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ISBN : 2072755050
Éditeur : Gallimard (06/06/2019)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 96 notes)
Résumé :
Je vais vous raconter comment l'Empire est mort. L'Empire de Bohen, le plus puissant jamais connu, qui tirait sa richesse du lirium, ce métal aux reflets d'étoile, que les nomades de ma steppe appellent le sang blanc du monde. Un Empire fort de dix siècles d'existence, qui dans son aveuglement se croyait éternel. J'évoquerai pour vous les héros qui provoquèrent sa chute. Vous ne trouverez parmi eux ni grands seigneurs, ni sages conseillers, ni splendides princesses,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (54) Voir plus Ajouter une critique
boudicca
  03 avril 2017
Après une récente incursion dans la littérature jeunesse avec « La voie des oracles », Estelle Faye nous revient cette année avec un roman plus adulte publié par Critic et lorgnant davantage du côté de la dark-fantasy. Et me voilà bien embêtée, car si j'ai jusqu'à présent toujours été séduite par les textes de l'auteur, je suis beaucoup plus mitigée dans le cas des « Seigneurs de Bohen ». le roman dispose pourtant de solides atouts, à commencer par un univers intéressant et sortant incontestablement des sentiers battus. D'abord parce que l'auteur s'inspire avant tout de la civilisation slave, ensuite parce que le degré de technologie est ici plus élevé que d'ordinaire (des chefs de guerre utilisent la poudre au combat, l'imprimerie en est à ses débuts mais commence à se développer...) le bestiaire est lui aussi plutôt bien étoffé, chose à laquelle j'ai toujours été particulièrement sensible en fantasy. Ashrays (homme d'eau), div, vodianoïs, goules, golems, vives, vouivres... : voilà un petit aperçu des créatures plus ou moins dangereuses mises en scène ici avec succès. La plume de l'auteur est quant à elle toujours aussi agréable et donne naissance à des scènes au grand pouvoir évocateur que je garderais certainement en mémoire bien après ma lecture (la première expérience de Maëve sur le trône de l'Impératrice ; l'expédition de Lantane au phare d'Ankouan ; la rencontre entre Sainte-Etoile et la cartomancienne...)
On doit aussi à Estelle Faye de belles trouvailles en matière d'intrigue, qu'il s'agisse des Vaisseaux Noirs et de la manière dont l'Impératrice s'y prend pour les maintenir à distance des côtes, ou encore de la magie utilisée par Janosh et Wens. Je suis malheureusement moins convaincue par le reste du récit, à commencer par tout ce qui à trait à cette fameuse révolution lancée contre l'Empire. Malgré ses six cent pages au compteur, le roman survole en effet avec une rapidité parfois déconcertante des événements cruciaux dont la narration est expédiée en à peine quelques pages. Difficile dans ces conditions de se sentir véritablement investi dans le récit qui en vient même parfois à perdre de sa cohérence (le cas de la petite Sigalit, bombardée presque du jour au lendemain chef d'un mouvement de résistance clandestin, est notamment très gros à avaler). Si le roman se focalise aussi peu sur l'avancée de cette révolution, c'est surtout parce que l'auteur s'attarde beaucoup (trop) sur la romance entretenue entre certains de ses personnages. Je n'ai jamais rien contre les histoires d'amour, mais seulement si elles ne prennent pas une place démesurée au dépend du reste de l'intrigue... or c'est justement le cas ici. le côté « romance » n'est d'ailleurs pas très en phase avec l'étiquette « dark fantasy » accolé au roman par l'éditeur, un problème marketing qui devient décidément récurrent ces derniers temps (il serait temps de comprendre que comparer un auteur à des mastodontes du genre n'est absolument pas lui rendre service et fausse au contraire les attentes du lecteur... )
Pour ce qui est des personnages, j'ai été particulièrement sensible à ceux qui n'occupent pas le devant de la scène : la morguenne des Havres capable de jouer avec le vent ; la Soeur de l'épée cherchant à résoudre le mystère de la disparition des enfants de la région ; la vouivre capitaine de navire... Je serais plus nuancée en ce qui concerne les protagonistes auxquels j'ai moins accroché, à l'exception notable de Sainte-Etoile et de son « monstre » Morde (à propos duquel j'aurais d'ailleurs bien aimé avoir davantage d'explications). Maëve, elle, est beaucoup trop obnubilée par ses affaires de coeurs (même si j'ai été sensible à son attrait pour l'aventure et l'océan) ; Sorenz et Wens sont trop « parfaits » et ont des comportements parfois difficiles à trouver plausibles ; quant à Janosh, le personnage est effectivement prometteur mais pas assez développé pour suffisamment capter l'intérêt du lecteur. Enfin, j'avoue avoir été assez gênée par le côté « romance gay ». Entendez-moi bien, je n'ai aucun problème avec les relations homosexuelles et je trouve même plutôt positif qu'un auteur cherche à inclure davantage de diversité dans ses romans. Seulement dans le cadre qui nous est décrit ici cela ne colle tout simplement pas : on est censé être dans une société qui désapprouve ce genre de comportement et pourtant un nombre incalculable de personnages tombent au premier regard sous le charme d'une personne de même sexe, sans en être surpris une seule seconde et sans chercher à vraiment s'en cacher (cela peut sembler secondaire mais j'avoue que cela m'a sorti à plusieurs reprises du roman).
