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EAN : 9791092375169
160 pages
Éditeur : Brandon et Compagnie (08/09/2018)
4.17/5   3 notes
Résumé :
Ne supportant pas sa rupture avec Kali, Yohan décide de partir sur ses traces et de voyager en Inde...
« En réalité, je t’y ai cherchée. Je t’ai cherchée dans la maison d’Alexandra comme je t’ai cherchée sur les chemins des sources du Gange, regardant le sol, imaginant que je posais mes pieds là où tu avais posé les tiens. Que pouvait-il y comprendre, le suppôt du divan, à cela ? »
Fragment 6 — Journal de Yohan

Factorielle de soixante-ne... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Vincenzo42
  16 septembre 2018
Beaucoup de commentaires et d'impressions me sont venus en lisant ce livre. "Le trait", je dirais, de cette écriture est très palpable. Une aura, pourrait-on ajouter. Après avoir lu ce livre de Bernard Fauren, j'ai ressenti comme une résonance et le souffle de celui qui l'a créé.

" il faut atteindre le nerf du texte ", dit Amélie Nothomb. de mon humble avis, Bernard Fauren l'a fait avec talent. Il n'y a rien, dans tous les fragments, qui enveloppe ou renveloppe ce nerf. On sent de ce texte qu'il est fait, qu'il est clair et frais, aussi.
En fait, au bout de quelques pages, j'ai eu la sensation de tenir un bijou. Bijou au sens de pierre précieuse travaillée. le mot " art" m'est venu, aussi. En effet, le genre du fragment, la délicatesse des thèmes qui y sont abordés, la façon qu'a l'auteur de parler des vastes questions humaines en peu de pages - de les tailler avec habileté - , m'ont laissé cette impression d'un beau bijou aux multiples facettes. Parmi les thèmes, j'ai été interpellé par celui de la quête du moment présent - je crois connaitre cette névrose du " voir sans voir " ou de gâcher l instant - . Quant aux paysages - Inde, Irlande - ils marquent bien l'esprit.
Je peine à trouver le liant entre cette écriture qui, en elle-même, accroche bien au réel, pragmatique - et la poésie qui l'imbibe. Il s' agit sûrement de l'aura que j'ai mentionné ci-dessus. J'ai l'impression que Bernard Fauren vit beaucoup pour écrire avec justesse ou économie .
Les fragments sur la vendeuse de bidî ainsi que sur le bilboquet sont très intéressants. Ce sont comme de menues choses, de belles petites choses.
Les fragments avec Denis le psychanalyste sont comme des entractes et sonttrès agréables à lire.

