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EAN : 9782226442710
Éditeur : Albin Michel (21/08/2019)

Note moyenne : 3.55/5 (sur 54 notes)
Résumé :
Dans le lourd manoir aux sombres boiseries, Miss Jan s’apprête à devenir Virginia. Mais naître fille, à l’époque victorienne, c’est n’avoir pour horizon que le mariage. Virginia Woolf dérogera à toutes les règles. Elle fera œuvre de ses élans brisés et de son âpre mélancolie.

La prose formidablement évocatrice d’Emmanuelle Favier, l’autrice du Courage qu’il faut aux rivières, fait de cette biographie subjective un récit vibrant, fiévreux, hypnotique.... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
si-bemol
  16 janvier 2020
Dans son second roman, "Virginia", Emmanuelle Favier retrace les années de jeunesse de Virginia Woolf, dépeint sa tristesse, ses peurs et sa solitude au sein d'une famille recomposée de 8 enfants dont elle est l'avant-dernière, son besoin désespéré d'aimer et d'être aimée, sa difficulté, déjà et dès l'enfance, à être pleinement au monde, comme son appétit de connaissance et de lecture et ses velléités - de plus en plus affirmées - d'écriture. C'est un portrait brossé de l'intérieur qui dit par petites touches les ressentis, les désarrois intimes et - éducation victorienne oblige - jamais exprimés d'une enfant puis d'une jeune femme hypersensible que tout interpelle, écorche et blesse.
Un tempérament solitaire, angoissé et mélancolique, corseté par une société victorienne bien-pensante, rigide, terriblement convenable, ennuyeuse et fade, mais une personnalité forte, également, moqueuse et volontiers rebelle, nourrie par une intelligence acérée. Emmanuelle Favier nous guide ainsi pas à pas jusqu'aux 22 ans de Virginia Woolf - qui n'est encore que Virginia Stephen, dite “Gina” ou “Miss Jane” : 1904, 22 ans… Année cruciale pour Virginia, qui voit à la fois la mort du père (9 ans après celle de la mère), la rencontre avec Leonard Woolf et sa seconde naissance - cette fois en tant qu'écrivain.
Pour ce faire, Emmanuelle Favier opte pour une approche assez étrange : un “nous” narratif qui associe le lecteur à l'écriture du récit tout en introduisant une double distanciation - spatiale et temporelle - avec ce qui, collectivement, donc, s'y raconte. le procédé, original, aurait pu être extrêmement intéressant. Mais à force de nuances dans la nuance, de détails dans les détails, de retouches dans le discours, de (faux) remords dans l'énonciation, le récit n'avance pas et traîne désespérément en longueur - tout entrecoupé qu'il est en permanence de digressions et d'incises destinées à rappeler au lecteur (promu au rôle de co-narrateur) qu'il est là sans y être vraiment, qu'il voit - mais de trop loin -, qu'il sait - mais c'est dans l'avenir et donc prématuré -, que la focale - mal réglée - est imprécise et peut-être trompeuse, que la vision est décidément floue - et que rien de ce qui est dit là ne saurait être certain...
Ce “Virginia” d'Emmanuelle Favier, quoique fort bien écrit, ne m'a pas vraiment convaincue, parce qu'il s'enferme dans un choix narratif qui devient très vite artificiel, multiplie les coquetteries et les afféteries littéraires et n'a ni le souffle créatif que l'on est en droit d'attendre d'un roman, ni la rigueur d'une véritable étude biographique. A ce titre, il n'apporte pas, à mon avis, grand chose à son sujet qui fut, par exemple, il y a quelques années, mieux servi par Viviane Forrester. A tout prendre, rien ne vaut la lecture de son journal ( à tous points de vue monumental), de sa correspondance et - bien entendu - de son oeuvre pour connaître de Virginia Woolf tout ce qu'il importe de savoir de cette femme solitaire et tourmentée comme de l'immense écrivain qu'elle fut et qu'elle demeure.
