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ISBN : 2863747584
Éditeur : Fayard/Mazarine (17/01/2018)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 10 notes)
Résumé :
Buenos Aires, 2001. Quand sa mère disparaît à la porte d'une librairie, Lucien, 11 ans, part seul à sa recherche. Dans cette ville immense, il finit par se perdre et croise la route de Gaston, qui le prend sous son aile. Lucien devient Lucio et vit dans la clandestinité pour ne pas être envoyé chez son oncle en France. Premier roman.
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
hcdahlem
  13 février 2018
L'enfant perdu
À 11 ans, Lucien se retrouve livré à lui-même dans les rues de Buenos Aires. Pour ses débuts, Catherine Faye nous propose un roman d'apprentissage aussi exotique que prenant.
Lucien à onze ans. Venant de Paris, il débarque à Buenos Aires et commence à prendre ses marques dans sa nouvelle vie argentine. Après quelques jours, sa mère l'emmène se promener au centre-ville. Ensemble, ils entrent dans une grande librairie. Des livres du sol au plafond, mais aussi des attrape-souci, « de petites boîtes ovales bizarres, jaunes et recouvertes de signes avec des poupées minuscules à l'intérieur. «Quand tu as un souci, n'importe lequel, tu glisses une des petites poupées sous ton oreiller, tu le lui confies et le lendemain matin, quand tu te réveilles, plus de souci, il s'est envolé.»
Sauf que cette fois, ce n'est pas le souci qui disparaît mais la mère! Quand Lucien se retourne, il n'y a plus personne. Il a beau courir dans les rayons de la librairie, puis dans la rue, sa mère s'est comme envolée.
Après la vendeuse qui ne comprend pas ce qu'il veut et le jette littéralement dans la rue, Lucien va se retrouver bien en peine pour trouver de l'aide. Même la police est suspicieuse, tant et si bien qu'il lui faut désormais apprendre à se débrouiller seul. Pour trouver un abri, pour trouver de quoi manger, pour tenter d'élaborer un plan pour retrouver sa mère et pour éviter les dangers qui le guettent.
Sur ces pas, on va bien vite se rendre compte de l'énorme défi qu'il lui faut relever. Car aux angoisses et aux difficultés viennent s'ajouter des problèmes de santé inhérents à sa condition d'enfant de la rue.
« Je serais incapable de dire combien d'heures, combien de jours j'ai divagué, égaré entre deux eaux. La nuit et le matin ne faisaient qu'un, l'après-midi, la fièvre montait. J'avais l'impression de me noyer, puis je remontais à la surface, ballotté entre cauchemars et rêves, sommeils profonds et délires (…) je lâchais prise. L'ombre de ma mère, immobile, semblait me surveiller, je l'entendais fredonner, tantôt douce, tantôt méchante. Je tendais la main pour la toucher. Rien. Personne. »
Mais après quelques jours difficiles et fort d'une certitude nouvelle, «une voiture se répare, un rhume se guérit, une mère se retrouve», il va croiser le chemin d'une mercière prête à l'accueillir dans sa famille avec ses filles. Ariana, Anita, Solana.
C'est avec cette dernière qu'il va connaître ses premiers émois sexuels. «Je faisais quelque chose de défendu, je nageais entre deux eaux. Impossible de résister.»
Mais son initiation ne va pas s'arrêter là. Il va faire d'autres rencontres, plus ou moins heureuses. Il va aussi faire quelques rencontres qui vont lui ouvrir de nouveaux horizons. Et le mener à prendre sa vie en mains, plutôt que d'être ballotté par le destin. Pour cela trois bouteilles en plastique bleu et trois balles colorées devraient faire l'affaire. Il y aura aussi Arrigo le jardinier et la belle dame élégante qui pourrait bien la mener à sa mère…
Dans ce beau roman de formation, Catherine Faye a sans doute mis beaucoup plus d'elle qu'une lecture trop rapide peut le laisser supposer. Si, comme son Lucien, rebaptisé Lucio, elle a passé son enfance en Argentine, j'imagine qu'elle a aussi eu son jardin secret, son raconte-à-moi qui est l'antichambre de la littérature. À la manière de ces histoires qu'elle a pu s'inventer, qui n'étaient belles que si elles faisaient un peu peur, elle nous offre un suspense initiatique servi par un bel imaginaire, magnifié par ses souvenirs d'enfance et conclu par une fin qui vous surprendra. Bref, tout pour nous séduire.
