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La Trilogie de l'Empire tome 1 sur 4

Anne Vétillard (Traducteur)
EAN : 9782914370677
410 pages
Bragelonne (15/01/2004)
4.41/5   506 notes
Résumé :
C'est au moment où Mara, unique héritière du clan des Acoma, s'apprête à prononcer les mots qui la consacreront prêtresse pour le restant de ses jours, que Papéwaio, le plus fidèle des soldats du clan, interrompt la cérémonie pour lui annoncer la mort de son père et de son frère.

Propulsée à la tête du clan, Mara doit regagner ses terres en urgence pour sauver sa maison de la ruine et de la honte. Car au Jeu du conseil les ennemis des Acoma sont nomb... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (95) Voir plus Ajouter une critique
4,41

sur 506 notes
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Un roman captivant ; un roman palpitant, passionnant, poignant… Un roman distrayant, récréatif, d'une diabolique efficacité…
J'arrête là les superlatifs, mais vous avez compris que, de la première à la dernière page, j'ai été incapable de lâcher ce livre…
Cette histoire nous entraine dans un jeu mortel. Elle met en place un gigantesque échiquier où les pions sont des êtres de chair et de sang. Les joueurs, tous chefs de grandes familles qui règnent sur ce monde imaginaire, sont passés maîtres dans l'art d'anticiper les réactions de l'adversaire et de prévoir plusieurs coups d'avance. Malheur à celui qui, dans ce jeu de dupes, au milieu de tous ces faux semblants, se trompe ou trébuche. C'est la mort assurée pour lui, sa lignée et tous ses serviteurs.
Parmi ces clans qui ne cessent de s'allier, de se trahir, de s'espionner ou de se combattre, l'auteur a choisi celui des Acoma, vieille et illustre famille venue de la nuit des temps, vaincue par trop de haines et de fourberies. « Acoma » s'apprête, comme bien d'autres avant elle, à disparaître à jamais du « jeu impitoyable du conseil ». Elle est surtout dirigée par Mara, jeune fille frêle et totalement inexpérimentée. On peut penser que les autres vont n'en faire qu'une bouchée. Mais c'est sans compter sur son obstination à sauver l'essentiel, sur le dévouement sans faille de ses serviteurs, sur sa naïveté qui se transforme en piège fatal, sur son extraordinaire endurance, sur sa manière désarmante de casser les codes et d'utiliser la force de ses adversaires pour mieux les renverser.
Nous évoluons dans un monde où les rites, l'honneur et la tradition sont poussés à l'extrême. Il ressemble beaucoup, me semble-t-il, au Japon du moyen-âge, du moins à l'idée que je m'en fais.
J'ai lu ce livre en commun avec mon amie Siabelle. Tous deux, à plusieurs reprises, nous nous sommes demandés, vaguement inquiets, comment notre belle Mara, notre fragile combattante, allait pouvoir se sortir des griffes de ses impitoyables ennemis. Je vous invite à lire son billet aussi passionné que le mien…





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Il aura fallu une LC pour que je commence enfin cette très réputée trilogie de l'Empire qui attendait dans ma bibliothèque depuis sept ans. C'était proprement excellent.

Les événements ont lieu sur le monde de Kelewan, en parallèle de ceux qui sont contés dans la trilogie de la guerre de la Faille. Fournissant seulement des éléments de contexte global, ne pas avoir lu cette dernière n'est absolument pas un problème pour la compréhension de ce roman.
Kelewan est dominé par une humanité – les tsuranis – dont la société est une copie parfaitement vraisemblable (du moins pour le profane en la matière que je suis) de celle du Japon classique, extrêmement codifiée, où le moindre geste a une importance en soi et où l'honneur domine les comportements. On retrouve une structure de clans qui rassemblent des familles, un seigneur de guerre équivalent du shogun japonais, et même un empereur divin. Ces clans s'allient ou se font la guerre, le plus souvent sous une forme diplomatique où l'enjeu de l'honneur est fondamental. Les familles ont une structure de caste rigide où l'on trouve les paysans, les artisans, les guerriers et la famille seigneuriale. Architecture, costumes, moeurs, relations sociales, tout évoque le Japon classique.