Lecture en demi teinte, donc, pour « Les Seigneurs de Bohen » qui dispose d'un univers certes intéressant porté par une belle plume mais dont l'intrigue aurait gagné à se focaliser davantage sur cette histoire de révolution au lieu de s'attarder autant sur les émois des protagonistes. Nul doute que le roman trouvera son public, simplement je n'en fais cette fois pas partie.
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Apophis
  08 mars 2017
A la place d'une Dark Fantasy « épique et spectaculaire », Estelle Faye vous propose en fait une Paranormal Romance évitant de façon maniaque toute scène d'envergure
La quatrième de couverture parle de « roman de dark fantasy spectaculaire et épique, dans la lignée de Joe Abercrombie ou de Glen Cook », mais on se retrouve en réalité avec de la Paranormal Romance Gay d'une grande mièvrerie et qui, au mépris de l'aspect Flintlock également présent, fait passer au troisième plan la Révolution qui est supposée être au coeur de l'histoire au profit des transports amoureux des protagonistes (et d'un message social contre les intolérances / pour la liberté sexuelle et la libération de la femme -notamment sur le plan professionnel-). Deux des personnages principaux, loin des codes de la Dark Fantasy, sont d'ailleurs des Bishōnen (hommes d'apparence délicate, androgyne, voire carrément féminine) sortis tout droit d'un manga / anime. Si vous pensez que la Dark Fantasy peut s'accommoder de personnages mercenaires au teint de rose et aux cheveux soyeux, dépourvus de la moindre cicatrice, au mépris des codes du genre qui privilégient les protagonistes patibulaires et burinés, allez-y, sinon, fuyez.
Bref si l'aspect « dark » est en effet présent, il est trop noyé dans des éléments qui ne correspondent pas aux codes du genre pour remporter l'adhésion des puristes. L'aspect épique et spectaculaire, vanté lui aussi par la quatrième de couverture, je le cherche encore (en même temps, avec des batailles réglées en quelques lignes lapidaires…), tout comme le magicbuilding, aux abonnés absents (ce qui, vu la présence très importante d'éléments surnaturels, est un comble). L'impression d'ensemble est celle d'un livre peu maîtrisé (avec de grosses incohérences en terme d'intrigue et de worldbuilding), relevant globalement plus du Young adult que de la Dark Fantasy pour adultes : autant dire qu'on est très loin de la comparaison fantaisiste avec Cook et Abercrombie, de grands écrivains maîtrisant avec brio leur sujet. le soin quasiment maniaque avec lequel l'autrice évite toute grande scène potentiellement immersive, spectaculaire ou épique est juste extraordinaire. Ce qui n'aurait pas posé de problème si ce roman avait été présenté comme intimiste, et pas comme « épique et spectaculaire » : là, il y une discordance absolument énorme entre le marketing et la réalité concrète.
