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Critiques sur La Course à l'abîme (14)
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tynn
08 août 2014
Dominique Fernandez a mis son imagination au service d'une biographie romancée de Michelangelo Merisi dit le Caravage ( 1571-1610) avec un tel réalisme et une prouesse de reconstitution historique qui permettent de dévorer ce gros pavé de 700 pages comme un livre d'aventures.

Aventurier, le Caravage l'était surement par le tempérament belliqueux, le gout des excès, des bagarres et des débauches qui ont accompagné sa vie d'artiste. Cette existence dissolue l'entrainera pour le pire et le meilleur sur les chemins de Rome, de la Sicile et de Naples, dans l'Italie du 17ème siècle.

L'auteur met vraiment ses pas dans les chausses du peintre, en écrivant à la première personne, lui donnant une réalité romanesque, imaginant son parcours d'apprentissage, les années de galère et de doutes avant de devenir la coqueluche des princes de l'église. Un portrait d'ange maudit s'autodétruisant avec application pour sans doute mieux sortir le meilleur de ses tripes.

J'ai dévoré ce livre bourré d'anecdotes, érudit picturalement, incitant à la découverte minutieuse des oeuvres évoquées pour mieux en apprécier le contexte de création et l'analyse. C'est un excellent livre de vulgarisation artistique, visuel, tonitruant. L'inventivité de l'auteur se mêle sans incohérente avec l'histoire du siècle et l'oeuvre du maître du clair-obscur.
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miriam
24 février 2013
En préparation de notre voyage en Toscane, Dominique Fernandez est encore la meilleure référence culturelle actuelle.

Biographie du Caravage.
L'Italie, 1600, Milan, Rome, Naples, La Valette, la Sicile …Rivalités entre les clans français et espagnols dans les Etats du Pape. Leçon d'histoire et de géographie, mais pas seulement. C'est surtout une leçon magistrale d'histoire de l'art et de lecture d'un tableau.
Le Caravage est un peintre que je ne connaissais que de nom. C'est donc une découverte. Découverte d'autant plus importante que la peinture du 17ème siècle me laissait indifférente. Alors que je me prépare à visiter les Offices je me suis passionnée par la description des tableaux. Importance des symboles dans la peinture religieuse, genèse d'un tableau, le peintre y place son imaginaire, ses amours, sa vision des personnages qui l'entourent. Les prêtres y lisent tout autre chose. Exégèse biblique de tous les détails. Symbolique des fruits, ceux qui indiquent le péché m'ont surprise : les cerises analogues des couilles, des fraises au contraire image positive de la vigne raisins noirs et raisins blancs. Analogie du Christ et de Dionysos …Détails sur l'éclairage, le clair obscur : typique du Caravage mais aussi commande en fonction de l'emplacement prévu du tableau dans l'église. L'auteur montre comment dès cette époque l'artiste sert de faire valoir à ses mécènes et joue un rôle politique de premier plan.
C'est aussi un roman d'amour, amours homosexuelles curieusement tolérées dans la société des cardinaux et des princes d'Eglise et en même temps flétries par l'Inquisition. le peintre marqué d'un chardon tatoué dans sa peau par l'Inquisition est poursuivi pour meurtre à Rome et provoque la vindicte du Grand Maître de l'Ordre de Malte en lui ravissant son favori. Malgré une certaine tolérance, le peintre provoque la tragédie et la met en scène. Analogie avec son personnage de Pasolini dans son roman que j'ai beaucoup aimé.