Dans ce premier tome, on suit Mara, fille de seigneur qui se retrouve à la tête de son clan des Acoma en perte totale d'influence et en danger de destruction totale. Absolument pas préparée à porter un tel fardeau, elle va pourtant faire face à l'adversité et pratiquer le jeu du Conseil avec un brio, une ruse, une absence de scrupules incroyables. Ses ennemis – le seigneur du clan des Minwanabi en tête, responsable de la perte d'influence des Acoma et dont Mara veut se venger – la sous-estiment systématiquement, ce qui procure un avantage à la Dame. Mais qui eût pu imaginer les capacités de planification, de joueuse de Go capable de réfléchir dix coups à l'avance, d'actrice capable de payer de sa personne, chez une si frêle jeune femme. Son audace est inouïe, chacun de ses mouvements remet en jeu la survie et l'honneur de son clan ; mais les coups gagnants paient en retour. Par sa façon de forcer le destin, Mara me rappelle Daenerys du Trône de Fer. Par sa capacité à bâtir des plans à long terme, à leurrer ses adversaires, elle m'évoque Jim Phelps de Mission Impossible.

Pour l'essentiel on observe les événements à travers le point de vue de Mara. Dans le contexte de Japon classique, cela signifie que l'on a très peu accès à la psychologie ses interlocuteur. Chacun se doit de présenter un visage inébranlable en toute occasion. Tout le monde avance masqué. de ce fait le moindre soulèvement de sourcil, le moindre changement de posture traduit des émotions intenses. Les interpréter pour cerner l'état d'esprit de son interlocuteur est un talent que Mara développe avec succès. Il arrive cependant, lorsqu'un piège se referme, que l'émotion explose et se transforme en insultes et en violence. Pour celui qui craque, le jeu est perdu. Des personnages secondaires importants, parmi la garde rapprochée de Mara, peuvent aussi se laisser aller par moments, dans l'intimité d'une chambre.

Pour Mara elle-même, c'est l'opposé. Alors que les auteurs s'efforcent d'empêcher les sentiments de ses interlocuteurs de faire craquer leur façade et de les exposer au lecteur, ils nous montrent tout de l'océan d'émotions dans lequel baigne Mara et qu'elle parvient à grand peine à cacher à ses interlocuteurs : ses peurs, ses doutes, ses certitudes, ses peines profondes, ses douleurs, son soulagement voire sa jouissance quand un plan fonctionne. Tout cela sans rien pouvoir partager. Cette société doit créer des psychoses inimaginables.
C'est dans la description fine de la psychologie de Mara que Janny Wurts déploie son talent. Je ne crois pas Raymond E. Feist capable d'autant de sensibilité. Les instants de sérénité dans un jardin, à la vue d'un crépuscule, ou lors d'un bain ne peuvent pas être de son fait. Feist apporte sa compétence dans les scènes tendues de confrontation. le mélange est une réussite.

Jusqu'ici, on pourrait croire que la dimension fantasy n'est présente que dans la construction de ce peuple imaginaire des tsuranis, un détournement de l'Histoire à la manière d'un Guy Gavriel Kay. Mais il y a plus (après tout on a affaire à Feist) : des animaux au profil à la fois proche et éloigné de ceux que nous connaissons, l'existence d'un autre peuple intelligent à la structure sociale de ruche (les Cho-ja) et même un peu de vraie magie. Cela enracine le récit dans la fantasy, mais ce n'est qu'un contexte. C'est ce Japon imaginaire le vrai héros du roman.

Voilà, ce livre est enfin lu et cela a été une bonne partie de plaisir. Je vais laisser passer un mois ou deux avant de lire la suite, car j'aime que ma mémoire conserve des ressentis bien identifiables pour chaque tome. Je remercie en tous cas tous les participants à cette LC pour nos échanges fructueux.
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Ce soir j'aurais normalement du avoir cours de 16H à 20H30 à la faculté mais le cours a été annulé pour le moins tardivement à 14H et des poussières. Je devrais en profiter pour avancer sur un autre cours ou m'entrainer en travaillant sur un exercice comme un cas pratique en droit de la famille, par exemple, mais j'ai la flemme.