Enfin, je trouve que l'idée de chemin est très bien appliquée. Denis, Yohan, Kali : ces chemins se croisent mais s'effleurent, surtout. Ce ne sont pas des carrefours, pas tant. Ils ressemblent à des flirts pudiques. le dernier fragment, au sujet du bilboquet, semble nouer ceux du psychanalyste et de son patient. La façon d'y procéder - le bilboquet -, je la trouve subite et puissante. Paradoxalement, quelque chose éclate ou alors s'évanouit.
Haruki Murakami, dont j'ai lu " Kafka sur le rivage", a peut-être des similitudes avec l'intention d'écriture de Bernard Fauren. Seulement, cet auteur fonctionne par collages. Bernard Fauren fonctionne lui par fragments.
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becdanlo
  22 juillet 2020
Commentaire de Nikos Precas
Comme s'il avait peur d'attaquer l'écriture ; trop forte pour lui peut-être…
Il ne fallait pas qu'il soit trop sûr de lui ; qu'il se perde, que le temps/Kali lui laisse faire des tours et des détours.
Comme si je ne pouvais pas commencer tout de suite la lecture ; trop de mots se disaient, avant même la lecture, en moi. Il fallait que j'abandonne la quiétude du lecteur quelque part dans la maison d'Alexandra. Je suis allé chercher un plaid acheté chez elle des années en arrière, pour m'envelopper et me laisser prendre par le livre et son arythmie respiratoire.
Et tout commence pour moi par le fragment 6. Tout commence et se termine en même temps.
Le livre commence par le fragment 6 et se termine par le fragment 69 ( 6+9=15 / 1+5=6). Début et fin se déversent dans le Six. le Six est le milieu du gué, le demi-cadran, là où le temps fait une pause ; seul moment où Kali peut être vue.
Le livre s'échappe, m'échappe pour être vraiment. le livre change, il est changement ; mort et naissance, absence et présence, clair-obscur.
Je voyage à côté de toi cher auteur parcourant l'Inde que j'ai connu, relisant « Kali décapitée » de Marguerite Yourcenar dans « Nouvelles Orientales ».
Le départ au cargo revient 3 fois dans le livre (6 et sa moitié le 3). le Six cherche toujours sa moitié pour être pleinement. Et toi cher auteur tu fais de même, tu cherches ta moitié. Tu sais, cette moitié dont parle Platon dans le Banquet. Trois départs, trois commencements du livre. Combien des fois as-tu pensé à abandonner l'écriture de ce texte ?
Puis nous voilà, toi lisant ce que ton écriture fait de moi, moi écrivant pour honorer l'offrande de tes mots (puja), jusqu'au Fragment 33 (3+3=6) où il est dit « On ne se baigne jamais deux fois dans la même eau. »
Et voici Héraclite et ses Fragments ; nous n'avons que des Fragments de son oeuvre. le Fragment 6 d'Héraclite dit « Le soleil est chaque jour nouveau ». Kali est avec nous maintenant. Dans tout Héraclite nous avons 6 Fragments liés au changement, au mouvement.
Kali qui est Temps, danse sur le corps de Shiva avec ses 4 bras et ses 2 puissants pieds (4+2=6).
Kali initie l'homme dans le Tantra, dans l'inépuisable toile d'inter-connections. Mais bien souvent, l'homme est trop attaché à sa petitesse, alors l'initiation tantrique devient une catastrophe. Il faut que l'homme aille se chercher dans la dispersion de ses Fragments, avant de pouvoir partir, avant de lancer, encore une fois, pour la première fois, la boule du bilboquet.
Merci pour ce livre que je n'arrive pas à lire sans être, moi-même, auteur.
Commentaire de Nikos Precas
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rotko
  01 octobre 2018
Le titre nous emmène en Inde, mais Kali n'est pas celle que vous croyez. Yohan, le narrateur amoureux, et son écouteur, bienveillant et supposé lucide, parlent de voyages, mais chacun suit son chemin - et sa petite idée, quittes à instaurer un « parcours-relais » auquel le lecteur prendra part.
C'est donc, « dans tous les sens du terme », un récit de tangages et de roulis, où l'amour est poursuivi à travers plusieurs femmes, et diverses expériences, dans des balbutiements séparés, et pourtant liés entre eux dans une suite de « fragments », et de « liaisons ».
Séparations et ruptures rythment les lieux et les étapes du temps.
Si, à la fin du livre nous en savons plus sur Yohan et Denis, leurs désirs et leurs malaises, la brume - qu'ils ont tenté d'éclaircir, plane toujours sur les chemins.
Une fois faite la lecture cursive, il est permis de rêver à son aise, par sauts et gambades, sur ces fragments pour goûter leur éclat.
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monsieurloic
  27 janvier 2019
J'avais déjà lu deux romans de cet écrivain aussi discret que talentueux car une chose est sûr, Bernard Fauren a une griffe. Sur les traces de Kali est composée de 69 segments comme autant de petits poèmes en prise. Il est question de Yohan, de Denis, son psychologue et d'une certaine Kali, l'amour perdu de Yohan. Mais on ne sait pas trop si Kali existe. L'auteur fait dans l'entre-deux, dans l?hors-du-temps et on ne sait pas si les choses révélées sont fausses ou vraies. Cela ressemble beaucoup à du Modiano (en plus exotique car Yohan fait un voyage en Inde sur les traces de Kali), moins à du Houellebecq. Tiens, je vous dirais même que c'est mieux écrit que Houellebecq, c'est plus poétique mais chaque écrivain voit midi à sa porte et le midi de Bernard Fauren, ce sont les rêves, les sensations et la quête de quelque chose de spirituel.
Preuve que j'ai aimé ce bouquin (au fait bravo à l'éditeur pour la couverture et les abords tout en rondeur de chaque page qui sied bien au fond du roman), je relis parfois un segment, comme ça, juste pour la beauté du style.
lecture : janvier 2019
éditions Brandon, 154 pages
Merci à Bernard pour ce cadeau de Noël
note 4/5
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Nic66
  09 octobre 2018
Un joli petit livre, à la couverture d'un délicat rose poudré, ornée de la photo mystérieuse d'une femme sans visage et pieds nus, à la robe-jupon un brin suranné. Un joli petit livre aux bords arrondis comme pour inciter à la douceur, « sur les traces de Kali ».
Un joli petit livre, dédié à Kali. Mais ce n'est pas la « Kâli décapitée » de Marguerite Yourcenar, incomplète et imparfaite comme nous le sommes tous… encore que ce personnage fragmenté a peut-être bien quelque chose à voir avec la Kali de Bernard Fauren.
Un joli petit livre, dont on tourne les pages lentement, de fragment en fragment justement, l'auteur ayant choisi une construction originale qui invite autant à une lecture linéaire qu'à une lecture faite d'allers-retours. Sommes-nous en Inde, en France ? Dans les légendaires gorges de Galamus ? Dans la fascinante citadelle de Quéribus ? Place Saint-André vouée à une forme d'éternité puisqu'elle fut celle de la première rencontre, vraie ou fantasmée ? Qu'importe ! On circule d'un lieu à un autre, les lieux se superposent les uns aux autres, comme les différents temps d'une vie d'ailleurs, celle de Yohan et celle de Denis le psy. Et Kali alors ? Fuyante, évanescente et si présente, à qui il faudrait faire le cadeau de l'oubli… Elle aura, je crois, la silhouette et le visage que lui donnera chaque lecteur, invité en somme à se l'approprier.
Un joli petit livre qui, sans doute, contient en filigrane beaucoup du vécu de l'auteur, de ses déchirures, de ses rêves aussi, de ses multiples aspirations… le voile pudique de la poésie incite le lecteur à poursuivre son propre chemin sur les traces de Kali… ou pas !
Lien : https://www.yrle.com/nic
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Nic66Nic66   09 octobre 2018
Une odeur me frappe soudain, plutôt un parfum que je ne sais pas identifier. Sentir un arôme provoque une fracture semblable à celle de la pensée. (Fragment 41)

Moments illisibles de sérénité et de paix qui, hélas, ne durent pas.
Alors, l’impérieux besoin de l’écrire, de l’avoir sous les yeux, par la magie de l’écriture. (Fragment 50)
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becdanlobecdanlo   14 septembre 2018
En réalité, je t’y ai cherchée. Je t’ai cherchée dans la maison d’Alexandra comme je t’ai cherchée sur les chemins des sources du Gange, regardant le sol, imaginant que je posais mes pieds là où tu avais posé les tiens. Que pouvait-il y comprendre, le suppôt du divan, à cela ?
[Fragment 6 — Journal de Yohan]
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