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EAN : 9782234079588
Stock (04/04/2018)
3.48/5   20 notes
Résumé :

« En 1924, déguisée en mendiante tibétaine, Alexandra David-Néel franchit en quatre mois mille huit cents kilomètres de forêts, fleuves, vallées profondes et hauts sommets entre Yunnan et Tibet pour arriver clandestinement à Lhassa, alors interdite aux étrangers.

À presque un siècle de distance, nous avons voyagé sur ses traces. En pleine mutation économique, touristique, uniformisatrice, la civilisation tibétaine est peut-être en train de dis... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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Suite à “ En descendant les fleuves”, beaucoup aimé, je retrouve le duo Christian Garcin (un de mes auteurs préférés) - Eric Fay, dans un nouveau voyage, toujours dans cette partie du globe, un peu plus au sud-ouest. À un siècle de distance le duo part sur les traces de l'exploratrice franco-belge Alexandra David-Néel, de Pekin à Lhassa, de Lhassa au Yunnan en 2015 et deux ans plus tard cette fois, dans le Qinghai, et aussi un peu dans le Gansu, ces deux régions de l'Ouest chinois englobant ce qui fut le pays d'Amdo.

Je ne connais pas Alexandra David-Néel, et ce livre m'a attirée à cause de Garcin, qui raconte avec beaucoup de verve et légèreté ses pérégrinations à travers le monde. Finalement c'est son voyage à lui qui m'a intéressée bien plus que l'exploit de Néel, bien que certainement plus intéressant vu l'époque et son statut de femme, ce dernier point cité, relatif aux circonstances. Ce que j'ai retenu de Mme Néel, à part son incroyable courage et ténacité, c'est Philippe son mari. Alors que la dame s'aventure dans des périples à haut risque à l'autre bout du monde, -première femme européenne à entrer à Lhassa-, non pour quelques semaines, mais des mois, voir des années, le mari de France, intervient à distance : assure la logistique de l'équipée, fait parvenir la manne financière –laquelle, malgré guerres, épidémies et contretemps, arrive toujours, ou presque, à destination.... Quel homme ce « Mouchy » ! Et l'auteur, coquin, qui sans l'air de faire des commérages, nous glisse des petits sous-entendus sur des détails recueillis sur Alexandra , à nous d'en juger....le photographe américain Rock, un ami, un intrus,...? Personne ne le saura.....Alexandra était encore sur les routes à 77 ans, lorsqu'elle décida de mettre fin à ses périples et de rentrer en France , elle vivra encore vingt-trois ans....

De ces voyages sort une image peu flatteuse du Tibet et du Yunnan, un pays et une contrée en perpétuel chantier de construction, ayant apparemment beaucoup perdu de leur authenticité grâce aux chinois pour le Tibet et au tourisme de masse chinois, pour l'ensemble. Encore une pensée pour Tiziano Terzani, "Le cheval de Troie est la modernisation".......Mais ces voyages sont intéressants en eux-mêmes, surtout que Garcin et Faye aiment voyager comme je l'aime, "....simplement marcher, nous emplir les yeux, les narines et les oreilles de sensations neuves, pas forcément intenses, souvent même assez ordinaires ; arpenter les rues et ruelles de lieux dont nous ne nous étions forgé aucune image préalable ; entrer dans des magasins, passer une heure ou deux dans un café ou salon de thé ; éprouver intensément le bel exotisme de la banalité ; croiser et regarder vivre des gens dont le quotidien, à la fois inimaginable et commun, se fond dans cet ailleurs qui nous demeurera, quoi qu'on fasse, à jamais inconnu et à peine effleuré."

Un livre passionnant grâce à la prose et les magnifiques photos sobres en noir et blanc, de Garcin et de Fay, le tout, épicé aux périples d'Alexandra, que demander de plus !

Je remercie les éditions Stock et NetGalley pour l'envoie de ce beau livre !

