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ISBN : 2264068094
Éditeur : 10-18 (20/10/2016)

Note moyenne : 3.52/5 (sur 58 notes)
Résumé :
"De temps à autre apparaît un auteur amoureux de son art, du langage écrit [...] et des grands mystères qui résident de l'autre côté du monde physique. Il y avait William Faulkner, Cormac McCarthy ou Annie Proulx. Vous pouvez maintenant ajouter Michael Farris Smith à la liste." James Lee Burke
Après des années de catastrophes écologiques, le sud des États-Unis, de la Louisiane à la Floride, est devenu un véritable no man's land. Plutôt que de reconstruire sa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
Eric76
  03 mars 2017
Une pluie sans fin qui s'abat sur le sud des Etats-Unis ; des nuages noirs, si noirs qu'ils asphyxient le soleil ; ces ouragans à n'en plus finir qui chassent les hommes toujours plus loin vers le nord ; et leur défaite ultime face à la nature déchainée, vengeresse, quand ils décident de fixer une limite territoriale au-dessous de laquelle toute vie humaine devient impossible…
Cohen n'est pas parti avec les fuyards. Il est resté au-dessous de la limite, retenu par ses souvenirs et ses fantômes tant aimés. Pour demeurer coûte que coûte avec eux, il n'hésite pas à affronter ces terribles ouragans capables de le balayer comme fétu de paille, de braver ces yeux brillants et menaçants qui le fixent dans la nuit noire, de vivre tant bien que mal dans ce monde impossible…
Il faudra tout l'amour de Mariposa, l'insouciance pleine de morgue du jeune Evan, les chouineries et les rires du môme Brisco pour le sortir de sa torpeur, le forcer à s'ébrouer afin d'éloigner de lui ses fantômes. Elisa, Océane, les ruelles sombres de Venise, un corps dénudé sur la plage, quelques souvenirs idiots, Cohen les rejoindra très vite, à tout jamais, juste le temps pour lui de sauver Mariposa, Evan et Brisco, de les ramener à bon port dans un monde plus sûr, moins barbare.
On a voulu comparer un peu abusivement ce livre à « La route », mais il est pourtant bien autre chose qu'un énième roman post-apocalyptique. J'ai aimé le personnage de Cohen ; j'ai aimé sa force, ses fragilités, ses incroyables inconséquences, et surtout cette fidélité sans faille, envers et contre tout, pour ses amours à jamais disparus et ses rêves enfuis.
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BlackWolf
  16 juin 2015
Je dois bien avouer que ce livre me tentait depuis sa sortie avec son résumé très post-apocalyptique (genre qui me tente toujours) offrant comme idée originale d'imaginer une « fin du monde » liée à la nature, la pluie et les tempêtes. de plus les premiers retours que je découvrais à droite et à gauche se révélaient, globalement, positifs. Par conséquent quand j'ai vu que Babelio proposait de découvrir ce livre lors de son dernier Masse Critique, j'ai décidé de tenter ma chance et j'ai eu la chance d'être sélectionné. Je remercie donc Babelio et les éditions Super 8 de m'avoir permis de découvrir ce roman. Concernant l'illustration de couverte elle révèle assez simple, mais plonge directement dans l'ambiance humide du récit.
Comme certains l'ont déjà fait, je vais moi aussi enfoncer le clou concernant l'aspect marketing (aussi bien Anglais que Français), qui compare ce livre à La Route de McCarthy, ce qui n'est pas le cas. Si vous vous lancez dans cette lecture en pensant y retrouver La Route, vous risquez d'être frustré, certes c'est du post-apo et on y retrouve aussi une certaine tentative de profondeur et de réflexions, mais on se rend très vite compte que les deux histoires sont complètement différentes et surtout ne cherchent pas du tout la même chose.
