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René-Noël Raimbault (Traducteur)
ISBN : 2070721876
Éditeur : Gallimard (04/01/1991)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 20 notes)
Résumé :
«Il avait seize ans. Pendant six ans, il avait écouté parler les hommes. Depuis six ans, il avait entendu la fine fleur de tout ce qu'ils disaient [...] de la brousse, des grands bois, plus vastes et plus anciens qu'aucun titre enregistré [...].
Ce qu'ils disaient des hommes, ni blancs, ni noirs, ni rouges, mais des hommes, des chasseurs [...] et des chiens, de l'ours et du cerf [...] le plus beau de tout ce qu'on entendait, les voix que l'évocation du passé,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
nathalie_MarketMarcel
  29 janvier 2019
Il est d'abord mentionné Isaac Mac Caslin, oncle Ike, qui a toujours refusé de posséder une terre et pourtant c'est un Mac Caslin. Et puis nous basculons dans des histoires qui ne sont pas arrivées à Isaac, mais qui lui ont été racontées par son cousin Edmonds Mac Caslin.
C'est l'histoire d'oncle Buddy et d'oncle Buck, et d'une course poursuite entre des chiens et un renard (et Moïse est un vieux chien), qui partent à la recherche d'un esclave qui s'est évadé. Ce récit prend l'allure d'une grosse farce, avec des personnages un peu débonnaires et un noir très malin. Pourtant il sera à nouveau question de cet épisode à la fin du roman. Ne serait-ce pas le début d'une malédiction ? Il y a aussi l'histoire de Lucas, un noir, un descendant du vieil Mac Caslin, cousin de Edmonds par conséquent, resté travailler sur les terres du blanc, longtemps après la guerre de Sécession. le ton n'est plus à la blague, il est question d'argent, de femmes, de lignée, de sang. Il y a les récits où un narrateur raconte ses premières chasses. Nous revenons à Isaac qui se rappelle les forêts profondes, infinies, giboyeuses, de son enfance. Isaac qui, grandissant, se plonge dans les archives de la famille Mac Caslin, retrouve l'histoire des oncles Buddy et Buck, de l'esclave évadé, de Lucas, du cousin Edmonds, du vieil ancêtre Mac Caslin, des Indiens qui ont vendu les terres… Isaac qui refuse de prendre la suite de cette sinistre histoire et qui renonce à son héritage. Mais on ne peut se dérober à sa famille, ainsi que le montrent les derniers récits.
Chaque partie semble une nouvelle indépendante, un épisode autonome de la saga Mac Caslin. Et pourtant l'ensemble forme un tout cohérent, le lourd héritage d'une famille blanche et noire du Mississippi, où émergent les figures d'Edmonds et d'Isaac.
Ainsi que peut-être vous le comprenez, rien n'est évident dans ce roman. Je me suis totalement embrouillée avec les noms des personnages, oncle Buck s'appelant Théophile, Edmonds Mac Caslin ayant aussi le nom de son grand-père, les esclaves ayant les prénoms et noms de leur propriétaire, mais aussi des surnoms… et tout le monde s'appelant Mac Caslin. de façon générale, les générations se croisent. du vieil ancêtre descend une famille blanche et une famille noire. Lucas et Edmonds s'affrontent au nom du sang, du sang noir, du sang blanc, du fait que l'un descend par les hommes et l'autre par les femmes, de la race Mac Caslin – en une mythologie incompréhensible des origines.
C'est aussi un roman qui peut adopter certains tics du récit familial et oral, où la présentation des événements n'est pas chronologique, où les personnes sont identifiées par leur lien avec les autres, où rien n'est expliqué et où tout est en suspens dans de longues phrases interminables qui font perdre la tête au lecteur (et alors… il y eut…).
Au fur et à mesure que les récits avancent, on explore davantage le territoire parcouru par la famille Mac Caslin. Les terres limoneuses et fertiles où le Mississippi s'étale lors des crues, les forêts immenses achetées aux Indiens (qui avait le droit de les acheter ? qui avait le droit de les vendre ?), les bois peu à peu disparus au profit des villes et des routes. Pour Isaac, la terre, notamment celle du Sud, est maudite à partir du moment où un être humain prétend la posséder. Cet acte initial ne peut engendrer que tous les drames observés. Pour lui, la seule possibilité est de renoncer à cette propriété indue ou de s'enfuir ailleurs, dans les villes du Nord quand on est un noir descendant d'esclave. La paix est impossible à trouver dans ce territoire. le Mississippi est une terre d'une richesse incommensurable, gâchée par des humains à l'esprit mesquin, brutaux, vains, qui ne peuvent se libérer des péchés de spoliation, d'esclavage et d'asservissement.