« Le monde est une fresque peinte sur le vide. »

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J'avais cet ouvrage sous le coude depuis un petit moment déjà (mai 2018 exactement, date à laquelle je l'ai fait dédicacer par Eric Faye à Samten Dzong, dernière résidence d'Alexandra David-Néel) me disant toujours : "je le lirai plus tard, je ne suis pas encore prête, je n'ai jamais rien lu de cette grande dame alors je vais m'y perdre etc, bref, toutes des excuses bidon pour retarder l'échéance et faire le premier pas en me plongeant dans la lecture de cet ouvrage qui m'a captivé. Originaire moi-même de Digne-les-Bains, j'ai eu l'occasion de me rendre à plusieurs reprises dans ce qui s'appelle dorénavant tout simplement "Maison Alexandra David-Néel) mais je n'ai jamais rien lu d'elle. Bien qu'elle me fascine, elle me fait un petit peu peur aussi. Devant celle qui a accompli plusieurs vies en une seule, celle qui a osé braver les interdits politiques ou religieux, celle qui s'est aventurée jusqu'au fin fond du Tibet m'intrigue et m'impressionne et je me dis qu, en tant que modeste lectrice, ses écrits ne sont pas à ma portée. Je me trompe probablement et je suis sûre que viendra le jour, où, comme avec cet ouvrage-là, j'oserais enfin...

Ouvrage à quatre mains, celle d'Eric Faye, que j'avais alors rencontré en 2018 et Christian Garcin, l'on se plonge à travers leur épopée sur les traces d'Alexandra David-Néel exploratrice. de Shigatsé à Gyantsé puis à Lhassa et bien d'autres encore, les auteurs essaient de se mettre à la place d'Alexandra David-Néel lorsqu'elle parcourut les rues de ces villes à une toute autre époque, lorsqu'il fallait ruser pour pénétrer dan certains endroits, ne pas craindre le froid et les maladies et tant d'autres choses encore. Ils démontent certaines contre fausses-vérités mais n'en démontrent pas moins qu'Alexandra David-Néel était bien une femme hors du commun, exceptionnelle avec ses failles probablement mais une femme dont le nom mérite bien d'être gravé dans L Histoire. Sur place, ils ont vu ce qu'est devenu le Tibet d'aujourd'hui, en pleine modernisation près de cent ans après l'exploratrice. Si cette dernière n'est pas la première Européenne à être entrée dans la ville de Lhassa, elle est la seule à l'avoir fait clandestinement, à une époque où cela était interdit, elle est la seule à avoir affronté des guerres civiles et tant d'autres choses encore qu'il serait impossible de le résumer en quelques lignes. Bref, Eric Faye et Christian Garcin ont voulu lui rendre hommage en se rendant là ou elle s'est rendu et si il n'y ont pas trouvé son fantôme, au moins nous donnent-ils à découvrir, à nous lecteurs ce magnifique témoignage.

Un ouvrage extrêmement bien écrit dans lequel je me suis parfois un peu perdue tant la situation politique et religieuse est parfois complexe au Tibet (avec la dominance chinoise, l'indépendance et les différents types de dalla-lamas) mais un voyage dans le temps et dans l'espace qui m'a permis de m'évader et d'essayer d'un peu mieux comprendre. Un ouvrage que je n'est pas lâché tant j'avais toujours envie d'en savoir davantage et que je ne peux que vous recommander !

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Avec les écrits de la grande orientaliste et exploratrice Alexandra David-Néel en tête, Eric Faye et Christian Garcin partent à la découverte de la Chine en se concentrant essentiellement sur les régions qui ont marqué le périple de la grande exploratrice. On y découvrira donc bien sûr le Tibet et Lhassa mais également la région du Qinghai et le Yunnan.

Ce récit de voyage fut très enrichissant. Par petits épisodes, on y (re)découvre la vie de cette femme au caractère fort qui fut la première femme européenne à entrer à Lhassa et qui créa un lieu fort avec Le Dalaï-lama. Cependant, Dans les pas d'Alexandra David Néel est surtout un récit où Eric Faye et Christian Garcin partagent leur périple et leur expérience. Loin du touriste luxueux, les deux auteurs voyagent proche de la population et c'est un réel plaisir à suivre en tant que lectrice. Un beau voyage qui donne clairement envie de faire son sac-à-dos et de partir à l'aventure.

