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EAN : 9791091146357
Éditeur : Dystopia (01/10/2018)

Note moyenne : 4.46/5 (sur 40 notes)
Résumé :
NON-FICTION

« Est arrivé un jour où la fiction n'a pas suffi. »
Aussi curieux que cela puisse paraître, il me semble qu'une des forces de l'œuvre de Mélanie Fazi est que précisément la fiction n'a jamais suffi. Qu'elle a toujours su trouver d'autres biais pour exprimer cette tension personnelle, intime, dont elle nous fait part dans ce livre, et qui est matière de toute sa création.

Extrait de la postface de Léo Henry
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
Tatooa
  14 novembre 2018
Je vais écrire mon avis "du bout des doigts", si j'ose dire... Pas facile de "juger" un livre aussi intime, aussi franc (mais rien que pour ça, pour moi, c'est de l'or, ou du platine en barre).
Je suis plus âgée que Mélanie. J'ai eu ma part de méandres et de souffrances dans ma vie, de dépression, de coups dans l'aïeule et de psychothérapie... Ce serait trop long à développer, mais de tout ça, j'en ai déduit plusieurs choses : on est toujours seul face à ce qu'on ressent, face à comment on a vécu ce qui nous est arrivé, et face à ce qui nous arrive. Paradoxalement, on ne peut pas en cicatriser (on n'en guérit jamais vraiment, du moins c'est mon impression), ni s'accepter tel que l'on est, sans le sortir de soi, sans le partager avec des autres bienveillants et à l'écoute. Et ils sont rares, ces autres-là.
Très rares.
J'ai aussi appris que chaque parcours est unique. Il y a autant d'expériences que de gens sur terre, ça fait beaucoup.
Et, quoi qu'on en dise et quelque bonne volonté que l'on ait à se mettre à sa place, l'autre nous demeure toujours "étrange"r. C'est ce qui fait la douleur de la condition humaine, c'est aussi ce qui fait son infinie richesse et sa beauté. On ne peut que partager sa propre expérience. Et peu de gens sont capables d'écouter et de partager sans "interférer" (même moi, surtout moi, si exigeante et si allergique aux mensonges, non, faut pas croire, c'est difficile pour tout le monde, il n'y a d'ailleurs que très peu de gens qui me supportent, tant je manque de diplomatie. Je ne suis pas a-romantique, je suis a-sociale, moi, je crois bien, lol.).

De l'extérieur, je suis plus "normale" que l'auteure, même si je me suis toujours sentie "décalée". Sur-adaptation oblige, l'instinct du caméléon, sans doute. J'ai surtout eu la chance de croiser un partenaire "identique" sur le fond. Une âme soeur rencontrée alors que j'avais décidé de finir vieille fille et sans enfants. Tiens, tiens... Il faut dire que mon parcours de vie exigeait que j'ai des enfants, puisque ce sont eux qui m'ont "réveillée". Dans la souffrance. Surtout mon aînée.
Mon aînée, adulte aujourd'hui, qui a acheté ce livre. Qui m'a dit "il faut que tu le lises, tu me comprendras mieux". Ce n'est pas que je n'accepte pas qui elle est, effectivement. J'ai appris (oui, appris, et à la dure, en allant remuer toute la boue de ma propre enfance) à aimer mes enfants inconditionnellement. Nous les avons ensuite élevés dans la lucidité et la "vérité", les encourageant à rester eux-mêmes et à ne pas tenir compte du jugement des autres, en ayant nous-mêmes tellement souffert. Mais elle a tellement de mal à dire "qui" elle est. Mélanie l' a fait pour elle. Voilà. C'est donc avec une grande émotion que je te dis (j'ai l'impression de te connaître, alors je te tutoie) merci, Mélanie.
Merci d'être toi et d'avoir écrit ce livre. Merci d'avoir eu le courage de partager avec "tout le monde", et pas forcément que des gens bienveillants.
