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ISBN : 226406501X
Éditeur : 10-18 (04/06/2015)

Note moyenne : 3.49/5 (sur 341 notes)
Résumé :
Une invitation de Damian Baxter ? Voilà qui est inattendu ! Cela fait près de quarante qu’ils sont fâchés ! Inséparables durant leurs études à Cambridge, leur indéfectible amitié s’est muée en une haine féroce, suite à de mystérieux événements survenus lors de vacances au Portugal en 1970. Après de déconcertantes retrouvailles, la révélation tombe : riche, à l’article de la mort, Damian charge le narrateur, sur la foi d’une lettre anonyme, de retrouver parmi ses ex-... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (93) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  11 décembre 2015
C'est souvent au moment où la grande faucheuse étend son ombre menaçante que surgit le pressant besoin d'une action rédemptrice chez le futur décédé. Dans un brutal souci de délivrance, il fait le bilan de sa vie, il cherche à réparer les injustices, turpitudes, trahisons et autres haines dont il se sent coupable, avant le grand saut dans l'éternité. Damian Baxter n'échappe pas à cette tendance humaine. Atteint d'un cancer en phase terminale, il se souvient in extremis, avoir reçu 20 ans plus tôt, la lettre anonyme d'une femme qui l'accusait d'avoir gâché sa vie à cause d'une grossesse non désirée 19 ans auparavant. Damian souhaite léguer son immense fortune à cet enfant inconnu. Pour le rechercher, il convoque son meilleur ennemi, le narrateur, lui confie une liste des femmes qui pourraient chronologiquement être la mère de ce descendant accidentel.

Le narrateur et Damian se sont connus en 1968 à Cambridge. Le premier évolue dans un monde moribond dont il connaît et applique tous les codes multiséculaires, celui de l'aristocratie, des fortunes et titres héréditaires, des tableaux d'ancêtres sur les murs de demeures historiques. Le second appartient au monde émergent, celui de la roture qui doit travailler pour vivre, des self-made men, des parvenus, des nouveaux riches, le monde de ceux à qui leur éducation n'a pas inculqué à quelle heure exacte et en quelles circonstances précises il faut porter une jaquette, une queue-de-pie ou un smoking, sous peine d'être ridicule. Damian fait figure de Rastignac au cours de cette ultime saison 68, il utilise son ami pour s'introduire frauduleusement (sans carton d'invitation) dans ces bals des débutantes qui apparaissent avec le recul comme des foires aux mariages, où les jeunes filles bonnes à marier de l'année sont présentées aux prétendants de l'année riches et généalogiquement cooptés par leurs parents.

Passé imparfait est très habilement construit : le lecteur apprend dès les premières pages du roman que l'amitié entre Damian et le narrateur a été irrémédiablement brisée au cours d'événements mystérieux qui se sont déroulés au Portugal en 1970. Il s'agit d'un premier suspense auquel s'en ajoute un second : qui peut bien être cette énigmatique maman qui a donné naissance au fruit d'une éphémère aventure ? Un lecteur perspicace se dit que la dernière femme rencontrée sera la bonne. Oui mais, méfiez-vous de Julian Fellowes, il connaît son boulot. Les rencontres que va provoquer le narrateur avec Lucy, Dagmar, Serena, Joanna, Terry, Candida pour percer leur secret, sont l'occasion pour l'auteur de dresser de magnifiques portraits de femmes. Toutes sont issues de l'aristocratie, et ont été les premières victimes de ce système élitiste qui ne leur conférait comme seules compétences que celles d'hameçonner des hommes de leur rang, puis d'enfanter des héritiers. Toutes ont vécu l'effondrement de leur monde, la ruine financière de leurs familles, toutes ont survécu, plus ou moins mal.