Ce n'est pas, cependant, un mauvais livre : le récit est sensible et très documenté, l'analyse est fine et l'écriture est belle. Mais c'est un roman qui m'a mise à la peine, que je me suis littéralement forcée à lire jusqu'au bout - par amour pour Virginia Woolf et pour son oeuvre bien plus que par intérêt pour le travail d'Emmanuelle Favier - et qui me laissera surtout le souvenir d'une lecture un peu agacée et passablement ennuyeuse. Un rendez-vous un peu manqué, donc, en ce qui me concerne, avec cette nouvelle - et belle - plume de la littérature française dont je n'avais encore jamais rien lu.
[Challenge Multi-Défis 2020]
[Challenge Plumes féminines 2020]
[Challenge Notre-Dame de Paris]
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Bazart
  08 octobre 2019
Après son saisissant "Le courage qu'il faut aux rivières". qui nous plongeait dans un village perdu en plein Balkans dans une communauté, un village aux traditions pour le moins archaïques, la poétesse et romancière Emmanuelle Favier raconte Virginia Woolf mais ce roman n'est pas une biographie classique sur la romancière que nous connaissons tous et toutes.
En effet, la Virginia Woolf que raconte la romancière française n'avait pas encore imposé sa marque, ce n'était pas la grande figure de la littérature mondiale que nous connaissons.
C'est plutôt la naissance d'une vocation qui intéresse Emmanuelle Favier, lorsqu'elle ne s'appelait que "Virginia Stephen". Elle y raconte avec détails et sensibilité l'enfance et l'adolescence de Virginia dans une Angleterre victorienne, rigide, pesante, parfaitement retranscrite.
Virginia est une femme née au sein d'une fratrie recomposée et artiste mais son cheminement jusqu'à la publication de ses premières lignes va prendre du temps puisqu'ils vont en fait coïncider avec la disparition d'un paternel, certes aimant mais qui ne la croyait pas capable d'écrire, ce qui, dans cette société fortement patriarcale ou les femmes ont soif d'émancipation n'a rien d'étonnant !
Loin de l'image de la femme fragile que sa fin tragique a pu laisser en nous, Emmanuelle Favier prend soin de construire une image différente de Virgina Woolf , mue par une farouche volonté de s'affranchir des jougs moraux et familiaux .
Comment s'inventer en tant que romancière dans un milieu où le patriarcat règne en maître? "Virginia" répond joliment et de façon pertinente à cette question qui touche à l'universel et l'auteur arrive à restituer parfaitement ses questionnements intérieurs et existentiels face à la page blanche.
Dommage que certains procédés stylistiques (ce "nous" qui voudrait englober le lecteur mais qui n'y arrive pas vraiment, pas tout le temps en tout cas) font un peu artificiels, mais le reste est suffisamment élégant et ambitieux pour convaincre ...
Une lecture à comparer et à compléter avec le film "Vita & Virginia" qui s'évertue à montrer également une autre facette de la grande romancière britannique, un film dont on parle très prochainement à l'occasion de sa sortie vidéo à venir ...

Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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florence0805
  16 septembre 2019
Dans Virginia, Emmanuelle Favier a choisi d'évoquer l'enfance et la jeunesse de celle qui deviendra Virginia Woolf. Après quelques pages introductives replaçant la naissance de Miss Jan dans son contexte historique et familial, chaque chapitre retrace une année dans la vie de Virginia Stephen jusqu'à ses 22 ans, l'âge de sa naissance en tant qu'écrivaine. le roman s'achève après la mort du père de Virginia, Leslie Stephen, mort qui à la fois la fait sombrer dans la dépression, et l'autorise à devenir écrivaine ! La rencontre avec Leonard Woolf vient d'avoir lieu ; le déménagement à Bloomsbury est imminent… C'est bien une nouvelle vie qui s'annonce ! Chaque chapitre, qui se déroule du printemps à la chute des feuilles, est jalonné de dates : ce sont les dates de naissance et de mort des personnalités survenues dans l'année, ce qui ancre encore davantage le roman dans son époque.
