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ISBN : 2757819860
Éditeur : Points (14/06/2010)

Note moyenne : 4.24/5 (sur 49 notes)
Résumé :

L’histoire se situe dans un petit village de Kabylie en Algérie au tout début du XXème siècle. Amer, enfant du village, s’exile en France pendant quinze ans. Loin de son pays natal, accueilli par une petite communauté d’hommes originaires du même village que lui, il découvre le monde des mines de charbon. C’est là qu’a lieu un premier drame : son cousin meurt dans un accident au fond de la mine. Amer est accusé du meurtre. Même s’il parvient à se dédouaner... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Aaliz
  30 juillet 2011
L'histoire se situe dans un petit village de Kabylie au tout début du XXème siècle. Amer, enfant du village, s'exile en France pendant quinze ans. Loin de son pays natal, accueilli par une petite communauté d'hommes originaires du même village que lui, il découvre le monde des mines de charbon. C'est là qu'a lieu un premier drame : son cousin meurt dans un accident au fond de la mine. Amer est accusé du meurtre. Même s'il parvient à se dédouaner auprès de ses compagnons en France, il n'en est pas de même au village. Après l'accident, Amer est fait prisonnier lors de la première guerre mondiale puis revient à Paris où il retrouve la fille cachée de son cousin décédé, fille issue d'une union illégitime entre le dit cousin et une française, Marie. Amer épouse Marie et tous deux décident de retourner s'installer au pays.

Mon avis :
Mouloud Feraoun se livre dans ce roman à une description de la culture et de la mentalité kabyles. On se retrouve totalement immergé au sein de cette communauté villageoise. On en apprend les règles, les coutumes, la dureté de la vie mais surtout l'importance fondamentale des deux éléments de base de la culture kabyle : la terre et le sang.
Au village, on vit essentiellement de la terre cultivée par les fellah : les paysans. La terre et la paire de boeufs pour le labourage représentent toute la fortune des familles kabyles. le rang et la place accordée à une famille au sein de la communauté sera fonction du nombre et de la qualité des terres qu'elle a en sa possession mais aussi fonction de l'honneur. L'honneur est un autre critère primordial , tout membre d'une famille se doit de se comporter de façon irréprochable, il en va de la réputation de la famille. Mouloud Feraoun nous montre ainsi l'importance des liens du sang : Slimane devra venger le meurtre de son cousin mort à la mine en France et pour cela il doit verser le sang du meurtrier. Pourtant, on se rend compte que ces liens peuvent se distendre à tout moment. La mère de Amer sera ainsi abandonnée de sa propre famille et de celle de son mari.
Mouloud Feraoun nous explique donc le rôle de la femme dans une famille kabyle. La femme reflète l'honneur de son mari, elle doit bien se comporter, ne pas accorder d'intérêt aux autres hommes, ne pas sortir de chez elle sauf pour les travaux des champs, doit surveiller son langage, doit bien s'occuper de son foyer. Ce sera donc tout un dilemme dans le coeur de Chabha qui s'éprend de Amer. Amer est marié à Marie et Chabha est la femme de Slimane. Une histoire d'amour naîtra entre eux deux mais dans le village tout se sait. Les faits et gestes de chacun sont épiés et discutés. Personne ne peut échapper à la rumeur au village. Et c'est tout l'honneur d'une famille qui est en jeu.
On s'aperçoit aussi avec effroi des manigances sans scrupules des vieilles femmes qui s'immiscent dans la vie de leurs enfants avec en général un seul but : perpétuer l'héritage. Ainsi on n'hésite pas à jeter le mari d'une femme stérile dans les bras d'une autre pour avoir un héritier, pour que la terre reste propriété de la famille.
Hormis l'amour entre Chabha et Amer, j'ai été étonnée de constater le peu de cas que l'on fait du sentiment amoureux dans la société kabyle de l'époque. J'ai aussi compris beaucoup de choses quant à mon expérience personnelle. En effet, je suis partie à plusieurs reprises en Kabylie, je ne comprenais pas l'acharnement qu'on mettait à vouloir me faire porter la tenue traditionnelle et pourquoi on m'interdisait de me promener seule dans le village.