Lien : https://chezmarketmarcel.blo..
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5Arabella
  30 juillet 2016
Texte singulier, composé de 7 récits, dont certains ont été publiés dans des revues comme des nouvelles, avant d'être publiés en  volume en 1942.  
Il faut se rappeler qu'à l'époque Faulkner a énormément de mal à vivre de sa plume, et qu'une publication dans une revue apporte toujours un supplément financier appréciable.
Malgré cet apparent morcellement, il s'agit bien d'un roman, tout simplement l'auteur en a une conception toute personnelle, il nous conte son histoire par petit bouts, qui peuvent sembler indépendants dans un premier temps, ils se passent à des dizaines d'années d'intervalles, même si les dates précises sont rarement données, ils concernent des personnes différentes, qui peuvent même tout d'abord sembler ne pas avoir de liens entre elles. Mais petit à petit, les choses s'installent et comme dans un puzzle les pièces se mettent en place nous révélant toute la richesse et toute la beauté du motif.
 
Une fois encore, une tumultueuse histoire familiale du Sud se révèle à nous, celle de la descendance blanche et métissée de Lucius Quintus Carothers McCaslin, l'ancêtre fondateur. Parmi tous les personnages, se détache la figure d'Isaac McCaslin, l'homme qui a refusé son héritage.
Comme dans aucun de ses livres, Faulkner se pose la question des bases sur lesquelles est fondée la culture à laquelle il appartient, et en particulier de son rapport aux autres cultures qui ont partagé le même territoire: la culture indienne et la culture noire. Cela peut sembler bien pesant dans ma misérable critique, mais cela ne l'est à aucun moment dans le livre de Faulkner, une partie de chasse dans la forêt qui rappelle les coutumes indiennes lui suffit pour évoquer une vision empreinte de poésie d'un monde disparu ; un incident très concret et qui n'a rien de didactique résume la violence permanente faite aux Noirs.
 
Isaac, par son refus d'hériter n'a rien changé au monde dans lequel il vivait, il n'a pas réduit les injustices ni les misères, mais d'une certaine façon il s'est trouvé une harmonie avec le monde, une place juste. Un personnage singulièrement apaisé et serein, très différent de la plupart des héros faulknériens, et qui fait de ce livre un des sommets de l'oeuvre de l'auteur. Suite à son publication, il a d'ailleurs fallu attendre 6 ans pour qu'un autre roman de Faulkner paraisse.
 
Un de mes romans préférés de Faulkner, mais sans doute pas le plus typique pour celui qui voudrait découvrir l'auteur.
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chartel
  12 juin 2009
Ce roman, qui pourrait être aussi un regroupement de sept nouvelles, mais que je qualifierais de roman parce que, selon moi, les séparer nuirait à leur grandeur, est centré autour du plus long de ses récits, intitulé "L'Ours". Je le mets en exergue tout particulièrement parce que sa lecture provoqua en moi une vive émotion. N'étant pas un adepte de la chasse, cela pourrait paraître contradictoire qu'une histoire de traque dans les forêts du Mississippi puisse susciter chez moi une quelconque admiration. Mais cette histoire singulière, comme souvent chez Faulkner, raconte aussi la grande histoire des Etats-Unis. Cette plongée dans un monde sauvage, animal, d'un jeune blanc, apprentis chasseur, Isaac Mac Caslin, guidé par Sam Fathers, noir de sang par sa mère et indien par son père, à la recherche du vieux Ben, l'ours le plus réputé de la brousse, celui qui dévaste les lopins de maïs qui viennent grignoter inéluctablement la forêt chaque année, est une évocation d'un temps révolu, car cette brousse a laissé place, après de nombreux et inépuisables coups de hache, à des parcelles rectangulaires chargées de coton, a laissé place à une civilisation gestionnaire et comptable chargée de répondre aux exigences des nouveaux détenteurs de la vérité : les papes de la finance.
Un récit qui évoque le film "Princesse Mononoké" de Miyazaki, où l'entrée dans l'ère industrielle sonne le glas de la sauvagerie naturelle, où l'animal n'a plus sa place que dans un parc, un zoo ou un abattoir.
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MarcelP
  17 janvier 2018
Sommet de l'oeuvre faulknérien, Go down, Moses se présente sous la forme d'un habile patchwork de sept nouvelles dont les motifs récurrents sont le poids génétique des fautes originelles -et donc l'intangibilité des êtres et de leurs affects-, la corruption des verts paradis de l'enfance et la perte de l'innocence.