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coquinnette1974
  28 décembre 2017
Merci à net galley et les éditions Fayard (Mazarine) de m'avoir envoyé en avant première L'attrape-souci de Catherine Faye.
Nous sommes en 2001, à la fin de l'année, un peu après le 11 septembre. La maman de Lucien a emmené le jeune garçon de 10 ans avec elle dans la capitale de l'Argentine. Lucien est en train de regarder de petites boîtes (que sa maman appelle un attrape-souci) dans une librairie quand soudain elle disparaît ! Lucien qui très vite se fait appeler Lucio, se retrouve à errer dans la ville, seul, ou presque, car il rencontre de nombreuses personnes, plus ou moins bien attentionnées.
Réussira t'il à grandir et se construire sans mère ? Et va t'il la retrouver ?
L'attrape-souci est un roman très dur qui nous emmène dans une Argentine très pauvre, jusque dans les bidonvilles, mais aussi parfois dans les quartiers riches, loin de la pauvreté !
Lucien / Lucio est un petit garçon terrifié, touchant. Comme lui on ne comprend pas comment sa mère a pu l'abandonner ainsi, lui un petit français, dans une ville inconnue à des milliers de kilomètres de Paris ! Lucio a peur, il ne veut surtout pas être renvoyé en France sans sa maman chez son oncle, un homme qui lui fait peur.
On comprend peu à peu pourquoi sa maman a fait ça, on s'en doute mais c'est dur quand la vérité éclate pour le petit garçon.
L'attrape-souci est un roman très touchant, bien écrit. Certaines scènes sont assez dures mais cela ne m'a pas dérangée car ce n'est pas de la violence pour la violence, ça s'inscrit dans l'histoire, et c'est nécessaire pour que le roman soit aussi réussit.
J'ai beaucoup aimé les personnages, sauf la maman évidemment ! Elle, on lui souhaite le pire, il est difficile de l'excuser.
J'ai aimé l'ambiance, et même si ce roman remue, il est vraiment réussi.
Je mets quatre étoiles et demie à L'attrape-souci, que je invite à découvrir à votre tour.
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Virginie_Vertigo
  19 février 2018
Buenos Aires vers Noël 2001. Lucien a 11 ans et passe ses vacances avec sa mère originaire d'Argentine. Ils flânent dans une librairie. Lucien découvre les attrape-soucis, de petites poupées qu'on glisse sous l'oreiller pour se réveiller sans problèmes. Alors qu'il s'apprête à en choisir un, sa mère disparaît. Cruelle ironie !
Livré à lui-même, Lucien part à sa recherche dans toute la ville en s'aidant du maigre espagnol qu'il possède. Sur le chemin de sa quête, il croise une multitude de gens d'horizons variés, des bas-fonds de la ville aux quartiers chics à la périphérie. Si Lucien, qui devient Lucio, échappe à quelques mauvais tours, la plupart des gens lui apporte une aide temporaire, bienveillante, discrète. Que ce soit avec le sans-domicile fixe Gastón, les prostituées comme Ariana, le jardinier Arrigo, les rencontres sont déterminantes, pleines d'humanité sous la rudesse des apparences. Ces petites gens qui luttent pour s'en sortir n'ont pas le temps, ne peuvent se permettre de s'apitoyer sur eux et sur les autres. Ils ne posent pas trop de questions mais aident tout en faisant prendre conscience à Lucio qu'il doit trouver lui-même les moyens de sa survie. Lucio, de toute façon, ne veut pas révéler sa situation de peur d'être renvoyé en France.