J'ai d'abord été choquée par la dureté de la mentalité des kabyles décrits dans ce roman puis au fur et à mesure, grâce au talent et à l'habileté de Mouloud Feraoun, on comprend tout.
J'ai été profondément touchée par tous ces personnages, tous humains, confrontés à leurs devoirs, à leur honneur, aux convenances tout en combattant et refoulant leurs sentiments et leurs pulsions du mieux qu'ils peuvent.
Je me suis sentie touchée aussi par Marie, la tharoumith, qui a du se conformer à la vie kabyle luttant contre sa condition d'étrangère. Et je sais à quel point il est difficile de savoir comment se comporter au milieu de personnes qui n'ont pas la même culture, les mêmes moeurs, à quel point la barrière de la langue peut être source de malentendus et d'incompréhension.
Tout cela est décrit à merveille par Mouloud Feraoun dans ce roman somptueux à la plume douce et délicate mais réaliste. le roman est composé de plusieurs chapitres de quelques pages chacun, l'auteur nous avertit en tout début de récit que ce dernier est inspiré de faits réels. Il y traite donc de plusieurs thèmes : l'honneur, la famille, la vengeance, l'exil …
Attention je spoile : J'ai été surprise de cette ironie du sort qui fait que Amer, considéré coupable du meurtre de son cousin dans une mine, soit tué lui aussi dans une mine et apparemment avec préméditation : Slimane se serait enfin vengé mais il y laisse la vie également. La terre donne la vie, donne le sang mais le reprend aussi. Finalement, la terre a la primauté sur le sang.
J'ai rarement ressenti un tel plaisir de lecture. Ce roman est digne d'un Zola ou d'un Maupassant.
Assurément je lirai les autres romans de Mouloud Feraoun. En tout cas, celui-ci est un énorme coup de coeur et restera sans nulle doute parmi mes préférés.
Quelques mots sur l'auteur :
Né à Tizi Hibel en Kabylie en 1913, Mouloud Feraoun a été enseignant puis inspecteur des centres sociaux. Il est mort assassiné à Alger le 15 mars 1962 par un commando de l'OAS pour avoir affirmer publiquement ses opinions vis-à-vis de la colonisation reprochant aux français leur comportement méprisant à l'égard des algériens. Selon lui, si les deux peuples avaient appris à se connaître, tout aurait été différent. C'est en tout cas, un bel enseignement sur la vie des kabyles qu'il nous offre dans La Terre et le Sang publié en 1953.

Lien : http://booksandfruits.over-b..
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aouatef79
  03 juillet 2015
Le narrateur est l 'auteur du livre .La Terre et le Sang est un livre de Mouloud
Ferraoun Ce dernier est des grands écrivains algériens, d 'expression française. d''emblée ,on est prévenu que cette histoire est réelle.
Cette histoire a pour cadre un petit village situé sur une colline .IL s 'agit du village Ighil-Nezman.C 'est dans ce dernier que débarque ,un jour un couple :
Amer-ou-Kaci accompagné de sa femme Marie, une Européenne.
En lisant ce livre, on comprend comment , cette société fermée sur elle-même
fonctionne et vit .La fortune pour un habitant de ce village consiste en un lopin
de terre et quelques boeufs .La djemaa est une assemblée de sages qui arbitre
et juge les conflits entre les habitants du village .
Lorsque Marie et Amer sont arrivés au village, ils se sont instalés chez la vieille
Kamouma, la mère d ' Amer .Avec le temps Amer a prospéré .
Une branche de sa grande famille estime qu 'il est responsable de la mort de son cousin, Rabah.Ce dernier est tué au cours d 'un accident ayant lieu au
fond de la mine .La vengeance est dans l 'air et le sang va couler .
C' est dans ce climat de méfiance et de suspicion, que le village baigne .