En relisant je me rends compte que c'est pas un avis "sur le livre", je peux pas. J'ai rien à dire sur le style, rien à dire sur le contenu, je peux juste te faire un petit signe de tête, ou un clin d'oeil.
Maintenant, il va falloir que son père, cet homme qui a lui aussi accepté d'apprendre tout au long de sa vie à nos côtés, lise ce petit livre... Je m'en vais le laisser sur sa table de chevet... Nous grandirons ensemble un peu plus grâce à toi.
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gwendal
  12 décembre 2018
Un témoignage très fort que ce livre. Une vraie mise à nu de la part Mélanie Fazi.
Ses souffrances qu'elle a gardé au plus profond, sans vraiment savoir les nommer pendant longtemps, cette double "différence" présente en elle depuis longtemps mais finalement si longue à identifier. Ce mal être permanent sur un sujet qui semble à une majorité d'entre nous si évident (l'envie d'être en couple, de fonder une famille).
Je lutte en permanence contre mes jugements parfois hâtifs, mes réactions vis à vis des autres et de mon environnement selon mes schémas de pensée. Je me suis aperçu en lisant ce livre, que je dois encore plus redoubler d'effort. Nous avons chacun notre propre vision du monde, issue de nos ressentis, de nos envies, de notre éducation, de notre parcours de vie. Et la vision de la personne en face de nous peut être à l'opposée de la notre sans pour autant être anormale. Vouloir imposer sa grille de lecture, sans s'en apercevoir parfois, juste en étant maladroit peut être mortifère pour ceux qui la subisse.
Mélanie Fazi avait autant de mal à comprendre l'attirance de ses amies pour la recherche du couple que j'en ai à comprendre l'attirance d'un homme pour un autre homme. Mais ce droit à la différence, l'acceptation même de ce droit se doit d'être une évidence.
Dans ce livre on parle ici de sentiments mais c'est valable pour beaucoup d'autre sujets. Je ne comprendrais jamais la vision du monde d'un autiste (j'en ai côtoyé beaucoup pourtant en tant qu'avs) mais elle mérite autant d'attention et de respect que la mienne.
Un livre à mettre entre toutes les mains. J'en parle partout autour de moi parce qu'il ouvre les yeux de manière douce, sensible et intelligente.
Merci en tout cas à l'autrice pour ce partage et pour cette profonde réflexion dans laquelle elle m'a plongé.
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vilvirt
  01 février 2019
Un texte de non-fiction autour de la question de la norme et de la différence. Voilà comment on m'a présenté "Nous qui n'existons pas", mais je pense que ça va bien au-delà de ça. C'est beaucoup plus fort que ça.
Dans son livre, Mélanie Fazzi parle d'elle-même, des autres, elle se questionne, elle évoque sa perception du monde depuis l'adolescence et le décalage qui en résulte et qu'elle détecte très tôt vis à vis de son entourage. Sans complaisance, elle parle de ses souffrances - difficiles à identifier -, de sa solitude, de son mal-être, de sa sexualité et de son mode de vie.
J'aime les liens qu'elle tisse avec la littérature à travers ce récit personnel. Son rapport à l'écriture, aux livres. J'aime le cheminements de ses pensées, la manière dont elle nous présente les choses, cette absence de désir quelque peu embarrassante au départ, cette absence de volonté de vivre en couple, qui n'exclue pas non plus le sentiment amoureux pour autant, mais qui la perturbe et l'interpelle. Et puis la façon dont elle évoque son attirance pour les femmes.
Bref, c'est une autobiographie magnifique, très juste, très intime, pleine de sensibilité, qui fait la lumière sur de nombreux sujets qui ne sont pas facilement abordés ailleurs.
Et je pense que c'est un livre qui devrait passer entre toutes les mains. En tout cas, je suis contente de l'avoir découvert un peu par hasard dans ma quête de compréhension de l'asexualité (ainsi que de toutes formes de différences).
