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ISBN : 2707317241
Éditeur : Editions de Minuit (21/10/2000)

Note moyenne : 4.21/5 (sur 7 notes)
Résumé :
En 1956, l’auteur de ce récit autobiographique a été rappelé en Algérie dans un régiment parachutiste pour participer à ce qu’on appelait faussement “ La pacification ”.
Mais un jour, afin de soustraire à une exécution sommaire un jeune rebelle blessé, il le libère et déserte avec lui pour l’aider dans son évasion.
Après une fuite d’une semaine dans le désert, ils réussissent à rejoindre l’Armée de Libération Nationale. L’auteur resta dix mois avec les... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Warrenbismuth
  06 août 2019
Un récit de vie, une autobiographie, un témoignage, classez ce livre où vous voulez, mais ne l'oubliez pas. J'apprécie tout particulièrement les livres qui ont une histoire. C'est le cas pour ce « Désert à l'aube » : paru aux éditions de Minuit, alors engagées contre la guerre d'Algérie, la colonisation et la torture, le 7 octobre 1960, il est saisi par le pouvoir Gaullien dès le 17 octobre pour « Provocation à la désertion et complicité » à l'encontre de Jérôme LINDON (directeur des éditions de Minuit) et l'auteur. C'est le cinquième livre de l'éditeur saisi par les autorités françaises.
Provocation à la désertion ? Noël FAVRELIÈRE a effectué son service militaire en Algérie après le début des « événements », en 1956. Mais il est rapidement rappelé pour un nouveau tour de piste de quelques mois. Objectif : la guerre, les tortures, la gégène, le racisme, les exécutions sommaires. Dans les parachutistes je précise, gondolade assurée à coups d'intimidations. Mais FAVRELIÈRE en a ras le fusil de ces images quotidiennes : alors qu'il apprend qu'un prisonnier algérien va être exécuter (le « jeu » tant craint du fellagha auquel on va faire croire qu'il est désormais libre pour mieux lui tirer dans le dos ensuite, sous couvert de délit de fuite du prisonnier, on appelle cela la « corvée de bois »), il décide un soir de le faire échapper et de s'enfuir avec lui. Va suivre une errance, des marches sans but de plus en plus proches du désert, la soif, les rencontres avec les moudjahidin, les membres du F.L.N., les fellaghas, etc., et bien sûr Noël, devenu Noureddine, va prendre part au combat, mais contre ses anciens camarades, c'est-à-dire aux côtés des soldats algériens pour l'indépendance. D'où l'accusation de « complicité » pour le livre mis à l'index.
FAVRELIÈRE va voir défiler les morts, des potes parfois, dans la même lutte. « À la guerre, on perd toujours quelque chose. Parfois, c'est seulement la vie ». Il raconte sans vibrato le quotidien d'une armée de Libération nationale dans le maquis, les armes obsolètes ou piquées à l'armée « occupante », les soldats motivés et têtes brûlées, la chaleur, la barrière de la langue, l'ennui (heureusement pour certains il y a la picole, pour d'autres, parfois d'ailleurs les mêmes, la prière). On s'occupe comme on peut : « Mohamed s'éloigna, mais sans quitter le lit de l'oued. Il revint les mains pleines de petits cailloux blancs et de crottes de chameau. Il me fit comprendre qu'avec ces cailloux et ces crottes, nous allions jouer aux dames. Il dessina un damier sur le sable en faisant un trou pour chaque case, puis nous disposâmes les pions. J'avais choisi les cailloux, car je ne tenais pas à tripoter les crottes, bien qu'elles fussent très sèches et très dures ».
Les bivouacs, les traques, les peurs, les exactions, tout y passe. L'auteur commente tout ceci en version brute, sans recherche stylistique, de manière directe, lucide, parfois froide, distanciée. Ce témoignage est une arme, les récits de « métropolitains » de l'autre côté de la barrière existaient peu à l'époque, et pour cause. Car comme écrit plus haut, bouquin saisi 10 jours après sa parution. Ne pas laisser fuiter, ne pas laisser penser que de bons soldats français passent à l'ennemi de leur plein gré, de surcroît en embarquant un condamné à mort avec eux. Et ça se corse lorsque le récit se fait offensif, contre le patriotisme : « Au moment de partir, il ajouta en regardant Salem qui m'enveloppait le pied : ‘c'est bien la première fois que je vois un drapeau servir à quelque chose d'utile' ».
FAVRELIÈRE va passer en Tunisie, direction les Amériques, fin du livre. Pourquoi cette nouvelle évasion ? Seul le quatrième de couverture l'annonce : l'auteur a été condamné à mort deux fois dans son pays, il n'y revint que lorsqu'il fut innocenté, en 1966, mais le livre ne dit pas qu'il était entré une première fois clandestinement en France en 1963. Ce bouquin est en décalage par rapport à l'image collective que nous pouvons avoir de la guerre d'Algérie version outre-Méditerranéenne, il met en action la guerre côté colonisés, côté indépendantistes, ce qui était un poil dangereux à l'époque. le livre ne dit pas non plus que l'infatigable cinéaste militant René VAUTIER soutint FAVRELIÈRE. Témoignage implacable de cette période sombre, il est un pont original pour passer la mer Méditerranée, d'autant qu'il fut écrit presque au coeur du combat, alors que la guerre d'Algérie continuait de sévir. Il fut réimprimé (sans saisie) à plusieurs reprises, la dernière édition à ce jour étant celle de 2012, toujours aux éditions de Minuit où elle est par ailleurs toujours disponible.
https://deslivresrances.blogspot.fr/

Lien : https://deslivresrances.blog..
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chartel
  23 mars 2012
Pour célébrer, à leur manière, les cinquante ans de l'indépendance algérienne, Les Éditions de Minuit rééditent sept livres consacrés à cette tragique période de notre histoire. Mon choix s'est porté sur "Le désert à l'aube" de Noël Favrelière, qui offre la vision d'un humaniste sur la présence française en Algérie. Écrit en 1960 et tout de suite censuré par le pouvoir français, ce témoignage d'un officier français désertant son camp pour trouver refuge chez les fellaghas, permet de comprendre que si l'instinct grégaire et communautaire est souvent salvateur chez tout individu, il a son revers : l'exclusion de l'autre et la construction d'une altérité insécurisante. Noël Favrelière, loin de voir en chaque Algérien, un terroriste sanguinaire prêt à l'égorger, avait conscience de la légitimité du combat pour l'indépendance et savait que l'armée française ne s'attaquait pas à un ennemi cruel fantasmé, mais à des hommes épris de liberté et de dignité. En passant de l'autre côté, il découvre alors que tout un peuple soutien la cause des rebelles. Sa désertion est ainsi une libération. Ce « traître » à sa patrie pourra alors vivre une aventure non pas à contre-courant de l'histoire, mais en pleine harmonie avec son idéal.
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Cedpic
  23 mars 2019
Le témoignage saisissant d'un mutin de l'armée française qui a rejoint les insurgés algériens pour lutter contre le pouvoir colonial en place.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
chartelchartel   23 mars 2012
La femme qui tenait la librairie […] refusait de me servir. Tout ça parce que pensant qu’un sergent "béret rouge" ne pouvait qu’être de son avis, elle m’avait dit : « Avec ses salauds, on ne se sent plus chez soi », et que je lui avais répondu : « Mais, Madame, vous n’avez jamais été réellement chez vous ici. C’est un "chez vous" chez les autres.
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Video de Noël Favrelière (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Noël Favrelière
Algérie, Les Deux Soldats - Toute L'Histoire.
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