Amer va être attirer par Chebha, la femme de son cousin Slimane .La relation
entre les deux amants , finie par être connue par les autres .Slimane tient à
venger .IL a même surpris les deux amants ensemble .
Arriva un jour , où dans la carrière on brise les roches , on a entendu des cris
et on a remarqu 'il a des blessés et parmi eux, se trouve Amer .Une fin
malheureuse pour lui .
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ValentineF
  10 avril 2015
Pratiquement 10 ans que ce livre était dans ma PAL.
Pas Motivé pour le lire jusqu'à ces derniers temps.
Pourtant, ce livre se lit avec une facilité déconcertante, la fluidité du récit en fait un excellent roman, malgré la "difficulté" des flashbacks (Tout le monde n'aime pas les récits non linéaires).
L'histoire se déroule entre deux guerres, durant les années 20s, on suit l'histoire d'un village, plus précisément l'histoire d'une famille du village, dont le fils prodigue (Amer) revient après des années en France. Alors logiquement, il n'a pas fait fortune, l'Eldorado tant espérait n'a pas tenu ses promesses, et tout aussi logiquement, il revient avec une femme : une "Française" (Marie), alors qu'il aurait du épouser une fille du pays.
On va dire qu'il est loin de revenir gagnant notre bonhomme.
Alors les vieilles rancoeurs resurgissent, les nouvelles amitiés naissent, etc. etc. etc. (Je ne vais pas spoiler non plus)
Mais plus qu'une histoire d'homme, c'est l'histoire du peuple kabyle, de leur organisation au sein de leur communauté et de leur village. C'est, à mon sens, un "hommage" aux traditions kabyles au travers de la dureté de la vie simple d'un petit village rurale traditionnel.
Le titre de ce roman "La Terre et le Sang" traduit les 2 valeurs fondamentales : L'importance des liens familiaux, et l'importance de la terre pour les habitants (Terre nourricière, source de richesse mais aussi d'importance de rang dans le village).
Mais au finale, je ne sais pas si j'ai aimé ou non ce livre: Objectivement, le livre est excellent et mériterait une meilleur exposition; mais subjectivement, la forte impression qu'il m'a fait reste parasitée par l'antipathie relativement forte envers les personnages, mon impression finale est une forme de ressentiment.
Comment dire ? Ils sont globalement égoïstes voir cruels, leurs actions ne sont souvent motivés que par leur intérêt et leur désir personnel, y compris l'abus de générosités des voisins. Sous couvert d'honneur, un certain nombre de personnes de ce village use et abuse de leur entourage dans l'unique but d'assurer son propre confort ou sa suprématie par rapport aux voisins. Ce n'est pas très valorisant quand on y réfléchit.
Pour conclure, je reviens sur la notion "d'hommage" car je n'arrive pas à savoir si l'auteur a voulu rendre hommage au peuple kabyle en aimant jusqu'à leur défaut mais en valorisant le courage ou s'il s'agit d'une critique des moeurs face à cette obsession de l'argent (L'argent de la terre, l'argent que nous enverra l'enfant parti en France, l'argent qu'il rapporte, etc.).
A vous de voir, car quoi qu'il en soit, ce roman mérite une place dans votre bibliothèque et dans votre coeur.
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Vermeer
  13 décembre 2015
Un grand roman qui s'apparente à une tragédie grecque : style, écriture, procédé narratif, analyse psychologique individuelle et collective.
Amer, après avoir passé quelques années en France, dans la Nord et à Paris, revient dans son village de Kabylie en Algérie dans les années 1920, avec Marie son épouse française. Il est indirectement responsable du meurtre de son oncle Rabah dans les mines du Nord. Il pense avoir payé sa dette en épousant Marie, la fille supposée de Rabah.
Mais au village tout se sait et Slimane le jeune frère de Rabah sent peser sur ses épaules le poids de la communauté : il doit venger son frère, l'honneur doit primer, le sang doit couler d'autant que bientôt une histoire d'amour naît entre Amer et Chabiha, femme de Slimane. on peut se perdre un peu dans tous ces clans familiaux et liens de parenté entre les personnages.
