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Anne Vétillard (Traducteur)
EAN : 9782914370677
410 pages
Éditeur : Bragelonne (15/01/2004)
4.43/5   367 notes
Résumé :
C'est au moment où Mara, unique héritière du clan des Acoma, s'apprête à prononcer les mots qui la consacreront prêtresse pour le restant de ses jours, que Papéwaio, le plus fidèle des soldats du clan, interrompt la cérémonie pour lui annoncer la mort de son père et de son frère. Propulsée à la tête du clan, Mara doit regagner ses terres en urgence pour sauver sa maison de la ruine et de la honte. Car au Jeu du conseil les ennemis des Acoma sont nombreux. Il faut re... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (78) Voir plus Ajouter une critique
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sur 367 notes
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Eric76
  31 octobre 2020
Un roman captivant ; un roman palpitant, passionnant, poignant… Un roman distrayant, récréatif, d'une diabolique efficacité…
J'arrête là les superlatifs, mais vous avez compris que, de la première à la dernière page, j'ai été incapable de lâcher ce livre…
Cette histoire nous entraine dans un jeu mortel. Elle met en place un gigantesque échiquier où les pions sont des êtres de chair et de sang. Les joueurs, tous chefs de grandes familles qui règnent sur ce monde imaginaire, sont passés maîtres dans l'art d'anticiper les réactions de l'adversaire et de prévoir plusieurs coups d'avance. Malheur à celui qui, dans ce jeu de dupes, au milieu de tous ces faux semblants, se trompe ou trébuche. C'est la mort assurée pour lui, sa lignée et tous ses serviteurs.
Parmi ces clans qui ne cessent de s'allier, de se trahir, de s'espionner ou de se combattre, l'auteur a choisi celui des Acoma, vieille et illustre famille venue de la nuit des temps, vaincue par trop de haines et de fourberies. « Acoma » s'apprête, comme bien d'autres avant elle, à disparaître à jamais du « jeu impitoyable du conseil ». Elle est surtout dirigée par Mara, jeune fille frêle et totalement inexpérimentée. On peut penser que les autres vont n'en faire qu'une bouchée. Mais c'est sans compter sur son obstination à sauver l'essentiel, sur le dévouement sans faille de ses serviteurs, sur sa naïveté qui se transforme en piège fatal, sur son extraordinaire endurance, sur sa manière désarmante de casser les codes et d'utiliser la force de ses adversaires pour mieux les renverser.
Nous évoluons dans un monde où les rites, l'honneur et la tradition sont poussés à l'extrême. Il ressemble beaucoup, me semble-t-il, au Japon du moyen-âge, du moins à l'idée que je m'en fais.
J'ai lu ce livre en commun avec mon amie Siabelle. Tous deux, à plusieurs reprises, nous nous sommes demandés, vaguement inquiets, comment notre belle Mara, notre fragile combattante, allait pouvoir se sortir des griffes de ses impitoyables ennemis. Je vous invite à lire son billet aussi passionné que le mien…



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BazaR
  22 mai 2020
Il aura fallu une LC pour que je commence enfin cette très réputée trilogie de l'Empire qui attendait dans ma bibliothèque depuis sept ans. C'était proprement excellent.
Les événements ont lieu sur le monde de Kelewan, en parallèle de ceux qui sont contés dans la trilogie de la guerre de la Faille. Fournissant seulement des éléments de contexte global, ne pas avoir lu cette dernière n'est absolument pas un problème pour la compréhension de ce roman.
Kelewan est dominé par une humanité – les tsuranis – dont la société est une copie parfaitement vraisemblable (du moins pour le profane en la matière que je suis) de celle du Japon classique, extrêmement codifiée, où le moindre geste a une importance en soi et où l'honneur domine les comportements. On retrouve une structure de clans qui rassemblent des familles, un seigneur de guerre équivalent du shogun japonais, et même un empereur divin. Ces clans s'allient ou se font la guerre, le plus souvent sous une forme diplomatique où l'enjeu de l'honneur est fondamental. Les familles ont une structure de caste rigide où l'on trouve les paysans, les artisans, les guerriers et la famille seigneuriale. Architecture, costumes, moeurs, relations sociales, tout évoque le Japon classique.