Julian Fellowes s'adonne à une longue et lente déambulation dans les méandres des quatre dernières décennies. En ethnologue, il décrit dans les moindres détails les manies alimentaires ou vestimentaires, les règles immuables de cette curieuse tribu qui a forgé sa propre perte à force d'immobilisme. Dans certains chapitres, j'ai également eu l'impression d'être au zoo du Lunaret, devant une cage contenant les derniers specimens d'une espèce en voie de disparition, mi-fascinée par leur rareté, mi-effrayée à l'idée qu'ils pourraient me dévorer dans une quelconque jungle, surtout sociale. Positionné en observateur, Julian Fellowes a l'élégance, malgré ses origines, de ne pas se montrer rétro-utopiste, aigri, revanchard ou politiquement incorrect. En apparence au moins, il donne l'impression d'accepter les mutations de la société. Il possède en outre, cette faculté remarquable de rendre sympathiques, quelquefois attendrissants, des aristocrates confits dans l'hypocrisie, bornés, hautains, condescendants, odieux avec leur domesticité, leurs épouses et surtout leurs filles.

J'ai apprécié ce roman crépusculaire et doucement mélancolique, chronique douce-amère, au moindre détail authentique puisque vécu par l'auteur, comme on apprécie de lire un document historique ou de regarder une photo sepia qui restitue l'ambiance d'une époque révolue et permet de mesurer le temps qui passe.


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Kittiwake
  09 août 2015
A l'aube de la soixantaine, le narrateur trouve parmi les factures et les invitations une lettre énigmatique de son meilleur ennemi, l'incitant à le rencontrer, quarante ans après le clash qui a brisé leur amitié.
En acceptant cette invitation, il ne sait pas encore que c'est tout son passé qui va ressurgir et raviver des plaies qui semblaient cicatrisées.
C'est un mourant qu'il retrouve dans sa grande propriété du Surrey, et qui va lui confier une mission particulière : identifier parmi les enfants de ses anciennes conquêtes féminines, celui ou celle qui pourrait être son enfant illégitime afin de lui léguer son immense fortune. Ce serial séducteur a vécu seul et n'a pas d'héritier.
Damian est suffisamment habile pour ne pas proposer de gratifications pour ce défi, et le narrateur n'a pas d'autre choix que d'accepter.
Ainsi sur la base d'une enquête sans crime ni coupable, l'auteur nous entraîne dans une intrigue adroite qui permet à la fois de revisiter les quarante dernières années et ce qu'elles sous-tendent en matière d'évolution sociale au sein de la bonne vieille Angleterre. C'est aussi un bilan personnel pour le narrateur, à l'âge où l'on prend conscience de ce que l'on n'a pas fait et surtout de ce qu'on ne pourra pas faire. Prise de conscience douloureuse du temps qui passe : les retrouvailles après quelques décennies vous giflent par rides et embonpoint interposés.
C'est fort habilement, dans un texte émaillé d'un humour so british, que l'auteur dresse un portrait sans concession de cette Angleterre aristocratique des années soixante, engoncée dans ses traditions d'un autre âge, alors que la mutation de la société est en marche. Les bals de débutantes, les mariages arrangés vivent leur dernier round. Ils sont les derniers vestiges d'une classe sociale agonisante, souvent ruinée, et qui s'accroche aux décombres d'un folklore absurde et extravagant.
En miroir, l'auteur fustige de la même façon les aberrations du monde contemporain, sans jeter le bébé avec l'eau du bain, en pointant les évolutions incongrues (l'alcoolisme en tant que but de la fête le choque particulièrement).
Deux énigmes maintiennent l'attention du lecteur : qui sera l'heureux bâtard? Que s'est-il passé au Portugal il y a quarante ans pour les liens qui unissaient cette bande d'amis soient détruits?
A la fois tendre et mélancolique, avec l'humour en prime pour ne pas sombrer dans la complaisance, c'est un roman à savourer, particulièrement lorsqu'on apprécie la littérature d'Outre-Manche.

