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EAN : 9782366240764
216 pages
Éditeur : Cambourakis (12/02/2014)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 5 notes)
Résumé :
"Résistant,comme poète, est un mot absolu" écrivit un jour Beppe Fenoglio, qui se rêvait soldat dans l'armée idéale de Cromwell, avec la Bible dans sa musette et son fusil en bandoulière et qui dut en partage affronter la sordide réalité du fascisme.
Au croisement de l'autobiographie, du témoignage et de l'aventure romanesque, "le printemps du guerrier", livre d'hommes et de paysages en guerre, relate avec une exigence morale sans faille et à travers les nob... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
MarianneL
  24 avril 2014
Un étudiant en littérature anglaise originaire du Piémont, surnommé Johnny, est mobilisé en 1943 et suit l'instruction des élèves officiers à Moana, à mi-chemin entre Turin et Rome, avant d'être affecté avec son bataillon à Rome, au milieu de cette année cruciale, 1943.
Au sein d'une armée royale italienne sinistre et misérable, au bout du rouleau, alors que l'issue de la guerre ne fait d'ores et déjà plus aucun doute pour les soldats, l'instruction, menée par des sous-officiers bornés, est bestiale, insupportable, tout autant qu'inutile.
«Il fallait marcher encadré et chanter à gorge déployée derrière un commandant déséquilibré, entouré de subalternes serviles et idiots.»
Le titre original du roman, «Primavera di Bellezza», fragment de l'hymne fasciste Giovinezza (Jeunesse), dénonce déjà l'absurdité de cette guerre, le gâchis humain, en même temps que l'hypocrisie de la propagande fasciste. Beppe Fenoglio (1922-1963), lui-même engagé dans la résistance contre les fascistes en 1944, nous dépeint ici cette armée italienne en guenilles, bien loin de l'image glorieuse des militaires de 1940, troupe sous-alimentée, souffrant de dysenterie, une armée en débandade dans laquelle tous sont antifascistes à de rares exceptions, prenant les fascistes pour des bouffons sadiques ou pour des criminels.
«Sur le terrain de sport, et presque uniquement là, se manifestait le chef du bataillon d'instruction, le commandant di Leva signor Augusto. Cigarette au coin de la bouche, badine à la main pour frotter ou fouetter ses bottes jaunes, malingre mais électrique, des yeux saillants dans une petite figure vicieuse, sur sa poitrine gris-vert le rouge distinctif, impudemment incongru, de l'ordre du Saint-Sépulcre.»
«Le printemps du guerrier», une des rares oeuvres publiées du vivant de l'auteur, en 1959, est, on l'aura compris, un réquisitoire violent contre le fascisme et la guerre, avec comme un lointain écho du roman de Dalton Trumbo. Émaillé de descriptions somptueuses et romantiques de la nature, du désoeuvrement et du questionnement existentiel de Johnny, qui tente d'échapper à son sort malheureux en fumant et en regardant au loin, c'est surtout une galerie de portraits phénoménale, un grand roman dans lequel les assemblages de mots viennent surprendre le lecteur au détour de chaque page, caisse de résonance de cette absurdité.
On comprend donc les mots d'Italo Calvino : «Ce fut le plus solitaire de tous qui réussit à écrire le roman dont nous avions tous rêvé».
«Johnny reçut sur la joue une goutte énorme, colossale, absurde. le soleil brillait encore mais avec des rayons sulfureux, pourris, et dans cet éventail la pluie subite édifia une diagonale palissadique. Un murmure d'incrédulité et d'appréhension monta de la terre vers le ciel et des centaines de corps frémirent sur l'herbe. Johnny vit le commandant se contorsionner, hésiter entre plusieurs solutions car le ciel était vertigineusement changeant. de larges gouttes s'écrasaient sur la saharienne de Girardi en y faisant des taches démesurées. C'était le plus violent et le plus traître orage d'été que les garçons aient jamais vu, les gouttes géantes atterrissaient sur la peau et sur l'étoffe comme des crapauds sautant à pieds joints. Il y eut un piétinement général, le ciel était devenu violet, le fleuve de zinc, jusqu'au disque du soleil qui paraissait poisseux et sur la terre le commandant Borgna, plus noir que toute cette noirceur, gesticulait et blasphémait comme un fou. Des centaines d'hommes étaient en déroute, en direction des fermes, loin de la campagne nue, terrifiante.»