On se retrouve ainsi ici à suivre Cohen qui, depuis la mort de sa femme, vivote dans cette zone sauvage et de non droit qu'est devenue le sud des Etats-Unis, ravagée par les pluies incessantes et les tempêtes dévastatrices. Sa vie va alors changer après avoir été volé un peu naïvement par un couple de jeunes gens. Mais voilà, une fois la dernière page tournée je n'ai jamais vraiment réussi à entrer dans l'histoire et je sors légèrement déçu de ma lecture. Pourtant ça démarrait bien, certes le héros est naïf (voir un peu concon disons le clairement), mais on sentait bien cette solitude, cette souffrance, cette abandon et ce besoin de survivre, sauf que voilà la suite m'a rapidement fait déchanter. Attention il y a de gros risques de SPOILER dans ma chronique.
Déjà le premier point qui m'a un peu bloqué vient de l'ambiance que cherche à mettre en place le récit, cette pluie qui tombe sans arrêt, qui doit rendre l'ensemble humide aux nombreuses conséquences et péripétie que cela occasionne. Sauf que voilà de conséquences, il n'y en a pas, ou si peu et seulement quand ça arrange l'auteur. Car oui, quand je vois des gars allumer un feu ou s'allumer des clopes à l'extérieur, tranquillement, alors que l'air doit être saturé d'humidité et qu'il pleut sans arrête c'est aberrant. Pareil niveau inondation, coulées de boues, apparition de zones traitres et de marais on oublie, nos héros marchent toujours sur un sol bien dur, juste de quoi se salir les pompes et râlé car on a les vêtements trempé. Niveau post-apo, franchement on repassera et niveau prophétique ou éveil d'une conscience écologique vu que l'auteur n'en parle jamais il n'y en a pas. Ensuite, j'aimerais comprendre comment, dans une région abandonnée et sans plus aucune loi depuis 3 à 5 ans on peut encore penser à se servir de billets de banque comme monnaie pour faire ses courses. Dans la partie civilisée c'est logique, mais bon sang celle qui est abandonnée, surtout depuis si longtemps, j'ai du mal à y croire. D'ailleurs en parlant de « civilisé », pour des mecs qui ont été abandonnés par leur pays à leurs sorts, oubliés et ne possédant plus que ce qu'ils peuvent sauver, ils m'ont paru bien gentillet, c'est limite s'ils ne se disent pas bonjour et ne vous tiennent pas la porte en vous souriant en se retrouvant tous chez le receleur du coin. Après j'exagère un peu, il y a bien une ou deux personnes qui tentent de jouer les vilains pas beau, mais bon pas de quoi faire frémir mon petit coeur de lecteur.
Autre point qui m'a dérangé vient de la façon dont l'auteur chercher à construire ses rebondissements, ses épreuves, que vont rencontrer nos héros, car entre celles qui sont traitées beaucoup trop rapidement (comme toute la partie Aggie qui aurait sûrement mérité plus) et celles qui sont très très mal amenées et limites aberrantes, très peu ont réussies à me happer, surtout que l'auteur les gère aussi sans aucune véritable intelligence. Pour vous donner un exemple de certaines incohérences je vais vous conter la vie de Bébé, personnage du livre. Nos héros se retrouvent un moment à se poser dans une maison, tranquillement, sauf que voilà Bébé hurle, il est brulant de fièvre (telle que c'est limite si l'auteur ne compare sa température corporelle à l'enfer), sauf que voilà pas de bol la faute à un autre personnage un peu concon (c'est bon les gars vous pouvez monter un club) ils doivent fuir la maison avec Bébé hurlant à la mort. Coup de chance, ils trouvent une fermette un peu plus loin et, énorme second coup de chance, elle a l'eau courante. Cool, c'est bon ils vont pouvoir s'occuper de Bébé, le soigner, le panser, le laver …. Euh. En fait non, on se retrouve plutôt devant une bande d'ado qui se foutent mais comme de leur dernière chaussette sale de Bébé et qui braillent à tout va qu'ils vont enfin pouvoir prendre un bain se battant pour savoir qui va passer le premier. Vraiment? Oui vraiment car pendant 50 pages on ne parlera plus de Bébé, le temps que tout le monde prenne son bain et sortent tout propres, on le retrouvera alors avec deux personnages féminins au QI de bulot qui tentent de philosopher pour savoir si finalement il ne pleure pas parce qu'il est aussi malheureux. Il. Est. Malade. bon sang. Enfin cela a permis à l'auteur de grappiller 70 pages et de s'offrir un rebondissement. D'ailleurs Bébé prouvera son utilité un peu plus tard en disparaissant avec ses deux bulots, emmenés par les militaires vers un hôpital loin, très loin pour ne plus jamais réapparaitre.
