AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2268069141
Éditeur : Les Editions du Rocher (23/04/2010)

Note moyenne : 3.56/5 (sur 9 notes)
Résumé :
4° de couverture :
(Edition source : Editions du Rocher, Le roman des lieux et des destins magiques - 04/2010)


Léon Tolstoï nous a quittés il y a cent ans, et plus que jamais il demeure dans notre mémoire.
Vladimir Fédorovski présente ici un véritable roman de la vie du géant de la littérature russe : celui d'un homme en avance sur son temps, tiraillé entre les plaisirs de la chair et ses aspirations spirituelles. A partir des a... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Herve-Lionel
  11 février 2014

N°526 – Juin 2011.
LE ROMAN DE TOLSTOïVladimir Fédorovski – Éditions du Rocher.

Au départ, il y une passion de Vladimir Fédorosvovski pour Léon Tolstoï (1828-1910), l'auteur de «  Guerre et paix » et surtout de «  Anna Karénine », l'écrivain emblématique de la Russie éternelle. Ses livres seront des compagnons pour un séjour diplomatique africain de l'auteur, mais aussi tout au long de sa vie.
L'auteur nous fait découvrir le jeune Léon, né en 1828 dans une grande famille d'aristocrates qui avait marqué l'histoire de la Russie tsariste. Une enfance passée à la campagne, malheureusement bouleversée par la mort de ses parents l'amène à Moscou où il découvre les prémices de sa personnalité : l'ambivalence entre l'individualisme qu'il porte en lui et son attirance pour l'universalité. Toute sa vie future sera conditionnée par une prise de conscience de cette période de l'enfance « heureuse époque perdue sans retour ». Durant son adolescence, il fréquente le lycée puis l'université mais est un étudiant irrégulier et hésitant, plus attiré vers la liberté et par l'indépendance et quitte les études sans diplôme. Il revient vers son domaine dont il est désormais le maître, tente de l'administrer mais y renonce. Il a la volonté d'être meilleur en tout, de se marier, de préférence avec une femme riche pour se ranger, est un temps désireux d'un poste dans l'administration mais abandonne ce projet ... « le comte Tolstoï » est surtout désireux de jeter sa gourme dans les plaisirs, la débauche, se laisse happer par la vie facile, le jeu, les femmes, et l'abstinence qu'il tente quand même d'observer lui pèse. Derrière la façade de l'aristocrate mondain et valétudinaire, il tente de dissimuler un tempérament « infatigable », amoureux, sensuel, charnel. Malgré tout la quête du bonheur reste un idéal[il ne l'atteindra que plus tard grâce au mariage], malgré son esprit indépendant, l'armée l'attire un moment, mais il revient du Caucase et de la Crimée avec une aversion pour les combats, un intérêt profond pour la nature humaine... et des notes et des personnages pour ses futurs romans. de l'armée où il sert comme officier, il laisse libre-court à son esprit indépendant et jouisseur, mais en revient désabusé bien qu' admiratif pour l'abnégation du simple soldat. A la religion dogmatique encombrée de rituels inutiles il préfère un christianisme primitif.
Et pourtant, resté fidèle à la nature, à « sa terre », à sa patrie, pétri du message du siècle des Lumières français, il ressent un désir d'écrire qui ne le quittera plus. Écrire devient le vrai sens de sa vie mais, même s'il chérit la langue française, il reste Russe dans l'âme et souhaite que son pays soit reconnu comme un guide parmi les autres nations. Pourtant, après quelques hésitations, ce « dandy déchaîné », ce « vieux sot édenté » finit par quitter l'armée pour se consacrer aux Lettres, par voyager et après beaucoup d'hésitations, par prendre femme, malgré la différence d'âge avec sa jeune épouse, Sophie ! Elle deviendra vite la maîtresse des lieux autant que du vieux comte, pour quarante huit ans de bonheur, et de nombreuses maternités. C'est à ce moment que Tolstoï écrivit ses chefs-d'oeuvre, s'affirma comme un immense écrivain.
Lui-même se pose en prophète, en guide, sur cette terre d'exception située à la croisée des chemins et des influences. Il se veut précurseur mais quand ses idées prennent corps il regimbe à suivre le cours des choses qu'il à lui-même suscitées. Même s'il a longtemps succombé à l'appel de la chair et du jeu, il reste un être pétri de spiritualité, marqué par la volonté d'affranchir ses serfs et de partager ses terres. La vieillesse venant, il devint philosophe, philanthrope et chercha à se rapprocher de Dieu à cause peut-être de la culpabilité qu'il ressentait à cause de sa vie, de ses passions, de ses débauches...
A l'occasion du centenaire de sa mort et s'appuyant sur des archives inédites et sur le « journal »de Tolstoï, Vlamidir Fédorovsky retrace la vie de cet écrivain emblématique de la Russie éternelle. Il évoque l'homme, tiraillé entre sensualité, érotisme et spiritualité, montre sa face cachée à la fois insolite et intime. Il ne manque pas non plus, malgré toute l'admiration qu'il peut avoir pour ce géant de la littérature russe et cet humaniste, d'exercer son droit de critique et de noter quelques remarques personnelles qui remettent les choses à leur vraie place, même si elles écornent un peu la légende. Il note, avec humour parfois, pour le lecteur non initié à l'âme russe, tout ce qu'un geste apparemment anodin peut cacher comme signification.
Avec de courts chapitres enrichis d'illustrations et abondamment documentés, un texte limpide, directement écrit en français, dans un style fluide, précis et poétique, notre auteur fait de Tolstoï, personnage bien réel, un véritable héros romanesque, passionnant et passionné. Malgré la complexité de l'homme, fait d'oppositions et de contradictions, Vladimir Fédorowski réussit à nous le rendre attachant. Je ne suis qu'un simple lecteur, mais j'ai été enthousiasmé par ce portrait sans concession.
Je connaissais Vladimir Fédorovski de réputation pour son rôle diplomatique et politique, notamment dans la « Pérestroïka ». Je le savais écrivain, amoureux de la langue et de la culture françaises, mais je n'avais jamais rien lu de lui. Avec le magistral « roman » sur Léon Tolstoï, je n'ai pas été déçu.


