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Lucile Du Veyrier (Traducteur)
EAN : 9782869303225
296 pages
Payot et Rivages (02/02/1990)
4.1/5   159 notes
Résumé :
Le 12 août 1958, le détective Alan Macklin est assis dans son bureau de Los Angeles lorsque le téléphone sonne ; c'est un riche homme d'affaires nommé Frederick Summers qui lui donne rendez-vous. Le milliardaire le charge de reconstituer le passé d'une inconnue qu'il veut épouser. Cependant, la jeune femme devra tout ignorer de cette enquête. Pour remplir sa mission, Macklin ne dispose que d'une photo, d'une carte manuscrite et d'un recueil de poèmes publié par la m... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
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Ah Sylvia, Sylvia, Sylvia ! Une femme à part, une femme comme il y en a peu !
Femme mystérieuse, qui ment. Sur son passé, d'abord. Sur ses sentiments, ensuite.
C'est cela que le milliardaire Summers voudrait découvrir. C'est pour cela qu'il engage un détective privé, Macklin, pour déterrer son passé obscur.
Ce brave Macklin s'en va-t-en-guerre ... de Los Angeles à El Paso, en passant par Pittsburgh et en arrivant à New-York, Macklin l'ancien pauvre, le solitaire, le déprimé découvre Sylvia, la jeune, l'obscure, la pauvre, la martyrisée.
Sans l'avoir vue, il dessine peu à peu son portrait d'après les gens qui l'ont rencontrée, qui l'ont aimée. Un portrait en creux.
Et peu à peu, l'amour l'envahit, comme s'il se reconnaissait en elle.
Comment la confrontation entre ces deux écorchés à l'enfance misérable et au parcours sinueux se produira-t-elle ? L'amour sera-t-il réciproque ?

Ce roman des années 50 m'a d'abord plu par son ambiance désuète. La mentalité américaine de ces années-là est bien présente : hypocrisie vis-à-vis des prostituées, maintien des femmes dans la sphère intime sous le joug masculin, mise au rebut des « vieilles filles » d'une trentaine d'années...
Et puis les domaines abordés sont très intéressants : la littérature en premier lieu, puisque l'enquête de Macklin démarre à partir d'un recueil de poèmes de Sylvia qu'il ira chercher dans sa librairie préférée et qu'il analysera auprès d'un prof d'unif, avant de se rendre dans les bibliothèques, puis les milieux interlopes où sévissent toutes sortes de gens soi-disant bien intentionnés, et aussi les bas-fonds, carrément... Intellectuels didactiques et/ou passionnés, petites frappes, hauts-gradés du grand banditisme, curé proche de la sainteté, snobs riches à milliards, hommes peu scrupuleux, femmes exploitées, nous naviguons dans cette marée humaine à la suite de Macklin qui n'a pourtant pas une idée très haute de son métier.

Ce Macklin, parlons-en. C'est lui en fait qui m'a irritée plus d'une fois par sa manière de penser, de prendre sa vie en main. Peu combatif, fataliste, assez geignard en somme, il ne cesse de se plaindre sur la pauvreté, sur son enfance, sur son métier peu reluisant, sur sa solitude.
Il n'y a que sa manière de parler aux femmes et d'agir envers elles qui me plait vraiment. Car lui, c'est un pur, un respectueux.

Pour toutes ces raisons bonnes et moins bonnes, j'en conviens puisque chacun aborde ce roman avec son propre caractère et sa façon personnelle de voir la vie, je vous conseille de faire un petit tour du côté de chez Sylvia, pour autant que vous arriviez à la croiser. Macklin, lui, y est parvenu.
Assez bien, ma foi.
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« - Est-ce si difficile de s'en apercevoir, Mack ? Vous êtes amoureux, mais pas d'une manière saine, comme pour la plupart des gens. Non, chez vous c'est une maladie de l'âme.
- Et qui est-ce que j'aime, Irma ?
- Sylvia, me répondit-elle. Et je m'en suis aperçu, la première fois que vous avez prononcé son nom. »

Sylvia, c'était avant Natasha. Que de prénoms en A ! Décidément...

Mes lectures ont des points communs, plus que je le pensais. Étrange coïncidence encore une fois. Et dire que je crois toujours choisir au hasard les livres, les dévorer les uns derrière les autres sans logique précise. Je ris toute seule, bien bête de croire que tout est fortuit.