Pourquoi les militaires n'ont pas emmené nos héros aussi et ainsi les sauver? Ne pose pas de question malheureux. NON, ne la pose pas on te dit. Je suis un peu méchant, j'avoue, mais franchement qu'on soit clair c'est aberrant.
Concernant les personnages Cohen n'est pas en soit un mauvais héros, avec son côté fragile, brisé par la mort de sa femme, qui vit avec ses fantômes, il arrive à nous intéresser, limite à se révéler attachant au point qu'on est prêt à lui pardonner sa naïveté et son côté sauveur biblique qui vient libérer son peuple des eaux. le soucis vient par contre des autres protagonistes qui eux se révèlent plats, fade et ennuyeux. Franchement il n'y a pas un seul autre protagoniste qui a réussi à ce que je m'intéresse à lui. Seul Aggie aurait pu être intéressant, même si très archétypé, sauf qu'il disparait trop vite pour commencer à s'affirmer. On évitera de parler des personnages féminins, tant aucune n'arrive à se révéler plus qu'une caricature ou se révèlent inutiles et ennuyeuses. Seule Mariposa aurait pu apporter quelque-chose, mais elle perd de son charisme au fil des pages et de sa liaison avec le héros pour devenir une simple petite chose fragile qu'il faut protéger.
Concernant le style de l'auteur je dois bien avouer que je l'ai trouvé long, mais long. Là où justement La Route épurait au maximum son texte pour se révéler percutant et prenant dans son intrigue comme dans le travail des personnages, Michael Farris Smith, lui se lance dans de longues logorrhées, limite soporifiques, qui plus est n'arrêtant pas de se répéter dans ce qu'il cherche à faire passer et tombant dans des descriptions lourdes à mon goût. La scène de flashback à Venise m'a aussi paru complètement inutile, l'auteur cherchant, je pense, à faire un parallèle entre deux mondes couverts d'eau mais qui traine et n'apporte rien, et le rebondissement du dernier tiers m'a paru trop gros. Pourtant, et c'est ce qui sauve le récit de la noyade, je dois bien avouer que ce dernier tiers a réussi à me sortir légèrement de ma torpeur, offrant enfin un peu de tension dans son intrigue, une fuite en avant qui se révélait enfin efficace et entrainante malgré ses défauts. Dommage que j'ai du attendre si longtemps. Certains me diront que ce roman est plus philosophique que post-apo dans son approche, sauf que je suis désolé mais même de ce point de vue là l'auteur n'a pas réussi à me toucher.
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SMadJ
  09 juillet 2015
Que d'eau que d'eau disait Hollande sur son pédalo...
Présenté comme un succédané de "La Route" de McCarthy - Ouch la référence balle dans le pied tant ce livre est culte - ou comme un roman post-apo, "Une Pluie Sans Fin" est en fait un roman noir, aux relents de western Mad Maxien, tout simplement.
Avec ses thèmes de prédilection : l'anti-héros solitaire et dépassé, la course au fric, la trahison, la luxure, la convoitise, l'appât du gain et les meurtres.
