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Critique de Sarindar


Sarindar
  29 septembre 2014
Philippe IV le Bel (1268-1314), c'est le roi de l'argent, dès son accession au trône en 1285. Marié à Jeanne de Navarre, il accroît son royaume de la Champagne et de la Navarre. Et immédiatement, il cherche les moyens de renflouer sans cesse ses caisses, car les dépenses qu'il engage sont énormes. Et, très vite, il trouve de puissants soutiens auprès des banquiers toscans Albizzo (familièrement appelé Biccio ou Biche) et Musciato (ou Mouche) Guidi Dei Franzesi, qui lui consentent un prêt de deux cent mille livres en 1294. Ces derniers siègent même à son conseil, ils l'aident à réclamer aux villes et aux Juifs des contributions fiscales "extraordinaires" et lui soufflent en 1295 l'idée de retirer au puissant ordre des Templiers le contrôle du Trésor royal et de le confier à ses propres agents et officiers. L'influence de Biche et de Mouche va aller en grandissant. Quand Philippe se lance dans un vaste programme d'imposition du clergé et quand le pape Boniface VIII s'insurge contre cette politique en brandissant une menace d'excommunication, Biche et Mouche poussent Philippe à réagir très vite et à faire peur au souverain pontife en faisant intervenir des hommes en armes chez ce dernier, à Anagni, le 7 septembre 1303. de même, quand le roi part faire la guerre en Flandre en 1302, et qu'il est battu à Courtrai, les deux hommes trouvent rapidement les moyens de préparer de nouvelles opérations et ce sera le demi-succès de Mons-en-Pévèle en 1304 et un traité qui permettra au roi de France de se donner comme gagnant de cette deuxième entreprise militaire contre les Flamands. le 22 juin 1306, c'est sur les conseils de Biche et de Mouche que des milliers de Juifs sont expulsés du royaume et que leurs biens sont spoliés. Biche et Mouche auraient fait faillite la même année, et Philippe le Bel n'aurait pas levé le petit doigt pour eux, mais ils auraient très vite été remplacés dans la confiance du roi par les Peruzzi. Vient ensuite le tour des Templiers, qui sont arrêtés dans leurs commanderies, le 13 octobre 1307, sur un ordre transmis aux sénéchaux et aux baillis. Les chevaliers du Temple étaient les rivaux des banquiers et marchands toscans et lombards sur les places financières de l'époque. Les biens des Templiers sont mis sous séquestre puis cédés aux Hospitaliers, mais cette opération n'empêche pas le roi de s'attribuer une part du gâteau, et l'on dit parfois que le roi aurait réussi à détourner à son profit une somme de deux cent mille livres avant l'exécution des principaux dignitaires de l'Ordre en 1314. En 1309, les Lombards, à qui le roi doit des sommes colossales mais qui n'a pas les moyens de rembourser sa dette, sont chassés de France à leur tour, avec confiscation de leurs biens. Tout était bon, on le voit, pour se faire de l'argent.
Une autre manière de financer les projets de Philippe le Bel fut de jouer sur le poids et la valeur des monnaies, en faussant la teneur en métal précieux, en introduisant de nouvelles espèces, en dévaluant les monnaies en circulation.
Philippe fit flèche de tout bois pour arriver aux résultats qu'il se fixait et faire rentrer le plus d'argent possible.
Pourquoi croit-on qu'il s'entoura de légistes comme Marigny, Nogaret et Plaisians, et aussi de banquiers qui pénétrèrent jusque dans son conseil ?
L'argent est bien la clé d'explication de l'action de Philippe le Bel et de compréhension du personnage. Et c'est bien sous cet angle que Jean Favier a conduit tout son travail, qui ne pouvait pas qu'être une biographie ordinaire. Il faut prendre le temps de lire cet ouvrage pour prendre la mesure de son importance.
François Sarindar, auteur de : Lawrence d'Arabie. Thomas Edward, cet inconnu (2010)
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