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ISBN : 2253085855
Éditeur : Le Livre de Poche (08/03/2017)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 112 notes)
Résumé :
De nos jours en Espagne. La droite dure vient de remporter les élections après douze ans de pouvoir socialiste. Une majorité absolue pour les nostalgiques de Franco, dans un pays à la mémoire courte. Au milieu de ce renversement, une série de meurtre est perpétrée, de Madrid à Barcelone en passant par Valence. Les victimes : un homme politique, un notaire, un médecin, un banquier et une religieuse. Rien se semble apparemment relier ces crimes ... Sur fond de crise é... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (70) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  07 mars 2016
L'on célèbre, ici et là, dans les rues animées, la victoire aux élections de l'Alliance pour la majorité populaire, l'AMP. Faut-il donc croire que les Espagnols ont la mémoire courte? Que la dictature de Franco ne leur a pas suffi? Toujours est-il que Diego Martín, journaliste à Radio Uno, n'en a pas cru ses oreilles à l'annonce des résultats. Depuis 6 mois que l'AMP est au pouvoir, le pays est plongé dans une sorte de torpeur. Exit les présentateurs et journalistes trop proches des socialistes ou trop virulents envers le nouveau gouvernement. Seul Diego semble avoir échapper à cette purge médiatique. Il sévit toujours le vendredi soir. Malgré des sujets souvent brûlants et une chronique d'un procureur qui tient à rester anonyme et qui dénonce les incohérences du pouvoir en matière de justice. le journaliste va d'ailleurs revenir, dans sa prochaine émission, sur l'assassinat d'un jeune élu de l'AMP, le soir-même des élections. Avec l'aide de son amie, Ana, ancienne prostituée, transsexuelle, reconvertie en détective privée, et de David Ponce, un juge devenu son ami, il va tenter d'y voir plus clair dans ce dossier. Il va également s'intéresser de près à cette sombre affaire des bébés volés, affaire qui ressurgit suite à la déclaration d'Isabel Ferrer, une avocate et porte-parole de l'Association Nationale des Enfants Volés...
Marc Fernandez, journaliste longtemps chargé de suivre l'Espagne et l'Amérique latine pour le Courrier International, met en avant, dans ce roman, cette sordide affaire de bébés volés, un scandale qui secoua l'Espagne dans les années 80. À partir des années 40, sous Franco, 300000 bébés auraient été enlevés à leurs parents au seul prétexte que ceux-ci s'étaient opposés au régime ou alors étaient trop à gauche. Une pratique qui aurait perduré bien après le décès du caudillo. Aujourd'hui, encore, ce sujet reste tabou. Des plaintes ont été déposées et les parents espèrent toujours des suites judiciaires. C'est donc au coeur de ce sujet passionnant et méconnu que nous plonge Marc Fernandez. Un journaliste, une avocate et un juge vont donc s'allier pour tenter de faire éclater au grand jour cette affaire et, surtout, la faire porter devant des tribunaux. de par son sujet, ce roman est captivant de bout en bout et l'on peine à croire que tout cela soit vrai. Les personnages sont très attachants, notamment le journaliste et le juge, celui de la tueuse en série moins crédible. L'auteur nous offre un roman noir d'actualité et bien documenté, servi par une écriture peut-être un peu formelle et journalistique, et qui manque parfois de profondeur.
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Ellane92
  23 septembre 2015
"Peut-être que ce que je vais vous révéler maintenant va vous surprendre, mais c'est pire que tout ce que vous pouvez imaginer. Je veux parler de vols de bébés. D'enfants retirés de force à leurs familles "rouges" dans le but d'éradiquer les antifranquistes. Il n'est pas question ici d'un enlèvement ou deux, mais bien d'une véritable organisation criminelle chargée par tous les moyens d'arracher ces gamins à leurs parents." Voilà comment Isabelle Ferrer, française d'origine espagnole qui a quitté son pays d'origine où l'attendait pourtant une brillante carrière d'avocate, crée l'évènement en annonçant la création de l'ANEV, une association pour retrouver les enfants disparus pendant et après le "règne" de Franco.