Quitte à procrastiner quelques peu scolairement aujourd'hui, autant en profiter pour vous parler de mon avis sur les trois tomes de cette trilogie. Depuis que je suis inscrit sur Babelio, je ne cesse de voir, plus ou moins régulièrement dans mon fil d'actualité, des chroniques plus qu'élogieuses sur cette trilogie de fantasy, des coups de coeur à la pelle qui ne s'arrêtent pas au premier tome, mais qui concernent la trilogie dans son ensemble. Pour donner une idée de l'engouement autour de ce premier tome, il suffit juste de regarder quelques chiffres. Ce premier tome comporte, au moment où j'écris cet avis, 84 chroniques. Sur ces 84 chroniques, 58 chroniqueurs ont mis 5 étoiles, 14 chroniqueurs 4 étoiles, et 4 chroniqueurs 3 étoiles.

En bref, personne n'a fondamentalement passé un mauvais moment de lecture et la plus grosse majorité a visiblement adoré. de quoi me rendre assez curieux pour découvrir cette trilogie écrite à quatre mains. Pour respecter l'ordre chronologique des différentes sagas de Feist, j'ai décidé de me pencher d'abord sur la toute première, à savoir La guerre de la faille, que j'ai commencée en 2021 et finie en mars 2022. Une chouette découverte, une vieille saga de fantasy très classique, oserais-je même dire un peu bourrine mais vraiment très agréable à lire.

Malgré cette bonne découverte, j'ai attendu plusieurs mois encore pour me lancer dans La Trilogie de l'Empire. Les tomes sont énormes et je lis de moins en moins de pavés, alors quand en plus il y en a trois... Mais en juin 2022, est sorti le livre audio du premier tome, et c'est sous ce format que j'ai commencé la saga en décembre 2022.

Ma fin d'année 2022 n'a pas été une super période niveau moral, et mes lectures en ont pris un coup. J'avais arrêté de compter le nombre de lectures que je commençais avant de les abandonner au bout de quelques pages, car je ne voulais pas faire l'effort de me plonger dans un univers. Au moins une bonne quinzaine, pourtant j'ai dévoré le premier tome de cette trilogie que j'ai fini par lire au format papier afin de connaître plus rapidement la fin.

C'est simple, le roman remplissait toutes les cases pour me plaire :

- Un univers accessible : l'univers de la trilogie ne m'était pas totalement étranger grâce à la lecture de la première trilogie, ce qui a rendu, je pense, plus facile mon entrée dans ce dernier. Je savais à peu près dans quoi je mettais les pieds. La lecture de la Guerre de la Faille n'est cependant pas nécessaire pour lire la Trilogie de l'Empire, qui peut se lire de manière totalement indépendante sans aucun problème.

- Une intrigue accessible : l'intrigue proposée sur le fond ne casse de prime abord vraiment pas trois pattes à un canard : on est sur des guerres de familles nobles dans un univers médiéval japonais avec un code de l'honneur très strict conduisant à un jeu politique où, derrière les façades de la bienséance et du respect des traditions, se déroulent trahisons, complots et meurtres. On sait très vite qui sont les gentils et qui sont les méchants. le cadre et les enjeux du récit sont dès les premières pages du roman très apparents.

- Un style d'écriture agréable : cela se laisse lire et écouter tout seul. Malgré les 30 heures du dernier tome que je n'ai découvert qu'en format audio, je n'ai pas vu les heures passées et j'ai, au bout des 30 heures, regretté d'avoir déjà terminé cette formidable saga.

- Un personnage principal incroyable : c'est là, je pense l'une des plus grandes forces de cette trilogie. Son personnage principal, unique, exceptionnel et captivant, Mara, est sans doute le meilleur personnage féminin, voire d'ailleurs, sans doute le meilleur personnage tout court de littérature que j'ai découvert pour le moment, et je sais que c'est un personnage de fiction que je n'oublierai pas.