Le seul intérêt que je trouve à ce livre est une atmosphère fantastique très agréable, des influences slaves qui le démarquent du tout-venant de la fantasy francophone, et bien entendu la présence de canons et d'armes à feu, ainsi que le contexte Révolutionnaire, qui l'inscrivent dans le mouvement Flintlock Fantasy. Toutefois, dans chacune de ces catégories (ainsi, bien entendu, qu'en Dark fantasy), vous pouvez trouver largement mieux, surtout si vous lisez l'anglais. Si vous êtes intéressé par une exploration au travers d'un prisme Fantasy de la Révolution, on vous conseillera plutôt de vous tourner vers McClellan ou Wexler, nettement plus pertinents (le second proposant également une romance gay autrement plus intéressante). Pour l'aspect civilisation slave + mousquets / canons + magie, les anglophones auront tout intérêt à aller plutôt vers Bradley P. Beaulieu. Enfin, pour de la Fantasy Gay-friendly, préférez Rien que l'acier de Richard Morgan, incomparablement plus solide.
Bref, un livre qui se destinera essentiellement au fan de l'autrice, au novice en Fantasy, au lecteur de Young Adult ou de Paranormal Romance, ou au lecteur non-anglophone. le fan de Cook, d'Abercrombie et de Dark Fantasy / Fantasy épique ira, lui, voir ailleurs si l'herbe est plus verte (et elle l'est).
Ce qui précède n'est que la conclusion / le résumé de ma critique : retrouvez l'argumentaire et l'analyse complète sur mon blog.
Lien : https://lecultedapophis.word..
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bran_601
  20 mai 2017
"Un roman de dark fantasy spectaculaire et épique, dans la lignée des oeuvres de Joe Abercrombie ou de Glen Cook " en définitive si l'on peut considérer que le dernier roman d'Estelle Faye entre bien dans la catégorie de la dark Fantasy il n'a en revanche rien de spectaculaire, rien d'épique mais surtout ne s'apparente en aucune manière à un roman de Joe Abercrombie de près comme de loin.
Sincèrement c'est une terrible désillusion que ces seigneurs de Böhen et il en ressort une déception non moins aussi forte que l'attente fébrile qui en aura précédé la lecture.
Déjà le scénar, en fin de compte je crois que je n' ai rien pané du tout, que ce soit les justifications de cette révolution qui couve, les motivations des différents personnages, c'est clairement très confus et parfois précipité quand il s'agit d'accélérer le rythme du récit pour faire avancer les choses, car sa patine grave. Au niveau de l'action et de l'épique on est quasiment au niveau du zéro absolu, sur ce plan il ne se passe pour ainsi dire rien ou si peu.
Honnêtement j'ai vraiment le sentiment que l'auteure a clairement privilégié l'aspect romance-drama à tout le reste, à la limite le reste ce n'est qu'un background pour Estelle Faye même, une simple toile de fond car tout réellement tourne autour des sentiments et des pulsions sexuelles des personnages.
Personnages qui ont en commun la même attirance vers d'autres personnages du même sexe, et si la chose me fait sortir de ma zone de confort, je n'ai pas trouvé non plus que les relations qui en découlaient transpiraient d'authentisme.
Seigneurs de Böhen est selon moi un livre mal vendu par l'éditeur, qui risque de décevoir car en définitive il n'aura pas trouvé son vrai public cible.
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Xian_Moriarty
  17 mars 2017
Un roman sympathique.
J'avoue qu'il y a beaucoup de choses à dire sur ce roman. Je pense que je vais en oublier, mais j'ai passé un bon moment de lecture. Sa lecture était étrange, par ailleurs, parce qu'en découvrant les personnages, j'avais l'impression de revoir l'autrice, aux Imaginales 2016, clamer haut et fort ce qu'elle voulait dans les romans de fantasy, surtout en ce qui concerne les femmes. Bref, Estelle Faye l'a dit et Estelle Faye l'a fait.
Je crois que le premier point fort de ce livre, c'est son univers. Et cré vingt'dieux que j'aurai voulu en savoir plus ! Ce n'est pourtant pas mon genre de me plonger dans les univers, mais l'autrice parvient à parfaitement jouer avec les mentalités de son propre monde. Bref, elle développe parfaitement bien « l'univers mental » des protagonistes. Cela donne de la force à l'ensemble et permet de bien appréhender certaines aspirations ou mêmes actions.
De plus, elle offre des régions variées avec des éléments sociétaux très différents. Parfois, l'on ressent beaucoup les influences (la comparaison entre les Juifs et les Essenes). Ceci dit parfois, cette proximité m'a un peu gâché le suspense (j'ai très vite compris ce que le duo Wens/Janosh ferait lors de l'affrontement final).