Lien : http://miriampanigel.blog.le..
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CDemassieux
07 septembre 2014
Parmi les « voyous » de génie de l'Art, il y a le belliqueux orfèvre et sculpteur Benvenuto Cellini et, surtout, l'un des plus grands inventeurs: Michel-Ange Merisi, dit le Caravage. Sa vie est à elle seule un roman, ce qu'a parfaitement intégré Dominique Fernandez, avec cette Course à l'abîme, autobiographie fictive qui raconte les errances à la fois géographiques et créatrices de ce peintre à qui l'on doit le clair-obscur, rien que ça !
Une pareille vie ne pouvait que donner, à condition de savoir l'écrire, un roman épique. Contrat rempli pour l'auteur.
Mais qui est ce Caravage ? Un peintre hors norme dont l'immense et tourmenté talent refuse les exagérations du baroque en lui opposant un réalisme saisissant. Et quelles que soient ses démêlées avec la justice, l'obligeant à une vie d'exil, tous, à l'époque, s'accordent à reconnaître en lui un artiste d'exception, tel un Giotto ou un Masaccio avant lui.
Cependant, le roman de Fernandez n'est pas une leçon d'art : il nous plonge dans le XVIe siècle finissant et le début du XVIIe, rendant avec exactitude l'atmosphère d'une Italie toujours souveraine en matière de création.
D'une écriture dynamique et non moins érudite, ce texte s'inscrit dans ce courant qui, depuis quelques années, rencontre un succès souvent mérité : les biographies romancées de peintres. Je pense notamment à La Passion Lippi de Sophie Chauveau ou Artemisia d'Alexandre Lapierre.
Une excellente introduction au Caravage à toutefois considérer pour ce qu'elle est : une fiction.
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monito
18 septembre 2009
L'histoire romancée du Caravage, la description libre de l'art pictural de l'inventeur du clair-obscur, l'histoire d'un homme sans qu'on sache ce qui de l'Histoire ou du Roman l'emporte, donnent à cet ouvrage une force étonnante. L'artiste, l'artiste maudit, l'éternel insatisfait, le perfectionniste, qui présuppose son destin ou agit pour rendre sa vie conforme à cette condamnation, tout au long de ces pages nous accompagne dans ce qui ressemble à une épopée.
Après lecture, voir et mieux connaître Caravage semblent une nécessité. L'écriture est belle mais pas particulière, ni puissante. Aux détours de quelques phrases on mesure simplement que chercher à être ce que l'on voudrait être n'est pas chose aisée. Ce roman est aussi une belle description de la Rome de la fin de la renaissance, du rôle de l'Eglise et d'une belle description des moeurs de l'époque.
C'est surtout un personnage, il signore Merisi, dit Caravaggio, empreint d'absolu, un vrai personnage de roman dont on ne sait finalement pas ce qui relève de la légende ou de l'Histoire.
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Nirade
17 juillet 2015
Magnifique, on se laisse captiver sans aucune difficulté par ce livre qui raconte la vie romancée du peintre le ‘'Caravage'.
En écrivant à la première personne, l'auteur nous fait découvrir l'existence de cet homme excessif et bagarreur.
On partage ainsi toutes les étapes de la vie du peintre, ses débuts, son parcours, sa vie intime, ses déboires, son ascension au travers d'une Italie (Rome, Naples, la Sicile) de la fin du 16ème et début du 17ème siècle.
C'est un pavé qui se dévore et que l'on ne peut que conseiller vivement.