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mireille.lefustec
  07 novembre 2014
Titre italien: "Primavera di Bellezza" extrait de l'hymne fasciste: Giovinezza.
C'est le troisième livre de Beppe Fenoglio et son plus important.
( rappel : l'auteur est mort à 41 ans )
Il se lit comme un roman grâce au talent d'écriture mais c'est bien d'un témoignage de guerre qu'il s'agit;
Tout cet ouvrage dénonce l'effort, de la part de Fenoglio, de restituer à la Résistance toutes ses valeurs morales qui en justifient la continuité.
Il retrace trois moments essentiels de la vie d'un homme de cette génération.
_ L'entraînement dur et absurde
, inacceptable, dans les casernes fascistes où le protagoniste se retrouve , sans le savoir, projeté dans un monde et une ambiance à l'extrême opposés à sa sensibilité.
_ le 8 septembre, comme date et événement libérateur et prévu, comme conséquence du climat vain et illusoire,
_ le choix partisan, réalisé à travers une récupération qui ne signifie pas seulement une conquête politique, mais aussi un retour à la terre-mère.
Le personnage de Johnny n'est autre que Beppe, étudiant anglophile, (d'où le surnom) , jeté de force dans un contexte difficile qui le rend perplexe et perdu.
Il possède une conscience concrète et adulte.
Beppe-Johnny vit sa première expérience négative 0 la caserne de Moana, dans le Piemont, puis ,ensuite, près de Rome.
Dans les deux cas, les différences son infimes. Il y rencontre les mêmes personnages qui, continuellement répètent leur misère ,leur découragement dans leur inguérissable morgue.
A la galerie de portraits de la première partie succède la ruine et la débandade de l'armée sans guide et sans chefs. Ils ont été les premiers à quitter l'uniforme ce que l'auteur décrit avec des accents d'extrême amertume.
Le désenchantement se poursuit.
Livre édité par Cambourakis en janvier 2014 .
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
mireille.lefustecmireille.lefustec   07 novembre 2014
il s’éloigna, lent et renfrogné, il n'en finissait pas de soupeser la musette, Johnny avait dans la gorge un nœud d'indissoluble fureur et de molle pitié pour lui-même; les jours de l'armistice, du moins l'assurait-on, avaient vu la plus grande manifestation de solidarité nationale de toute l'histoire d'Italie, mais il lui revenait à lui de marchander et de menacer;
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mireille.lefustecmireille.lefustec   07 novembre 2014
Dans le silence qui suivit, Johnny se concentra sur l'eau : c'était la sœur de l'eau du fleuve qui l'avait élevé, l'eau de ses bains matinaux solitaires, quand l'immersion millimétrée lui procurait une poignante et longue volupté qu'aucune femme n'avait encore su lui offrir. p. 45
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mireille.lefustecmireille.lefustec   07 novembre 2014
Johnny ondula, en partie pour lui dire qu'il était d'accord, mais surtout à cause d'une faiblesse due au jeûne. La faim ne rugissait pas en lui, elle l'effritait de ses doigts habiles et légers. 144
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mireille.lefustecmireille.lefustec   07 novembre 2014
La réalité était celle du fleuve et le mauvais rêve était l'armée italienne, la guerre que celle-ci était en train de perdre et le cours de formation situé à Moana
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mireille.lefustecmireille.lefustec   07 novembre 2014
Tout au long du jour, Johnny souffrait intensément de la vie en commun et le soir la solitude lui paraissait empoisonnée. p.76
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Video de Beppe Fenoglio (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Beppe Fenoglio
Il se passe quelque chose entre la philosophie et le design. D'un côté, Antoine Fenoglio, de l'agence Les Sismo, en quête de réflexion sur le sens de sa profession. de l'autre, Cynthia Fleury, psychanalyste et philosophe, professeure au Cnam (Conservatoire national des arts et métiers), créatrice d'une chaire de philosophie à l'hôpital et auteure du Soin est un humanisme, dans la collection « Tracts », chez Gallimard. Ensemble, ils viennent de lancer un séminaire commun au Cnam. Que signifie, aujourd'hui, se soucier de la vulnérabilité de la vie ? Comment la philosophie du soin peut-elle renouveler la pensée sur l'environnement, le numérique, voire l'économie ? Comment modifier les pratiques dans le système hospitalier, mais aussi dans le monde des objets et des services ? Antoine Fenoglio et Cynthia Fleury feront le point sur leur passionnante démarche et expliqueront leurs projets.
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