Ce qui n'en fait pas un roman quelconque pour autant, l'idée de cette pluie diluvienne, sans fin, est un ajout bienvenue et original. Les conséquences de cette catastrophe naturelle vont ponctuer le récit d'éclats scénaristiques audacieux qui vont tenter de rendre ce roman unique et différent, à la voix haut perchée.
Découpé en quatre parties, le bouquin installe son cadre et ses personnages lentement, très lentement, trop lentement sans doute. Il faut atteindre la fin de la deuxième partie pour enfin frissonner et ressentir de la tension. Mais en revanche, arrimé sur les troisième et quatrième parties, le lecteur n'aura d'autre choix que de se laisser porter et dériver sur les flots sournois et sombres de l'histoire, abandonnant tout espoir lui qui entre ici.
Michael Farris Smith, en v'là un nom de cow-boy, nous propose une chevauchée désespérée, sorte de course contre la montre à travers le sud des Etats-Unis.
Nous suivrons donc une poignée de survivants qui, pour échapper aux tempêtes et intempéries mortelles, tenteront de remonter sur des territoires plus secs ; une nuée de personnages, plus ou moins réussis, qui vont graver le livre de leur empreinte.
Quand au personnage principal, Cohen, perclus de traumatismes et de chagrins suite au décès soudain de sa femme enceinte, il devra emprunter un chemin de croix émaillé de souffrances, de douleurs et de déchirures et devra morfler encore plus pour atteindre une quelconque rédemption. Autant dire que l'auteur va s'acharner dessus pour notre plus grand plaisir de lecteur sadique.
L'écriture est sublime. Elle est travaillée, concassée, roulée en boule pour en extraire un suc vénéneux et poétique, grandiloquent parfois mais efficace, aux rotondités harmonieuses et à la croupe accueillante.
L'intrigue aurait néanmoins gagné à être resserrée d'une bonne centaine de pages pour gagner en efficacité et en pugnacité. 3,5/5
Un grand merci à la Masse Critique de Babelio et aux Éditions Super8.
Lien : http://cestcontagieux.com/20..
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gruz
  09 mai 2015
Imaginez Une pluie sans fin, torrentielle, qui dure encore et encore depuis des années. le sud des États-Unis gorgé d'eau au point d'être abandonné par le gouvernement et la plupart de ses habitants. L'horreur connue avec l'ouragan Katrina qui devient le quotidien.
Scénario catastrophe et roman post-apocalyptique que développe avec brio Michael Farris Smith dans son premier livre.
Le désastre écologique est omniprésent, mais l'auteur a pris le parti de se focaliser sur les destins de femmes et d'hommes plutôt que sur un discours écologiste. Les messages sont là, souterrains, loin de tout côté « donneur de leçon ».
Une aventure humaine donc, et un contexte qui tient davantage du drame psychologique que du roman de SF.
Car l'auteur met l'accent (sudiste) sur les gens du « terroir », loin d'être des héros. Juste des personnes qui tentent de survivre dans ce monde pourri jusqu'à la moelle par toute cette eau.
A l'image de ce personnage principal, solitaire et endeuillé, qui se retrouve confronté sans le vouloir à certains de ses congénères.
Une histoire qui laisse une part importante à l'émotion, avec une balance équilibrée entre action et réflexion. Un récit où le poids de l'eau fait face à celui des traumatismes intimes, du deuil ou des croyances religieuses.
On pourrait se croire parfois dans un des romans post-apo de Pierre Bordage, avec ces thématiques religieuses et cette communauté qui perd le sens de la réalité.
Au rythme de cette pluie battante qui pénètre les corps et les coeurs, Michael Farris Smith propose une ellipse (sans éclipse) du naufrage sudiste. A tel point que certains passages nous font oublier le côté contemporain de l'histoire et pourraient très bien figurer dans les romans des grands auteurs sudistes du XXème siècle.