Dans ce premier tome, on suit Mara, fille de seigneur qui se retrouve à la tête de son clan des Acoma en perte totale d'influence et en danger de destruction totale. Absolument pas préparée à porter un tel fardeau, elle va pourtant faire face à l'adversité et pratiquer le jeu du Conseil avec un brio, une ruse, une absence de scrupules incroyables. Ses ennemis – le seigneur du clan des Minwanabi en tête, responsable de la perte d'influence des Acoma et dont Mara veut se venger – la sous-estiment systématiquement, ce qui procure un avantage à la Dame. Mais qui eût pu imaginer les capacités de planification, de joueuse de Go capable de réfléchir dix coups à l'avance, d'actrice capable de payer de sa personne, chez une si frêle jeune femme. Son audace est inouïe, chacun de ses mouvements remet en jeu la survie et l'honneur de son clan ; mais les coups gagnants paient en retour. Par sa façon de forcer le destin, Mara me rappelle Daenerys du Trône de Fer. Par sa capacité à bâtir des plans à long terme, à leurrer ses adversaires, elle m'évoque Jim Phelps de Mission Impossible.
Pour l'essentiel on observe les événements à travers le point de vue de Mara. Dans le contexte de Japon classique, cela signifie que l'on a très peu accès à la psychologie ses interlocuteur. Chacun se doit de présenter un visage inébranlable en toute occasion. Tout le monde avance masqué. de ce fait le moindre soulèvement de sourcil, le moindre changement de posture traduit des émotions intenses. Les interpréter pour cerner l'état d'esprit de son interlocuteur est un talent que Mara développe avec succès. Il arrive cependant, lorsqu'un piège se referme, que l'émotion explose et se transforme en insultes et en violence. Pour celui qui craque, le jeu est perdu. Des personnages secondaires importants, parmi la garde rapprochée de Mara, peuvent aussi se laisser aller par moments, dans l'intimité d'une chambre.
Pour Mara elle-même, c'est l'opposé. Alors que les auteurs s'efforcent d'empêcher les sentiments de ses interlocuteurs de faire craquer leur façade et de les exposer au lecteur, ils nous montrent tout de l'océan d'émotions dans lequel baigne Mara et qu'elle parvient à grand peine à cacher à ses interlocuteurs : ses peurs, ses doutes, ses certitudes, ses peines profondes, ses douleurs, son soulagement voire sa jouissance quand un plan fonctionne. Tout cela sans rien pouvoir partager. Cette société doit créer des psychoses inimaginables.
C'est dans la description fine de la psychologie de Mara que Janny Wurts déploie son talent. Je ne crois pas Raymond E. Feist capable d'autant de sensibilité. Les instants de sérénité dans un jardin, à la vue d'un crépuscule, ou lors d'un bain ne peuvent pas être de son fait. Feist apporte sa compétence dans les scènes tendues de confrontation. le mélange est une réussite.
Jusqu'ici, on pourrait croire que la dimension fantasy n'est présente que dans la construction de ce peuple imaginaire des tsuranis, un détournement de l'Histoire à la manière d'un Guy Gavriel Kay. Mais il y a plus (après tout on a affaire à Feist) : des animaux au profil à la fois proche et éloigné de ceux que nous connaissons, l'existence d'un autre peuple intelligent à la structure sociale de ruche (les Cho-ja) et même un peu de vraie magie. Cela enracine le récit dans la fantasy, mais ce n'est qu'un contexte. C'est ce Japon imaginaire le vrai héros du roman.
Voilà, ce livre est enfin lu et cela a été une bonne partie de plaisir. Je vais laisser passer un mois ou deux avant de lire la suite, car j'aime que ma mémoire conserve des ressentis bien identifiables pour chaque tome. Je remercie en tous cas tous les participants à cette LC pour nos échanges fructueux.
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Fifrildi
  22 mai 2020
Même si je manque d'inspiration pour écrire ce billet, j'ai passé un excellent moment de lecture avec ce premier tome de « La Trilogie de l'Empire » de Raymond E. Feist & Janny Wurts.
Au début, j'ai pensé que c'était un roman de fantasy historique, une réécriture du Japon féodal mais nous ne sommes pas au Japon. Non, nous ne sommes même pas sur Terre mais sur Kelewan un des deux mondes des Chroniques de Krondor.
Les auteurs nous offrent un personnage féminin exceptionnel en la personne de Mara des Acoma. Pour venger la mort de son père et de son frère et pour la survie de son peuple, cette jeune fille est prête à tout. Au jeu du conseil elle est redoutable, sa stratégie est époustouflante. On s'imagine que Mara est une jeune fille innocente mais elle a l'esprit très retors.