Mais j'aurais tellement voulu en savoir plus sur la Magie et les divers magiciens. En effet, j'avoue avoir été un peu déçu de ce côté-là. Surtout que, c'est même perturbant de le dire, j'aurai voulu plus de personnages masculins pour aborder ce domaine. Pourquoi les changeforme ne semblent-ils venir que de la steppe par exemple ?
Le second point fort de ce roman, ce sont ces personnages. Je pense franchement qu'il y en a pour tous les gouts. On sent la volonté de l'autrice de mettre en avant les personnages féminins, mais aussi des gens d'horizons et de croyances différents. Sans parler des sexualités.
Elle propose une belle palette où chacun trouvera son bonheur et son perso à détester.
Personnellement, j'en dirais pas forcément plus, mais mon personnage préféré meurt ! Merci ! Ca change de d'habitude lol ! Sinon, j'avoue une affection particulière pour l'Empereur ou encore pour Sorenz (probablement l'être le plus complexe de l'histoire ; ce héros de byline… Illya Mouromets, sort de ce corps !). Mais aussi pour Sélène. J'avoue par ailleurs avoir beaucoup aimé le traitement de ce personnage tertiaire. Dans un premier temps surtout évoqué par son frère, on se rend vite compte qu'il nous en donne une mauvaise vision, par affection fraternelle. Bref, j'ai adoré cette femme.
Ah puis la petite, Sigalit ! Une super évolution de ce personnage ! C'est pour moi le personnage le plus porteur d'espoir.
Par contre, j'avoue avoir eu plus de mal avec Maëve. Bien que ses rêves et aspirations puissent être les miens, je n'aime pas forcément sa mentalité. Surtout que je l'ai pris en grippe dès le début avec sa manière de s'apitoyer « non, mais je suis moche et une mauvaise morguenne, bref je suis imparfaite, et Lantane, ma copine est belle, forte, parfaite ». Argh ! Et dire que toutes les nanas qu'elle croise ont envie de coucher avec elle… Pffff des baffes se perdent. Et c'est dommage, car Lautane est bien plus intéressante, mais n'est qu'un personnage tertiaire.
Au final, dans la palette, la figure principale de Saint-Etoile parait parfois un peu fade. Avec Morde, il forme un super duo (ou pas), mais j'aurais tellement aimé le voir plus en scène. Je trouve qu'il se perd un peu trop dans sa romance. Et puis, la fin nous laisse tellement d'espoir de le voir de nouveau en action…
Mais quoi qu'il en soit, rendons à Estelle Faye ce qui est à César, tous les personnages subissent des évolutions et ne restent pas figés. Et c'est cool.
C'est un peu moche à dire, mais au final, la moins bonne chose dans ce livre, c'est l'histoire. Et pourtant, elle est bonne. Mais elle reste, d'une certaine manière, assez classique avec l'effondrement d'une époque.
Pourtant, j'ai été prise par les destins des personnages pour la conquête du pouvoir, de la liberté (aussi bien physique que sexuel) ; la volonté de faire s'effondrer les mensonges qui ont bâti un empire ; comment mettre à bas une religion qui oppresse et cherche à reprendre la main…
Souvent, il y a des échos à ce que l'on vit actuellement. Et souvent, je me disais que j'aimerais être un tel ou une telle pour faire aussi chaviré mon monde.
Cependant, j'ai trouvé que le rythme du récit est un peu mou, manque un peu de dynamisme. de plus, j'aurai aimé plus de choses « épiques ». Mais heureusement, la plume – superbe — de l'autrice fait couler les destins avec la douceur d'un ruisseau.
Bon, après, même s'il y a des petits défauts cachés à droite à gauche, le roman se laisse dévorer sans soucis.
Bref, j'ai passé un très bon moment avec ce roman très riche. Peut-être un peu trop pour un seul tome d'ailleurs (et même si c'est un gros bébé de 600 pages). Et surtout, on ne peut que louer l'autrice qui prouve qu'on peut faire de la bonne fantasy en incluant de la diversité (sur tous les points). J'espère ce que c'est le premier pas vers une fantasy plus riche de ses différences et hors des sentiers plus qu'éculer depuis des lustres.
À découvrir.
