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EAN : 9782366240467
110 pages
Éditeur : Cambourakis (27/04/2013)

Note moyenne : 4.56/5 (sur 8 notes)
Résumé :
C'est sous le signe de l'atavisme et de l'ancestral, de l'attachement de l'auteur à ses collines natales des Langhe que s'anime ce sobre et puissant tableau de la vie paysanne piémontaise de l'entre-deux-guerres. La parole est rare dans cette société sans écriture et les règles immémoriales de la misère aussi élémentaires qu'intransgressibles. L'effort pour le corps et la terre. Le silence, la fierté et la prière pour l'esprit. Avec une intensité digne des plus gra... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
michfred
  07 avril 2020
La Malora- son titre en italien- est une longue nouvelle ou un court roman, comme on voudra. Comme le reste de l'oeuvre de Beppe Fenoglio, La Malora parle de la belle région des Langhe, ces collines de terres et de bois, parfois couronnées d'un petit château ou d'une grande ferme, qui entourent la ville d'Alba.
Terre de chasse, de vin, mais aussi terre âpre, dure à cultiver, avec tous ces reliefs, ces torrents, ces parcelles éparses entrecoupées de bosquets sauvages.
Agostino vient de San Benedetto, c'est le cadet d'une famille de trois garçons. Deux filles , déjà , sont mortes. de misère, de faim, d'épuisement. De phtisie, la redoutable "tisia" , grande pourvoyeuse de jeunes morts. L'aîné, Stefano, une brute, revenu de l'armée, travaille sans conviction la terre sous les ordres d'un père tyrannique qui ne fera pas de vieux os, à force de se tuer à la tâche. Le second, Emilio, fragile et doux, est envoyé au séminaire d'Alba. Une bouche en moins à nourrir. Mais ceux qui croient que les prêtres du séminaire engraissent comme des chapons se trompent: Emilio y dépérit d'une faim sournoise, lente, permanente qui ruine bientôt sa santé.
Reste Agostino, le plus jeune, narrateur bouleversant de cette sobre histoire de malheur, de pauvreté et de guigne, qu'il raconte avec une simplicité désarmante, sans aucun attendrissement, sur un ton de résignation fataliste qui sonne le vrai.
Agostino n'a pas dix huit ans, il va "servire" comme on dit en italien , autrement dit être une sorte d'esclave rural dans une ferme dont le" padrone" n'est même pas son propre patron, puisqu'il a, lui aussi un maître qui lui fait subir ce que lui fait subir à ses valets, à Agostino entre autres, pour un salaire dérisoire, un mauvais "pagliotto"et une pitance chiche, maigre et qui lui laisse le ventre creux.
Sans révolte, sans commentaire, Agostino, donc, raconte, son travail, osant parfois quelques impressions personnelles, vite mises en veilleuse par les "terribles pépins de la réalité" qui le ramènent à l'essentiel: survivre, durer, revenir chez soi.
Des oasis parfois: un repas de noces ou d'enterrement - le temps de savourer de bonnes choses-, un jour de marché- le temps de poser la bêche- , un bain de rivière avec un autre serf de dix huit ans- le temps d'oser rêver d'une autre vie -, une envie d'aimer et d'être aimé - le temps d'y croire.
Mais toujours comme une glu la Malora revient vous dire que vous n'êtes qu'un misérable et que tout ça n'est pas pour vous.
Reste un magnifique portrait de "garzone", de valet de ferme, Agostino, auquel on s'attache avec tendresse et qu'on a envie de protéger. Comme le font les seuls êtres empathiques et tendres de cet âpre récit, des femmes , exclusivement : la "madre", la " padrona" et la "servente".
Trois anges tutélaires: des femmes houspillées, exploitées, insultées, mais qui , dans ce monde de mâles brutaux, endurcis, violents, ont su garder leur humanité et dispensent dans ce désert relationnel, leur généreuse pitié.

Une très belle lecture, faite en V.O.


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ollivier
  01 décembre 2016
Un court roman sur la vie dans les campagnes entre les deux guerres dans la région de Turin (près de la ville d'Albe):
l'extrême misère quotidienne, mais sans misérabilisme et avec beaucoup de chaleur.
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Kichigai
  13 février 2019
M'a certainement rappelé QUELQUES ARPENTS de Ringuet
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
michfredmichfred   07 avril 2020
Arrivé en vue de San Benedetto, je posai mon baluchon au milieu de la route et je fis le serment de ne jamais plus me plaindre de mon sort, même si je devais y rester jusqu'à ce que je sois mort et enterré et y vivre toujours seul , de pain et d'oignon, pourvu que ce soit sans un patron. Et ensuite je montai à la rencontre de ma mère pour qui c'était aussi le premier beau jour depuis dieu sait quand.
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michfredmichfred   07 avril 2020
Eh bien, en pleine malchance et comme la vie m'était devenue insupportable au Pavaglione où je ne pouvais faire un demi pas sans donner du nez contre quelque chose qui me rappelait Fede, la roue fit un tour et j'eus un coup de chance, moi, le premier depuis vingt ans que j'étais au monde.
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michfredmichfred   07 avril 2020
Ma patronne, qui ne voulait pas entendre parler ainsi d'un pere, lui dit une bonne fois que s'il s'agissait de son père il ne pouvait pas ne pas être bon, mais lui , il lui rit au nez et lui dit: -Mon père, il faut le goûter arrosé d'huile d'olive pour sentir combien il est bon.
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michfredmichfred   07 avril 2020
J'arrivai au pays à la tombée du jour, je vis d'en haut notre maison, en bas, du côté de Belbo, il me sembla qu'elle portait sur son toit tout le poids du ciel, et ça me fit un coup au coeur de voir la lumière à la fenêtre des nôtres, une lumière qui ne pouvait être que celle ďe quatre chandelles.
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michfredmichfred   07 avril 2020
-Agostino, lève-toi et mets tes habits du dimanche.
Je ne dirai sûrement pas que ce fut un pressentiment : je compris tout, comme si j'étais un agneau au temps de Pâques.
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Video de Beppe Fenoglio (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Beppe Fenoglio
Il se passe quelque chose entre la philosophie et le design. D'un côté, Antoine Fenoglio, de l'agence Les Sismo, en quête de réflexion sur le sens de sa profession. de l'autre, Cynthia Fleury, psychanalyste et philosophe, professeure au Cnam (Conservatoire national des arts et métiers), créatrice d'une chaire de philosophie à l'hôpital et auteure du Soin est un humanisme, dans la collection « Tracts », chez Gallimard. Ensemble, ils viennent de lancer un séminaire commun au Cnam. Que signifie, aujourd'hui, se soucier de la vulnérabilité de la vie ? Comment la philosophie du soin peut-elle renouveler la pensée sur l'environnement, le numérique, voire l'économie ? Comment modifier les pratiques dans le système hospitalier, mais aussi dans le monde des objets et des services ? Antoine Fenoglio et Cynthia Fleury feront le point sur leur passionnante démarche et expliqueront leurs projets.
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