« (…) il faut bien mettre un peu de biographie dans la vie, parler bretelles, goûts alimentaires et dates, tout en évitant de produire des figures de cire »
On est loin des « figures de cire », dans Virginia. le choix du roman permet une parfaite intériorisation des personnages : Emmanuelle Favier décrit remarquablement bien l'ennui qui pèse sur la jeune Virginia, dans cette grande demeure victorienne où elle se sent seule, elle qui aurait eu besoin des démonstrations d'affection que sa mère adorée n'avait pas le temps de lui prodiguer : « la vie dans la couvée est un combat permanent pour exister ». Elle montre les angoisses et les blessures de la jeune fille : les peurs nocturnes, les périodes de dépression (« le monstre »), les gestes incestueux de ses demi-frères, la mort de sa mère trop tôt survenue. Tout cela, si l'on y rajoute une généalogie où circule la démence, annonce la fragilité future de l'adulte. L'auteure évoque régulièrement le thème de l'eau et de la noyade, très présent dans la tête de Virginia, autre signe prémonitoire.
L'auteure restitue également à merveille la souffrance de Virginia vis-à-vis du carcan dans lequel vivent les femmes dans l'Angleterre victorienne : Miss Jan ne comprend pas pourquoi elle ne peut pas aller à l'école comme ses frères. Une femme est faite pour se marier et avoir des enfants… Heureusement, Miss Jan assouvit ses penchants intellectuels dans la lecture et dans l'écriture (journal, lettres…, en attendant le grand saut).
J'aime beaucoup la posture de la narratrice/auteure : elle utilise régulièrement le « nous » qui englobe le lecteur dans ses réflexions : « l'événement marque la très jeune fille, nous ne serions pas étonnés qu'elle en parle encore plus de quarante ans après. » Emmanuelle Favier aime semer de petites scènes qui écloront dans les oeuvres de Virginia Woolf, comme lorsque sa mère décide d'aller acheter elle-même les fleurs pour la réception qu'elle organise (clin d'oeil à Mrs Dalloway !).
J'ai été complètement subjuguée par l'écriture d'Emmanuelle Favier : une écriture fluide bien que riche, imagée et percutante, extrêmement élégante, où l'on retrouve le même amour des mots que chez Virginia Woolf. Emmanuelle Favier rend hommage aux mots oubliés, comme cadratin, esperluette, mandorle… Cela donne envie de lire sa poésie !
Comme dans tout biopic, on peut se demander ce qui tient du vrai et de la fiction dans Virginia. Emmanuelle Favier semble livrer une réponse, à propos de l'oeuvre Virginia Woolf : « La question se pose, du vieux rapport entre vérité et vraisemblance, entre ce que l'on invente et ce que l'on rapporte du monde, à se demander si ce n'est pas au bout du compte la même chose. Celui qui écrit est la seule réalité au moment où cela s'écrit ».
Quoiqu'il en soit, saluons l'immense travail de recherche mené par l'auteure : elle est allée sur toutes les traces de la grand dame, a emprunté les mêmes lignes de chemin de fer, a lu toutes ses lettres et journaux : elle témoigne d'une très grande admiration pour Virginia, et nous montre des aspects méconnus de sa personne, son sens de l'humour notamment. Quelquefois, toute à son admiration, Emmanuelle Favier semble presque dépassée par son personnage : « nous avions beau savoir combien il est important de surveiller le monstre, nous avions fini par nous faire à ses affleurements et c'est à peine si nous y prêtions encore attention. Nous avons été de bien mauvais témoins, qui ne voyions que ce que nous voulions voir. A trop guetter la littérature, nous en avions oublié que la détresse n'est pas seulement matériau mais frein et empêchement et occasion mortelle. Nous en avons oublié que l'art ne sauve pas de tout. »
Un grand coup de coeur pour ce roman éclairant et passionnant, touchant, érudit juste ce qu'il faut, qui donne envie de lire ou relire Virginia Woolf.