La description des paysages et des mentalités villageoises kabyles est magnifique (je ne suis jamais allée en Algérie mais l'écriture sobre, elliptique et suggestive nous les fait approcher). La solidarité, sociabilité, le fatalisme, le poids de la collectivité et surtout le sens de l'honneur des communautés fermées sur elles-mêmes sont magnifiquement décrites ainsi que les conflits entre le sens de l'honneur, des convenances et les sentiments personnels. Tout membre de la famille (les femmes kabyles en particulier garantes de l'honneur du clan) doit se comporter de façon irréprochable...du moins en apparence. On n'hésite pas à sacrifier certains pour sauver l'essentiel : la Terre et la famille, la descendance (mâle). La Terre, l'honneur priment sur la vie. L'action se déroule dans les années 1920 et les mentalités ont peut-être évolué depuis mais certainement moins qu'en France où le village au sens de communauté a disparu. Thèmes de la difficulté de l'exil avec les personnages d'Amer et de Marie. de très belles pages sur la vie des femmes kabyles à la fois confinée et riche d'une grande sociabilité.
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jfponge
  18 octobre 2015
Ighil-Nezman, un village isolé de Kabylie, aux alentours de 1951. Amer, accompagné de sa femme Marie, revient dans son village natal de Kabylie, qu'il a quitté quinze ans auparavant, lorsqu'il était encore adolescent ou tout comme. Sa réputation n'est pas sans tache, il a même été en partie responsable de l'accident qui a causé la mort de Rabah, cet oncle qui l'avait pris sous son aile dès son arrivée dans le pays minier, quelque part dans le nord de la France. L'arrivée du jeune couple va bousculer bien des équilibres, maintenus à grand peine dans cette petite communauté où tout le monde se connaît, se surveille et se jalouse. Les mariages, comme les naissances et les décès, sont l'occasion de vérifier la solidité des alliances, et de préparer vengeances ou allégeances selon l'intérêt et les rapports de force du moment. Non, ce n'est pas "Thérèse Desqueyroux" (1927), mais c'est la même humanité qui est décrite dans deux mondes qui à l'époque s'ignoraient encore. Tout comme François Mauriac, Mouloud Feraoun ne juge pas son peuple, il en décrit les moeurs, dans toute leur complexité, mais aussi leur richesse. Une vision noire de l'humanité, certes, mais aussi un grand cri d'amour pour ces personnages écorchés vifs, auxquels le lecteur va vite s'attacher…
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   26 octobre 2012
La vie , c'était cela: le doute lancinant , le tourment , le remords qui empêche de dormir ou qui vous réveille en sursaut . La vie c'est aussi l'image souriante et douce jusqu'aux larmes .
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rkhettaouirkhettaoui   23 octobre 2012
Le pauvre finit toujours par comprendre que la pauvreté n'est pas un vice .Ce n'est pas un vice mais un état qu'il faut remplir,tout comme un autre.Il a ses règles qu'il faut accepter et ses lois auxquelles il faut obéir pour ne pas être un mauvais pauvre.
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rkhettaouirkhettaoui   23 octobre 2012
Et les animaux ,tu sais, Madame , ce n'est pas comme nous . Ils ne mordent jamais la main qui les nourrit ou qui les caresse
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aouatef79aouatef79   03 juillet 2015
Le lieu de réunion le plus spectaculaire est la fontaine . Là; les femmes ne recon-
-naissent ni Dieu ni maître. Les jeunes sont chez elles et en prennent à leur aise :
libres propos, plaisanteries osées, chants .
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rkhettaouirkhettaoui   23 octobre 2012
Il y a sûrement beaucoup de honte à être heureux ., non pas à la vue de certaines misères mais lorsque le bonheur semble narguer .Ce défaut les Kabyles ne l'ont pas .Par pudeur le riche se cache pour bien manger et le pauvre pour avoir faim à son aise.
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