernes.
...Le Cafe de Flore est connu des Parisiens parce qu'ils le considerent a juste titre comme un des berceaux de l'Action Francaise et des "Soirees de Paris" d'Apollinaire. La maison se recommande par ses bridgeurs et son peloton de litterateurs, purs ou bohemes, compose de Billy, de Fleuret, et parfois de Benoit, qui caressent du regard quelques transfuges de chez Lipp, commercants lettres que le manque de terrasse de la brasserie fait emigrer.
Lipp reste pour moi l'etablissement public no. 1 du carrefour et evoque par instants l'autorite de l'Etat, depuis que l'on s'est apercu que le patron joignait a ses nombreuses qualites celle de ressembler a Pierre Laval, Auvergnat comme lui, mais d'un autre tonnage...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200
DanDDanD   04 août 2016
J'ai demande un soir a un vieux joueur de manille, a la fois grand liseur de journaux, d'indicateurs, stratege, politicien et cocu, pourquoi il passait maintenant ses journees dans certains buffets de gares, au lieu de choisir, comme faisaient ses ancetres, un cafe de tout repos dans un endroit poetique. Cet habitue me repondit que, justement, il n'y avait plus de ces cafes de tout repos, ou des menageres hirsutes et baveuses venaient chercher leurs maris, comme cela se voyait dans les nouvelles de Courteline. D'abord, les femmes vont au cafe aussi, soit qu'elles aient pris gout a l'alcool, soit qu'elles veuillent entendre de la musique, jouer aux courses, ou prendre part a des discussions feministes. Elles ont trouble l'athmosphere purement masculine des cafes d'autrefois. Puis, ce sont les adolescents qui se sont mis a occuper les banquettes pour y discuter sport, ou pour s'y livrer a des assauts de belote. Enfin, ce sont les patrons qui, manquant de tradition, ont innove dans leurs etablissements des boissons modernes, americaines, melangees, dont la saveur ou les noms ont vivement heurte le traditionalisme des vieux clients.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          170
DanDDanD   11 août 2016
J'ai decouvert la mer, enfant, rue de Sevres, un matin plein de courses, au seuil des vacances, en pleine fievre de depart. Mon pere me pressait la main sans rien dire et se hatait, de son pas carre.
Nous arrivions au Bon Marche: "Tu vois...", commenca mon pere. En effet. J'apercus un port ferme de grilles, un mole, un vaisseau immense, aux vitres brillantes, aux cheminees bleues, comme j'en avais vu l'image en couleurs dans un vieux livre, et qui me fit penser a l''Astrolabe', a la 'Zelee' ou au 'Vengeur', des dames de proue coiffees de fanaux, des hublots laiteux, des lampes qui brulaient dans le plein jour, des battements d'ailes blanches et jaunes, des claquements de pavillons, des fumees coupees de cris chantants et de cloches, et je compris que c'etait la Mer.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          210
DanDDanD   04 août 2016
Les quais ont, de tout temps, servi d'excuse aux Parisiens que leur petite amie retenait trop longtemps aupres d'elle. J'ai meme connu un bouquiniste qui avait en reserve toute une serie de Romantiques a l'intention d'un client qui arrivait en courant, payait et s'en retournait au galop chez lui. Quand on voulait lui acheter un Gautier ou un Hugo, a ce brave marchand, il repondait:
- Impossible, c'est pour le comte, qui doit passer a cinq heures, et qui est cense fouiller dans mes boites depuis trois heures de l'apres-midi...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          230
DanDDanD   08 août 2016
Le matin, des vieillards barbus et rides, melanges de genie et de crainte, de grands promeneurs accables et pensifs, que l'on devine malicieux et instruits, qui ont a la fois l'air de transporter des fardeaux de nostalgie et de detenir des secrets, de venerables marchands tombes de quelque musee hollandais s'acheminent sans rien voir vers la synagogue, comme des chefs, et le proletariat juif de la rue des Rosiers les regarde avec envie et stupeur, car ils sont sages et riches.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          250
Video de Léon-Paul Fargue (8) Voir plusAjouter une vidéo

André Beucler : Dimanche avec Léon-Paul Fargue
Olivier BARROT présente le livre d'André Beucler sur Léon-Paul Fargue.
autres livres classés : Paris (France)Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Testez vos connaissances en poésie ! (niveau difficile)

Dans quelle ville Verlaine tira-t-il sur Rimbaud, le blessant légèrement au poignet ?

Paris
Marseille
Bruxelles
Londres

10 questions
584 lecteurs ont répondu
Thèmes : poésie , poèmes , poètesCréer un quiz sur ce livre