Avec son style torturé et tortueux, il ne fait aucun cadeau à ses personnages (parce que la vraie vie n'en fait pas). Avec sa plume imagée et faussement erratique, il nous plonge dans un cauchemar où l'espoir a du mal à survivre. Après la pluie, le beau temps ?
On ressort rincé de cette lecture qui, comme la tempête cingle, gifle et fouette. Pour un baptême, Michael Farris Smith realise le tour de force de proposer un récit qui marque au fer rouge, malgré cette pluie diluvienne qui nous transperce jusqu'à l'os.
Lien : https://gruznamur.wordpress...
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encoredunoir
  23 juin 2015
Alors que les tempêtes succèdent aux ouragans depuis des mois, les États du sud-est des États-Unis s'enfoncent peu à peu sous les eaux. C'est pour cela que les autorités ont décidé d'établir une limite en dessous de laquelle ne vivent plus que quelques irréductibles, tel le solitaire Cohen, des chasseurs de trésor, des pillards ou des illuminés. Pour avoir croisé la route de quelques-uns de ces derniers, Cohen va se retrouver à tenter de mener au-delà de la Ligne un groupe qui a longtemps vécu sous la coupe d'un prêcheur fanatique.
En vogue depuis quelques décennies déjà – on pense par exemple à l'excellent Je suis une légende, de Richard Matheson (1954, tout de même) – le roman post-apocalyptique sous toutes ses formes, du récit d'exode de survivants au roman de zombies, connaît une véritable explosion depuis quelques années, en particulier dans le sillage du très justement fameux La Route, de Cormac McCarthy. C'est d'ailleurs plus ou moins sous les auspices de ce dernier – dans la présentation de l'éditeur en tout cas – que se place Une pluie sans fin. le risque ici, est que la référence soit écrasante tant McCarthy a placé la barre haut avec son livre, oeuvre importante de la littérature américaine de ce début de XXIème siècle et surtout roman ciselé, taillé jusqu'à l'os, à l'exceptionnelle puissance d'évocation et doté d'une réflexion de haute-volée sur la condition humaine.
De fait, premier roman de Michael Farris Smith, Une pluie sans fin est loin de toucher, ne serait-ce que du bout du doigt la quasi perfection de la Route ou d'égaler sa profondeur.
Pour autant, Farris Smith n'a pas forcément à rougir de son travail, en particulier en ce qui concerne le cadre de son action, ce Sud Profond balayé par une pluie et un vent incessants et dans lequel les animaux sauvages prennent peu à peu le dessus sur des humains pataugeant lamentablement dans la boue et qui voient leurs constructions dont ils pensaient qu'elles résisteraient au temps qui passe s'effondrer sous les coups de boutoir de la nature. On a froid et l'on est trempé jusqu'aux os avec les personnages de Michael Farris Smith, on sent le moisi, la pourriture et la vase avec eux. Mais la consistance exceptionnelle qu'il arrive à offrir à son décor, l'auteur peine à la donner à ses personnages et à son intrigue. Doter les trois personnages au centre de l'histoire, Cohen, Mariposa et Evan, d'anciennes et profondes blessures assez mystérieuses ne suffit pas à leur donner véritablement chair, et l'enchaînement des situations qui forment une sorte de patchwork de scènes d'actions ou de moments plus intimistes n'arrive pas à créer un tout entièrement cohérent. de là l'impression qu'Une pluie sans fin, bien fichu de prime abord sur la forme, manque assez souvent de fond.
