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René-Noël Raimbault (Traducteur)Michel Gresset (Traducteur)
ISBN : 2070364208
Éditeur : Gallimard (26/07/1973)

Note moyenne : 3.58/5 (sur 51 notes)
Résumé :
- Où essayez-vous d'aller, madame ?
- A Jefferson.
- Jefferson, vous lui tournez le dos, Madame.
- Je sais, il a fallu que je fasse un détour à cause d'un arrogant et insupportable nègre qui a mis sans dessus dessous tout le comté, lequel soutient mordicus qu'il a assassiné un blanc.
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
ivredelivres
  19 avril 2016
Qu'arrivait-il dans les années vingt dans le Mississipi à un noir arrêté arme en main avec à ses pieds le corps d'un blanc abattu d'une balle dans le dos ?
Surtout quand la victime est de la tribue des Gowrie. Toute la ville s'attend à un lynchage, une pendaison ou même l'utilisation d'un simple bidon d'essence. Heureusement pour Lucas Beauchamp demain c'est le sabbat et il gagne quelques heures de vie.
Quand Charlie avait 12 ans Lucas lui a sauvé la mise, il était passé à travers la glace d'une rivière gelée. Charlie sentant une dette peser sur sa conscience a eu un peu plus tard un geste qu'aujourd'hui encore il regrette, faisant ce qu'on attend d'un blanc vis à vis d'un noir.
Aussi aujourd'hui quand Lucas Beauchamp dit ne pas être l'auteur du meurtre et pour le prouver lui demande d'aller tout simplement déterrer la victime, Charlie se sent obligé d'obéir.
Il va trouver de l'aide auprès de la vieille Miss Habersham qui fournit véhicule, pelle et pioche !
Lucas Beauchamp n'est pas un noir ordinaire et avec ce personnage c'est tout le talent de Faulkner qui s'impose.
Lucas est le prototype du nègre qui ne s'incline pas devant les blancs, qui n'enlève pas son chapeau, ne remercie pas, ne plie pas le genou, bref même de l'avis des autres noirs qui eux font ce que l'on attend d'eux c'est à dire endurer et survivre.
L'intrigue est on ne peut plus simple mais elle est magnifiée par le talent de Faulkner et comme moi je pense vous serez admiratif du retournement qui se produit entre la première scène, celle du sauvetage de Charlie Mollison et la scène finale.
Dès le début on se perd dans ses digressions, ses parenthèses, ses incises. On suit le monologue intérieur de Charlie, fil rouge du roman, son sentiment de culpabilité, son besoin de payer sa dette, il est intelligent et fier mais sait déjà que les blancs, les petits fermiers autour de lui, se font une autre idée de la justice et du droit et Gavin Stevens son oncle juge et attorney n'est pas exempt des mêmes préjugés.
Si vous aimez Virginia Woolf vous êtes déjà initié au flux de conscience, Faulkner est dans le même registre avec une dureté beaucoup plus prégnante et une permanence parfois déroutante. Les retours en arrière ne sont pas signalés alors on se perd parfois en route mais un coup de rétroviseur et l'on retrouve le bon chemin.
Ce roman initiatique splendide que Faulkner écrit à la veille d'être couronné par le Nobel est une bonne façon d'entrer dans son univers pas toujours simple d'accès, beaucoup plus facilement que ses grands romans qui peuvent décourager plus d'un lecteur.
Lien : http://asautsetagambades.hau..
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MarcelP
  30 mai 2018
Souviens-toi que tu es né poussière et que tu redeviendras poussière... Une tombe creusée à trois reprises, un cadavre errant et une manifeste erreur judiciaire, tels sont les ingrédients de ce roman policier intensément faulknérien.
Un pedzouille blanc lâchement tué d'une balle dans le dos et, pas loin du lieu du crime, un brave "Sambo" (antonomase bienveillamment raciste pour désigner les Noirs) une arme en poche : il n'en faut pas beaucoup plus pour que la machine à lyncher blanche soit lancée. Heureusement le jeune Charles "Chick" Mallison -obsédé par une dette morale qui le rattache au présumé assassin- va réhabiliter ce dernier en menant l'enquête accompagné de son jeune domestique noir et d'une vieille demoiselle intransigeante.
Arrière-petit-fils "noir" d'un propriétaire terrien blanc, Lucas Beauchamp (le bouc émissaire du roman) n'a jamais vraiment trouvé sa place dans le comté qui l'a vu naître : ses frères de couleur le méprisent et les Blancs ne voient en lui qu'un nègre parmi les autres. Figure christique, il croise dans le roman un tombeau vide, un baptême accidentel, une dette payée en rachat de péchés : le verbe faulknérien se fait lustral qui expie la faute originelle du Sud, l'esclavage, et ses corollaires.
Un récit simple pour une écriture ténébreuse : la lecture en est ardue, voire rébarbative. Rarement l'écrivain n'aura autant complexifié sa narration, abusant des pronoms indéterminés, des discours fragmentés et de l'étirement intense du temps mais sans le brio des oeuvres précédentes. Ce qui, compte tenu des hauteurs où trône Faulkner, frôle encore le génie.
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5Arabella
  30 juillet 2016
Ecrit en 1948 en trois mois, conçu par l'auteur comme un roman policier, l'Intrus fait un certain bruit à sa sortie à cause de la question raciale qu'il aborde de façon beaucoup plus directe que dans la plupart de ses autres livres.
 
Lucas Beauchamps est supposé d'avoir tué un Blanc. Il est enfermé dans la prison local, pendant que les habitants s'agitent, et qu'un lynchage s'annonce. Mais Lucas trouvera une aide inattendue chez deux adolescents et une vieille fille...
 
Quels sont finalement les ingrédients qui permettent qu'un livre soit réussi ? le style, l'intrigue, les thèmes abordés par l'auteur ou autre chose de beaucoup plus difficile à définir? le style de ce roman est indéniablement faulknérien, les thèmes abordés les mêmes que dans la plupart de ses autres romans, l'intrigue bien plus consistante que dans beaucoup de ses autres récits. Et pourtant tout cela m'a donné l'impression de tourner un peu à vide, la magie ne prend pas, c'est comme une sorte d'exercice de style brillant mais non pas essentiel. Et le pire c'est que je ne suis pas vraiment capable de dire pourquoi ce roman là je n'y ai pas vraiment trouvé de l'intérêt alors que j'ai tellement aimé les autres livres de Faulkner.
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venividiosculavi
  20 mars 2017
L'histoire est plutôt banale de prime abord dans le contexte du Sud : un noir est coupable parce qu'il est noir. Mais cet homme effronté a l'audace de refuser de se plier aux conventions sociales de son époque et de son milieu. le bon noir souffre en silence et accepte humblement le statut qui lui est imposé par le blanc. Pas Lucas, héros malgré lui de ce roman, fier, insolent, presque hautain ; il est le grain de sable dans la machine sclérosée de cette société raciste. Faulkner dénonce pêle-mêle le conformisme de chaque communauté, la passivité des noirs devant l'injustice, la politique fédérale qui ignore la réalité des mentalités, la lâcheté et de la bêtise des paysans blancs. Ce qui fait l'originalité de ce réquisitoire, c'est avant tout la peinture de ce sud portée par l'écriture faulknérienne. J'adore ces phrases qui ne finissent jamais, ce rythme lent qui emporte tout, cette musique lancinante, ce ton tour à tour grave, caustique ou burlesque. Ce style unique, reconnaissable entre mille, envoute pour peu qu'on veuille bien se laisser porter par le flux labyrinthique des mots. Et je me suis laissé porter et envouter.