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Illys
  24 août 2019
C'est avec le magnifique le Courage qu'il faut aux rivières (Albin Michel et le Livre de Poche) que nous avions découvert en 2017 la romancière, nouvelliste, poète et dramaturge Emmanuelle Favier. Captivante et singulière, elle l'est à nouveau dans ce deuxième roman, Virginia, où elle s'est choisi une grande soeur pour parler de création et de liberté.
D'une écriture merveilleusement poétique et malicieuse, Emmanuelle Favier nous raconte Virginia Woolf, avant qu'elle ne devienne écrivaine : une petite fille à l'époque victorienne, dans une famille pas comme les autres, où chacun joue sa partition artistique. Ne cédant pas à cette manie typiquement victorienne qui est d'écrire des biographies, elle dépasse l'image immortelle de cette icône littéraire, que nous avons tous à l'esprit, pour en faire un être de chair, aux multiples facettes, drôle et plein d'autodérision, qui se fraie son propre chemin. Telle une petite souris observant par le bout d'une lorgnette, nous accompagnons Miss Jan dans la recherche de ce qu'elle est au sein de cette couvée, où le bonheur des frères est ce qu'il faut vouloir. « Dans le fracas du nid victorien, le pouvoir d'être soi palpite bien faiblement ». Naviguant entre le monde solaire de l'enfance et le monde dévorant des adultes, la jeune fille aux sourires espiègles s'affranchira de toute injonction. En grandissant, elle bousculera les places fixées pour les deux sexes en n'acceptant pas d'être classée d'une certaine manière dans la société, furètera dans la bibliothèque paternelle, prendra des cours de grec à une époque où les filles n'ont pas d'éducation et s'autorisera à prendre la plume pour devenir l'un des grands mythes de la littérature anglaise et mondiale. Et Emmanuelle Favier de rendre ce personnage de l'enfant et de l'adolescente universelle grâce à une stratégie narrative forte qu'est l'utilisation du nous, qui nous situe comme lecteur d'aujourd'hui regardant amusé ce mythe à un siècle de distance. Un être balayé de tous ses clichés, dans lequel nous allons pouvoir nous identifier. Virginia est une éblouissante variation sur l'émancipation et la construction de l'identité, qui résonne en tout un chacun, de manière vivifiante.
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maevedefrance
  14 septembre 2019
Voici le deuxième roman lu pour la rentrée littéraire. Un roman qui parle de Virginia Woolf bien sûr, mais avant qu'elle ne le devienne. de son enfance à ses 22 ans, âge auquel elle envoie sa première critique littéraire au Guardian, sans illusions, en omettant d'y joindre une enveloppe timbrée pour le retour et même son nom. Et pourtant, c'est ce qui la sortira de l'anonymat.
J'avoue que je ne sais pas vraiment comment parler de ce livre. J'en attendais beaucoup. J'en ai appris pas mal sur l'enfance et l'adolescence de l'auteure de Mrs Daloway. le lecteur suit la vie de la famille Stephen, famille recomposée à l'heure victorienne puis édouardienne, de 1875 à 1904. Nous vivons assez furtivement le deuil de Julia, la mère de Ginia, veuve d'Herbert Duckworth, son chagrin noyé dans la charité, malgré un remariage avec un veuf, un voisin : Leslie Stephen, un haut fonctionnaire qui ne manque pas d'ambition. La belle Julia est déjà mère, Leslie aussi, et apparenté par sa feue épouse à Thackeray, l'auteur de la foire aux vanités, dont elle était la fille. de l'union de Julia et Leslie naîtront Vanessa, Thoby et Virginia, en 1882, "une semaine tout juste avant James Joyce" ! Des gamins qui deviennent demi-soeur ou demi-frère de Stella, Gerald, George et Laura. La famille reste dans vivre dans le quartier londonnien de Kensington, au manoir de l'impasse de Hyde Park Gate.