Sylvia, il faut apprendre à la connaître. Encore une femme qui ne se laisse pas découvrir facilement. Mais quand on est un détective privé, amateur d'histoire et d'histoires, on voyage dans tous les états, d'âme et d'Amérique, jusqu'à la rencontre. Autour d'une rose, autour d'une épine. On ne crie pas, même quand ça fait mal parce qu'on est résigné.

« Une cigarette aux lèvres, je contemplais la scintillation des lumières dans la coupe sombre de Los Angeles, au-dessous de moi. Physiquement fatigué, moralement épuisé, à peine la tête sur l'oreiller, je me suis rendormi. »

Youhouuuu ! Faut se réveiller. Je te rappelle que tu dois rendre ton rapport sur Sylvia à ton commanditaire dans peu de temps. Allez le poète, on se lève et on arrête de se faire tout petit.

« ''Vous deviez avoir vraiment besoin d'argent, Mack.'' Je me suis tu. Qu'aurais-je pu dire ? Car ce qui tient lieu d'âme à Alan Macklin était maintenant mis à nu. »

Je sais qu'il est parfois difficile de se sentir bien quand toute sa vie (enfin son début de vie, t'es pas si vieux mon pote) on a ramé pour avoir un dollar en poche, quand on a eu faim et fouillé dans les poubelles. Mais faut regarder devant toi et avancer. Arrête de t'apitoyer sur toi. T'es une crapule ? Tu le penses ? Oui ? Non... t'hésites un peu. Allez, loue une bagnole et prends le large.

C'est comme ça qu'Alan Macklin à naviguer d'El Paso à New York, de Santa Barbara à Pittsburg, et qu'il a rencontré Irma (mince encore un A) ou encore ce vieux prêtre (lui pour le coup, il l'était ...vieux) et quantité de gens, souvent peu reluisants, mais parfois aussi surprenants.

Pose ton livre, Mack. Lis ce poème et dis moi ce que tu en penses ? Exact, c'est Sylvia qui l'a écrit. Ah ! Je vois que Monsieur commence à trouver la chose intéressante...

Moi aussi. J'ai trouvé ce roman fort intéressant. de bout en bout je me suis demandée si t'allais le faire... oui, ton rapport. Bon je file, je ne te dis pas la fin, tu la découvriras bien assez tôt. Si c'est une fin heureuse ? Ben c'est toi le détective. Fais ton boulot et tu sauras qui est Sylvia. Bonne route !

« Nous cherchons tous le sens caché des choses et comment pourrait-on y parvenir sans avoir recours à son imagination, à ses rêves et à de folles hypothèses ? »
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Los Angeles, 1958. Un privé, Alan Macklin (il se décrit de la façon suivante : « Taille : un mètre soixante-dix-huit ; cheveux bruns, yeux marron, je ne suis ni plus laid ni mieux qu'un autre.»), est engagé par un riche homme d'affaires pour creuser le passé de Sylvia West, la femme qu'il doit très prochainement épouser. Une condition cependant : Que Macklin ne rencontre pas Sylvia au cours de son enquête …

La trame de base de ce roman, initialement publié en 1960, semble assez classique. Voici pourtant un superbe récit, demeurant d'ailleurs particulièrement moderne, à la fois roman policier, roman social noir, histoire d'amour, et superbe portrait de femme. Pour les besoins de son enquête, Macklin va successivement interroger différentes personnes ayant croisé à un moment donné la route de Sylvia, permettant de retracer progressivement le tortueux parcours de cette jeune femme qui ne laisse personne indifférent, envoutante, presque irrésistible. Difficile de ne pas succomber à son charme, même en tant que lecteur…

Un récit brillant et captivant pour cette enquête qui nous donne à voir l'envers du décor de cette Amérique post- seconde guerre mondiale qui fait tant rêver certains d'entre nous. Formidable roman qui m'a beaucoup fait penser à la série des Lew Archer écrite par Ross Macdonald
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Attention chef-d'oeuvre!

Un riche millionnaire doit bientôt épouser une femme beaucoup plus jeune que lui: Sylvia. Mais peu de temps avant le mariage il s'aperçoit qu'elle lui a menti sur beaucoup de choses et il ne sait plus si elle l'aime vraiment ou si elle en veut à son argent. Il embauche donc un détective pour enquêter et découvrir qui elle est vraiment.

Pour ne pas soumettre le détective à la tentation et comme il n'est pas très romantique d'enquêter sur sa promise, le privé a interdiction de rencontrer la belle. Cela ne lui facilite pas la tâche, d'autant que Sylvia a de bonnes raisons de cacher qui elle est en réalité.