Cependant, tout n'est pas beau. Ce récit est l'occasion de comparer le Tibet d'Alexandra David-Néel et le Tibet d'aujourd'hui. Les différences sont frappantes. Le Tibet a une situation géopolitique très complexe et ce récit ne suffit clairement pas pour tout comprendre. Sans rentrer dans les détails (car je suis loin d'être experte sur le sujet), le Tibet était une région plus ou moins autonome de 1912 à 1949 (arrivé de Mao Tse Toung au pouvoir en Chine). Depuis 1950, la Chine impose à cette région son occupation. Lors du voyage des deux auteurs, impossible de rater les militaires chinois qui paradent en nombre dans les rues.

Dans les pas d'Alexandra David-Néel est un récit de voyage fort enrichissant. Deux auteurs en quête de découvertes nous partagent leurs expériences et leurs découvertes d'un pays si complexe et en plein chamboulement.

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Il n'était pas du tout dans mes intentions de lire ce livre. Simplement, quand j'ai emprunté "Norilsk" de Caryl Ferey il se trouvait à côté. Et quand j'ai vu le nom d'Alexandra David-Néel, ma main s'en est aussitôt emparé.

Il faut dire qu'Alexandra et moi nous connaissons depuis longtemps. J'ai, en effet, beaucoup lu de et sur Alexandra David-Néel, y compris une BD magnifique. J'ai beaucoup d'admiration pour cette femme, son courage, son intrépidité, sa pugnacité. Mais elle a aussi ses défauts, bien sûr.

Eric Faye et Christian Garcin, tous deux écrivains, m'ont paru assez désabusés, déçus par cette région "altérée par la lèpre mercantile".

« Un siècle plus ou moins s'était écoulé » et rien n'était plus pareil. « Cette Chine en toc » ne faisait plus rêver avec tout ce tourisme de masse, ces smartphones omniprésents, cette folie de la construction.

Il faut mieux lire les écrits de la « femme aux semelles de vent » car, au moins, tout est encore authentique.

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Alexandra David-Néel, c'est un rêve de petite fille. Est-ce que j'arriverai à faire le tour de cette femme féminine, exploratrice du monde visible et invisible, aventurière de la première moitié du XXe siècle. C'est un mythe qu'Éric Faye et Christian Garcin nous font revivre entre le Tibet et le Yunnan. Les deux hommes ont voyagé en 2015 sur les pas d'Alexandra. En 1916, cette dernière se rend clandestinement à Shigatsé, la deuxième ville du Tibet. J'ai été désorienté par le temps et l'espace. Les deux hommes voyagent en train alors qu'Alexandra et son fils adoptif, Aphur Yongden, se déplaçaient majoritairement à pied. Même si les distances sont les mêmes, le temps lui s'étire auprès d'Alexandra et Aphur. le danger aussi les accompagnait, la maladie, les bêtes sauvages, le froid, la haute chaîne himalayenne. Éric et Christian reviennent sur le voyage qu'Alexandra entreprit en 1924. Durant ses différents séjours en Asie, elle a exploré, étudié, traduit, expérimenter les cultures. Elle a rencontré le 13e dalaï-Lama et le 9e panchen Lama des émanations de bouddhas.

Durant leur pérégrination en train, les deux hommes nous éclaircissent sur la géographie de cette partie du monde, de son histoire et de la mainmise de la Chine sur le territoire tibétain. Nous découvrons un pays sinisé et mercantile, une civilisation en décomposition et une nature dévastée par les projets pharaoniques du voisin chinois et le tourisme de masse. Malgré tout, des lieux saints continuent d'exister comme le mont Kailash. Les rites, les formules de prières sont conservés pieusement.

Dans ces pages, je découvre une femme d'une curiosité insatiable qui se rêve orientaliste. C'est une femme libérée des conventions misogynes. Elle est habitée par une force, un appétit intellectuel et spirituel. Dans ces pages, je marchais dans ses traces, réelles ou fantasmées. C'étaient mes pieds dans ses empreintes.