Catherine Faye nous offre un très beau roman d'apprentissage. Lucio progresse au fil des rencontres dans sa quête mais surtout dans la découverte de lui-même. J'ai été émue par ce petit bonhomme au courage immense, à la recherche désespérée d'une mère qui ne lui a pourtant pas apporté beaucoup d'amour et d'attention. Une forme de violence finit par se libérer avec la rencontre avec Adela, une forme de nouvelle figure maternelle. Nous trouvons dans cette violence contenue les prémisses de l'adolescence, l'intégration des codes de survie dans un milieu difficile et surtout un manque cruel d'amour. J'ai eu une envie folle de serrer ce petit bonhomme dans mes bras surtout avec une fin aussi bouleversante. Lisez-le !
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Laurie_lucas
  22 février 2018
J'ai été profondément remuée par ce roman. Touchée en plein coeur par ce petit garçon qui n'a rien demander à personne et doit pourtant subir les mauvais côtés de la vie. Un petit garçon perdu qui recherche sa maman… Un petit garçon touchant devenu si débrouillard par la force des choses. Autant vous dire que mon coeur s'est serré un bon nombre de fois.
Dans ce roman écrit à la première personne, Lucien nous raconte son histoire. le fait qu'il s'agisse d'un enfant apporte une petite touche de fraîcheur, de douceur dans un univers plutôt sombre. Il interprète certaines choses de son environnement avec des yeux, des pensées ou même des mots d'enfants. Les voir de mon regard d'adulte n'a rendu ma lecture que plus poignante encore. D'autres personnages m'ont marqué, touché au fil des pages. Un en particulier mais dont je ne parlerai pas ici. Je vous laisse le découvrir, les découvrir tous.
Entre les pages de ce livre il y a beaucoup de détails, de descriptions ou encore d'informations. J'ai été transportée à Buenos Aires avec Lucien et les autres personnages. Transportée dans les bons mais aussi les mauvais moments. Bidonville, violence, pauvreté, prostitution, l'auteure dépeint la face sombre et si vrai d'une ville d'Argentine.
Catherine Faye nous montre la réalité de certaines vies, sans fard, telle qu'elles sont vraiment. Elle nous montre la générosité de ceux qui n'ont pourtant rien. Elle nous montre aussi l'égoïsme d'autres personnes qui ferment les yeux, ou pire, face à Lucien, face à sa souffrance.
Cette chronique n'a pas été évidente à écrire, tant les mots se bousculent. J'ai été touchée, émue par ce petit garçon et son histoire. Ce premier roman est très bien réussi et m'a fait ressentir des tas d'émotions parfois si contraires. Je n'oublierai pas Lucien de sitôt.
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violaine124
  30 janvier 2018
Certains livres, tu ne sais pas pourquoi mais ils t'embarquent dans un monde unique et particulier et c'est seulement quand tu en ressors que tu comprends ce que tu viens de vivre.
L'attrape-souci te fait et tient cette promesse-là par le biais de son personnage principal Lucien / Lucio (pour coller plus à la réalité des prénoms argentins bien sur).
Lucio perd sa maman dans une grande ville qu'il ne connaît pas. Ils venaient de découvrir l'existence des attrape-soucis dans une librairie et depuis c'est un peu le néant. Il cherche sa maman partout, en vain.
Au détour de ses recherches, il rencontrera des hommes et des femmes qui le feront murir. Lucio n'a que 11 ans mais déjà il doit affronter la VIE. Certains lui donneront tout pour l'aider, même ce qu'ils n'ont pas.
Je n'ai pas retenu tous les noms, tous les métiers des gens croisés par Lucio, cela ne vous en apprendra pas plus sur la profondeur du livre. Il faut surtout que vous gardiez l'oeil et l'esprit ouvert pour voir entre les lignes.