Honnête divertissement au final, le roman de Michael Farris Smith ne dépare pas dans le catalogue des éditions Super 8 tournées vers la culture pop, la série B de bonne qualité. Et l'on espère même que le talent dont il fait preuve dans l'installation de son décor et sa gestion de certaines scènes d'action particulièrement réussies annoncent pour la suite de la carrière de l'auteur des oeuvres encore meilleures.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Eric76Eric76   01 mars 2017
Et qu'aimait-il ? La brise marine, suave et collante, les bains de mer, le sel sur ses lèvres et le sable granuleux sur ses mains et ses pieds. L'embarcadère du vendredi soir, avec ses énormes portions d'ailes de poulet et de côtelettes, ses canettes de bière, les deux guitaristes qui jouaient à la demande du Jimmy Buffett, du Lynyrd Skynyrnd ou du Steve Earle. La tondeuse du tracteur, son vacarme rythmé sous le soleil brûlant de juillet qui le faisait transpirer jusqu'à ce qu'il ne lui reste pas une goutte de sueur, les rangées bien nettes d'herbe coupée, les vaches et leurs veaux anonymes nourris par ses terres. La fille aux ongles de pied vernis, l'endroit tranquilles où ils se réfugiaient, juste à côté du chemin gravillonné, ce qu'ils avaient découverts ensemble de nuit, l'été, les vitres ouvertes, pendant que les moustiques se ruaient sur leurs corps dénudés...
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Eric76Eric76   24 février 2017
Il pleuvait depuis des semaines. Peut-être des mois. Cohen avait oublié à quand remontait le dernier jour sans pluie, quand la tempête avait cédé devant le bleu pâle du ciel marin, les vols d'oiseaux, les nuages blancs, l'éclat du soleil sur le paysage détrempé. Il pleuvait, une pluie régulière qui avait perdu son obliquité agressive quand les dernières bourrasques s'étaient éloignées, pendant la nuit. Il avait envie de sortir, de fuir la lumière tressautante de la lampe à pétrole, le jeu de carte usé, les livres de poche, la radio qui ne captait presque plus rien, la voix qui murmurait dans son sommeil, dans la tempête, dans le moindre recoin de la petite maison de brique. Il pleuvait à verse, très tôt en ce matin trop sombre, mais il fallait qu'il sorte.
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Th0uar_V1kTh0uar_V1k   27 août 2015
Après manger, il se changea, enfilant les vêtements secs rangés dans le placard, puis le sommeil de l'épuisement l'emporta, couché parmi les robes pourpres des officiants. Il rêva d'une arrière-cour traversée par un fil à linge, couverte d'une herbe épaisse, ornée de jardinières garnies de fleurs blanches ou roses. En son centre trônait une table de pique-nique en bois, entourée de ses proches et relations d'autrefois. Ses oncles, ses copains de lycée, sa mère, de vagues connaissances croisées à divers moments de sa vie. Ils se partageaient des plats débordant de poulet frit, de steaks hachés, de purée, de biscuits, de pastèque en tranches. Tout le monde avait beau manger à belles dents, les plats ne désemplissaient pas, mais chaque fois qu'il cherchait à se servir, quelqu'un l'attirait à l'écart pour lui parler ou insistait pour lui montrer quelque chose devant la maison - une nouvelle voiture, par exemple.
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albumsdeluciealbumsdelucie   25 juin 2015
« Un torrent ininterrompu charriait sa conviction, tandis que les muscles de sa nuque se crispaient, que ses mains et ses bras ondulaient – car il tordait le serpent telle une serviette mouillée – ,que le besoin de tuer devenait impérieux, qu’il demandait la force et le châtiment de ceux qui doutaient de la voie, ma voie, Ta voie, Seigneur, si électrisé par sa puissance et son pouvoir qu’il ne vit pas la femme se précipiter sur lui et n’eut pas le temps d’échapper à l’emportement de la prière : déjà, il gisait sur le dos, bras et jambes plaqués à terre, son propre revolver contre ses lèvres, baiser-morsure d’une maîtresse ardente. Le serpent s’était enfui. »
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SMadJSMadJ   10 juillet 2015
La fillette dont l'esprit avait été un feu d'artifice d'ouragans romantiques, de fantômes et d'esprits animés, était devenue une jeune femme à l'imagination insatiable massacrée par les arêtes tranchantes du réel.
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