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ISBN : 9791022606967
Éditeur : Métailié (31/08/2017)

Note moyenne : 2.67/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Deux otages dans le désert irakien.

Ballottés d’un lieu à un autre, d’un groupe crapuleux à une bande de fanatiques, transportés dans des camionnettes brûlantes, le visage couvert d’une cagoule, jetés dans des réduits, des caves, cachés ou exhibés, menacés, molestés, ils ne savent pas où ils sont ni avec qui. La poussière est asphyxiante, la peur aussi, l’attente les consume lentement.

Dans ce huis clos étouffant, deux hommes se jaugent... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (5) Ajouter une critique
viou1108
  04 septembre 2017
Rentrée littéraire du 31 août 2017.
Ne vous attendez pas au récit trépidant d'une prise d'otages d'un Occidental et de son interprète, enlevés en plein bourbier irakien, avec ballet diplomatico-médiatique, chantages, ultimatums et exécution sanglante ou sauvetage héroïque par les Navy Seals.
Non, vous n'y êtes pas. Par contre vous plongerez au milieu d'un voyage chaotique et incertain à l'intérieur du pays, de caches en planques au gré des marchandages entre groupes djihadistes et coureurs de rançons, autant qu'au coeur d'un voyage intérieur, tout aussi erratique, dans la tête et le passé des otages.
Il y a Albert, archéologue allemand, vaguement journaliste, venu dans ces contrées avec de bonnes intentions, plus ou moins vagues aussi, et sans doute avec une certaine dose de condescendance occidentale. Et Osama, son interprète, passé du statut de trafiquant d'antiquités à celui d'employé de musée. Les deux sont hantés par leur passé, Albert coincé dans une relation trouble avec sa soeur, et Osama dans une histoire d'amitié trahie. Ils sont maintenant tous deux pris au piège du désert, enlevés par on ne sait trop qui, trimballés on ne sait trop où, la tête sous une cagoule puante, parfois ensemble, parfois séparément.
Quand ils sont ensemble, ils se parlent pour tenir le coup, mais ne se comprennent pas. Albert raconte ses petites et grandes misères et pontifie sur le sens de la vie, sans réellement écouter Osama, qui lui parle de son passé, réel et concret. Albert l'égocentrique, animé d'un sentiment de culpabilité, venu en « bienfaiteur » candide et romantique sauver un peuple dont il ne connaît rien, sur un terrain dont il ignore tout, et qui au final cause son malheur et celui d'Osama. Lequel se sent malgré tout obligé de veiller sur cet arrogant naïf dont il ne comprend pas l'intérêt pour un pays tel que le sien.
Commerce d'otages, pillage d'antiquités, terrorisme islamiste ou simple appât du gain, tout se mélange dans la chaleur du désert qui suffoque les sens et les esprits. Trouble et haletant, ce roman pose la question, amère et lucide, et tellement actuelle, de la possibilité d'un dialogue entre deux mondes séparés par un abîme d'incompréhension et d'intolérance.
En partenariat avec les éditions Métailié.
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EvadezMoi
  12 octobre 2017
Nous avons là un roman, presque un document.
Dans un contexte d'attentats et d'enlèvements dans les pays islamiques où on décapite les otages devant une caméra avant de diffuser fièrement sa monstruosité, l'auteur nous place dans la peau d'un otage occidental et dans celle d'un otage autochtone.
L'auteur nous offre là deux visions et deux manières de faire face à un même évènement.
Albert est un archéologue allemand. Occidental, il n'a que la vision que les médias ont donnée de ces pays bien trop lointains pour nous paraître totalement réels.
Un peu naïf, il pense que son rapt n'a d'autre fin qu'une demande de rançon que sa famille va très vite payer. Il voit dans chaque geste de ses ravisseurs des signes de bonne volonté.
Osama est irakien, il sert d'interprète aux occidentaux, à ses risques et périls puisque pas très loin d'être jugé traître par les siens.
Osama connait son peuple et sait faire la différence entre un irakien, paisible fermier, et un fanatique assoiffé de vengeance contre l'occident.
Chacun d'eux a sa vision de la situation.
L'auteur va donc, dans son roman, tenter de faire cohabiter deux cultures différentes, deux religions aussi et deux manières de vivre les mêmes situations.
Le thème et son approche m'ont beaucoup intéressée. Ce qui m'a moins passionnée, ce sont les retours en arrière d'Albert, lorsqu'il revit des moments passés.
Certes, les occidentaux passent un peu pour des ânes avec des oeillères dans ce texte, mais peut-être le sommes-nous finalement. Les médias et les gouvernements nous offrent une image déformée de la réalité sans donner aucune explication. Ici, on comprend vraiment que tout n'est pas qu'une question de religion. L'histoire, la culture, le mode de vie, tout concorde pour faire comprendre qu'on ne vit pas seulement sur un continent différent mais presque dans un monde totalement différent.
L'auteur ne défend pas réellement la cause de l'une ou l'autre des parties, lui-même étant germano-irakien.
Ce roman est donc presque plus un document qu'un roman, un livre qui vous apprendra sûrement beaucoup et qui peut aider à mieux comprendre notre environnement géopolitique actuel.