- Une intrigue qui s'avère tout simplement captivante : du premier tome à la dernière ligne du dernier, Feist et Wurts arrivent à nous maintenir totalement embarqués auprès de nos personnages. On jubile avec eux, on pleure avec eux, on est ému avec eux, on tremble avec eux et on prend surtout un immense plaisir à essayer de deviner la suite, le prochain coup, comment nos personnages vont s'en sortir ainsi que les retournements de situation qui viendront bouleverser le récit et rebattre les cartes de cette formidable intrigue qui montre l'évolution d'une jeune femme endeuillée de sa famille la plus proche, qui sans expérience politique, va apprendre, évoluer, aimer et déjouer tous les pièges pour parvenir jusqu'au plus haut sommet de l'empire. C'est beau, prenant, tout simplement magnifique.

Sur le socle d'une intrigue somme toute assez simple, Feist et Wurts sont parvenus à créer une intrigue plus complexe qu'il n'y paraît, grâce aux jeux politiques sans merci que se livrent les seigneurs de cet empire dans lequel le personnage principal de ce récit va être obligé de se plonger pour sauver sa vie et l'honneur de sa famille. Un jeu dans lequel elle va briller. D'une intelligence rare et d'une audace sans pareille, on va suivre l'évolution de cette jeune femme et de son entourage proche sur de longues années au fil de la trilogie, ses victoires, ses revers parfois terribles, sa force de caractère incroyable mais aussi ses failles. Feist et Wurts ont créé une héroïne extrêmement attachante, très travaillée qui explique, rien qu'à elle seule, je pense, le succès de cette trilogie.

La Trilogie de l'Empire est une trilogie qui parvient tout du long à rester accessible tout en proposant une intrigue certes classique mais qui s'avère au final être un récit qui ne manque certainement pas de subtilité. On conserve ici les meilleurs éléments de ce que j'avais aimé dans la Guerre de la Faille, à savoir une intrigue prenante avec des passages totalement épiques et des personnages attachants, mais avec le côté bourrin en moins, remplacé par quelque chose de beaucoup plus délicat, de beaucoup plus travaillé. Cela se ressent aussi bien dans les différentes thématiques évoquées dans le cadre de la trilogie que dans le développement de l'univers et de ses codes, mais aussi et surtout dans le développement des personnages et de leurs relations sociales.

Le tout est ainsi tout simplement magistral. Pour conclure cet avis bien trop long, je dirais juste que la trilogie dans son ensemble est une merveille. C'est tout simplement l'une des meilleures trilogies de fantasy que j'ai pu lire jusqu'à présent et je ne peux que vivement vous recommander de la découvrir si ce n'est pas encore fait.
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"Fille de l'empire" est le magnifique premier tome de la Trilogie de L'Empire, une trilogie de fantasy qui décrit la vengeance et l'ascension jusqu'au pouvoir suprême de Mara, une jeune femme de la famille des Acoma.
Cette trilogie peut se lire indépendamment des autres romans de Feist, même si la guerre qui oppose l'empire tsurani au royaume de Midkemia (la Guerre de la Faille) revêt une certaine importance, notamment au début du livre.
L'empire tsurani est un pays dont la société, inspirée de celle du Japon médiéval, est régie par un code de l'honneur particulièrement exigeant et constituée de différentes familles qui s'affrontent plus ou moins ouvertement dans une lutte où le moindre faux pas peut être fatal, le jeu du Conseil.
Mara, âgée de dix-sept ans, s'apprête à intégrer une communauté religieuse pour mener une vie de prières et de méditation ; mais la cérémonie où elle allait prononcer ses voeux est interrompue : on vient lui annoncer que son père et son frère ont été tués dans une bataille contre l'armée de Midkemia, trahis par le chef de la grande famille des Minwanabi.
Dès lors, Mara, seule survivante des Acoma, n'a plus le choix : elle doit prendre la tête du domaine de son père pour éviter la disparition de la maison de ses ancêtres et venger son père et son frère.
Il lui faut le plus rapidement possible recruter des soldats, trouver des alliés et s'imposer à des seigneurs pour qui le rôle d'une femme se cantonne à celui d'épouse et de mère...
Et, contre toute attente, cette jeune femme inexpérimentée va se révéler une subtile tacticienne, voire même une redoutable manipulatrice, quitte à risquer sa vie à de nombreuses reprises.
Car ce roman, d'une écriture de qualité et d'un rythme soutenu, se caractérise par une succession de scènes d'une extraordinaire intensité dramatique, des scènes parfois bouleversantes au point qu'il est impossible de s'en souvenir sans une certaine émotion...
Mara des Acoma est sans doute le plus beau personnage féminin que j'ai pu rencontrer dans le domaine de la fantasy, mais le lecteur fait connaissance également avec de nombreux autres personnages qui donnent au récit une densité supplémentaire non négligeable : Papéwaio, le guerrier au dévouement sans faille, Arakasi, le maître espion, Buntokapi, l'époux brutal et sournois qui frappe volontiers sa femme…
Mara l'a souvent emporté parce qu'elle a été sous-estimée : nul doute que ses futurs adversaires au jeu du Conseil ne commettront pas la même erreur...
Une oeuvre majeure, une héroïne inoubliable.