Je rajoute le lien de son article "Vivre sans étiquettes" qu'on ne peut pas ne pas évoquer quand on parle de "Nous qui n'existons pas".
https://www.melaniefazi.net/…/non-cla…/vivre-sans-etiquette/
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Diabolau
  06 décembre 2020
J'ai été témoin cette année d'un statut Facebook de Mélanie Fazi, qui venait de découvrir, dans la suite de cette quête d'elle-même, qu'elle était également une "Aspie". Ce statut m'avait beaucoup touché et c'est ainsi que je me suis intéressé à l'histoire de cet autre coming out datant de 2017, qui a ensuite donné lieu à ce livre. Je crois que son message peut parler fortement à tous ceux qui ont une différence quelle qu'elle soit. C'est-à-dire à beaucoup de monde, en fait.
C'est très bien écrit, même si la juxtaposition des textes (le texte principal, puis un autre écrit quelques mois plus tard, puis l'article de blog original) peut finir par sembler un peu redondante au bout d'un moment.
La postface de Léo Henry est également loin d'être dénuée d'intérêt.
Ce qui étonne dans tout cela, c'est l'incroyable intolérance de l'humain en général, et j'ajouterai, cette manie qu'il a de se mêler de ce qui ne le regarde pas. Mélanie Fazi le dit bien : elle évolue dans un milieu, à la fois familial et professionnel, pourtant plus ouvert à ces questions que la moyenne. Cependant, cela n'a pas empêché une pression sociale terrible qui l'a obligée à se mentir à elle-même.
Nous ne pouvons pas comprendre la différence des autres quand nous ne la vivons pas, c'est un fait dont je suis convaincu. En revanche, il me semble si simple de tolérer cette différence. de laisser tout simplement les autres être et vivre comme ils le veulent – ou comme ils le peuvent.
Ce que ce livre montre bien aussi, c'est à quel point il peut être difficile et long de se définir soi-même, de trouver ses propres réponses... sans qu'en plus il faille supporter les reproches à peine voilés, les "bons conseils d'amis" et les injonctions normatives.
Occupons-nous de nos fesses, laissons-les gens s'occuper des leurs, et les vaches seront bien gardées.
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FungiLumini
  27 février 2020
Ce texte de Mélanie Fazi m'intéressait particulièrement : le titre m'a tout de suite interpelée, et l'autrice est bien connue dans le monde des littératures de l'imaginaire. Je la connaissais pour ma part grâce à sa nouvelle dans Bal Masqué que j'avais beaucoup aimée. La magnifique couverture est signée Stéphane Perger, artiste que j'avais adoré avec le premier tome de Dark Museum, quelques-unes de ses illustrations se trouvent dans le récit, en noir et blanc, et ajoute une dimension symbolique aux mots de l'autrice.
Ce court texte prend sa source dans un article réflexion du blog de Mélanie, publié en juin 2017 et intitulé « Vivre sans étiquette ». Il est disponible à la fin du livre, et j'ai pour ma part commencé par le lire pour me plonger dans le contexte. C'est une bonne introduction au sujet, et je pense même que je l'aurais mis en introduction du texte principal plutôt qu'en annexe.
Mélanie ne souhaite pas vivre en couple. Elle n'en éprouve ni l'envie ni le besoin. Elle se pose beaucoup de questions sur son identité (sexuelle ou non) et ne trouve pas de terme pour se décrire, se définir, et cela lui donne l'impression de ne pas exister. Autour d'elle, les gens adoptent des comportements qui essayent de la faire entrer dans une case, de lui coller une étiquette, mais cela ne fait qu'empirer les choses. Ce livre est le témoignage de comment elle s'est construite autour de cette absence d'étiquette pour la définir, des difficultés qu'elle a rencontrées, mais aussi des moments de joie qu'elle a vécus.
Ce texte m'a choquée : pour moi, la différence est une force et une grande richesse. C'est elle qui permet au monde de se construire et de prospérer. Voir que l'autrice a tant de mal à trouver des gens qui n'essaient pas de la changer ou de lui dire ce qu'elle doit ou ne doit pas faire pour « aller mieux » est tellement triste et désespérant. Son décalage n'a pourtant rien de choquant ou de révoltant : elle souhaite juste vivre seule, sans qu'on lui impose la vision dominante de notre société du rôle de la femme qui doit absolument chercher à se poser avec un homme, se marier et procréer.