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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isabelleisapure
  20 août 2015
Jullian Fellowes nous propose une immersion dans la haute société londonienne, à la fin des années 60. A cette époque, on faisait encore « La Saison », cette succession de réceptions et de bals destinés à faciliter les rencontres entre les membres de la bonne société. Quarante ans après, le narrateur, écrivain quinquagénaire, est convoqué par un ancien camarade de Cambridge, Damian Baxter, avec qui il s'est fâché depuis des vacances fatales, en juillet 1970, au Portugal. Atteint d'un cancer du pancréas inopérable, Damian veut léguer son immense fortune à l'enfant qu'il aurait eu (selon la lettre anonyme d'une femme). Il demande à son ex-ami de le retrouver en renouant avec cinq de ses ex petites amies.
Par des allers-retours entre passé et présent, l'auteur fait revivre ce monde bien singulier et en dessine une jolie galerie de personnages.
J'ai aimé ce livre pour l'histoire, le suspense bien entretenu mais aussi pour ce qu'il raconte de l'Angleterre. On sourit souvent mais à la fin, c'est bien l'émotion qui gagne à travers le voyage en lui-même auquel se livre le narrateur. La vie, le temps qui passe... et au milieu de tout ça, chacun fait de son mieux. Superbe !
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tynn
  17 septembre 2014
Grandeur et décadence aristocratiques!
Que faire quand une lettre demandant un service vous arrive quarante ans après avoir perdu de vue son auteur?
Incongruité, indignation, surprise, curiosité et réminiscences pour "l'ami" sollicité par Damien Baxter, car ils se détestent cordialement depuis des années. Mais la loyauté et la fidélité aux souvenirs de leur jeunesse étudiante entraine le narrateur dans une recherche en paternité. Car Damien est condamné et veut retrouver un éventuel héritier né de ses frasques de jeune homme.
Commence alors une quête, une chasse aux souvenirs, quand un ambitieux et brillant étudiant roturier réussissait à s'introduire dans le milieu très fermé de la high society "so british". Retrouvant peu à peu toutes les conquêtes potentielles et leur possible descendance, l'écrivain-détective s'improvise aussi sociologue par un état des lieux de l'aristocratie britannique et de la déliquescence de ses valeurs en une trentaine d'années.
Les retours en arrière rendent vie à une classe sociale traditionaliste, aux comportements rigides, figés, réglés avec précision depuis des décennies, où existent encore le Bal des débutantes et La Saison londonienne, où les subtilités hiérarchiques échappent à tout observateur de ce milieu aisé et jalousé. Une société hyper snob, où la jeune génération doit se faire une place de choix, un beau mariage ou à défaut survivre dans une compétition cruelle de statut social.
Une société moribonde à l'aube des sixties, décennie de la pop, de la drogue et de l'amour libre et qui perd complètement pied dans un monde contemporain où l'argent devient roi.
C'est un livre délicieusement provocateur et qui a fait ma joie!
Le ton est coriace, l'humour acerbe voire vachard, l'oeil perçant pour brocarder en anthropologiste un microcosme décadent. On accompagne les personnages avec une sidération amusée et les yeux écarquillés face à des codes incongrus, face à une attitude très anglaise à rester arquebouté sur le passé, une incapacité à imaginer ou à s'adapter à l'avenir.
Julian Fellowes, scénariste de l'élégant film Gosford Park et de la série télévisée Downton Abbey, offre un savoureux roman fouillé et attachant, se prêtant lui même en auto dérision pour un monde qu'il connait fort bien, égratignant avec jubilation une gentry momifiée où "Orgueil et Préjugés" ont toujours droit de cité.
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Mimeko
  10 mai 2016
Quarante ans après avoir rompu toute relation au tout début des années soixante dix avec ses amis d'université, le narrateur est contacté par l'un d'entre eux Damian Baxter, atteint d'un cancer et dont les jours sont comptés. Une bien curieuse démarche que celle de Damian Baxter, un personnage atypique dans la bande d'amis, tous issus de l'aristocratie britannique alors que lui était d'extraction pauvre et pourtant terriblement charismatique se faisant aimer des jeunes filles de bonne famille et détester des jeunes dandys. Baxter lui demande comme un dernier service de rechercher l'auteure d'une lettre lui révélant une paternité ignorée. le narrateur va accepter, non sans réticence, d'effectuer les recherches demandées et par là même, se confronter quarante ans plus tard à son propre passé, ses propres regrets et affronter des vérités qu'il avait préféré dénier.