©Hervé GAUTIER – Juin 2011. http://hervegautier.e-monsite.com

Lien : http://hervegautier.e-monsit..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Aela
  21 janvier 2011
Il y a quelques jours s'est terminée l'année de la Russie en France. L'occasion d'évoquer cette très belle biographie de Vladimir Fedorovski (son vingt-cinquième ouvrage). Une minutieuse enquête qui bouscule un peu tout ce que nous croyions savoir de Tolstoï. Une origine prestigieuse: des ancêtres ambassadeurs, gouverneurs de province, une jeunesse mouvementée marquée par la perte prématurée d'un frère et un passage dans l'armée en tant qu'officier dans le Caucase... Une spiritualité très forte et un être tiraillé constamment entre des aspirations spirituelles et des aspirations plus terrestres, voilà ce qui ressort essentiellement de cet ouvrage, sans compter cette vie conjugale particulièrement difficile avec son épouse Sophia Andreïevna.
Un récit captivant qui nous rend ce géant de la littérature particulièrement proche. Bravo encore au talent de conteur de Vladimir Fedorovski. (éditions du Rocher)
Commenter  J’apprécie          30
Pchabannes
  04 août 2010
De Iasnaïa Poliana à Moscou, de Moscou à Kazan, la Volga, Astrakhan, le Caucase, Ivan le Terrible, bataille contre les Tchétchènes de Chamyl, Bucarest sur le front de Silistrie, Sébastopol, St Petersbourg, Fédorovski nous emmène dans l'espace, l'histoire et l'âme russes collés aux bottes et à la plume de Léon Tolstoï.
Datant de 1847, nous est parvenue la liste des livres qui marquèrent le jeune homme de 20 ans. Ils sont indiqués avec l'impression soit immense : “Le sermon sur la montagne de l'Evangile, David Copperfield de Dickens , Les Confessions, L'Emile et la Nouvelle Héloïse de Rousseau ,soit très grande : Sentimental Journey de Sterne, Eugene Onéguine de Pouchkine, Brigands de Schiller, Les âmes mortes de Gogol, Mémoires d'un chasseur de Tourgueniev et le héros de notre temps de Lermontov”, qu'il laissèrent en héritage. Voilà un chemin de traverse.
Les années 50 & 60. La Russie, l'Europe, poètes et littérateurs sont mis en avant. “Beaucoup d'entre eux se destinaient au journalisme et à la littérature ; ainsi naquit au XIXème siècle la littérature des raznotchintsy dont l'éclat relatif donnera naissance aux écrivains des années 60. L'intelligentsia russe est née de ce milieu. Comme plus tard au XXème siècle, sous un régime où les libertés publiques n'existaient point, les voix de l'opinion empruntant les voies détournées de l'allusion, de la fiction romanesque parvinrent à se faire entendre.”
Victor Hugo ne disait-il pas dans son journal l'Evènement du 8 août 1850 : “Depuis vingt ans, il ne semble pas qu'il puisse y avoir de grande opposition sans un grand poète. Celle de 1830 avait Chateaubriand, celle de 1848 avait Lamartine, celle de la grande date prochaine aura Victor Hugo.”
A propos du livre lui-même, n'attendez pas le meilleur livre de Fédorovski ou le meilleur livre sur Tolstoï. J'ai l'outrecuidance de penser que Vladimir Fédorovski a expédié ce livre trop vite. Ce manque de travail se ressent assez vite même si la documentation rassemblée pour ces autres ouvrages, ses connaissances de l'oeuvre de Tolstoï et de l'histoire de la Russie est amplement suffisante pour commettre un Roman de … très agréable à lire.

Une fois reposé l'ouvrage, un goût de manque ou d'inachevé reste à l'esprit.