Dans ces histoires cousues de fils blancs et noirs, Faulkner gravite autour du lignage frelaté de Lucius Quintus Carothers McCaslin, aïeul incestueux à la descendance métissée. Deux héritiers, issus de branches distinctes, Ike McCaslin et Cass Edmonds jouent un rôle prépondérant dans cet adieu déchirant à un Sud dénaturé.
Dans trois des nouvelles ici rassemblées, l'apprentissage de la vie sauvage à travers la chasse permet à Ike de remonter le fil de sa mémoire : son baptême sanglant, rite initiatique offert par Sam Fathers, son mentor Indien, sa confrontation aux forces primitives de la forêt ou son allégeance à la beauté du cerf ou à la majesté de l'ours lui permettent d'oublier un instant l'altération irrévocable de la nature primordiale.
Il se souvient que Vieux Ben, le coriace plantigrade, résistant déconcertant aux changements du monde, a fini par mourir sous les attaques conjointes d'un chien belliqueux, Lion, et d'un poivrot rustique et que Sam Fathers, presque simultanément, s'est éteint comme un feu de camp à l'aube pour mieux se fondre à l'humus de sa sylve natale.
Ailleurs, de vieux papiers oubliés réveilleront les ombres d'une sale histoire familiale imbibée de sang et de larmes et réactiveront les affres de l'esclavage et de la ségrégation.
L'écriture faulknérienne, luxuriante, ondoie, serpente, s'insinue ; rêche à force d'abstraction, elle sait se faire suave et évocatrice. Les sens en alerte, le lecteur se blesse aux écorces des grands arbres, s'enfonce dans le terreau des sous-bois, flaire les effluves animales : cette errance adamique des premiers jours de l'humanité est d'une terrible beauté.
Et puis la nouvelle parfaite, le noir sied au bouffon (Pantaloon in black), blues déchirant sur un deuil impossible ! Inoubliable Rider, Orphée dérisoire qui ne peut retenir le fantôme de sa noire Eurydice et exorcise sa douleur dans le travail, l'alcool et la violence.
Sidéré!
" Oppressed so hard they could not stand
Let my people go!"

Lien : http://lavieerrante.over-blo..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
chartelchartel   12 juin 2009
Songe à tout ce qui est arrivé ici sur cette terre. Tout le sang chaud et fort pour la vie et pour le plaisir qui est retourné en elle. Pour le chagrin et la douleur aussi, bien sûr, mais en en tirant toujours quelque chose pour tout cela, en en tirant beaucoup, car, après tout, on n’est pas obligé de continuer à supporter ce que l’on croît être de la souffrance : on peut toujours choisir de l’arrêter, d’y mettre fin. Et même le chagrin et la souffrance sont mieux que rien ; il n’y a qu’une seule chose pire que de ne pas être vivant, et c’est la honte.
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JdoJdo   30 janvier 2012
Et, lorsqu’il lui parlait de cet ancien temps et de ces gens, morts et disparus, d’une race différente des deux seules que connaissait l’enfant, peu à peu, pour celui-ci, cet autrefois cessait d’être l’autrefois et faisait partie de son présent à lui, non seulement comme si c’était arrivé hier, mais comme si cela n’avait jamais cessé d’arriver, les hommes qui l’avaient traversé continuaient, en vérité, de marcher, de respirer dans l’air, de projeter un ombre réelle sur la terre qu’ils n’avaient pas quittée.
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nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   29 janvier 2019
… ce Sud pour lequel Il a tant fait avec les bois pour le gibier, les cours d’eau pour le poisson, le sol profond et riche pour la semence, les printemps luxuriants pour la faire germer, les longs étés pour la mûrir, les automnes sereins pour la moissonner, et les hivers brefs et doux pour les hommes et les animaux, et Il n’y a vu nulle part l’espérance…
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nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   29 janvier 2019
Pour le moment, le blanc penché à la portière regardait le visage impénétrable où transparaissaient d’indéniables indices de race blanche, du même sang qui coulait dans ses propres veines, qui, non seulement était échu à ce nègre par filiation masculine, alors que lui ne le tenait que d’une femme, mais qui avait été transmis à ce nègre une génération plus tôt – un visage impassible, incrustable, légèrement hautain même, dont l’expression semblait calquée sur le modèle de celle de son arrière-grand-père Mac Caslin.
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nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   29 janvier 2019
Il écoutait Lucas quand il appelait son père M. Edmonds, jamais Mister Zack ; il le voyait éviter d’avoir à s’adresser directement à un blanc en l’appelant d’un nom quel qu’il fût, cela avec une circonspection si impassiblement, si constamment en alerte, une finesse tellement préméditée et sans défaillance, que, pendant un temps, il n’aurait pu dire si son père même se rendait compte que le nègre se refusait à l’appeler Mister.
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