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Critique de Alfaric


Alfaric
  08 novembre 2019
Le chemin de fer avance vers l'Ouest, et l'époque des cow-boys tire à sa fin. Les trains vont remplacer les vachers pour acheminer le bétail vers les abattoirs des villes de l'Est, et le vieux Russell compte bien tirer sa révérence avant que les managkillers hypercapitalistes et ultralibéraux qui ne voient les gens que comme des ressources à exploiter jusqu'à leur extinction n'obligent les cow-boys à entrer dans une ère de compétitivité où ils se tireront tous dans les pattes et se tireront tous vers le bas pour ne pas faire partie de le prochaine fournée de ceux à perdre leur emploi (et oui, dans notre Monde de Merde plus les choses changent et plus elles restent les mêmes).
C'est ainsi qu'il décide de tout quitter avec son bras droit Kirby et son fils adoptif Benett (enfant simplet et orphelin de ses amis William et Martha Hathaway), pour passer de prolétaire éleveur à propriétaire agriculteur. Leur route passe par Sundance, et on retrouve rapidement le cadavre de Benett. Pour Russell c'est un meurtre et il réclame justice, pour les autorités et la communauté de Sundance c'est un accident et elles demandent à Russell de partir au plus vite poursuivre sa route… Sauf que Russell qui avec Benett a tout perdu décide de casser sa tirelire pour obtenir sa vengeance à défaut de sa justice ! C'est ainsi que commence le siège de la ville qui doit livrer un coupable où subir « jusqu'au dernier » la Colère de Dieu sur Terre !

Crépusculaire, impitoyable, magistral certes, mais sans doute plus un drame et/ou une tragédie qu'un western finalement. Avec la mort de Benett le vieux briscard Russell a tout perdu même et surtout l'espoir, et sa quête de vengeance ressemble plus à une quête de suicide qu'autre chose. Sauf que personne ne le comprend et que Kirby le valeureux cow-boy se dresse face à lui tandis que Miss Collins l'institutrice humaniste se dresse face à aux autorités et à la communauté de Sundance prêtes à tout et au reste pour remporter le jackpot promis par le dénommé Mr Clifton…

Dans tout ce torrent de sang et de larmes, le dénommé Mr Clifton, qui débite toutes les conneries thatchéro-reagano-macroniennes habituelles, ressemblent plus au Diable dans le Faust de Goethe qu'autre chose. Et bien sûr, les élites autoproclamées vont choisir l'argent plutôt que la justice et la morale… Depuis le temps qu'on les connaît, on est mithridatisés hein !
Le scénario et les dialogues de Jérôme Félix sont impeccables, et les graphismes de Paul Gastine artiste autodidacte qui ne sort d'aucune école sont plus qu'excellents. Ces deux artistes se heurtent toutefois au mur des limitations de la BD franco-belge car 70 pages ne suffisent pas pour aller au bout de leurs ambitions. Et ce même dans l'épilogue qui libère de la Boîte de Pandore ce bon vieil espoir…
Lien : http://www.portesdumultivers..
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