J'ai eu quelques difficultés à m'immerger dans cette biographie romancée. Emmanuelle Favier se perd dans mille détails et digressions qui vous font perdre le fil, surtout au début. Son écriture n'est pas limpide mais surchargée. Cela m'a gênée, surtout au début. J'ai eu le sentiment qu'elle veut tout dire, ou du moins en dire le davantage possible. Cela a des avantages (j'ai appris pas mal de choses) mais en même temps on se demande si cela sert vraiment le récit, dans ses grandes lignes. On a un peu l'impression d'une thèse transformée en roman.
Une autre chose qui m'a dérangée : la narratrice s'immisce sans cesse dans ce récit. J'aurais préféré qu'elle s'efface davantage devant la famille Stephen et en particulier l'objet de sa quête : Virginia. En feuilletant des lettres, albums photos, journaux intimes, elle tente de combler le vide, le mystère sur certains points. Pourtant, on ne peut pas écrire une vie entière dans tous les détails, c'est une quête vaine...
Cependant, ce roman nous immerge parfaitement dans la société victorienne dans laquelle est née Virginia Woolf. Une société patriarcale où si l'on né femme, on n'est pas grand chose ou du moins cantonnée à la maison. Les soeurs Brontë, (dont il est fait allusion, car Virginia Woolf était admirative de ces aînées) l'ont déjà montré. Il y a Leslie, ce père imposant, qui, sans le vouloir, étouffe sa fille. La fin du récit est à ce titre éloquent. Virginia "se lâche" ( :) ) après la mort de son père, elle ose alors devenir elle-même et se faire publier.
On apprend également que cette famille aisée n'a pas été épargnée par les malheurs : la mort, qui hantera Virginia jusquà l'obesession est omniprésente (de façon moins fulgurante que chez les Brontë, mais tout de même) : très jeune, Ginia perd tour à tour sa mère et Stella, sa soeur aînée. A 22 ans, elle est orpheline.
Le refuge de Viriginia est très tôt la littérature. On s'en doute. Elle écume tous les livres qui lui passent dans les mains, avec l'aval de Leslie : "Il lui a ouvert sa bibliothèque car il pense, et c'est un penseur moderne, qu'une jeune fille anglaise a droit à une instruction la plus large possible - tant que c'est sans bourse déliée. Elle lui en est reconnaissante. Pourtant elle pressent que la pensée moderne et l'éducation parfaite des jeunes filles, c'est bien joli, mais qu'en dessous se trame quelque chose qui a plutôt à voir avec la vie et la mort."
"L'obsession que suscitent les livres prend aussi une forme physique : elle se met à la reliure, le contenant prenant le pas sur le contenu le temps de s'asphyxier aux émanations de la peinture dorée dont elle enlumine ses volumes. le goût des livres ne se suffit pas des mots, il lui faut - croit-elle, se méprenant sur la source du manque - l'incarnation physique. La matière, lin, cuir, papier japonais, soie ou parchemin, comble les lacunes sensuelles de la pensée déployée en caractères."
Grande observatrice de ses contemporains, dès qu'elle en a assez, elle décroche et se plonge dans les livres, échappatoire salvatrice ? Rien n'est moins sûr. Car il y a la "bête", la "bestiole" qui sommeille déjà... Une intelligence supérieure, une fragilité qui va de paire.
Malgré une plume complexe qui m'a gênée, j'ai fini par me faire à au style de l'auteure. J'ai globalement apprécié ce livre. Il restitue bien l'époque et la personnalité de Virginia, même si l'on est un peu trop dans le domaine du contemplatif. Peut-être faut-il le lire d'une traite. Je me suis posée la question.

Lien : http://milleetunelecturesdem..
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critiques presse (2)
LeJournaldeQuebec   02 décembre 2019
L’écrivaine française Emmanuelle Favier raconte l’enfance et l’adolescence d’une icône de la littérature, Virginia Woolf, dans son nouveau roman. Virginia lève le voile sur le parcours d’une femme hors-norme, une rebelle toujours inspirante de nos jours.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Actualitte   10 septembre 2019
Aux origines de Virginia Woolf, un plongeon dans l'intime primordial de l'écrivain. Un hommage biographique aussi précis et nébuleux à la fois que la grande dame aurait pu l'écrire elle-même, signé Emmanuelle Favier.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
BazartBazart   29 septembre 2019
Elle songe à ce qu’est le temps présent, au fait que tout procède d’une brume, expire en un halo, au fait que les êtres meurent de vivre sans y songer. Elle songe qu’il y a partout des histoires et qu’il est impossible et vain de les raconter. Elle songe à l’eau qui peut mettre trois semaines à digérer un corps."