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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation

Shangri-la.....une succession de gargotes hétéroclites où des clients assis sur de petits tabourets jouent sur leur portable en mangeant des nouilles ; de boutiques dont les vendeurs jouent sur leur portable derrière leurs piles de Coca, Pepsi, bouteilles d’eau minérale « C’estbon », bières, yaourts à boire, viande séchée et friandises diverses ; d’autres où d’autres vendeurs jouent sur leur portable et proposent champignons séchés et herbes médicinales ; d’autres encore, très nombreuses, où l’on trouve sabres de toutes tailles et peignes en os (curieuse association) tandis que les commerçants du lieu jouent sur leur portable au fond du magasin ; et quelques restaus à touristes proposant pizzas et fondues tibétaines sous l’œil martial de Che Guevara, qui quant à lui n’a pas connu l’ère du portable et ne se demande même plus ce qu’il fait ici tant son portrait est décliné à toutes les sauces dans tous les lieux de la planète relevant du commerce global.

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En septembre 1995, dans le sud-ouest de la province du Jiangsu, dans la petite ville de Wuxi (« petite » à l’échelle chinoise, évidemment : 3,5 millions d’habitants aujourd’hui) dont les vieux quartiers sont parcourus de canaux et d’une multitude de ponts en échine de bête arquée, j’avais rencontré un guide du nom de Ma Jian. C’était un homme assez jeune encore (un peu plus âgé que moi mais à peine), qui parlait admirablement le français et aimait les jeux de mots. Je me souviens notamment d’une de ses devinettes : Quelle est la différence entre un professeur à la retraite et une hémorroïde ? Devant ma perplexité, il avait répondu : Aucune, car tous deux sortent du corps en saignant (enseignant). J’avais souri poliment au calembour, mais avais surtout été épaté par une telle maîtrise de la langue française, appliquée à des fins aussi triviales et assez peu susceptibles d’être enseignées en Chine. D’autant que, m’avait-il dit, il n’avait jamais mis les pieds en France.

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Coincée au milieu d’immeubles de béton austère, la mosquée de Pékin est une succession de temples tout ce qu’il y a de chinois, sans rien qui indique une quelconque touche musulmane, si ce n’est une inscription en arabe stylisé au fronton de l’un d’eux. Trois semaines plus tard à Dali, dans le Yunnan, nous verrons une église catholique qui ne se distinguera de n’importe quel autre temple chinois que par la présence d’une croix la couronnant. Les Chinois, on le sait, sont dans tous les domaines les rois de la contrefaçon. Ils sont aussi ceux de l’assimilation.

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La veille au soir, à Pékin,....nous étions restés assis à la terrasse d’un infâme bouiboui (infâme mais très bien situé), nous étouffant de raviolis à la farce rare et indéfinie, et de baozi, ces petits pains fourrés qui peuvent, à l’occasion, être délicieux –mais ceux-là ne l’étaient pas : bien que vaguement garnis d’épinards, ils appartenaient indéniablement à la catégorie « estouffe belle-mère », comme on dit dans le Sud.

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....nous avons embarqué un mardi soir à 20 heures : le Pékin-Lhassa, beaucoup plus récent celui-là, puisque le dernier tronçon entre Golmud et Lhassa a été inauguré en 2006.

Ce train n’est pas vraiment un train de luxe, mais il est célèbre au moins pour deux raisons : il s’agit de la ligne la plus haute du monde (il franchit le col Tanggula à 5 072 mètres) et la moitié du trajet entre Golmud et Lhassa est construite sur du permafrost, ou pergélisol ce qui constitue une prouesse technique non négligeable.

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Videos de Éric Faye (19) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Éric Faye
La Patagonie, terre de fantasmes, de fictions et de glaciers, est la destination choisie par Eric Faye et Christian Garcin dans "Patagonie, Dernier refuge" (Stock, avril 2021).
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