Challenge multi-auteures SFFF 2020
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“- Nous venons chercher la Dame des Acoma!
La Dame des Acoma. Comme un poignard glacé plongé dans ses entrailles, les paroles lacérèrent  l'âme de Mara. Cette simple phrase changeait à jamais sa vie et son destin.”

Sur le point de prononcer les voeux l'attachant au service de la déesse Lashima, Mara apprend la mort de son père et de son frère, tous deux victimes d'une trahison. Ultime héritière, la jeune novice est alors subitement propulsée à la tête du clan Acoma. Un clan aujourd'hui très affaibli dont il lui revient la charge de venger et protéger l'honneur mais aussi de perpétuer le nom.

***

Premier tome d'une série fantasy co-écrite par Raymond Elias Feist et Janny Wurts - deux auteurs américains que je découvre ici, Fille de l'empire est un énorme coup de coeur. J'en ressors émerveillée, totalement conquise. Mes envies d'évasion et d'exotisme, d'histoire intensément prenante et de personnages inoubliables ont été plus que satisfaites. Je me suis délectée de chaque page et attends la suite avec grande impatience. 

*

Plutôt classique avec ses luttes de pouvoir entre grandes familles mais soigneusement orchestrée, l'intrigue prend place dans un monde fortement inspiré du Japon féodal. Un monde où le sens de l'honneur est poussé à son paroxysme et où le respect des traditions régit la vie des individus. Un monde où les comportements et chaque interaction sont hautement codifiés - le moindre écart pouvant avoir des conséquences fatales. Un monde où les alliances se font et se défont au gré des intérêts. Un monde où tous les coups sont permis tant que les apparences restent sauves.

C'est dans cet environnement hostile, dominé par les hommes et le jeu du Conseil, que Mara - dernière représentante de son clan, se retrouve projetée. Soutenue par de fidèles conseillers, elle devra vite apprendre à penser et agir en souveraine implacable si elle espère survivre (et prospérer). Ses ennemis sont nombreux et ne seraient pas contre anéantir l'une des plus anciennes et prestigieuses maisons de l'empire. Un pion qui tombe est une occasion rêvée d'avancement sur l'échiquier politique.

*

À un univers aussi dense que fascinant se joignent des personnages (principaux comme secondaires)  très travaillés et pourvus de charisme. Parmi eux se trouve Mara, une héroïne d'exception qui brille par sa force, son intelligence,  sa pugnacité et son audace. Difficile de ne pas s'attacher à elle. Suivre chapitre après chapitre son ascension - chemin jonché de terribles épreuves et de moults difficultés, s'avère passionnant.

Complots, manigances, espionnage, tentatives de meurtre, guerre de sang, union - accord stratégique, ... tous les ingrédients sont réunis pour accrocher et tenir en haleine le lecteur. À noter toutefois que si vos préférences vont habituellement vers les récits au rythme endiablé avec des scènes de combats spectaculaires, une magie omniprésente ou encore un bestiaire étendu, la déception vous guette. Stratégie, patience et subtilité sont les maîtres-mots.  Pour ma part, il y a eu adéquation parfaite entre ce que j'ai trouvé et ce que j'étais venue chercher - j'ai tout simplement a-do-ré cette lecture! 