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celindanae
  27 février 2017
Avec Les Seigneurs de Bohen, Estelle Faye change à nouveau de genre avec cette fois un roman de fantasy adulte avec un univers original non marqué par un contexte historique. le roman se situe dans le monde de Bohen dont une carte nous est fournie au début du livre. L'empire de Bohen a fondé sa richesse sur le lirium, un métal et règne depuis très longtemps et bien entendu pas dans la plus grande justice. le roman va raconter la fin de cet empire au travers de plusieurs personnages: Sainte-Étoile, l'escrimeur torturé, Maëve, la sorcière et Wens, le clerc de notaire injustement condamné. D'autres personnages vont graviter autour de ces 3 personnages principaux et prendre énormément d'importance: Sorenz ab Abahaín, mercenaire révolutionnaire, Sigalit jeune couturière et Janosh un mage Essène. Tous ces protagonistes vont avoir un rôle dans la chute de l'empire à leur manière, même s'ils n'étaient pas destinés à devenir des héros. Les personnages d'Estelle Faye sont réalistes, humains, avec leurs défauts, leurs qualités et leurs désirs, simples et complexes à la fois comme l'est tout être humain et surtout extrêmement attachants. Ces personnages sont un des gros points forts de ce roman.
Pour raconter l'histoire de ces personnages et de la révolution au sein de l'empire de Bohen, Estelle Faye a choisi une narration éclatée, changeant de narrateurs parfois au sein d'un chapitre ou s'attardant un peu plus sur un des narrateurs pendant quelques chapitres. Cette narration correspond parfaitement au récit et donne un certain dynamisme à l'histoire. J'ai beaucoup aimé également les interludes présents entre quelques chapitres où l'on retrouve le personnage de Ioulia La Perdrix. Ils permettent de recentrer la trame générale du récit. Même si l'importance accordée à chaque personnage n'est pas la même dans le récit, les personnages sont tellement attachants qu'on prend plaisir à les retrouver et qu'on tourne les pages sans s'en rendre compte.
L'univers des Seigneurs de Bohen est aussi un des aspects à souligner de ce roman, il est très riche et original. On est dans de la fantasy mais l'auteure arrive à s'approprier le genre et à créer un univers nouveau et varié rempli de mystères: qui sont vraiment les Wurms, qui dirigent les vaisseaux noirs? Chaque région du monde a des croyances différentes et les noms des mythologies qui les régissent sont tous disparates, on trouve par exemple des vodianoïs dans les marécages. Ces créatures surnaturelles et les paysages dans lesquels elles évoluent prennent vie sous nos yeux grâce à la très belle plume de l'auteure à la fois visuelle, fluide et immersive. On sent qu'Estelle Faye a énormément travaillé l'univers qu'on aimerait retrouver à nouveau tellement il est regorge de splendeurs.
Le roman raconte l'histoire de la chute d'un empire mais pas seulement. C'est aussi un roman sur l'importance de l'humain et de nos choix qui peuvent influencer le destin d'un pays. Les personnages ne sont pas surpuissants, comme c'est parfois le cas en fantasy, ils sont simples et guidés par leurs instincts, leurs désirs. Tout cela au profit d'un récit et d'une intrigue parfaitement maîtrisée par l'auteure sans perte de rythme et qui monte en intensité. le roman fait presque 600 pages et pourtant on ne s'ennuie pas une seconde, on est vite happé par cet univers et par le destin de ces personnages.
Estelle Faye a donc totalement réussi son essai en fantasy adulte. L'auteure change souvent de genre littéraire pour ces romans (post apocalyptique, conte asiatique, young adult) mais en gardant un style bien à elle et une patte très reconnaissable. Les premières pages du roman nous entrainent dans un univers incroyablement riche et envoutant avec des personnages attachants et un récit parfaitement maitrisé. Estelle Faye telle une sirène des temps modernes, nous séduit par ses mots à la place des chants, pour mieux nous ensorceler par la magie de sa plume à l'image de la très belle couverture du roman.
Lien : https://aupaysdescavetrolls...
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critiques presse (2)
SciFiUniverse   01 octobre 2019
L'écriture fluide et agréable d'Estelle Faye porte un récit qui sort des sentiers battus et fait du bien. Le roman est autonome mais une suite se déroulant 15 ans après la révolution, Les Révoltés de Bohen est disponible.