Dans un contexte politique compliqué, où l'AMP, parti politique espagnol proche du franquisme vient d'être élu, Diego est surpris d'avoir toujours son poste de chroniqueur radio. Conscient qu'il sert de "bonne conscience" au parti au pouvoir (du genre : "on ne licencie pas tous les opposants au régime en place, regardez, Diego officie toujours" ) et habitué à dénoncer les vicissitudes des politiques et autres hommes de pouvoir, la création de l'ANEV lui apparait comme une bombe sur laquelle il compte bien s'appuyer pour faire monter l'audience de son programme hebdomadaire à Radio Uno. Il décide de se rapprocher de la belle et mystérieuse Isabelle, qui semble parfois s'évaporer dans la nature. Pour cela, il n'hésite pas à faire appel à son amie transsexuelle Ana, sans doute la meilleure détective d'Espagne, qui a travaillé récemment pour elle. Et pour faire bonne mesure, un déjeuner avec son ami David Ponce, juge de son état, lui permettra de prendre la température de la tempête soulevée par l'ANEV.
Lala lala lalalala... Tu me estas dando mala vidad ! Mal de vivre ou mauvaise vie ? Je me suis toujours posée la question. En l'occurrence, je trouve les deux traductions adaptées au titre fort bien choisi de ce premier roman de Marc Fernandez.
J'avoue être un peu tombée des nues (oui oui, je suis très candide...) en découvrant le sujet au centre de Mala Vida. Pour moi, les bébés volés pour des causes idéologiques, c'était l'Argentine de Videla, pas l'Espagne de Franco ! Et bien, il semble que les dictateurs qui se suivent se ressemblent également : si l'on prend une bonne dose de personnel hospitalier complice, quelques politiques qui veulent s'enrichir, une bonne caution de la religion, quelques notaires à acheter, et bien sûr des républicaines enceintes à qui l'on ment, on se retrouve avec un commerce bien lucratif de vente de bébés ! le tout sur un air de Manu Chao.
Bref, ce roman noir (et pas policier, puisque le lecteur, omniscient, sait bien qui fait quoi et notamment qui commet ces meurtres sur d'anciennes personnalités qui participaient à ce trafic monstrueux) a pas mal de qualités à son actif : il traite d'un sujet finalement pas si connu que ça, et pose la question toujours intéressante de ces lois d'amnistie sensées entériner meurtres, tortures, enlèvements, déportation... des coupables. Parce que, somme toute, il y a des choses qui ne s'oublient pas, et qui, une fois dites, ne peuvent rester sans réponse.
J'ai moins adhéré à la forme que prend ce roman... D'abord, on ne sait pas ce qui est véritablement historique et ce qui relève de la fiction pure, sur un tel sujet, c'est dommage. Les personnages principaux sont à la limite du stéréotype : le chroniqueur radio engagé et désabusé veuf depuis que son épouse a été assassinée par sa faute, la jolie blonde intelligente et fragile, et championne du tir à l'arme à feu, le seul juge de tout le pays qui a les "cojones" pour porter le dossier des enfants volés auprès de la justice, et même la transsexuelle Ana, meilleure détective du pays et argentine d'origine. On trouve également dans Mala Vida quelques répétitions (par exemple, sur les habitudes insomniaques du héros), un zeste de maladresse
Bref, tout ça, c'est bien dommage, parce que le sujet plutôt original est traité avec un angle d'attaque intéressant, il n'y a pas de temps mort dans la trame de l'histoire, les explications et techniques du métier de chroniqueur radio apportent du plus à l'ensemble, et les personnages sont somme toute attachants !
A souligner, parce que je trouve que c'est une initiative géniale : les éditions Préludes nous recommandent quelques ouvrages à la fin de notre lecture pour continuer sur le sujet. Et ça, ça me parait être une vraie bonne idée !
Un grand merci donc aux Editions Préludes et à Babelio pour cette découverte.
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Epictete
  17 septembre 2015
Quelle bonne idée d'avoir crée cette collection « Préludes ». Je ne connais pas encore la totalité de cette sélection de premiers romans, mais tout ce que j'ai lu jusqu'à maintenant m'a véritablement séduit. Et une fois de plus, grâce à Babelio, j'ai élargi mon domaine de lecture.
Dans une Espagne qui aurait remis au pouvoir un gouvernement d'extrème droite, quelques personnages atypiques vont mettre en oeuvre, pour des desseins différents, des stratégies destinées à mettre au grand jour un scandale des « années Franco » : l'enlèvement à la naissance d'enfants de républicains pur les confier à des familles Franquistes, avec la complicité de bien des autorités (politiques, locales, religieuses, etc.). Tout ceci afin de soustraire ces enfants à leur milieu et ainsi les sauver du « péril rouge ».
Ces personnages sont :
-Diégo, un journaliste un peu hors-normes et qui oeuvre sur une radio d'état de droite avec des émissions « subversives » (Une sorte de Daniel Mermet Espagnol ).