Lucio vous fera vagabonder, creuser, chercher, vous émerveiller, pleurer, rire, douter et ressentir de l'espoir.
C'est un petit garçon qui a beaucoup grandi au fil de l'histoire, cela fait partie des éléments que je retiens.
Ce que j'ai encore plus en mémoire c'est la capacité d'adaptation de l'humain à toutes situations. Que ce soit un enfant ou un adulte, on a tous des ressources insoupçonnées et les obstacles rencontrés nous façonnent et donnent le ton pour l'avenir lorsque cela survient jeune notamment.
A travers l'histoire de Lucio, c'est chacun de nous qui est invité à se reconnecter à ses convictions profondes. L'attrape-souci est un objet dans lequel chacun mettra ce qu'il veut mais pour Lucio je pense que son inconscient l'a aidé...
L'attrape-souci c'est la métaphore de nos vies, c'est un peu le doudou que le très jeune enfant ne veut pas quitter et dans lequel il a tout mis, ses peurs, ses angoisses, ses bonheurs, ses joies...
Pour saisir toute la sensibilité et la profondeur du message transmis par l'auteur il m'a fallu arriver vers la fin. Non pas que le reste de l'histoire ne transmet rien. En fait, j'étais tellement dans la peau de Lucio que j'avais les mêmes attentes que lui et la fin m'a donc fait le même effet qu'à lui...et puis est venu ensuite, comme une nouvelle porte qui s'ouvrait, la compréhension !
C'est une belle lecture, j'ai beaucoup aimé le personnage de Lucio car il évolue au fil de l'histoire et nous fait vivre des émotions très variées ce qui rend d'ailleurs le livre dynamique aussi dans son rythme et dans l'empathie ressentie. Et puis un personnage principal comme Lucio c'est l'assurance de partir au pays de l'enfance avec toute la magie, l'innocence et la spontanéité que l'on peut y trouver !
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Laurie_lucasLaurie_lucas   22 février 2018
Du courage, voilà ce qu'il me fallait. Trouver la force. Je devais à tout prix la retrouver, avancer, traverser en faisant attention, changer de quartier, foncer dans les coups de klaxons déchaînés, me boucher les oreilles, essayer de ne pas avoir peur, aller tout droit, retraverser, tourner au coin d'une rue, continuer. Je me perdais, je paniquais. Je marchais sous le crachin, tout seul, dans une grande ville, et tout le monde s'en fichait, les gens avaient autre chose à penser, ne pas perdre leur boulot, ne pas se faire attaquer dans leur voiture par ces pauvres qui crevaient de faim, rentrer chez eux.
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hcdahlemhcdahlem   13 février 2018
Les petites boîtes se ressemblaient toutes, je n’arrivais pas à me décider, je les trouvais mal taillées, trop plates, pas assez colorées, j’en aurais voulu qui soit parfaite. Je les dévorais des yeux, sans oser les toucher, encore moins les ouvrir pour voir dedans. D’un coup, j’ai su laquelle j’allais prendre, j’ai souri, je me suis retournée pour faire signe à ma mère. De là où j’étais, je ne la voyais pas, j’ai tendu la main pour la saisir, mais j’ai eu peur que la libraire ne pense que j’allais la voler, alors, je l’ai reposée, j’ai regardé de tous les côtés et je me suis dirigé vers la sortie, les mains vides. Sauf que, dehors, personne. Elle avait disparu.
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hcdahlemhcdahlem   13 février 2018
J‘avais mal dans le bas du ventre, là où on m’avait opéré. Au bout d'un long moment, ça s’est calmé. Tout doucement, il m'a collé une tasse brûlante entre les lèvres et m'a fait boire un liquide qui ressemblait à du feu. A bout de force, je me suis laissé glisser entre ses jambes, ma joue posée sur sa cuisse, ça empestait les chaussettes. Je me suis agrippé à lui et je me suis endormi, brusquement, profondément.