Cette différence, qui ne devrait pas être grand-chose, lui pèse cependant au quotidien : dans des discussions (au cours desquelles le sujet de la vie amoureuse revient toujours), des questionnements indiscrets, et même dans son rapport à l'écriture. Les gens devraient essayer d'arrêter de se formater à un modèle existant et plutôt vivre leurs passions, leurs pulsions et leurs besoins à eux, sans jugement d'eux-mêmes et des autres, pour accéder au bonheur. le monde irait beaucoup mieux si chacun apprenait à se connaitre, à s'écouter et à se respecter sans se soucier du regard des autres. Soyons bienveillants !
Ce livre est très intime, et l'autrice le dit dès le départ : il la concernera elle, Mélanie Fazi. Une mise à nu sincère et osée, mais essentielle pour avancer dans sa quête d'identité. Sur plusieurs aspects, je me suis sentie proche des ressentis de l'autrice – dans son rapport aux gens et à la solitude surtout – mais aussi parfois outrée par les comportements de certains.
L'autrice écrit majoritairement des nouvelles, souvent axées fantastique. Elle reçoit beaucoup de soutien de ses collègues auteurs lors de ses recherches. Je crois aussi que c'est pour cela que j'aime tant les littératures de l'imaginaire : ce sont des genres de fiction qui prônent la différence et son acceptation finale au terme de la quête d'un personnage au départ marginal. C'est un monde littéraire qui me semble bienveillant. C'est d'ailleurs le seul dans lequel j'ai vu des maisons d'édition « adverses » créer un collectif pour faire face ensemble aux difficultés du marché, car ensemble, on est plus forts.
La quête d'identité de l'autrice n'est cependant pas terminée. Bien qu'elle ait trouvé le chemin, elle doit encore en parcourir une partie, sans s'égarer à nouveau. J'espère qu'elle écrira encore sur la suite de son parcours, sur son blog ou dans un autre livre d'ici une dizaine d'années !
Faut-il entrer dans une case pour exister aux yeux du monde ? Mélanie Fazi répond à cette question avec sincérité, dévoilant ses questionnements, ses réflexions, ses émotions, ses expériences heureuses et malheureuses. Une mise à nu nécessaire dans sa quête d'identité, mais aussi une ouverture à la réflexion pour le lecteur, concerné ou non par cette différence.
Lien : https://livraisonslitteraire..
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critiques presse (1)
Liberation   24 octobre 2018
Mélanie Fazi publie un texte autobiographique d'une rare sincérité qui retrace le cheminement personnel d'une femme en décalage avec la pression sociétale de l'injonction amoureuse et sexuelle et signe une apologie du genre de l'imaginaire.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
TatooaTatooa   10 novembre 2018
je me suis étonnée, un jour, lors d’un atelier d’écriture, qu’une participante me dise trouver si difficile d’écrire sur la folie, sujet abordé dans plusieurs de mes nouvelles. Ca me semble si naturel, au contraire, d’écrire à partir d’une vision du monde radicalement différente de celle des autres et de faire naître une forme de trouble à partir de là. Je peux m’y projeter cent fois plus facilement que dans le quotidien d’une famille ordinaire. Il suffit d’un léger pas de côté : trouver la logique qui habite le personnage et s’y tenir jusqu’au bout. C’est un exercice qui devient vite jubilatoire dès lors que l’on maîtrise l’angle d’attaque.
Tout trouve son utilité un jour. Même la différence.
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Charybde2Charybde2   02 novembre 2018
Est arrivé un jour où la fiction n’a pas suffi. Un jour où les mots trop longtemps contenus ont demandé à sortir nus, sans filtre, sans que je ne déguise ma voix derrière celle d’un narrateur. Un samedi matin, au réveil, quatre pages se sont écrites d’une traite, nourrie d’années de réflexion, de tâtonnements, de quête d’identité. Ce jour-là, l’étrangeté autour de laquelle je me suis construite a enfin trouvé des mots simples pour se dire.
