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ISBN : 2818037271
Éditeur : P.O.L. (30/11/-1)

Note moyenne : 2.51/5 (sur 68 notes)
Résumé :
J'enseigne la sociologie à l'université et j'ai 44 ans. Je viens de publier une étude violemment critique sur la culture et les mœurs françaises et je n'accorde plus d'importance à grand-chose dans la vie. Sauf, peut-être, aux femmes et aux voyages. Je dis peut-être parce que ce n'est pas aimer les femmes que jouer avec leurs sentiments à des fins exclusivement prédatrices.Quant aux voyages, si ce n'est par haine de mon propre pays que j'y consens, je n'en vois pas ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
chocoladdict
  13 septembre 2015
Pourquoi s'infliger la compagnie de personnage aussi désagréable, imbus de lui-même, cynique que ne l'est Romain Ruyssen, le « héros » du dernier roman de Nicolas Fargues Au pays du p'tit ? Je n'ai cessé de me poser la question en avançant dans ma lecture.
Ce genre de personnage, si je le rencontrais en vrai, aussi séduisant soit-il (car à priori il doit être vraiment irrésistible pour que les femmes se pâment autant devant lui alors qu'il est aussi puant), je le fuirais il me semble mais là je n'ai pas reposé le livre. Malgré mon agacement, je n'ai pas abandonné. J'espérais sûrement qu'il soit touchant à un moment ou à un autre, j'espérais peut-être entrapercevoir une faille ou avoir une once d'empathie pour lui mais ce moment n'est pas venu.
Si je n'ai pas abandonné le livre, c'est sûrement parce que j'ai lu avec plaisir plusieurs livres de Nicolas Fargues (en particulier J'étais derrière toi) et sûrement parce que sa plume, son écriture sont toujours là. Pour le reste, le portrait de ce type, revenu de tout, qui regarde avec dégoût sa femme de 40 ans et s'envoie en l'air avec des jeunes femmes de 20 ans en étant spectateur de lui même 24h sur 24h y compris au lit (où bien entendu il est un super amant, faisant forcément découvrir à sa partenaire des choses qu'elle ne soupçonnait pas) et qui dresse de la France un portrait quasi apocalyptique (dans la veine tout est mieux ailleurs), m'a profondément tapé sur les nerfs.
J'ai eu l'impression que Nicolas Fargues passait du feutre à la mine épaisse sur les contours d'un personnage déjà présent dans ces précédents livres mais que le trait était vraiment grossier. Y-a-t-il des hommes aussi calculateurs avec les femmes, des hommes tellement centrés sur eux mêmes que personne d'autre ne les intéresse ? Pourvu que l'auteur ne soit pas aussi aigri dans la vie et qu'il ne s'agisse que de fiction sinon il risque de trouver le reste de son chemin particulièrement désespérant et long.
Lien : http://www.chocoladdict.fr/2..
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antibouille
  25 novembre 2015
Franchement déçu par une grande partie de ce roman qui nous décrit les conquêtes amoureuses d'un sociologue-écrivain sans beaucoup d'intérêt y compris dans les descriptions des performanes sexuelles de ce romancier. Par contre, les pages consacrées à l'analyse de la culture et des moeurs françaises sont particulièrement bien vues et nous décrivent sans concession une image de notre société guère brillante mais malheureusement sans doute assez proche de la réalité.En espérant que Nicolas Fargues puisse se consacrer dans ses prochains livres à l'essentiel plus qu'à la bagatelle évidemment plus commerciale...dommage.
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YANCOU
  01 mai 2016
On appréciera, ou pas, le regard que porte Nicolas Fargues sur la société en général, et dans ce nouveau livre, Au pays du p'tit, sur la France en particulier. Un regard critique, parfois juste, souvent drôle. Car Nicolas Fargue est un observateur attentif des moeurs contemporaines. Il s'attache au banal pour en faire de la fiction et comme les livres de Houellebecq, Giulio Minghini ou encore Éric Laurrent, lorsqu'on le (re)lira plus tard - et c'est bien là tout le mal que je lui souhaite -, on aura un aperçu de notre époque, fonction qu'ont eue (et qu'ils ont encore, bien sûr) des ouvrages comme L'assommoir de Zola ou du côté de chez Swann de Proust, bien que cela paraisse discutable pour les écrivains d'aujourd'hui tant le recul nous manque, sans parler du peu de tolérance et de compréhension envers les oeuvres littéraires contemporaines qui semble être de mise aujourd'hui.