Lien : http://www.quidhodieagisti.fr
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Lune93
  15 juillet 2018
A lire absolument.
Commenter  J’apprécie          30
Chasto
  21 octobre 2017
Entrée dans l'intimité de Tolstoï et de cette existence de questions et de tourmentes.
Commenter  J’apprécie          10
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
PchabannesPchabannes   04 août 2010
Une biographie, Léon Tolstoï (1828-1910) se la réservait en écrivant dans ses Notices autobiographiques en 1903 à son biographe Paul Birioukov.

“J’ai constaté que toute ma longue vie se divise en quatre périodes : la première, merveilleuse, surtout si on la compare à celle qui devait lui succéder, innocente joyeuse et poétique période de mon enfance, allant jusqu’à quatorze ans (1828-1842). Puis l’horrible deuxième période, s’étendant sur vingt années, de la dépravation la plus grossière, de l’asservissement à l’ambition, à la vanité et, surtout à la concupiscence (1842-1862) ; ensuite, la troisième période, allant de mon mariage à ce que j’appelle ma naissance spirituelle, période qui, du point du vue du monde, peut-être appelée morale. Pendant ces dix-huit ans, j’ai, en effet, vécu une vie régulière, honnête, familiale, exempte de tous les vices qui encourent la réprobation publique. Mais, je durant tout ce temps, je ne me préoccupais égoïstement que de ma famille, de l’accroissement de ma fortune, de mes succès littéraires et divers autres plaisirs et distractions (1872-1880). Enfin la quatrième période dans laquelle je vis maintenant, dans laquelle j’espère mourir et du sein de laquelle je vois toute la signification de ma vie passée…Je voudrais pouvoir raconter l’histoire de ma vie durant ces quatre périodes successives, si Dieu m’en donne les forces et le temps. Je pense qu’une telle biographie, écrite par moi, serait plus utile aux hommes que tout ce bavardage artistique qui remplit les douze volumes de mes œuvres et auxquels les hommes de notre temps attribuent une signification imméritée.”
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
PchabannesPchabannes   04 août 2010
“Beaucoup d’entre eux se destinaient au journalisme et à la littérature ; ainsi naquit au XIXème siècle la littérature des raznotchintsy dont l’éclat relatif donnera naissance aux écrivains des années 60. L’intelligentsia russe est née de ce milieu. Comme plus tard au XXème siècle, sous un régime où les libertés publiques n’existaient point, les voix de l’opinion empruntant les voies détournées de l’allusion, de la fiction romanesque parvinrent à se faire entendre.”
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
ChastoChasto   08 septembre 2016
Tolstoï n'écrivait pas comme un correspondant de guerre, mais comme un initié.
Commenter  J’apprécie          20
Videos de Vladimir Fédorovski (15) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Vladimir Fédorovski
Émission complète : http://www.web-tv-culture.com/le-roman-vrai-de-la-manipulation-de-vladimir-fedorovski-1310.html
Il est sans doute le plus russe des français. Installé dans notre pays depuis une vingtaine d?années et désormais naturalisé, Vladimir Fédorovski n?en reste pas moins un observateur attentif de la Russie où il a gardé de nombreux contacts. Depuis son premier titre en 1991, « Histoire secrète d?un coup d?état », Vladimit Fédorovski a publié une quarantaine d?ouvrages, ayant trait à ce que l?on appelle communément la Russie éternelle mais aussi d?autres livres directement en lien avec l?actualité. Son récent « Poutine de A à Z » est déjà devenu une référence. Car effectivement, l?ancien diplomate que fut Fédorovski, proche de Brejnev et de Gorbatchev, connait bien l?histoire tourmentée de son pays d?origine et les rouages du pouvoir qui ont cours derrière les hauts murs du Kremlin. La manipulation est, selon lui, l?une des grandes spécialités de la Russie, comme il le raconte dans son nouveau titre « le roman vrai de la manipulation ». D?Ivan le Terrible au KGB, de Tchernobyl à Poutine en passant par les récentes affaires d?agents russes empoisonnés à Londres, Vladimir Fédorovski ouvre les dossiers et apportent de nouveaux éléments troublants. Comme il le mentionne dans son livre, reprenant la phrase de l?un de ses proches : « Pour réussir une manipulation, il faut 95% de vérité et 5% de mensonge. Ce sont ces 5% qui sont déterminants et la vérité les renforce ». Tout est dit. Mais qu?on ne s?y trompe, si l?auteur consacre une bonne part de ses pages à la Russie, le reste du monde n?est pas épargné et Vladimir Fédorovski lève le voile sur quelques affaires dont l?Europe ou les Etats-Unis ont aussi fait les frais. Encore mieux que du cinéma ou qu?un bon livre d?espionnage, voilà « le roman vrai de la manipulation », le nouveau livre de Vladimir Fédorovski aux éditions Flammarion.
+ Lire la suite
autres livres classés : biographieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
693 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre