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Kai Hermann (Éditeur scientifique)Horst Rieck (Éditeur scientifique)Horst-Eberhard Richter (Autre)Léa Marcou (Autre)
ISBN : 2070374432
Éditeur : Gallimard (13/01/1983)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 1362 notes)
Résumé :
Ce livre terrible a connu un retentissement considérable en France et dans toute l'Europe. Ce que raconte cette jeune fille sensible et intelligente, qui, moins de deux ans après avoir fumé son premier "oint", se prostitue à la sortie de l'école pour gagner de quoi payer sa dose quotidienne d'héroïne, et la confession douloureuse de la mère font de Christiane F. un livre sans exemple. Il nous apprend beaucoup de choses, non seulement sur la drogue et le désespoir, m... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (130) Voir plus Ajouter une critique
Colette
  07 avril 2015
Ce témoignage est sombre, tragique, douloureux et extrêmement marquant puisqu'il parle de deux sujets difficiles et toujours d'actualité: la drogue et la prostitution.
Pour ma part, je me suis beaucoup attachée à cette jeune Christiane et c'est avec beaucoup de tristesse que l'on constate sa déchéance au fil de ces pages. Elle raconte son histoire avec son enfance triste et brutale qu'elle tente d'échapper en allant se changer les idées auprès d'une bande "branchée" qui la fascine. Elle est alors très vite tentée de faire comme eux, en consommant des drogues, mais en devient rapidement dépendante. Elle se tourne alors vers la prostitution à 14 ans pour se payer sa dose quotidienne d'héroïne.
Ce livre parle d'une Allemagne à la fin des années 70, dans laquelle la jeunesse des quartiers modestes se trouve face à l'ennui et l'indifférence.
Ce récit met en avant les difficultés liées à la dépendance de la drogue, le manque d'organismes spécialisés pouvant accompagner ces personnes à l'époque, la souffrance liée au sevrage. Mais aussi la difficulté des proches à sortir les personnes de cet enfer.
Un témoignage bouleversant qu'il faudrait faire lire à la jeunesse pour tenter de faire prendre conscience des dangers engendrés par la drogue.
A présent, il me tarde de lire ce qu'est devenue Christiane dans son récent témoignage 34 ans après celui-ci: "Moi, Christiane F., la vie malgré tout", qui parait tout aussi éprouvant à lire.
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Ambages
  29 mai 2016
« Ni hier ni demain ne m'intéressent. » « Je n'ai pas de projets, seulement des rêves. » « Maintenant, je ne suis à peu près heureuse que dans les moments où je rêve, et où je rêve que je suis quelqu'un d'autre. »
Merde alors ! Quand j'ai lu ces phrases prononcées par une gamine de 13 ans, j'ai corné les pages, pour ne pas oublier, pour marquer ce livre comme ses bras. Une piqure, un rappel pour moi.
« Tout ça m'a paru complètement fou. Dans quel monde vivons-nous ? » se demande la mère de Christiane. Moi aussi, je me le demande. Quand des instituts spécialisés refusent de prendre en charge des enfants dont la vie ne tient qu'à un fil. Quand tous les adultes préfèrent fermer les yeux car c'est trop moche ou parce que ça en arrange bien certains...ou parce qu'ils se sentent démunis ? Oui nous le sommes mais est-ce pour autant qu'il faut arrêter de se battre ?
Je ne crois pas que cette histoire soit terminée. Tous les jours des enfants tombent et ne se relèvent pas. Parce qu'aucun adulte n'est là pour les aider. J'ai flippé pendant cette lecture car je ne me sens pas à l'abri. Qui peut l'être ? Quand un enfant pense « Je ne sais pas pourquoi je suis au monde. », on a raté quelque chose, non ?
Quand on donne des étrennes, voilà ce que peut penser un adolescent héroïnomane : « Hiver ou été, Noël ou Nouvel An, pour moi tous les jours se ressemblent. A ceci près que j'ai reçu de l'argent en cadeau de Noël, ce qui m'a permis de faire un ou deux clients de moins. » Flippante cette lecture. Dans le quartier de Gropius, les enfants n'avaient pas droit de cité, tout leur était interdit. Avec son père, c'était des coups et des meurtrissures.
Alors je me suis raccrochée à des petits détails pour trouver vos rayons de soleil Christiane. Il y a eu David Bowie... « C'est le pied. Presque autant que je l'ai imaginé. Fantastique. Mais, aux premières mesures de It is too late, ''C'est trop tard'', je sombre. Cette chanson me donnait la cafard. Je trouve qu'elle décrit très exactement ma situation. » Et avec Detlev... un rayon chaud d'amour. Un amour qui a coulé dans vos veines. Finalement même vos rayons de soleil finissaient par vous donner la jaunisse. Qui vous aimait ?
Oh, what will I be believing and who will connect me with love ? ''Station to station''
« C'est moche de mourir quand on n'a pas encore vécu. »
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Sachenka
  30 mars 2018
Christiane F. livre ici son témoignage, celui de sa chute dans l'enfer de la drogue. Ce n'est pas le genre de bouquin qui, habituellement, m'attire. En fait, je lis très peu de biographies. Mais celui-ci m'a été prêté, je l'ai entamé un peu à reculons. Non seulement à cause du genre, mais aussi et surtout à cause du thème. Les drogues, les toxicomanes, ce monde dur, pas pour moi. Toutefois j'ai laissé sa chance au livre et j'en suis content. Évidemment, c'est dur, une lecture coup de poing, mais parfois c'est essentiel.
La préface (dans l'édition Folio, je ne sais si c'est la même partout) m'a aidé à me situer, à mettre en perspectives cette histoire. Peut-être même expliquer ce qui a pu poussé Christiane vers la drogue. En effet, son enfance et son début d'adolescence ont été marqués par un père vindicatif et une mère qui n'a pu su mettre des limites, voir ce qui arrivait à sa fille. Et ce qui ne devait être qu'un essai, l'héroïne, est devenu une réalité.
En passant, j'aime bien que jamais la substance ne soit nommée explicitement. H. Tout court. C'est comme une façon de ne pas donner d'emprise à la chose. Un peu à la façon de certains de jamais nommer les meurtriers en série et de seulement les appeler «le monstre» ou quelque chose du même genre.
Évidemment, la jeune Christina voyait les choses plus simplement. La drogue, c'était que pour passer du bon temps. Une connerie. Elle n'était pas accro, elle pouvait arrêter quand elle le voulait. C'est ce qu'elle croyait. C'est ce qu'ils croient tous… au début. Puis, quand l'argent vient à manquer et que le besoin se fait ressentir, il ne reste plus qu'à se prostituer pour arriver à ses fins. Je la voyais sombrer et elle ne le comprenait pas, je rageais intérieurement pour elle, pour ses amis, pour ce monde qui les laisse s'empêtrer.
Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée…
Mais ce roman n'est pas que noir. C'est d'abord une belle – et déchirante et troublante – histoire d'amour entre la jeune fille et Detlev, un garçon de deux ans plus âgé. Ils partageaient leurs espoirs, leurs rêves.
Malheureusement, ils étaient mal entourés. J'ai trouvé cet amour vraiment touchant.
C'est ensuite et surtout le calvaire d'une jeune femme (et de sa mère) pour essayer de se défaire de sa dépendance aux drogues dures. Ce combat, ponctué de cures et de rechutes, fut long mais finalement couronné de succès.
Le roman met aussi en évidence le manque de ressources pour aider les jeunes toxicomanes et leurs familles. du moins, en Allemagne dans les années 1970. J'espère que les choses ont changé depuis. Aussi, j'ai été surpris de voir comment, même guérie (mais peut-on se considérer guéri quand on n'a pas retouché à la drogue depuis seulement quelques semaines ?), le système scolaire continue à lui tenir rigueur de ses fautes du passé.
Je crois qu'on devrait faire lire ce roman aux jeunes. Il est peut-être un peu technique mais l'intérêt n'est pas là. Je suis certain que cela aurait un effet dissuasif sur plusieurs. Ils éviteraient les mêmes erreurs que Christiane, cette connerie, la désillusion qui l'accompagne. À tout le moins, ils pourraient reconnaître les risques, les façons de prévenir des situations semblables. On peut rêver…
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Suny
  15 mai 2011
Ce livre est une grosse baffe dans la figure, et c'est vrai qu'il ne vaut mieux pas être dans une période déprimée pour le lire... Quoiqu'en lisant ces pages on se rend compte que finalement on est pas si mal loti (à condition de ne pas être toxicomane, de ne pas devoir tapiner pour se payer sa dose quotidienne et de ne pas voir son cercle d'amis décimé peu à peu par les overdoses et autres maladies).
C'est là qu'on se rend compte à quel point, quand toutes les conditions sont réunies, il est facile de tomber au fond à partir d'une simple connerie d'ado. C'est sûr que ce qu'elle a vécu est vraiment extrême. Mais on a beau se dire ça, une fois qu'on l'a lu on ne l'oublie jamais.
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GuillaumeTM
  08 juillet 2013
« Watch out the world's behind you » – The Velvet Underground
Ce livre est le témoignage le plus saisissant et le plus réaliste sur l'univers de la drogue qu'il m'ait été donné de lire, mis à part « L'herbe bleue » que j'avais déjà lu il y a fort longtemps mais dont il ne me reste que peu de souvenirs.
« Feeling sick and dirty more dead than alive
I'm waiting for my man » – The Velvet Underground
Il a d'ailleurs reçu, à sa sortie, un certain écho en France ainsi qu'une grande renommée jusqu'à aujourd'hui, même si le titre en français me paraît un peu racoleur et franchement stupide étant donné que l'histoire se déroule sur environs trois ans et que Christiane ne se prostituait pas encore à l'âge de treize ans. le titre d'origine (Nous, les enfants de la station Zoo) était bien meilleur même si moins vendeur d'un point de vue strictement marketing.
« Take me on a trip upon your magic swirlin' ship
My senses have been stripped, my hands can't feel to grip
My toes too numb to step
Wait only for my boot heels to be wanderin' » – Bob Dylan
L'histoire débute lorsque Christiane, ses parents et sa soeur déménagent à Berlin, quittant leur village pour la cité Gropius. Là-bas, elle découvre la pression sociale qu'exerce la société sur les enfants que ça soit à l'école ou à l'extérieur, les rapports de force, l'esprit de compétition et tutti quanti. Son père doit faire face au chômage et donc devient brutal, violent envers sa mère et à ses filles, rentrant souvent tard après avoir passé la soirée à boire au bistrot. Quant aux enfants, dans cette cité peu accueillante, tout leur est interdit, il n'y a pas de place pour l'amusement ou même pour leur simple épanouissement. C'est au centre socio-culturel protestant « La Maison du Milieu » qu'elle y fera sa première expérience du haschich.
« I started out on burgundy
But soon hit the harder stuff » – Bob Dylan
Puis vint l'accès à la fameuse boite de nuit le « Sound », le repaire des toxicos en tous genres. C'est près de ce lieu au goût de prestige à l'aune de ses treize ans qu'elle y fera sa première rencontre avec l'héroïne, d'abord en la sniffant avant de passer à l'injection par intraveineuse. Ensuite ce sera l'escalade vers une dépendance physique, croyant d'abord maîtriser sa consommation, ne sachant pas à cause de son jeune âge que c'est la came qui dicte la règle à suivre, jamais l'inverse. C'est l'époque, 1976, où l'héroïne fait des ravages en Europe, touchant des adolescents de plus en plus jeunes. Les gouvernements semblent désemparés face à ce fléau, cherchant, comme à leur habitude, à éradiquer non les racines du mal, bien trop profondes à atteindre, mais uniquement la partie émergée de l'iceberg.
« Les feuilles tombent des cocas
Et se répandent sur l'occident
Demain tu verras tous ces petits alchimistes
Pulvériser un continent » – Hubert-Félix Thiéfaine
On en retient surtout le sordide dans lequel « l'algèbre du besoin », pour utiliser une formule de William Burroughs, confine les toxicos à un destin tragique, et combien il est difficile de sortir de cette dépendance car, dans le récit de Christiane, on ne compte plus les tentatives de sevrage qui ont finis par une irrémédiable rechute. On voit aussi tous ceux qui profitent de cette situation désespérée tels que les pervers, les pédérastes (ils appellent cela le baby tapin) et même, à mon grand étonnement, l'église de scientologie qui voit là manière à recruter de nouveaux fidèles dans un regain de prosélytisme honteux.
