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Maurice Edgar Coindreau (Autre)François Pitavy (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070761940
Éditeur : Gallimard (20/06/2001)

Note moyenne : 4.13/5 (sur 59 notes)
Résumé :
C'est le roman de Faulkner où la souffrance atteint peut-être sa plus grande intensité: l'histoire tragique des deux amants est l'une de plus douloureuses qu'il ait écrites, et la mort de Charlotte Rittenmeyer, "le personnage féminin le plus déchirant de Faulkner", devient un récit poignant.
Le titre est tiré d'un psaume qui rappelle la captivité des Juifs à Babylone. Ce thème de la captivité, de la privation de liberté, littéral ou métaphorique, est central ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Meps
  30 novembre 2015
Je commencerais par dire que, pour les livres de Faulkner, je ne peux pas être objectif. Cet auteur m'a tellement bluffé que j'ai un a priori favorable éternel à son égard et que je ne pense pas pouvoir être déçu par lui.
L'originalité de ce Faulkner réside dans les deux histoires entrecroisés, deux romans en un en quelque sorte. On ne peut s'empêcher forcément de tisser des parallèles entre elles, de chercher des passerelles, d'explorer les raisons qui les ont fait réunir, de traquer, d'espérer, de redouter qu'elles se rejoignent. Elles ont en commun, comme souvent chez Faulkner, une chronologie bouleversée, des allers retours destinés à perdre le lecteur, pour mieux le retrouver à une autre boucle du fleuve Mississippi. le lecteur ne peut qu'éprouver de l'empathie pour les personnages, car il est souvent aussi balloté qu'eux.
J'ai beaucoup pensé à Belle du Seigneur en lisant une des deux histoires, et je me demande du coup si Cohen avait lu Si je t'oublie Jerusalem et s'il l'a inspiré, ou si le rapprochement n'est que coincidence et fruit de mon esprit tordu.
En lisant ce Faulkner, je me suis aussi fait la réflexion que les personnages de l'auteur nous paraissent assez souvent proches de la folie, à la rupture... mais que ce serait sans doute le cas de la plupart des gens, si on pénétrait leur pensées secrètes et qu'on les suivait dans leur méandres les plus tarabiscotés, comme sait si bien le faire ce cher William. Peut-être même mes pensées ne serait-elles pas les plus exemptes de cette folie douce...
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stcyr04
  08 avril 2016
Si je t'oublie, Jérusalem est une création littéraire de William Faulkner, écrivain riche, s'il en est, en inventivité formelle, dont l'originalité consiste en l'entrecroisement de deux récits ne semblant pas avoir de rapport entre eux, si ce n'est pour créer un habile contrepoint, propice à relancer l'intérêt d'une histoire lorsqu'elle parait sur le point de s'essouffler. Ainsi le corpus principal du livre, intitulé les Palmiers sauvages, est la narration, située en 1938, de la fuite en avant, assez chaotique et vouée dès le départ à l'échec, d'un couple adultère dans leur rejet des valeurs bourgeoises et mercantiles. A ce texte, vient s'intercaler un récit d'une ampleur plus modeste, intitulé Vieux père, traduction moins savoureuse du "Old man river" teinté de révérence, que donnaient les noirs américains à l'impétueux Mississippi; titre qui fut d'ailleurs celui d'une chanson immortalisant la crue mémorable de 1927. Et c'est dans le contexte de cette inondation terrible que se place cette histoire, narration des péripéties d'un bagnard réquisitionné, comme beaucoup de ses compagnons d'infortune, pour prêter assistance aux sinistrés, juchés, qui dans les arbres, qui sur les toits des maisons et des granges, et qui se retrouvera, fétu de paille ballotté par les flots, emporté bien loin, par la fureur du vénérable fleuve en crue.
Un livre de Faulkner se mérite, il requiert notre intelligence et notre attention, tant il triture à plaisir l'espace-temps, sa lecture n'en ai que plus gratifiante. C'est toujours avec la jubilation de celui qui se prépare à une longue et difficultueuse ascension, prometteuse d'une euphorie à la mesure de l'effort consenti et d'une exaltation à la vue du vaste panorama s'offrant à lui, que je me lance dans une de ses oeuvres.
