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EAN : 9782809470192
144 pages
Éditeur : Panini France (09/05/2018)
Résumé :
La vie paisible d'épouse modèle ne convient plus à Melissa Peake. Mais en prenant un amant, elle ne s'attendait pas à ce que leurs jeux BDSM l'emmène dans une guerre millénaire entre deux sectes secrètes.
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Presence
  12 mai 2018
Ce tome contient une histoire complète indépendante de tout autre. Il comprend les 6 épisodes de la minisérie, initialement parus en 2016, écrits par Peter Milligan, dessinés et encrés par Leandro Fernández, avec une mise en couleurs de Cris Peter, et un lettrage de Simon Bowland. Il débute par une introduction de 2 pages en prose de Peter Milligan, indiquant qu'effectivement il y a beaucoup de relations sexuelles dans cette histoire, mais qu'elles sont montrées à part égale d'un point de vue masculin et d'un point de vue féminin, et que la discipline recouvre beaucoup plus de thèmes que celui-là.
Un homme et une femme sont en train de faire l'amour, l'homme se transforme en monstre, et la femme en une sorte de serpent. À la fin de l'accouplement, l'homme souhaite la bienvenue à la femme dans la Discipline. Quelques temps plutôt, Melissa Peake (23 ans) rendait visite à sa mère dans la banlieue, rappelant à sa soeur Krystal de bien emmener leur mère à ses rendez-vous médicaux. Elle rentre ensuite dans son appartement à New York où elle trouve un message de son mari Andrew Peake lui indiquant qu'il rentrera tard et qu'il dormira dans la chambre d'ami. le lendemain, elle promène leur chien Hemingway en faisant son jogging et en lui parlant du projet d'Andrew de déménager à Westchester. Dans la suite de sa journée, elle se rend au musée pour contempler toujours le même tableau : La vénus et le satyre, de Francisco de Goya.
Au musée, Melissa Peake est abordée par un étrange individu déclarant s'appeler Orlando qui lui met une main au pubis. La nuit même, elle fait un puissant rêve érotique qui la réveille et elle se masturbe. le lendemain, elle prend un café avec Bliss McMurrau sa meilleure amie et lui parle de son expérience. Elle décide d'accepter de revoir Orlando qui lui donne rendez-vous dans un abattoir. Après l'avoir repoussée, Orlando l'invite à nouveau le soir dans un appartement où il s'est introduit par effraction. Sur le mur il a dessiné l'homme de Vitruve de Léonard de Vinci. La partie de jambes en l'air prend rapidement une tournure malsaine, avec l'irruption d'un Stalker, et une tentative de rapport sexuel forcé. Melissa Peake progresse irrémédiablement dans le parcours d'intronisation dans la Discipline.
Peter Milligan ne ment pas dans son introduction : il y a de nombreuses scènes de rapports sexuels pendant ces 6 épisodes. Ça commence doucement avec de l'onanisme féminin, ça continue avec quelques attouchements, pour passer ensuite à une levrette non consentie. Et ce n'est que le premier épisode. Dans le second, la belle Melissa passe par un club BDSM qui ne fait pas semblant. Il y a ainsi des rapports dans chacun des épisodes, jusqu'au dernier. Leandro Fernández avait déjà illustré une histoire de Peter Milligan : The names (2014/2015). Il dessine de manière descriptive avec des contours un peu simplifiés et une utilisation copieuse d'aplats de noir tirant les images vers l'obscurité qui dissimule beaucoup de choses. Mais dans cette histoire, les auteurs ont choisi de représenter la nudité de manière franche, proscrivant l'hypocrisie habituelle des comics américains. le lecteur peut donc voir Melissa Peake dans le plus simple appareil de dos comme de face, ainsi que d'autres femmes, et les hommes également. Il n'y a pas de gros plans sur les appareils génitaux, encore moins les pénétrations. D'un point de vue visuel, le récit s'inscrit donc plus dans un registre érotique que pornographique.
D'ailleurs Leandro Fernández n'utilise pas les postures et les cadrages spécifiques aux films pornographiques. Les personnages ne sont ni bodybuildés, ni siliconés. Ils ne sont pas rasés non plus. La nudité n'est pas le centre d'intérêt du récit, ni même des cases où elle est représentée. Elle s'inscrit à chaque fois dans une séquence d'initiation pour Melissa Peake, ou dans un rapport classique pour les autres personnages. Pendant ces séquences, l'artiste ne se focalise pas sur les positions ou le va-et-vient, les protagonistes se déplaçant, se parlant, gesticulant ou s'arrêtant pour réfléchir. de ce point de vue, Milligan n'a pas menti en indiquant que les relations sexuelles ne sont pas l'unique centre d'intérêt du récit, et qu'elles ne sont qu'un moyen et pas une fin.