Je serais incapable de dire combien d'heures, combien de jours j'ai divagué, égaré entre deux eaux. La nuit et le matin ne faisaient qu’un, l’après-midi, la fièvre montait. J’avais l'impression de me noyer, puis je remontais à la surface, ballotté entre cauchemars et rêves, sommeils profonds et délires. De temps à autre, Gaston me mouillait les lèvres avec une éponge qui sentait l'essence, me grattouillait les cheveux. Je me laissais faire, je lâchais prise. L’ombre de ma mère, immobile, semblait me surveiller, je l'entendais fredonner, tantôt douce, tantôt méchante. Je tendais la main pour la toucher. Rien. Personne.
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hcdahlemhcdahlem   13 février 2018
Il devait être cinq heures, l’air était doux, l’ombre violette des jacarandas recouvrait la rue et les caniveaux, elle était entrée dans une librairie. Des passages étroits s’enfonçaient entre les présentoirs en désordre et les étagères penchées, débordantes de livres. Un vrai château de cartes. Dans un coin, un étalage de petites boîtes ovales bizarres, jaunes et recouvertes de signes – des croix, des flèches, des yeux –, j’étais fasciné. Ma mère s’était approchée. Elle m’expliquait qu’à l’intérieur il y avait des poupées minuscules, indiennes. D’Amérique du Sud, pas des États-Unis, ni des Indes, c’est ce qu’elle m’avait dit.
– Donc, vois-tu, quand tu as un souci, n’importe lequel…
Elle avait laissé un blanc.
– … tu glisses une des petites poupées sous ton oreiller, tu le lui confies et le lendemain matin, quand tu te réveilles, plus de souci, il s’est envolé.
– Il y en a beaucoup, des poupées, dedans ?
– Sept, des petits messieurs pour les soucis au masculin et des petites dames pour les soucis au féminin.
En détournant la tête, elle avait ajouté :
– Et un petit enfant aussi, pour le souci… qui n’en est pas vraiment un.
– Je peux en avoir un d’attrape-souci ?
– Lucien ! Exprime-toi correctement ! Tu dois dire : Pourrais-je en avoir un, s’il te plaît, maman ?
Elle me reprenait tout le temps. Il fallait que je parle comme il faut, surtout devant les autres.
– Fais attention quand même ! Et tiens-toi droit.
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hcdahlemhcdahlem   13 février 2018
Je l’ai perdue comme ça. C’était l’après-midi. Nous avions déjeuné dans un bistrot à étages de Palermo, en sortant, il avait encore fallu faire les magasins. Depuis notre arrivée à Buenos Aires, nous n’arrêtions pas de marcher et d’entrer dans des boutiques. Je ne comprenais pas grand-chose à ce que nous étions en train de faire, on était partis de Paris, comme ça, très vite et très loin, en plein mois de décembre, des vacances ou alors une autre vie. Elle avait décidé de m’emmener dans la ville de son enfance, une enfance de rêve, c’est ce qu’elle me répétait. C’était juste après l’attentat des tours jumelles. 2001, une drôle d’année.
Je me souviens de ses sandales à talons compensés, elle se tordait les chevilles sur les trottoirs cabossés, me tirait par la main, on manquait de tomber tous les deux. Je les vois encore, ses sandales, parce qu’à chaque fois qu’elle les mettait elle me demandait si elles lui allaient, en se tournant dans tous les sens devant le miroir. Elles avaient une bride rouge, fine, on aurait dit un bracelet autour de ses pieds. J’aimais m’amuser avec, faire et défaire la boucle quand elle dormait et que je m’ennuyais. Elle aimait mettre des talons, ma mère, même si elle était grande. Elle disait que l’élégance, c’est de donner l’impression qu’on va s’envoler. Et moi, j’avais peur.
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