Depuis quelques romans pourtant (je conseille de lire Tu verras, qui traite du décès d'un adolescent, des différences de générations, de l'éducation et aussi de Facebook ; ainsi que le plus léger, mais ô combien amusant La ligne de courtoisie, où il est question de fuite en avant), le (presque) jeune auteur a affiné sa plume ainsi que sa réflexion. Ainsi, dans ce nouveau roman, Fargues nous donne à suivre les péripéties d'un homme limite misogyne, trop sûr de lui, peu agréable au demeurant mais malgré tout empreint d'une certaine mélancolie, qui, avec un premier livre à plus de quarante ans, se retrouve invité à des colloques en Russie, aux Etats-Unis, dans des émissions radiophoniques, pour en parler, et même assigné en justice par les avocats genevois d'Alain Delon, envers qui le protagoniste auteur de l'essai est très critique (un des passages du livre des plus amusants d'ailleurs). C'est aussi un homme qui vieillit mal, le supporte en le cachant du mieux qu'il peut, et qui va payer - mais pas trop cher - ses égarements de literie.
Nicolas Fargues renoue avec ses thématiques favorites que sont Facebook, les rapports entre générations, la fuite en avant, l'observation des moeurs et leur critique. Un bon roman où beaucoup d'hommes se reconnaîtront un tant soit peu, et que beaucoup de femmes détesteront tant le protagoniste principal est en définitive un pauvre type, où, comme le dit sa jeune maîtresse (inspirée de la joueuse de Tennis slovaque Kristína Kučová!?) : un "french asshole".
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hcdahlem
  28 octobre 2015
Il y a au moins deux lectures possibles de ce nouvel opus de Nicolas Fargues. La première, très premier degré, en fera le récit très sombre d'un intellectuel déçu de sa carrière, de sa vie et de son pays et qui ne cesse de ruminer cette crise existentielle. La seconde, beaucoup plus jouissive, se lit entre les lignes. Dans les réflexions du sociologue sur ce qu'il aurait pu ou dû faire, sur l'autre regard qu'il pourrait porter sur le presque demi-siècle qui vient de s'écouler, car «rien ne sert d'essayer de devancer le temps, qui a son rythme propre. Il finit toujours par nous rattraper.»
Des digressions proposées par le narrateur, Romain Ruyssen, sociologue et maître de conférences à l'université qui vient de publier Au pays du p'tit, un essai philosophico-politique qui dépeint une France en dépression et taille en pièces ce pays d'assistés, d'incultes, d'indisciplinés, de laxistes. Un ouvrage qui va jusqu'à être qualifié de «pamphlet poujadiste», mais qui va permettre à son auteur de gagner une certaine notoriété et d'être invité à débattre en Russie et aux Etats-Unis.
Le ministère des affaires étrangères l'envoie à Moscou pour un colloque à la Maison centrale des écrivains. A 44 ans, il va pouvoir développer ses plus belles diatribes et expliquer que pour un Français « être agacé par les autres et se considérer soi-même supérieur au reste de l'humanité est davantage qu'un folklore national : c'est un mode de vie, une fierté, une conviction, un code génétique, bref, une culture. » On pourra multiplier les qualificatifs pour dépeindre cet aigri de 44 ans – cynique, calculateur, ironique, mordant, désagréable, capricieux, insatisfait, infréquentable, blasé, glaçant ¬–¬ et pourtant on va finir par s'y attacher, à l'image de cette slovaque de 25 ans à la poitrine volumineuse qu'il a repéré dans l'auditoire.