J'ai adoré Passé imparfait ce roman de Julian Fellowes qui arrive à construire sur plusieurs décennies les destins des personnages les plus emblématiques de sa jeunesse : dans le milieu aristocratique encore guindé et rigide de l'Angleterre des années soixante, pas facile de s'affirmer et de tracer son propre chemin quand les parents influencent les destinées de leurs rejetons lors de bals organisés pour éviter les mésalliances, trouver de beaux partis aux filles, qui bien souvent se résignent en allant vers le moins mauvais des maris. Julian Fellowes fait revivre toutes les différences de ces deux époques : le carcan de codes où l'aristocratie commence à couler car incapable de s'adapter à un nouveau monde, celui des self-made men de la City, les nouveaux maîtres où l'argent remplace le lustre perdu des vieilles familles jadis propriétaires terriennes qui ont dû se séparer de leurs possessions pour sauver la face.
Il y a peut être certaines digressions mais elles ne m'ont pas gênées, bien au contraire, car ce sont souvent des réflexions sur la vie, les choix que l'on fait ou qui nous sont imposés, l'absence de révolte car c'était tout simplement impensable dans ce milieu, la volonté des parents qui écrasent leurs enfants souvent pour le respect de convenances dépassées et l'émergence d'une personne qui va stigmatiser l'écroulement de ce monde.
Passé imparfait est pour moi, un roman d'une grande richesse psychologique, qui m'a permis de mieux appréhender ces deux Angleterre qui ont cohabité et ont vu la fin de la vision conservatrice qui dominait et qui a par la suite été submergée par celle de la réussite individuelle.
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critiques presse (2)
Telerama   29 juillet 2015
Méchant, précis et drôle, l'auteur constate avec hardiesse le délitement d'une société à laquelle il appartient et dresse le constat de la disparition de sa jeunesse.
Lire la critique sur le site : Telerama
LeFigaro   28 mai 2015
Une satire mélancolique de la haute société britannique des années 1960.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (72) Voir plus Ajouter une citation
KittiwakeKittiwake   07 août 2015
Quand on se retrouve dans une relation qui bat de l'aile, on a tendance à l'aggraver en lui injectant une dose de mélodrame, obtenue en devenant lunatique et mordant, et en montrant en permanence son insatisfaction. Cela passe par des répliques comme "Mais pourquoi tu fais tout le temps ça ? " ou " bon, tu m'écoutes, oui? Parce qu' en général tu comprends rien quand je t'explique ", ou bien "Me dis pas que tu as encore oublié ?".
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adtraviataadtraviata   27 février 2016
J’y ai trouvé une nouvelle perle que je vais pouvoir ajouter à ma collection « La réputation des Belges chez les écrivains étrangers » : (en parlant de l’éducation des filles à l’époque) « En revanche, les parents raclaient leurs fonds de tiroir pour pouvoir envoyer leurs fils à Eton, Winchester ou Harrow, tandis que leurs soeurs se retrouvaient sous la tutelle d’une comtesse belge alcoolique qui enseignait essentiellement l’art de ne pas enquiquiner ses parents. » (p. 116)
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KittiwakeKittiwake   06 août 2015
Je n'avais pas l'impression que l'amour ait été pour eux quelque chose de spontané, en tout cas certainement pas le fait d'"être amoureux" avec ce que cela implique de perturbations, d'affreuses et gluantes menaces de troubles gastriques et d'insomnies
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namelessnameless   09 décembre 2015
Cette insolite culture de la complaisance où d'hypocrites animateurs télé d'âge mûr font semblant de partager les mêmes goûts et opinions que leur public adolescent afin de les séduire ne s'était pas encore imposée.

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KittiwakeKittiwake   08 août 2015
J'aime notre climat. J'aime la lumière subtile des jours de grisaille et le parfum qu'il y a dans l'air après la pluie. Et surtout j'aime le caractère changeant de notre climat. Vous connaissez le dicton : "Si vous n'aimez pas le climat anglais, attendez juste cinq minutes".
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