« Seasick Sarah had a golden nose
Hard-nailed boots, wrapped around her toes
When she turned blue, all the angels screamed
They didn't know, they couldn't make the scene » – The Velvet Underground
Il serait intéressant également d'en faire une analyse sociologique afin de comprendre le malaise qui agite ceux, comme Christiane, à se droguer. Peut-être est-ce la société de consommation qui n'offre pas les attentes que recherche la jeune génération, qui n'offre aucun idéal à cette jeunesse perdue entre un quotidien morose et un avenir incertain.
« When i put a spike into my vein
Then i tell you things aren't quite the same
When i'm rushin' on my run
And i feel just like Jesus' son » – The Velvet Underground
C'est un livre, in fine, qui ne se fait jamais moralisateur, décrivant la réalité crue, sans artifices inutiles. Un livre bouleversant où on la suit dans ses déambulations à travers ses déboires et ses peines pour enfin décrocher de la drogue.
« It's too late
To be grateful » – David Bowie
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Citations et extraits (57) Voir plus Ajouter une citation
GuillaumeTMGuillaumeTM   03 juillet 2013
Je venais de m'enfermer dans un w-c. pour me piquer, et tout à coup je vois un type sauter par-dessus la cloison, littéralement me tomber dessus. Manu-le-Filou. On m'avait bien raconté que c'était son truc : se planquer dans les toilettes pour dames, attendre qu'une fille vienne se piquer. Sachant qu'il n'hésite pas à frapper, je lui donne tout de suite ma dose et ma seringue. Il sort, se plante devant un miroir, et se pique. Dans le cou. Ce mec-là n'a plus peur de rien, et c'est le seul endroit de tout son corps où il peut encore enfoncer une aiguille. Il saigne comme un cochon. Je crois qu'il s'est envoyé le shoot dans l'artère. Il s'en fout. Il me dit : "Merci" et disparaît.
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AmbagesAmbages   28 mai 2016
Je ne sais pas pourquoi je suis au monde ? Avant non plus je ne le savais pas bien. Mais un fixer, pourquoi ça vit ? Pour se démolir et démolir les autres ? Je me dis, cet après-midi-là, qu'il vaudrait mieux que je meure, rien que par amour pour ma mère. De toute manière, je ne sais plus si j'existe ou non.
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x-Kah-mix-Kah-mi   21 décembre 2010
Nous avons toujours rêvé d'aller à Paris. Nous voulions louer une chambrette à Montmartre et nous y désintoxiquer. Nous n'avions jamais entendu parler de la drogue à Paris, et nous pensions que ça n'existait pas. A Paris il n'y a que des artistes, des mecs super, ils boivent du café, ou un verre de vin de temps en temps
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AnalireAnalire   23 avril 2014
Ce sont souvent les parents, au contraire, qui font porter aux enfants le fardeau de leurs propres conflits, soit en les y impliquant, soit même - le cas est fréquent - en les chargeant de les résoudre à leur place.
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CroquignolleCroquignolle   14 décembre 2017
Noël arrive. Mon premier réveillon en famille, sous le sapin, depuis deux ans : l'année dernière, comme celle d'avant, j'ai passé la nuit de Noël à la Scène. Je ne sais pas si je dois être contente ou pas. Je décide en tous cas, de faire un effort pour en avoir l'air, au moins au moment des cadeaux. Mais là, je n'ai pas à me forcer, ils m'ont vraiment fait plaisir. C'est la première fois que j'ai tant de cadeaux de Noël. Un moment cependant, je me surprends à calculer combien tout ça a coûté, et combien de doses d'héro ça représente.
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Vidéo de Christiane V. Felscherinow
Trois décennies après son best-seller "Moi, Christiane F, 13 ans, droguée, prostituée'", Christiane Felscherinow a présenté à la Foire du livre de Francfort (2013) sa deuxième autobiographie, qui retrace les années qui ont suivi son errance dans le Berlin des années 1970.
>Histoire, géographie, sciences auxiliaires de l'histoire>Biographie générale et généalogie>Biographie générale et généalogique (557)
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