Janka Kučová n'est toutefois pas une proie facile. Aussi faudra-t-il que notre homme déploie tout son entregent et sorte son portefeuille pour réussir à mettre l'étudiante dans son lit. Mais même dans la séduction, chassez le naturel et il revient au galop : « J'avais pris un plaisir sadique à lui signifier par cette seule réponse que rien de ce que j'entreprendrais avec elle ne serait pour moi une première fois. Si elle avait été plus douce, moins dominatrice et moins cruelle, pensai-je, je lui aurais menti, par charité. Je me serais privé de faire le malin pour ne pas lui gâcher la certitude que c'est peut-être avec elle que j'allais étrenner ceci : faire l'amour dans un hammam, comme au cinéma. Pour l'assurer que, malgré son jeune âge et toutes les vies que je traînais derrière moi, elle avait la possibilité de me faire encore découvrir quelque chose. » Son périple aux Etats-Unis sera du même tonneau.
L' analyse froide – d'autres diront lucide – du sociologue n'est pourtant que le miroir de son mal-être. Il finit par tout filtrer à l'aune de son vécu. Encore un effort et ce collègue de David Lodge qui aurait égaré ses antidépresseurs nous livrerait un traité d'optimisme à l'issue de sa promenade sur le campus de l'université d'Iowa : « On se met à respecter les règles et à respecter les autres, on apprend à devenir responsable, à patienter, à remplacer la mauvaise humeur et les frustrations par du dynamisme, et l'on finit par se rendre compte que cela donne du sens à la vie, cela rend la vie plus intense et plus stimulante…» Jubilatoire !
Lien : https://collectiondelivres.w..
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saomalgar
  10 octobre 2015
Romain Nuyssen est sociologue et vient d'écrire un essai sur la France et la mentalité française dont il décrit l'étroitesse et met en exergue la petitesse. Ce texte lui vaut d'être invité un peu partout dans le monde, il peut donc s'y adonner à ses passions : les voyages et le sexe. Il veut toutes les femmes, et ne recule devant rien pour y parvenir ! Il ment effrontément à sa compagne Caridad avec qui il a un comportement odieux.
Le récit débute en Russie où il rencontre la sulfureuse Janka Kucova qu'il va finir par mettre dans son lit, c'est l'essentiel du livre, mais dont il va subir le retour de bâton…
Si l'on fait abstraction du côté odieux du personnage, l'histoire, si on peut appeler cela histoire, reste pathétique et tourne en rond. Je me suis ennuyée ferme à la lecture de ce texte qui tourne quasi intégralement autour du sexe du héros dont il est très fier.
La fin me laisse sans voix !
Bref, j'ai vraiment détesté ce roman qui m'a profondément déplu.
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critiques presse (4)
LeDevoir   23 novembre 2015
Nicolas Fargues vise à son tour le mal d’une France immobile, réactionnaire, inadaptée et gâtée, morose.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
LeFigaro   03 septembre 2015
Nicolas Fargues signe un portrait plein d'ironie d'un homme porté à l'autodénigrement. Il invite le lecteur à suivre (...) son regard insolent sur la société française contemporaine.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Lexpress   27 août 2015
Dans ce 10e roman de Nicolas Fargues, plus réussi que le précédent, La Ligne de courtoisie, on retrouve son style clinique et ce regard distancié qui fait du narrateur un type éminemment cynique
Read more at http://www.lexpress.fr/culture/livre/la-france-ratiboisee-selon-nicolas-fargues_1709354.html#J6JtEklHwFlMJyLj.99
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama   19 août 2015
On rit beaucoup. Nicolas Fargues, fidèle à ses obsessions — l'étroitesse française et la lâcheté masculine —, n'a rien perdu de sa verve, ni de sa cruauté.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   28 octobre 2015
Après l’intervention de l’économiste, c’est vers moi que le modérateur se tourna : "Alors vous, Romain Ruyssen, dit-il en consultant consciencieusement ses notes, vous êtes français et sociologue. Votre dernier essai a pour titre Au pays du p’tit. Il est paru en France le mois dernier et, avec neuf autres ouvrages sélectionnés en prévision de ce salon, il a bénéficié d’une opération spéciale et sort aujourd’hui, quasi simultanément, dans sa traduction russe." Dans mon casque, l’interprète, qui avait elle aussi préparé ses notes pour la séance, avait prononcé p’tit avec une application désopilante. "Je cite l’une des phrases de votre introduction, poursuivit le modérateur en plongeant le nez dans la version traduite de mon livre : “Avec les Trente Glorieuses, le surmoi révolutionnaire des Français a progressivement cédé la place au Moi-Je pépère fonctionnaire.” Est-ce que cela signifie, Monsieur
Ruyssen, qu’aujourd’hui vous considérez usurpée la réputation de nation insoumise de votre pays ?"