Je ne cherche pas à affirmer qu’il y aurait une vérité plus grande dans un récit vécu que dans un texte de fiction : depuis la fin de l’adolescence, mon langage est celui des histoires, et des nouvelles fantastiques en particulier, car c’est ainsi que je sais le mieux parler du monde. J’ai pour les genres en général, et surtout pour le fantastique, un grand amour et un profond respect. J’aime leurs multiples niveaux de lecture, leur richesse métaphorique, j’aime la façon dont ils permettent de traduire des réalités complexes par des images fortes ou poétiques là où les mots se dérobent parfois.
Mais ce jour-là, à cet endroit précis, cet outil s’est révélé inadéquat.
Le dimanche soir, je suis allée me coucher, la peur aux tripes, en me disant : « Demain, ma vie va changer. » J’y avais réfléchi pendant deux longues journées ; il était trop tard pour renoncer.
Le lundi matin, je me suis dévoilée.
Le billet, publié sur mon blog puis relayé sur les réseaux sociaux, s’appelait « Vivre sans étiquette ». Il parlait d’identité de genre, de rapport à la norme, de certaines différences qui vous compliquent la vie parce qu’elles sont discrètes et mal connues, parce qu’elles ne portent pas de nom familier. Il parlait de la façon dont on les vit au quotidien et de la douleur sourde qui vous habite constamment. Il parlait de la nécessité d’arrêter de me cacher pour moi-même autant que pour d’autres.
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TatooaTatooa   11 novembre 2018
S'enfermer dans sa coquille ne suffit jamais pour obtenir la paix. On vient vous chercher, vous titiller, vous reprocher jusqu'à votre silence. [...] Je crois n'avoir, depuis toujours, rien tant souhaité que cette petite chose si simple en apparence : voir les autres me laisser faire les choses telles que les dicte mon instinct, sans jugement ni commentaires, sans réactions perplexes ni moqueuses. Si j'aime tant la solitude, c'est en partie parce qu'elle me protège des regards et des questions.
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PatioFlosPatioFlos   27 mai 2019
Émergeait un questionnement par rapport à l'idée même de la norme. On grandit avec des notions binaires qu'on nous présente comme une réalité figée : homme ou femme, hétéro ou homosexuel, amoureux forcément épanoui, célibataire nécessairement frustré, un idéal de couple avec enfants décrit comme la chose la plus immuable au monde. Et puis avec le temps, on entends d'autres histoires. On apprend qu'on peut naître homme dans un corps de femme ou inversement. Que certaines personnes n'ont jamais éprouvé la moindre pulsion sexuelle. Que d'autres s'épanouissent en vivant en parallèle plusieurs relations amoureuses consenties par tous. Que beaucoup de femmes n'ont jamais eu, n'auront jamais de désir d'enfant. Et qu'il y en a comme moi, comme nous, que la vie de couple n'a jamais intéressés.
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vilvirtvilvirt   01 février 2019
Il y aura souvent quelqu’un pour commenter : « Ça devient grotesque, cette manie d’inventer des étiquettes. » Ou bien : « Pourquoi ces gens veulent-ils absolument rentrer dans des cases ? » Je me fais chaque fois la réflexion que ceux qui tiennent ce discours ont la chance de ne pas avoir eu à se poser ces questions.

J’en sais quelque chose. Je vis sans étiquette depuis quarante ans et j’espère encore presque chaque jour trouver la mienne.
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Videos de Mélanie Fazi (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mélanie Fazi
A l'occasion des Utopiales de Nantes 2018, Mélanie Fazi vous présente son ouvrage "Nous qui n'existons pas" aux éditions Dystopia.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2279767/melanie-fazi-nous-qui-n-existons-pas
Notes de Musique : Audio Library YouTube.
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