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sandrine57
  31 décembre 2011
Deux histoires se croisent en chapitres alternés. D'abord celle de Charlotte Rittenmeyer qui par amour, ou plutôt par passion, quitte son mari, ses enfants et une vie plus que confortable pour un artiste fauché et une vie de misère. Par ailleurs, un forçat, au hasard d'une crue du Mississippi, se découvre sauveteur et héros mais n'a qu'un seul but, retrouver la routine de son pénitencier.
Je dois confesser que je n'ai rien aimé dans ce livre, ni sa construction, ni son style, ni ses personnages. Je n'ai rien ressenti durant ma lecture. Aucune des deux histoires, pourtant tragiques, ne m'a émue. J'ai trouvé le style lourd et emprunté. Je me suis ennuyée à mourir et j'ai terminé en lisant en diagonale. Mais après tout, qui suis-je pour critiquer William FAULKNER...?!
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MarcelP
  12 juillet 2017
"Entre le chagrin et le néant je choisis le chagrin."
Dans ce roman magnifique -l'un de ses plus beaux- William Faulkner entrelace subtilement deux longues nouvelles qu'on pourrait penser indépendantes mais dont chacune se nourrit des échos qu'elle fait jaillir dans l'autre : The Wild Palms (Les Palmiers sauvages) et The Old Man (Vieux père).
The Wild Palms : Charlotte Rittenmeyer et Harry Wilbourne s'abandonnent à un stupéfiant coup de foudre : elle quitte mari, enfants et confort bourgeois pour le suivre, lui qui n'a rien encore et déserte ses études de médecine. Sacrifiant tout à leur amour fou, ils vivotent, comptant et recomptant compulsivement les quelques dollars qu'ils parviennent à gagner dans une Amérique en crise (nous sommes en 1936) afin de savoir combien de temps il leur reste à s'aimer, s'aimer encore et toujours, sans avoir ni trop faim, ni très froid. Mais l'amour, même à l'ombre des palmiers sauvages, n'est pas plus fort que la mort... surtout cet amour plus cérébral que physique, cette "idée de l'amour" qui ne laisse jamais entrer la joie dans ce couple bancal.
The Old Man : Dix ans plus tôt, en 1927, le Mississippi sort de son lit et recouvre 6 états. Un forçat, jeune et peu futé, est missionné pour sauver des victimes d'inondations. Dans un bayou, il récupère une femme enceinte réfugiée sur un arbre mais pour voir aussitôt son bateau dériver, emporté par le Vieux père Mississippi. S'ensuit une odyssée rustique pendant laquelle nos deux naufragés croiseront des mocassins et des crocodiles, des cajuns égrotants et un mascaret dantesque avant de retourner à la case prison.
If I Forget Thee, Jerusalem : Faulkner nous le serine, la vie, pas plus que le Mississippi, n'est un long fleuve tranquille. Dans ce roman, à la fois drame sidérant et farce épique, le lecteur est viscéralement malmené, passant du chaud au froid, du sec à l'humide, du rire aux larmes. On y inflige la vie (le forçat coupe le cordon ombilical du nouveau-né à l'aide du couvercle cranté d'une boîte de conserve), et on y offre la mort (Harry avorte maladroitement Charlotte pour éviter de voir leur amour corrompu par l'habitude : "Se conformer ou mourir").
Maniant une langue plus accessible, Faulkner parvient à dire l'indicible : la descente du grand fleuve est d'une puissance inégalée, la peur de la mort qui vient d'une crudité implacable.
Le romancier scrute ses propres plaies dans ce roman du flux et du reflux (les eaux se déchaînent puis se calment, le sang coule puis s'assèche) : plutôt que de se suicider pour un chagrin, il privilégie l'écriture, son bagne personnel, ses mines de sel. Ce sont d'ailleurs des portes de pénitencier qui se referment sur chacune des deux nouvelles.