Lien : http://www.evadez-moi.com/ar..
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traversay
  29 septembre 2017
Venant après le navire obscur et surtout Un voleur de Bagdad, le dernier roman de Sherko Fatah constitue une sévère déception. Son précédent livre nous emportait sur un tapis volant dans le Bagdad des années 30 ; Otages nous plonge dans le désert irakien aux basques d'Albert, l'étranger (allemand) et Osama, le local, tous les deux captifs de ravisseurs indéterminés et qui changent constamment. Ce huis-clos en mouvement, car l'on bouge beaucoup d'un endroit à un autre du sud de l'Irak, est l'occasion de confronter deux personnages d'âge et de culture différente, irréconciliables dans leur philosophie de la vie et, plus prosaïquement, sur l'évolution de la situation en Irak. En théorie, en sus du suspense (les deux otages parviendront-ils à s'en sortir ?), le livre devrait être bourré de tension et riche en échanges entre Albert et Osama. Sauf que Fatah part souvent dans de longues digressions sur le passé des deux hommes dont l'intérêt, il faut bien le dire est très relatif. Quelque chose ne fonctionne pas dans ce roman aux péripéties répétitives dont le mélange entre action et contemplation fatigue à la longue par son côté systématique. Dans la chaleur et la poussière rien de vraiment passionnant n'émerge dans le dialogue de sourds entre les représentants de deux mondes qui ne se comprennent pas.
Lien : http://cin-phile-m-----tait-..
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Funrider
  04 octobre 2017
C'est l'histoire de deux hommes que tout oppose, mis en relation par le travail, l'un occidental pseudo-journaliste venu au Moyen Orient pour des raisons pas très nettes de recherches sur les antiquités et l'autre autochtone devenu interprète par opportunité (et ex-pilleur d'antiquités), et qui se retrouvent confrontés à un même destin : enlevés comme otages de groupes plus ou moins organisés et trimbalés à travers le désert.
L'intérêt de l'oeuvre réside, pour moi, dans la diversité des confrontations que traite l'auteur. Albert et Osama sont bien sûr confrontés à leurs ravisseurs, mais ils se retrouvent aussi confrontés l'un à l'autre et ils sont également tous les deux confrontés à eux-mêmes.
Dans la première des confrontations (face aux ravisseurs), alors que tous les deux ont été enlevés (se retrouvant donc dans la même situation) Osama est jugé par les ravisseurs comme un traitre à la solde de l'ennemi (les occidentaux venus occupés le pays) et Albert un espion (qu'il n'est pas et a bien du mal à faire comprendre).
Albert et Osama sont différents, ils ne partagent pas les mêmes valeurs, n'ont pas la même histoire et ils ne se comprennent pas forcément. Osama ne comprend pas ce qui a bien pu pousser Albert à venir dans un pays en guerre pour s'occuper d'archéologie et de monuments antiques. Et malgré leur condition commune de victimes et le lien qui les unit, ils auront l'un pour l'autre des moments de doute voire de crainte ou d'empathie.
Chacun aura aussi ses moments d'introspection, pour comprendre ce qui l'a fait en arriver là. Albert revisitant des moments clés de son histoire avec son père, le « conteur », qui l'a incité, malgré lui, à vivre d'aventures. Et Osama se souvenant de son passé trouble de pilleur d'antiquités alors même que ce passé le rattrape et pourrait bien avoir raison de lui.
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carnetdelecture
  10 octobre 2017
J'ai éprouvé beaucoup de difficultés à entrer dans ce roman et à poursuivre ma lecture. La faute à la lenteur du récit et à l'inertie qui s'en dégage. Parce, concrètement, il ne se passe rien de probant et que j'ai eu tendance à m'ennuyer. Malheureusement, ce n'est pas le "suspense" de savoir si les captifs vont réussir à s'échapper ou non qui m'a tenu en haleine...
Au terme de ma lecture, je reste avec une interrogation: pourquoi ce roman? Personnellement, je n'ai rien appris et je n'ai pas ressenti les émotions des personnages, qui n'ont pas réussis à me toucher.
Qu'il s'agisse du style ou du fond, j'ai l'impression d'être passée à coté de ce roman.
Lien : http://carnetdelecture.skyne..
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Citations & extraits (2) Ajouter une citation
ulostcontrol_ulostcontrol_   13 octobre 2017
Un chien aboya au loin, et en entendant ce bruit le désespoir s’empara d’Albert. Le dernier lieu, se dit-il, le dernier lieu. Comment est-il possible que mon histoire m’ait conduit ici ? C’est absurde. Tout cela n’a rien à voir avec moi. Chez moi, cela m’était plus proche que cela ne pourrait jamais l’être ici. Là-bas, l’étranger était une sorte de distraction, mais aussi une marque de modernité. Quelle société veut mijoter dans son jus, quel être cultivé ne veut connaître que ses compatriotes ? Mais ça, ici ? Ça n’est pas de l’aventure, de nos jours c’est au moins aussi grotesque que de s’échouer sur une île déserte. Ça ne faisait pas partie du monde qu’il connaissait. Bien sûr, chacun pressentait quelque chose des abîmes, surtout quand on partait pour des zones de crise.
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ulostcontrol_ulostcontrol_   13 octobre 2017
Je ne veux pas heurter tes sentiments religieux, mais nous sommes entre les mains d’enfants armés dont les personnes chargées de l’éducation bricolent des bombes. C’est un problème concret.
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Video de Sherko Fatah (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sherko Fatah
Anne-Marie Métailié - Rentrée littéraire .Anne-Marie Métailié vous présente sa rentrée littéraire : "Hérétiques" de Leonardo Padura Fuentes. http://www.mollat.com/livres/padura-fuentes-leonardo-heretiques-9782864249610.html "Topologie de l'amour" d'Emmanuel Arnaud. http://www.mollat.com/livres/arnaud-emmanuel-topologie-amour-9782864249627.html "Un voleur de Bagdad" de Sherko Fatah. http://www.mollat.com/livres/fatah-sherko-voleur-bagdad-9782864249641.html Notes de Musique : Cuban Cowboys/Live at WFMU on Transpacific Sound Paradise 1_23_10/01 Intro. Free Music Archive.
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