"Je me demande surtout, répondis-je sur un ton folâtre, comment mon interprète vient de vous traduire des mots tels que “Trente Glorieuses” et “pépère” : la langue russe possède-t-elle vraiment un équivalent de ces notions très françaises ?"
Je marquai une pause, attendant en vain la réaction de quelqu’un dans la salle. Au-delà de votre question, repris-je, c’est de l’esprit français contemporain tel que je le perçois que j’ai envie de vous parler. Et je peux le faire sans forcément me référer à mon livre, rien qu’à partir de quelques éléments que j’ai observés ici, dans cette salle, au cours de l’heure qui vient de s’écouler. (p. 18-19)
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Don_GavrocheDon_Gavroche   08 mai 2016
Comme tant d'autres femmes françaises de sa génération appartenant à une classe socioprofessionnelle supérieure, Paule ne parvenait pas à dénicher dans son entourage ni par petites annonces sur internet d'amant à la fois capable de répondre à ses exigences physiques, sociales et intellectuelles. Relevant moi-même de cette précieuse sous-espèce, il m'aurait été très simple de lui proposer de l'inviter au restaurant le soir même, de la raccompagner chez elle et d'y passer la nuit en restant cette fois jusqu'au matin. Nous aurions préparé puis pris le petit déjeuner ensemble, je l'aurais longuement embrassée sur le pas de sa porte au moment de rentrer chez moi et je lui aurais adressé plusieurs textos d'amour, drôles et joliment tournés, tout au long de la journée et les jours suivants. De semaine en semaine, nous nous serions revus de plus en plus régulièrement, tantôt chez elle, tantôt chez moi, jusqu'à finir par nous installer ensemble et décider d'emménager dans un appartement plus grand. Nos revenus mensuels comparables, notre goût commun pour notre métier, pour les livres et les arts en général nous auraient garanti un quotidien riche en échanges et en complicité. Sur le plan sexuel, pas de problèmes non plus, nous n'avions l'un comme l'autre aucune inhibition particulière et je l'avais menée sans difficulté jusqu'à l'orgasme. Charmant et bien éduqué, j'aurais très bien pu passer pour le gendre idéal aux yeux de ses parents. À moins de quarante ans, Paule pouvait encore raisonnablement songer à faire un bébé, qu'en toute logique nous aurions fini par concevoir. J'aurais été présent à l'accouchement et, tout au long de la première année, je me serais réveillé la nuit en même temps qu'elle pour assister aux têtées. Plus tard, j'aurais déposé l'enfant à l'école le matin, je lui aurais organisé des anniversaires à la maison et je lui aurais appris à nager, à faire du vélo, et ainsi de suite jusqu'à sa majorité. Délivrés des contraintes de l'éducation, nous nous serions mis à voyager à deux, à sortir au théâtre, etc. Bref, à nous préparer gentiment une retraite paisible, épanouie et éclairée. En somme, en me montrant un compagnon à la hauteur, j'aurais donné du sens à la vie de Paule, j'aurais fait son bonheur tout comme j'aurais pu, avec les mêmes ingrédients, faire celui de millions de femmes libres et intelligentes rongées par la solitude. Mais, qu'y pouvais-je, cette perspective m'apparaissait aussi alléchante que, mettons, un voyage organisé pour un séjour all inclusive à La Grande-Motte.
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rkhettaouirkhettaoui   06 septembre 2015
Là-bas, avec la langue et le lien historique que l’Angleterre entretient avec les États-Unis, nos compatriotes se sentent au cœur du monde moderne. Presque les figurants d’un long métrage hollywoodien permanent. Sous l’effet de la fascination, ils adoptent en quelques semaines des comportements qu’ils n’avaient pas en France : on ne fraude plus dans le métro en sautant par-dessus les barrières, on ne jette plus ses mégots à terre, on tient sagement sa droite dans les escalators, on fait la queue sans chercher à resquiller et, surtout, on se plaint moins. On se met à respecter les règles et à respecter les autres, on apprend à devenir responsable, à patienter, à remplacer la mauvaise humeur et les frustrations par du dynamisme, et l’on finit par se rendre compte que cela donne du sens à la vie, cela rend la vie plus intense et plus stimulante, surtout au sein d’une ville de huit millions d’habitants.