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critiques presse (1)
Elbakin.net
25 février 2013
L’univers est beaucoup moins classique et convenu ; on plonge en effet dans un monde oriental, beaucoup plus intrigant et mystérieux. Feist prend ici le soin de bien exploiter ce contexte, ce cadre, et en explore tous les recoins. [...] Le récit a une véritable ampleur, et on se sent véritablement propulsé dans ce monde bouillonnant et en proie au doute.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
Le gong sonna une nouvelle fois... Le cinquième coup. Mara jeta un regard furtif vers l’autel placé sur l’estrade d’honneur. Encadrés par les arches ciselées, six prêtres et prêtresses s’agenouillaient devant la statue de Lashima, dont le visage restait voilé pendant l’initiation. Les fenêtres en ogive percées au sommet des dômes laissaient passer les premiers feux de l’aube, dont la lueur pâle progressait dans le temple obscur tels des doigts hésitants. Les rayons du soleil levant semblaient caresser la déesse, adoucissant la lumière des cierges qui l’entouraient comme des joyaux étincelants. Comme la Dame semblait amicale dans la clarté du matin, songeait Mara. La Dame de la Sagesse regardait vers le sol, un demi-sourire dessiné sur ses lèvres ciselées, comme si elle aimait et protégeait tous ceux qui lui étaient confiés, et leur offrait la paix intérieure. Mara pria pour que ce soit vrai. Le seul prêtre qui n’était pas à genoux fit à nouveau retentir le gong. Un rayon du soleil étincela soudain sur le métal, et une merveilleuse explosion de reflets d’or joua sur les tentures sombres qui voilaient l’entrée du sanctuaire. 
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Au bord de l'eau, une grande pierre était fichée dans le sol, polie par des siècles d'exposition aux éléments. Le shatra des Acoma était autrefois profondément gravé à sa surface, mais maintenant l'emblème était à peine visible. C'était le natami de la famille, la pierre sacrée qui personnifiait l'esprit des Acoma. Si un jour les Acoma devaient fuir ces terres, ce bien le plus sacré serait emporté et tous ceux qui portaient le nom mourraient pour le protéger. Car si le natami tombait dans les mains d'un étranger, la famille n'existerait plus. Mara regarda l'autre rive de l'étang, là-bas trois natami conquis par ses ancêtres étaient enterrés sous une dalle, retournés pour que le symbole gravé ne reçoive plus la lumière du soleil. Les aïeux de Mara avaient anéanti trois familles dans le jeu du Conseil. Maintenant, son propre natami risquait de subir le même sort.
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- Keyoke, si je devais mourir et que tu me survivais, que se passerait-il?
Keyoke fit un geste en arrière, en direction des collines où les pillards s'étaient réfugiés avec leur butin.
- Sans votre autorisation de m'ôter la vie, je deviendrais comme eux, maîtresse. Un vagabond, sans maître et solitaire, sans dessein et sans identité, un guerrier gris qui n’a plus de couleur de maison à porter.
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Le prêtre frappa le gong de son maillet de bronze.
Le son se réverbéra sous les dômes cintrés du temple, orné de splendides bas-reliefs aux couleurs vives. La note solitaire résonna entre les murs, s'affaiblissant jusqu'à ne plus devenir que le souvenir d'une tonalité, le fantôme d'un son.
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Mara s'assit sur les coussins placés devant le jeune homme, intriguée par son changement d'apparence. C'était vraiment un bel homme. Intérieurement, elle se dit que la plupart des jeunes dames se sentiraient flattées, même anxieuses, d'être le centre des attentions de ce soupirant. Son sourire rayonnait presque, et son charme était indéniable. D'une certaine façon, c'était dommage qu'il soit né dans une grande maison, car il aurait pu facilement devenir un expert de la Maison du Roseau et prendre une riche retraite après avoir offert ses charmes auprès de puissants clients.
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