Lire la critique sur le site : SciFiUniverse
Elbakin.net   13 février 2017
Une intrigue diablement maîtrisée et qui monte en puissance tout au long du roman, avant un final attendu qui ne nous déçoit pas au bout du compte.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
boudiccaboudicca   23 mars 2017
Les sabbats des sorcières secouaient plus que de coutume les forêts des Sicambres, et des démons à la peau rubescente entraînaient hors des vallées les filles un peu trop sages pour les rendre au monde sauvage, au royaume des bois, des brumes et des eaux. Cet hiver-là, les manifestations étranges, ou du moins inhabituelles, se multiplièrent dans l'Empire. Certains, après coup, déclarèrent avoir vu là des signes avant-coureurs des événements à venir.
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Le_Comptoir_de_l_EcureuilLe_Comptoir_de_l_Ecureuil   29 mars 2017
Dès les premiers mots, il prit une dimension nouvelle. Il parut grandir sans aucune magie. Les murs n'avaient pas bougé. Pourtant, Sigalit crut voir l'horizon s'ouvrir. Les paroles de l'homme au singe n'avaient aucun pouvoir surnaturel, pas comme les vocables défendus des Essènes ni les incantations du Royaume Vide. La voix du marinier était rauque, éraillée. Mais il n'avait pas besoin d'un timbre chaleureux. Il n'avait pas besoin de sortilèges. Car ses mots, et la conviction qu'il y mettait, résonnait dans le coeur de Sigalit comme aucun autre avant. Il parlait de changement. Il expliquait que le peuple pouvait renverser un Empire, que cela s'était déjà vu, que cela se verrait encore. Mais aussi, il disait que les hommes n'avaient pas uniquement besoin de pain, de toits lorsqu'il pleuvait, de bois pour le feu en hiver. Ils avaient besoin d'être libres. Libres quels que fussent leurs talents, leurs religions, leurs amours. Libres de pratiquer la magie, de vénérer le Verbe Créateur, le Feu ou la Dame des Mers tant qu'ils laissaient en paix leurs contemporains. Libres d'aller et venir dans tout l'Empire, sans servage, sans péage, sans murs et sans barrières. En l'écoutant, en absorbant ses paroles à l'unisson de l'auditoire, Sigalit comprit qu'il n'y avait pas que la magie, que les golems qui pouvaient abattre les grilles du ghetto. Il n'y avait pas que les chiens de guerre et la poudre qui pouvaient renverser les seigneurs et les maîtres. Il y avait la colère, et il y avait l'espoir.
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SioSio   29 mai 2017
Elle parla des familles, des enfants qui mouraient sur les berges, dans les taudis inondés près du fleuve. Des miséreux que les gardes refoulaient, sans fin, des places et des jardins de la haute ville où ils tentaient de trouver un abri. Elle évoqua la crue qui approchait, plus terrible encore que les précédentes. Alors, cette fois, les pauvres n'iraient pas mendier pour un coin de terre spongieuse dans le préau des puissants. Cette fois, ils allaient prendre la place les armes à la main. Ils allaient marcher sur le Palais d'Ambre Vert. Après tout, depuis que les margraves avaient fui la ville, il y avait des logements vacants là-bas. Sigalit parlait et le fleuve semblait gonfler dans sa voix, les cailloux du fond de l'eau roulaient dans ses paroles, sous la bruine qui frappait la cour de La Sirène.
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laulauttelaulautte   04 février 2018
Les êtres surnaturels, disait le livre, ceux que nous appelons les démons ou les monstres, n'ont jamais cherché à nous asservir. Un vodianoï ou un div peuvent défendre leur territoire, un vurdalak voudra assouvir sa soif de sang et d'âmes. Cependant, seuls les humains perpétuent sur des générations des systèmes fondés sur le servage, l'inégalité, l'esclavage...
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ElamiaElamia   30 avril 2017
Il était comme la poudre. Comme les feux d'artifice. Comme tout ce qui possède une lumière trop intense pour ce monde, ce qui réchauffe et qui brûle à la fois. Il n'était pas de ceux qui vivent, qui s'éteignent doucement dans leur grand âge. Il était de ceux qui explosent, qui éblouissent, qui traversent l'existence comme une étoile filant en plein ciel, comme un éclat de grenade. Je l'ai su dès que je l'ai vu. J'ai su que je ne devais pas m'attacher à lui. Je l'ai fait quand même.
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Videos de Estelle Faye (22) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Estelle Faye
Interview d'Estelle Faye par Estelle Hamelin pour Actusf aux Imaginales 2019.
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