Lire "Si je t'oublie, Jérusalem", c'est choisir, bien évidemment, le chagrin ! mais aussi, assurément, le principal sujet de ma joie...
"Comment chanterions-nous les cantiques de l'Éternel Sur une terre étrangère ? Si je t'oublie, Jérusalem, Que ma droite m'oublie ! Que ma langue s'attache à mon palais, Si je ne me souviens de toi, Si je ne fais de Jérusalem le principal sujet de ma joie !" (Psaume 137)
Lien : http://lavieerrante.over-blo..
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5Arabella
  30 juillet 2016
Ecrit en 1937-1938, ce livre est constitué de deux récits alternés, Les palmiers sauvages qui nous conte la folle et tragique passion de Harry Wilbourne et de Charlotte Rittenmeyer, et de Vieux père qui décrit les aventures picaresques d'un forçat évadé malgré lui et s'attachant à une femme sur le point d'accoucher.
Dès le début de la composition de son livre Faulkner a conçu son roman comme constitué de ces 2 récits si différents, comme un morceau de musique où deux thèmes alterneraient, s'enrichissant et se complétant l'un l'autre même si en apparence il n'y a rien de commun aux deux histoires. Récit désespéré d'un amour impossible, se heurtant sans cesse au quotidien, aux difficultés matérielles, au risque de l'usure et de la banalité, couplé au récit des pérégrinations tragi-comiques d'un prisonnier ne cherchant qu'à regagner sa cellule tout cela sur fond d'inondations et de bouleversement général.
Entre tristesse, lassitude et sourire il s'agit d'un livre d'une grande richesse et humanité dans lequel Faulkner abandonne pour un temps la mythologie du Sud et de son passé pesant sur les personnages, pour aborder dans les Palmiers sauvages une histoire plus contemporaine, mais néanmoins toujours aussi empreinte de pessimisme profond sur la capacité de l'homme à échapper à ses démons, à la malédiction de sa nature en somme.
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
giatigiati   12 octobre 2014
Elle nageait tous les matins, les trois costumes de bain toujours à leur place dans le placard. Après le petit déjeuner, il retournait sur la galerie et s'étendait sur le lit, et bientôt il entendait les pieds nus traverser la chambre, puis la galerie ; peut-être regardait-il parfois le corps chaque jour davantage et uniformément bronzé traverser la galerie. Puis il se rendormait (une heure à peine après s'être éveillé, une habitude qu'il prit dès la première semaine) pour se réveiller un peu plus tard, regarder dehors et la voir allongée sur l'appontement, à plat ventre ou sur le dos, les bras repliés sous la tête ou sur le visage ; parfois il restait là sans dormir, sans même penser, se contentant d'exister comme un fœtus dans un état de somnolence, passif et presque insensible dans le sein de la solitude et de la paix, et c'est ainsi qu'elle le trouvait à son retour, et alors il bougeait juste assez, quand elle s'arrêtait au bord du lit, pour effleurer de ses lèvres le flanc qui avait absorbé le soleil, pour goûter ce soleil absorbé.
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stcyr04stcyr04   05 avril 2016
Ils nous a fallu longtemps, mais l'homme est plein de ressources et ses facultés d'imagination sont infinis, et ainsi nous avons réussi à nous débarrasser enfin de l'amour comme nous nous sommes débarrassés du Christ. Nous avons la T.S.F. pour remplacer la voix de Dieu, et au lieu d’économiser notre monnaie émotionnelle pendant des mois et des années afin de mériter une occasion de la dépenser tout entière en amour, nous pouvons maintenant la faire durer et en faire des petites pièces pour nous exciter devant les kiosques à journaux à chaque coin de rue, comme pour les morceaux de chewing-gum ou les tablettes de chocolat dans les distributeurs automatiques. Si Jésus revenait sur terre , il nous faudrait le crucifier bien vite pour nous défendre, pour justifier et préserver la civilisation que nous nous sommes efforcés de créer et de perfectionner à l'image de l'homme, pour laquelle pendant deux mille ans nous avons travaillé, souffert, hurlé et sacré de rage et d'impuissance à l'heure de notre mort; si Vénus revenait, ce serait sous les traits d'un pouilleux dans les pissotières du métro la main pleine de cartes postales obscènes...