Merci à thimiroi pour sa critique qui a fait le buzz sur le challenge multi-auteures SFFF et qui a été à l'origine de cette LC (10 participants ^_^ ). C'est toujours sympa quand un coup de coeur s'invite dans sa pàl.
Vivement la suite ! J'ai aussi ajouté à mon pense-bête la trilogie (en 4 volumes) de « La guerre de la Faille ».

Challenge pavés 2020
Challenge Bragelonne 2020
Challenge mauvais genres 2020
Challenge multi-auteures SFFF 2020
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thimiroi
  13 janvier 2020
"Fille de l'empire" est le magnifique premier tome de la Trilogie de L'Empire, une trilogie de fantasy qui décrit la vengeance et l'ascension jusqu'au pouvoir suprême de Mara, une jeune femme de la famille des Acoma.
Cette trilogie peut se lire indépendamment des autres romans de Feist, même si la guerre qui oppose l'empire tsurani au royaume de Midkemia (la Guerre de la Faille) revêt une certaine importance, notamment au début du livre.
L'empire tsurani est un pays dont la société, inspirée de celle du Japon médiéval, est régie par un code de l'honneur particulièrement exigeant et constituée de différentes familles qui s'affrontent plus ou moins ouvertement dans une lutte où le moindre faux pas peut être fatal, le jeu du Conseil.
Mara, âgée de dix-sept ans, s'apprête à intégrer une communauté religieuse pour mener une vie de prières et de méditation ; mais la cérémonie où elle allait prononcer ses voeux est interrompue : on vient lui annoncer que son père et son frère ont été tués dans une bataille contre l'armée de Midkemia, trahis par le chef de la grande famille des Minwanabi.
Dès lors, Mara, seule survivante des Acoma, n'a plus le choix : elle doit prendre la tête du domaine de son père pour éviter la disparition de la maison de ses ancêtres et venger son père et son frère.
Il lui faut le plus rapidement possible recruter des soldats, trouver des alliés et s'imposer à des seigneurs pour qui le rôle d'une femme se cantonne à celui d'épouse et de mère...
Et, contre toute attente, cette jeune femme inexpérimentée va se révéler une subtile tacticienne, voire même une redoutable manipulatrice, quitte à risquer sa vie à de nombreuses reprises.
Car ce roman, d'une écriture de qualité et d'un rythme soutenu, se caractérise par une succession de scènes d'une extraordinaire intensité dramatique, des scènes parfois bouleversantes au point qu'il est impossible de s'en souvenir sans une certaine émotion...
Mara des Acoma est sans doute le plus beau personnage féminin que j'ai pu rencontrer dans le domaine de la fantasy, mais le lecteur fait connaissance également avec de nombreux autres personnages qui donnent au récit une densité supplémentaire non négligeable : Papéwaio, le guerrier au dévouement sans faille, Arakasi, le maître espion, Buntokapi, l'époux brutal et sournois qui frappe volontiers sa femme…
Mara l'a souvent emporté parce qu'elle a été sous-estimée : nul doute que ses futurs adversaires au jeu du Conseil ne commettront pas la même erreur...
Une oeuvre majeure, une héroïne inoubliable.

Challenge multi-auteures SFFF 2020
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Nadou38
  24 mai 2020
Franchement, c'est trop cool babelio.
Je n'aurais probablement jamais lu cet ouvrage s'il n'y avait pas eu de lecture commune d'organisée, et cela aurait été bien dommage car j'ai beaucoup aimé. Merci les amis !
La Fille de l'Empire est le premier tome de « La Trilogie de l'Empire » de R. E. Feist, co-écrit avec Janny Wurts. Je découvre ces auteurs par la même occasion et c'est une belle surprise pour moi.
Mara est une toute jeune femme sur le point d'intégrer l'ordre de Lashima lorsque le commandant Keyoke, qui dirige l'armée de sa famille, pénètre dans le temple et l'invite à la suivre. Elle comprend alors que sa venue est porteuse d'une triste nouvelle : son père et son frère sont morts et c'est à elle maintenant de gouverner sa maisonnée en tant que Dame des Acoma.