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sultanne
  22 janvier 2012
Décevant... difficile de croire que Faulkner était considéré, il y a encore si peu de temps, comme l'un des plus grands virtuoses de l'écriture.
L'Intrus, malgré un synopsis engageant, n'a pas su me mener plus loin qu'au deuxième chapitre. Un récit décousu et peuplé de bien trop de personnages à peine décrits, un univers confus et ennuyeux... bref, j'ai eu très vite la sensation de m'engluer dans une lecture diffuse et inutile et n'ai pas jugé bon de poursuivre au-delà.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
mayanamayana   31 mai 2014
…de toutes les entreprises humaines, c’est le meurtre qui a le plus implacable besoin d’intimité, que l’homme ne reculera presque devant rien pour sauvegarder la solitude dans laquelle il évacue ou fait l’amour, mais qu’il ne reculera absolument devant rien, même pas devant l’homicide, pour garantir celle dans laquelle il prend une vie, bien qu’en ne faisant rien il puisse plus complètement et plus irrévocablement la détruire

Chapitre III page 76
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mayanamayana   03 juin 2014
…le pêne massif pénétrant bruyamment dans sa gâche avec un bruit sourd et huilé, irréfutable et sans appel, comme cet universel jugement dernier qui retentira, bien graissée, lorsque, ainsi que le disait son oncle les machines de l’homme auront finalement fait disparaître celui-ci et l’auront effacé de la terre, sans profit maintenant pour elles-mêmes puisqu’il ne resterait rien à détruire, et auront clos sur leur propre apothéose sans ancêtres la dernière porte ajustée à l’émeri, derrière une serrure sans timbre avertisseur qui ne répondra qu’au dernier coup de l’éternité
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mayanamayana   08 juin 2014
…il pensa que ce n’était pas réellement pauvreté et indigence de vocabulaire, c’était en premier lieu, que la suppression préméditée, violente, radicale, d’une vie humaine était en elle-même si simple, si définitive que le verbiage qui l’entourait, l’enfermait, l’isolait, intacte, dans la chronique de l’humanité, devait nécessairement être simple, sans complication, répétitif, presque monotone même ; et, en second lieu, plus vaste que cela, annonçant cela, car ce que Miss Habersham paraphrasait était la simple vérité, pas même le fait, et qu’ainsi il n’y avait pas besoin de beaucoup de variété et d’originalité pour l’exprimer, car la vérité est universelle, pour être la vérité, elle doit être universelle
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mayanamayana   29 mai 2014
…la prison était ancienne, construite à une époque où les gens prenaient le temps de construire, avec grâce et avec soin, même les prisons, et il se rappela que son oncle lui avait dit autrefois que ce n’étaient pas les palais de justice, pas même les églises, mais les prisons qui étaient les véritables archives de l’histoire d’un comté ou d’une commune, parce que non seulement étaient gravés sur leurs murs des initiales mystérieuses et oubliées, des mots et même des phrase de défi et d’invective, mais que les briques et les pierres elles-mêmes contiennent, non en solution, mais en suspension, intactes, immuables, puissantes, indestructibles, les angoisses, les hontes et les peines qui torturèrent et peut-être brisèrent des cœurs depuis longtemps devenus une anonyme poussière et tombés dans l’oubli.
Chapitre III page 67
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patacaissepatacaisse   21 mai 2010
"Si vous avez, en marge du train habituel, quelque chose que vous devez faire et qui ne peut attendre, ne perdez pas votre temps avec les hommes ; ils agissent d'après ce que votre oncle appelle les lois et les réglements. Allez chercher les femmes et les enfants : eux; ils agissent d'après les circonstances."
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Le choix des libraires. Rencontre avec Anaïs Massola, de la librairie « le Rideau Rouge » située dans le XVIIIe arrondissement de la capitale. Partagez avec elle sa sélection d'ouvrages dont « le Chartreuse de Parme » de Stendhal ou encore « le bruit et la fureur » de William Faulkner.
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