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Impression-de-lecteurImpression-de-lecteur   01 janvier 2020
Mais comme Vanessa, elle se suffit de l’allure typique des Stephen et ne se préoccupe guère de l’emballage. Le moyen d’habiller un corps pareil, aussi, avec tous ces angles, ces écoinçons et ces longueurs ! Elle ne sait que faire de cette harmonie excessivement étirée, bringuebalante, de ce visage tout en hauteur, de cette bouche qui se tord légèrement pour suivre le biais du nez grand, de ces proportions peu raphaélites. Elle se sent toujours de traviole, pas droite, elle se sent trop ceci ou trop cela, trop tout court. Ses pieds surtout, ses pieds interminables, douloureux, toujours à l’étroit dans les torturantes bottines lacées à quoi les femmes semblent condamnées, des pieds immenses qui prennent toute la place et ne sont pas d’une femme-non, une femme se doit d’avoir de petits pieds, des petons qui n’occupent qu’un espaces restreint dans le monde. Virginia, elle, a de longs pieds, de longs membres : il faut bien de quoi prendre le relais de Leslie à grandes enjambées rimbaldiennes.
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cornelia-onlinecornelia-online   20 octobre 2019
A l’ombre de la grande bibliothèque vitrée, des vues de Venise et des portraits par Watts au mur, elle lit. Installée sur le canapé de peluche verte ou, quand les éminents Parents tiennent la préséance sur le divan, sur une chaise dans leur dos, en écoutant le craquement des boiseries gorgées d’embruns et le tic-tac du temps, elle lit.
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cornelia-onlinecornelia-online   20 octobre 2019
On ne naît pas impunément fille de l’angoisse. Une nuit, miss Jan s’éveille d’un cauchemar. Le ressac par la fenêtre, d’abord doucement lissant le sable, s’est fait plus insistant et plus proche, il a envahi tout l’espace sonore et a dévoré l’enfant d’une vague épaisse, puis d’un coup l’a propulsée hors du sommeil.
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luocineluocine   05 novembre 2020
Pendant qu’un autre peintre, un Hollandais de génie et de misère, meurt ‑en même temps que Sitting Bull, Alphonse Karr et Octave Feuillet mais aussi que Charles Edward Mudie, souverain des bibliothèques ambulatoires et premier éditeur du bon parrain James ; pendant qu’un autre peintre, un Autrichien de misère et de génie, naît ‑en même temps Agatha Christie, Jean Rhys, Charles de Gaulle et Groucho Marx ; pendant qu » Edith Wharton publie sa première nouvelle en revue et que la folie chez Nietzsche gagne, éteignant l’écrivain aussi bien que le ferait la mort ; pendant qu’une nouvelle loi anglaise oblige les suicidaires à être internés, les feuilles inlassablement, dégringolent sur tombes et berceaux.
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Videos de Emmanuelle Favier (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Emmanuelle Favier
En 2020, à l'occasion du Printemps des Poètes, les Éditions Bruno Doucey publient l'anthologie "Courage ! Dix variations sur le courage et un chant de résistance". La soirée de lancement s'est déroulée à la Maison de la Poésie de Paris, en compagnie de nombreux auteurs : Katerina Apostolopoulou, Louis-Philippe Dalembert, Emmanuelle Favier, Dimitri Porcu, Fabienne Swiatly & Murielle Szac. Musique par Fénia Papadodima & Yorgos Paliamotis. Une soirée animée par Bruno Doucey & Thierry Renard.
Découvrir l'anthologie : https://bit.ly/2W598YO
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