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clude_stas
18 septembre 2014
Michelangelo Merisi, né à Milan en 1571, est un immense artiste, tellement expressif et au destin épique. Un véritable roman pour ce peintre magnifique du clair-obscur. Il surprend, déroute, séduit, fascine plus de quatre siècles après sa mort, en 1610, entourée de circonstances étranges. Une vie emplie de fureur, de bruit et de violence, une vie de mauvais garçon aux moeurs troubles, qui ne pouvait s'achever que dans l'ombre du mystère. Une mort, tragiquement prémonitoire de celle du poète italien Pier Paolo Pasolini sur la plage d'Ostie en 1975 (bien qu'aujourd'hui, on pense que Caravage est mort dans un lit d'hôpital). Bref, il n'est rien d'étonnant à ce que Dominique Fernandez s'empare de sa biographie pour en faire un roman rythmé, passionnant de bout en bout, jusqu'au dénouement, jusqu'à la suffocation finale. Sincèrement, les oeuvres elles-mêmes suffiraient à éblouir n'importe quel amateur de peinture et il semble étonnant que personne n'ait pensé auparavant à transformer le Caravage en héros de fiction.
Après une enfance passée à Caravaggio, à l'âge de treize ans, il entre dans l'atelier de Simone Peterzano. A vingt ans, il arrive à Rome où il reçoit la protection du Cardinal del Monte, une des personnes les plus cultivées de la ville. A partir de cette date, il est baptisé « il Caravaggio » (un autre Michelangelo avait déjà laissé son empreinte – et quelle empreinte – en art). Mais surtout il va élaborer une peinture en réaction au maniérisme de la fin du XVIe siècle, une peinture non académique, moins théorique, plus sensuelle, plus naturaliste. Mais cette révolution se fait en gardant certains aspects du maniérisme : la tension de la ligne et les contours nets et précis. D'autre part, il va chercher ses modèles dans la rue (des adolescents, des femmes du peuple) ; il introduit une nouvelle gamme de tons gris qui valorisent la force du sujet ; il théâtralise fortement par des jeux d'ombre et de lumière des sujets souvent dramatiques. Bref, il initie un nouveau langage pictural. Ainsi, le Caravage est souvent considéré comme étant l'auteur de la première nature morte, tant il donne une présence aux objets quotidiens, véritables sujets de la toile, aux côtés des enfants de la rue. Ce qui m'amène à me poser la question suivante : un tableau comme « L'Amour victorieux » avec son nu frontal serait-il encore possible aujourd'hui sans encourir les foudres des associations protectrices de la famille ?
Oui, Saint Mathieu est un vieillard, aux mains calleuses et aux pieds crasseux. Oui, Marie-Madeleine est une femme pâlichonne aux cheveux sales. Et les scènes sacrées acquièrent une dimension profane. le Repos de la Sainte Famille devient le moment de pause de n'importe quelle famille. Et le cadavre de la Vierge présente toutes les caractéristiques d'un corps ayant longuement séjourné dans les eaux du fleuve. La face obscure de l'homme est omniprésente, chez les aristocrates, chez les religieux comme dans le peuple. La violence est partout. La solitude également.
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Alienor
07 avril 2011
Il Caravaggio, peintre de génie à l'âme aussi claire-obscure que ses tableaux, a inspiré à Dominique Fernandez un roman fleuve qui nous entraîne dans le sillage de cet homme au tempérament bouillonnant, bagarreur et jouisseur. Qui exprime sa liberté en glissant dans ses tableaux des détails propres à choquer l'Eglise. A plusieurs reprises il connaîtra la prison en raison de ses provocations, et sa tête sera mise à prix à l'issue d'une bagarre dont son adversaire ne sortira pas vivant. Tour à tour adulé et honni, sa vie sera faite de périodes de faste grâce à des protecteurs épris de sa peinture, et de fuites pour échapper à une mort certaine. Une mort qui finira par le rattraper, sur une plage de Toscane, dans des circonstances qui demeurent mystérieuses.

A partir des quelques éléments biographiques connus sur la vie tumultueuse du Caravage, l'auteur tisse une trame romanesque empreinte de son amour pour le peintre, mais plus largement de l'Italie, où il a vécu un an lorsqu'il était étudiant. Cet amour se sent à chaque page, mais j'ai regretté que son écriture impeccable soit justement un peu trop académique. Pour parler crûment, je dirais que ce roman manque à mon goût de « tripes », de cette fièvre que l'on imagine emplir chaque jour de la vie de ce peintre sulfureux. Il faut attendre la toute fin du livre, lorsque Michelangelo (Michelangelo Merisi était le vrai nom du Caravage) retrouve enfin Mario, son amour perdu, pour que le roman se mette à vibrer. Or, Dominique Fernandez pouvait ici tout se permettre, contrairement aux biographes.
Il n'en reste pas moins qu'il a eu le talent impressionnant de construire son roman sur la base des tableaux du Caravage. D'imaginer ce que l'homme vivait, ce qui l'inspirait au moment où il peignait ses toiles. Il est d'ailleurs préférable d'avoir sous la main, parallèlement à celui-ci, un livre de reproductions de ses oeuvres. Cela leur donne un éclairage auquel on a envie de croire, même si l'on sait que tout cela - ou presque - n'est que fiction.



Lien : http://tassedethe.unblog.fr
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JoyeuxDrille
06 mai 2015
La vie tragique et passionnante du Caravage revue avec talent par Fernandez. On en ressort secoué et surtout, on a très envie de voir les tableaux du peintre, de les regarder avec un oeil nouveau. Un roman plein de sexe, de violence, de sang mais empreint d'une grande sensualité.
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camor
01 janvier 2017
Après 500 pages, je n 'en pouvais plus des peintures, et des amours de le Caravage. Trop long...
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Lismonde
10 mars 2014
Qui a lu son "Porporino" et s'intéresse à l'Italie baroque doit avoir lu aussi cette biographie du Caravage. Copieuse (+ de 700 pages), mais la courte vie de ce génie de la peinture (mort à 37 ans, sans doute assassiné) est des plus tumultueuses, sujette à rebondissements multiples
Or Dominique Fernandez n'a pas son pareil pour faire entrer le lecteur dans le foisonnement de l'Italie en ces temps là.
Lien : http://www.blogg.org/blog-36..
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