Un très grand classique du roman policier qui mêle habilement suspense et romance.
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Très bonne surprise que ce roman noir. Alan Macklin, détective privé qui a, précédemment, étudié l'histoire ancienne pour devenir professeur, doit découvrir quelle est l'histoire de Sylvia West. Il ne peut échanger ni même rencontrer Sylvia. Il dispose toutefois d'un recueil de poème qu'elle a écrit. S'en suit une quête pour retrouver sa trace, en passant par le Mexique. C'est également un voyage particulier pour Macklin qui en arrivera à faire des choix.
Contrairement à de nombreux romans noirs, Sylvia est roman sombre, qui scrute l'espèce humaine sans être glauque. Pas d'excès dans le vocabulaire, ni de vulgarité. J'ai vraiment eu une sensation de délicatesse à sa lecture. C'est à lire !
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
Samedi 27 septembre. Levé tard, je me suis habillé sans me presser et je suis allé me promener dans Central Park. Il faisait un temps merveilleux, une de ces journées comme New York en connaît exceptionnellement et surtout, à ce qu'on m'a dit, aux mois de septembre et d'octobre. De l'ouest, soufflait une brise sèche et délicieuse. Et dans l'air, il y avait un goût de miel, d'amour et de jeunesse. Un jour comme celui-là, l'homme seul se sent triste, perdu et l'âme maladive. Cela m'atteignit comme un coup de poignard, que je ne désirais qu'une seule femme au monde et n'en désirerais jamais d'autre - sans que rien puisse la remplacer. Je ne l'esquivais pas, j'osais me l'avouer, le reconnaître pleinement. Car dans mon indigence, alors que je n'avais ni dignité, ni fierté, ni aucun don, qu'au moins j'aie cela : d'aimer. Dans un univers où la saleté nous encroûte et l'honnêteté se fait rare, c'est un bien précieux, croyez moi, même s'il a fallu attendre trente six ans pour l'avoir.
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J'écoutais cette description sans vie et sans âme, tellement conventionnelle, qui correspondait à l'idée que Summers se faisait d'une femme : ces lieux communs qui ne décrivent rien, qui ne suggère rien, qui s'accumulent ; tous ces mots et tous ces préjugés, comme du linge empilé dans une armoire déjà trop pleine et qu'on ne déplie jamais. J'écoutais, tout en observant Summers ; et je devinais presque ce qu'il allait dire.
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De retour dans mon hôtel, je suis allé prendre un verre au bar et bavarder avec le barman. D'après mon expérience – toutefois limitée – les barmans ne sont ni intelligents, ni spirituels, et ne sont pas à la hauteur de la réputation qu'on leur fait ; mais ils président le club des solitaires de la terre et apaisent cette soif plus que toute autre ardente d'entendre une voix humaine s'adresser à vous.
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- Tu as faim coco ? demanda t-elle
- Oui très faim, murmurai-je en suivant le maître d'hôtel vers notre table.
Au moins, à côté de Madame Argona on ne passait pas inaperçu. Toutes les têtes se retournèrent sur notre passage. Mais Madame Argona n'en fut pas pour autant ni émue ni troublée. Elle traversa la salle avec superbe, comme si elle lui appartenait, eut un sourire bienveillant pour le garçon qui glissait une chaise sous son énorme masse. Je dus reconnaître dans mon for intérieur qu'elle avait gagné le premier round. Il se peut qu'elle ait paru originale, mais je ne crois pas qu'il se soit trouvé personne ce soir-là qui l'ait jugée insignifiante. Elle se pencha vers moi et me dit d'une voix douce :
- Tu vois mon petit, je ne suis qu'une pauvre vieille cloche. Il y a plus de dix ans qu'on ne m'a pas invitée à dîner dans un endroit comme celui-ci. Je ne connais pas tes intentions, mais quelles qu'elles soient, j'ai décidé de bien m'amuser.
J'eus un geste d'approbation.
- Tu as l'air gentil, ajouta t-elle. Allons, laisse toi vivre un peu.
- C'est ce que je fais.
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Les années passent. Et l’on oublie que chaque âme humaine est prisonnière d’elle-même. Notre vision du monde est fonction du rayon de lumière qui joue sur nos pupilles et quand nos yeux se ferment tout est fini, révolu en ce qui nous concerne. Un homme peut être flic, millionnaire, métallurgiste ou clochard : il est quand même prisonnier de ce qu’il a fait de sa vie. Les gens courageux n’existent pas ! Le courage ? Une utopie ! Nous sommes tous dévorés, rongés d’anxiété. A chacun de nous sa plaie secrète.
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