Commence alors pour Mara un long chemin semé d'embuches pour sauver son clan menacé et venger sa famille, car ses ennemis sont nombreux dans le jeu du Conseil…
On découvre un univers de fantasy qui rappelle beaucoup le Japon féodal par le décor - les descriptions des paysages et des habitations - mais aussi par ses rituels, ses traditions et coutumes présentés. Mais c'est surtout ce code de l'honneur poussé à l'extrême qui régit complètement l'organisation de la vie quotidienne et les relations entre les clans. Peu importe les complots, les trahisons et les meurtres tant que l'honneur est sauf et que les apparences sont conservées.
Pas facile pour Mara de survivre dans ce nid de vipères. Elle est novice en la matière mais elle apprend vite et c'est un vrai plaisir que de la suivre dans ce jeu dangereux. Elle m'a paru très cruelle à certains moments de l'histoire - je pense au sort qu'elle a réservé à Buntokapi, même si celui-ci m'était fortement antipathique, ainsi qu'au malheureux Bruli - mais le respect des traditions l'impose, il faut être le prédateur pour ne pas devenir la proie. Tous les personnages sont un peu victimes dans ce jeu où les scrupules sont à bannir pour survivre, il n'y a pas de méchants ni de gentils.
Dans ses plans, Mara peut compter sur le soutien de ses proches : le perspicace Keyoke, le fidèle et habile soldat Papéwaio, les conseils de son ancienne nourrice et servante Nacoya, mais également sur de futurs personnages qu'elle gagnera à sa cause par son intelligence (). de beaux personnages auxquels on s'attache aisément.
Un excellent moment de lecture que j'ai pris plaisir à partager avec mes petits camarades de la LC. Vivement la suite !
Challenge Multi-auteures SFFF 2020
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critiques presse (1)
Elbakin.net   25 février 2013
L’univers est beaucoup moins classique et convenu ; on plonge en effet dans un monde oriental, beaucoup plus intrigant et mystérieux. Feist prend ici le soin de bien exploiter ce contexte, ce cadre, et en explore tous les recoins. [...] Le récit a une véritable ampleur, et on se sent véritablement propulsé dans ce monde bouillonnant et en proie au doute.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
BazaRBazaR   19 mai 2020
Mara s'assit sur les coussins placés devant le jeune homme, intriguée par son changement d'apparence. C'était vraiment un bel homme. Intérieurement, elle se dit que la plupart des jeunes dames se sentiraient flattées, même anxieuses, d'être le centre des attentions de ce soupirant. Son sourire rayonnait presque, et son charme était indéniable. D'une certaine façon, c'était dommage qu'il soit né dans une grande maison, car il aurait pu facilement devenir un expert de la Maison du Roseau et prendre une riche retraite après avoir offert ses charmes auprès de puissants clients.
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Eric76Eric76   06 octobre 2020
Le prêtre frappa le gong de son maillet de bronze.
Le son se réverbéra sous les dômes cintrés du temple, orné de splendides bas-reliefs aux couleurs vives. La note solitaire résonna entre les murs, s'affaiblissant jusqu'à ne plus devenir que le souvenir d'une tonalité, le fantôme d'un son.
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piccolaninapiccolanina   05 mars 2019
Au bord de l'eau , une grande pierre était fichée dans le sol , polie par des siècles d'exposition aux éléments . Le shatra des Acoma était autrefois profondément gravé à sa surface, mais maintenant l'emblème était à peine visible .
C'était le natami de la famille , la pierre sacrée qui personnifiait l'esprit des Acoma . (... )
Car si le natami tombait dans les mains d'un étranger , la famille n'existerait plus .
Mara regarda l'autre rive de l'étang . Là-bas trois natami conquis par ses ancêtres étaient enterrés sous une dalle , retournés pour que le symbole gravé ne reçoive plus jamais la lumière du soleil .
Les aïeux de Mara avaient anéanti trois familles dans le jeu du Conseil .
Maintenant , son propre natami risquait de subir le même sort .
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Eric76Eric76   11 octobre 2020
" Ma dame, voici Toram. Son oncle était le cousin d'un homme qui a épousé une femme qui était la sœur de la femme qui a épousé le neveu de mon père. Il est mon cousin, et digne d'entrer au service des Acoma.
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thimiroithimiroi   08 janvier 2020
La tradition selon laquelle nous vivons est comme la rivière qui surgit dans les montagnes et qui s’écoule vers la mer. Nul ne peut l’obliger à remonter la pente. Ce serait défier la loi de la nature (…) Je vous demande de me rejoindre pour changer le cours de la tradition, comme une tempête creuse parfois un nouveau lit pour une rivière. (page 109 de l’édition de poche éditée par Bragelonne)
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