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MepsMeps   26 novembre 2015
Et quand il (le docteur) était rentré à midi le gombo était prêt, en quantité énorme, assez pour douze personnes, confectionné avec cette diligence sévère de bon Samaritain qui caractérise les braves femmes, comme si elle trouvait un plaisir sévère, vengeur et masochiste dans le fait que le prix de son geste de bon Samaritain serait le reste de gombo qui s'éterniserait sur son fourneau jour après jour, invincible et inépuisable, chauffé, puis réchauffé et re-réchauffé jusqu'à ce qu'il soit entièrement consommé par deux personnes qui ne l'aimaient même pas, qui, nées et élevées sur le bord de la mer, préféraient comme poisson le thon, le saumon, les sardines en conserve, immolés et embaumés à trois mille milles de là dans l'huile des machines et du commerce.
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stcyr04stcyr04   05 avril 2016
"Les enfants, dit-elle. En réalité, ce n'est pas une fête pour les enfants. C'est fait pour les adultes - une permission de huit jours de revenir à l'enfance, de donner quelque chose dont on ne veut pas soi-même à quelqu'un qui n'en veut pas non plus et d'en attendre des remerciements. Et les enfants font un échange avec nous. Ils renoncent à leur puérilité et acceptent le rôle que nous avons abandonné, non qu'ils tiennent particulièrement à devenir des grandes personnes, mais par cet impitoyable instinct de piraterie qui caractérise l'enfance toujours prête à utiliser n'importe quoi - mensonge ou dissimulation ou comédie - pour se procurer quelque chose. N'importe quoi, n'importe qu'elle babiole. Les cadeaux n'ont pour eux aucun sens jusqu'au jour où il sont assez grand pour pouvoir en calculer approximativement la valeur. C'est pourquoi les petites filles s’intéressent plus aux cadeaux que les petits garçons. Ils prennent donc ce qu'on leur offre, non parce qu'ils préfèrent cela à rien du tout, mais parce qu'ils n'attendaient guère plus des gros bovins stupides parmi lesquels, pour quelque raison inconnue, ils sont contraints de vivre.
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MepsMeps   28 novembre 2015
Ce n'est pas le romantisme de l'amour illicite qui les attire, ce n'est pas l'idée passionnée de deux êtres maudits et condamnés, isolés et à jamais dressés contre le monde et Dieu et l'irrévocable qui attire les hommes, c'est que l'idée de l'amour illicite leur apparaît comme un défi, parce qu'elles ont un désir irrésistible (et la conviction inébranlable qu'elles peuvent y parvenir, de même qu'elles croient toutes qu'elles peuvent diriger avec succès une pension de famille) de prendre l'amour illicite et de le rendre respectable, de prendre Lothario lui-même, de couper ses boucles de célibataire endurci qui les ont prises au piège et de lui donner toute l'apparence de respectabilité qu'ont les hachis de viande et les trains de banlieue du lundi.
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Videos de William Faulkner (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de William Faulkner
https://www.librairiedialogues.fr/livre/14694728-l-insomnie-tahar-ben-jelloun-gallimard Lors de la rencontre avec Tahar Ben Jelloun, du 1er mars 2019 à la librairie dialogues à Brest, l'auteur nous propose sa sélection de livres coups de c?ur ! En l'occurrence : - la poésie française du XXe siècle. - Deux s?urs de David Foenkinos (Gallimard) - Maîtres et esclaves de Paul Greveillac (Gallimard) - La vérité sort de la bouche du cheval de Meryem Alaoui (Gallimard) - La Maison Golden de Salman Rushdie (Actes Sud) - Nouvelles de William Faulkner (Gallimard, Pléiade) - Les Mille et une nuits - Don Quichotte de Cervantès - Mes Afriques de Paule Constant (Gallimard) Entretien mené par Laure-Anne Cappellesso. Réalisation : Ronan Loup.
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