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YANCOUYANCOU   01 mai 2016
"Il était encore tôt mais la nuit était déjà bien installée dehors. Je m'affalai dans mon canapé, ouvris mon ordinateur et me rendis directement sur Facebook. Janka Kučová avait accepté la proposition d'amitié que je lui avais faite sous pseudonyme. Sur sa page, elle avait laissé accessibles une série d'albums photos classés par noms de villes et par dates : Birmingham (novembre 2011), Seattle (avril 2012), Hambourg (décembre 2012), Prague et Bratislava (février 2013) etc. Je cliquai sur Moscou (octobre 2013), le plus récent, qui comprenait deux cent treize photos. Au pub, au restaurant, à la gare, dans sa chambre universitaire, au musée, sur un pont ou sur la Place Rouge, de jour comme de nuit, Janka Kučová apparaissait invariablement entourée d'autres étudiants. Une vie ordinaire de jeunes, avec des pintes de bières accumulées sur les tables, des anniversaires à fêter et des poses joyeuses et sagement anticonformistes à prendre dans les parcs ou devant les monuments célèbres de la ville. L'existence perçue comme une production des studios Walt Disney, mais où l'alcool serait autorisé. Moi qui dans ma jeunesse n'avait jamais été un type à potes, je ne savais trop si j'enviais cette vie en groupe ou si elle m'effrayait. La plupart d'entre eux semblaient, comme elle, originaires d'Europe centrale ou orientale, cela se reconnaissait à leur blondeur, à leurs yeux clairs fixant l'objectif avec franchise ainsi qu'à quelque chose d'indéfinissablement différent des jeunesses blanches de l'ouest dans leur façon de s'habiller. On retrouvait pourtant des T-shirts, des polos, des jeans et des baskets similaires. Cela tenait peut-être à leur sens plus brut de la fantaisie, à leur choix de couleurs plus tranchées, à une autre façon de combiner entre eux les éléments et les accessoires, à ce goût ingénu pour les logos et les marques visibles que l'on pouvait également retrouver dans les banlieues françaises, je ne sais pas trop."
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rkhettaouirkhettaoui   06 septembre 2015
Être agacé par les autres et se considérer soi-même supérieur au reste de l’humanité est davantage qu’un folklore national : c’est un mode de vie, une fierté, une conviction, un code génétique, bref, une culture. Il y a cependant un geste bien particulier qui, à ma connaissance, n’a pas été répertorié par les spécialistes de l’étude des comportements humains et qui me paraît parfaitement illustrer ce fameux mélange d’orgueil et de pouvoir des mots auquel je viens à l’instant de faire référence, tout en révélant au fond une grande fragilité : se hisser sur la pointe des pieds.
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Videos de Nicolas Fargues (20) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nicolas Fargues
Nicolas Fargues Attache le c?ur éditions P.O.L : où Nicolas Fargues tente de dire comment et de quoi est composé son nouveau livre "Attache le c?ur", des instantanés camerounais, et où il est question notamment de la musique de la langue et d'écriture, de noir et de blanc, de narration et de langue, de voix intérieure et de vérité, de portraits et de roman, de Jean Echenoz et de Pierre Michon, à l'occasion de parution aux éditions P.O.L de "Attache le c?ur", à Paris le 10 octobre 2018 "Ici, la galère, la vraie, tu fais avec. Les galères de transport, de job et de dot, les galères d?un peu tout et n?importe quoi, tu fais avec. Ton avenir aussi boiteux que la qualité du courant fourni par la compagnie nationale d?électricité, tu fais avec. Les Blancs nous plaignent : Mais comment pouvez-vous vivre dans des conditions pareilles ? Ce désastre qui n?en finit plus, avez-vous vraiment la volonté d?y mettre un terme ? Et moi je dis que laisse, mon ami, laisse. Ce n?est pas avec des si, des il faut que et des voilà comment qu?on met Yaoundé dans une bouteille de J&B."
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