Néanmoins les représentations de l'acte sexuel ne sont pas neutres ou fades. Leandro Fernández représente des personnages avec une morphologie plutôt élancée, et rend bien compte de la jeunesse et de la fraîcheur de Melissa Peake, même si elle ne se laisse pas cantonner au rôle de victime loin s'en faut. Lors des relations sexuelles, il y a souvent un rapport de force qui s'installe, en faveur d'un sexe ou de l'autre. En évitant la crudité des corps et en jouant sur les aplats de noir, le dessinateur fait ressortir ce rapport de force, ainsi qu'une forme d'horreur. Il s'agit bien sûr de l'horreur de la violence, mais aussi d'une forme d'horreur corporelle. le lecteur ne peut réprimer une grimace en voyant la pratique masochiste avec du fil de fer barbelé dans le club BDSM. Il voit aussi les personnages se transformer au fur et à mesure de l'initiation, donnant lieu à des rapprochements contre nature entre des corps normaux et des corps surnaturels, pour des instants évoquant la bestialité. Là encore c'est la force de l'artiste que de trouver le point d'équilibre entre ce qu'il montre et ce qu'il suggère.
Peter Milligan raconte donc une histoire à plusieurs niveaux. le premier, le plus simple, est celui de l'initiation de Melissa Peake, dans une sorte de secte surnaturelle. le scénariste procède progressivement, tout en indiquant qu'Orlando est contraint d'accélérer la procédure du fait d'une menace qui a augmenté en intensité. Il prend le temps de présenter le caractère et l'histoire personnelle de son personnage principal, en particulier avec sa situation sociale privilégiée mais qui la relègue au rang de trophée pour son mari, et avec sa situation familiale, la relation tendue avec sa soeur, la maladie de sa mère. La relation avec son mari bénéficie d'une évolution attestant des modifications intervenues chez Melissa, alors que celle avec sa soeur et sa mère stagne dans la position de départ. de la même manière, le lecteur se rend compte que Bliss McMurray (la meilleure copine de Melissa) est très vite réduite à un artifice narratif, sans réelle épaisseur ou personnalité. Leandro Fernández sait représenter des postures correspondantes à un langage corporel très expressif, sans les caricaturer. le lecteur sent la tension psychologique de Melissa Peake dans la manière dont elle se tient face à sa soeur, et il constate également l'agressivité chez cette dernière. Il voit aussi l'évolution du comportement de Melissa vis-à-vis de son mari dans des gestes plus violents, et moins contrôlés. Néanmoins l'évolution de Melissa Peake suit des rails rigides vers dans une direction que le lecteur anticipe facilement.
Cette initiation joue également un rôle de désinhibition. Melissa Peake est une jeune femme bien comme il faut. Elle a réussi économiquement parlant et également sur le plan social, par rapport à son milieu d'origine incarné par sa soeur Krystal. Malgré tout, la réussite matérielle la laisse insatisfaite. Elle va donc s'encanailler avec un bel inconnu pour goûter aux plaisirs charnels, réprouvés par la morale judéo-chrétienne. le lecteur retrouve là une trame classique dans laquelle la transgression (ici de nature sexuelle) permet de s'ouvrir à des réalités (ou au moins des points de vue) cachées. La progression dans les découvertes est bien menée au travers d'expériences de nature différente. Mais Peter Milligan a choisi d'utiliser un autre dispositif narratif classique, à savoir celui de la secte et des d'une guerre entre 2 factions dont les êtres humains normaux ne soupçonnent pas l'existence. D'épisode en épisode, l'auteur donne l'impression d'y croire de moins en moins. Il introduit des individus vivant hors du temps et pilotant la secte de la Discipline depuis une réalité en décalage avec celle des individus normaux. Pour une raison peu claire ces individus ont une origine dans la Rome antique, et utilisent donc des expressions latines dans leurs phrases. Leandro Fernández s'acquitte correctement de quelques cases montrant des villas de la Rome antique et des individus en toge. Mais d'épisode en épisode, le lecteur se demande pourquoi ça plutôt qu'autre chose. Les vagues particularité de l'autre camp (celui des stalkers) le laisse encore plus dubitatif sur le fond de l'affaire. Autant l'initiation par les pratiques sexuelles libérées renvoie à une ouverture d'esprit à d'autres valeurs. Autant ces 2 factions en guerre ne semblent présentes que fournir le quota d'action dans l'histoire, sans réelle signification métaphorique ou philosophique.
À la fin du récit, le lecteur a apprécié le courage (voire l'inconscience) de Peter Milligan d'aborder la question des pratiques sexuelles de manière frontale, dans le cadre d'un récit d'initiation. Il a également apprécié l'intelligence avec laquelle Leandro Fernández met en scène des personnages dans des situations scabreuses, tout en évitant de les transformer en simple objet du désir, et en montrant des images qui indiquent que l'intérêt du récit ne se trouve pas dans la nudité. Les pages évoquent parfois les contrastes tranchés chers à Frank Miller ou les clair-obscur d'Eduardo Risso, tout en restant dans l'hommage sans jamais basculer dans le plagiat, en en gardant l'esprit sans en reproduire servilement les formes. Ce récit constitue donc un bon thriller, original et dépourvu d'hypocrisie. Mais les auteurs promettent un sens qui ne parvient jamais à émerger, laissant le lecteur dans une petite déception quant à cette histoire de Discipline.
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critiques presse (2)
BDGest   01 juin 2018
Il y a de bonnes idées dans cet album ; peut-être le scénariste était-il trop à l'étroit dans ce format de cent vingt-quatre pages.

Lire la critique sur le site : BDGest
Sceneario   14 mai 2018
De plus, les dessins sont encore une fois magnifiques, ils lorgnent vers du Risso en plus réaliste. C'est très beau !
Lire la critique sur le site : Sceneario

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