-Anna, détective Argentine et transsexuelle qui semble n'avoir pas grand-chose à perdre et s'engage à fond dans ses enquêtes.
Isabel Ferrer, avocate formée en France et qui décide avec la bénédiction de sa grand-mère de mettre les pieds dans le plat en ce qui concerne cette affaire d'enlèvement d'enfants. Elle souhaite ainsi, implicitement (et dans les actes aussi) venger sa famille.
Tout cela est écrit dans un style simple, rapide et agréable, très rythmé, comme si l'on était dans une série télévisuelle. Mais cela reste un bouquin qui se situe entre le thriller et le polar.
L'environnement politique est extrêmement présent (comment faire autrement ?) et le départ de l'intrigue est volontairement « extrême gauche ».
En réalité on se rendra comte au fur et à mesure de la lecture que l'on est conduit à suivre une de destin des différents personnages.
Ce roman présente une part historique, mais on ne sait pas s'il est vraiment historique. (Peut-être est-ce le propre du roman ?)
En tout cas, ce livre est captivant, prenant et comme toujours c'est au lecteur de se faire sa propre opinion.
Donc : Lisez-le C'est le mieux que l'on puisse conseiller dans un commentaire comme celui-ci.
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palamede
  03 septembre 2015
Mala vida, le mal de vivre, celui d’Isabel, petite-fille de républicains espagnols auxquels on a retiré leur fils le jour de sa naissance, officiellement mort-né. Aujourd’hui, alors que la droite conservatrice est revenue au pouvoir, Isabel a imaginé une vengeance à la hauteur de la souffrance de ses grands-parents et de tous ceux qui ont vécu le même drame. Après la création d’une association de victimes, pour faire reconnaître les préjudices subis malgré la loi d’amnistie votée à la mort de Franco, secrètement elle va infliger un châtiment que beaucoup penseront inexcusable.
Ce roman, ni vraiment historique ni vraiment policier, est largement inspiré d’un épisode de l’histoire espagnole, celui de l’affaire des bébés volés après la guerre civile. Pour des raisons idéologiques, des enfants de républicains étaient vendus à des familles bourgeoises avec la complicité de médecins et de religieuses. Les franquistes prétendaient sauver les âmes des enfants de "rouges" en les confiant à des familles proches du régime. Une pratique, que l’on retrouve en Argentine pendant la dictature militaire de 1976 à 1983 avec le vol de bébés d'opposants politiques, qui perdurera en Espagne même après la mort de Franco.
Marc Fernandez, ex-journaliste à Courrier International spécialiste de l’Espagne et de l’Amérique latine, créateur de la revue Alibi consacrée au polar, signe ici son premier roman en solo. Un essai réussi qui, même s’il n’approfondit pas le sujet des enfants volés, évoque la souffrance de ces victimes du franquisme.
Merci à Babelio et aux Editions Préludes pour cette agréable lecture.
PS : il est dommage que l'auteur, que j'ai rencontré grâce à Babelio, manque singulièrement d'humilité.
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livrevie
  21 février 2016
Fiction ou réalité ? Difficile de trancher pour ce roman. Fiction flirtant avec la réalité, c'est une évidence. En France, l'on sait finalement bien peu de choses de l'Espagne. Comme si le monde s'était arrêté à la Liga et aux duels Barça / Madrid, à la plage et à la crise économique qui dévaste le pays.
L'on se souvient vaguement d'une dictature qui s'est achevée avec la mort de Franco, mais cela ne va pas plus loin. le passé est le passé, il n'a rien à voir avec le présent. Cruelle erreur que de penser cela. Un pays se construit sur son passé et l'Espagne n'en a pas fini avec le sien. La loi d'amnistie en est le principal frein. C'est ce que nous rappelle ce roman qui oscille entre roman noir, thriller et roman introspectif en nous offrant sous couvert de fiction, un roman assez proche de ce qui se passe en terres ibères.
L'AMP, un parti franquiste est au pouvoir, le spectre de la dictature et de ses méthodes pointe le bout de son nez, un sourire carnassier sur les lèvres. La presse est muselée, la justice est ficelée, mais la résistance s'organise. Diego, Ana, le juge David Ponce, chacun résiste avec les armes qui sont les siennes, jusqu'à ce qu'Isabel croise leur route.
Avec elle, un scandale éclate, et pas des moindres : celui des enfants volés pendant la dictature. Mais tout cela s'est produit en Argentine et au Chili, pas en Espagne, ce n'est pas possible dans un pays comme l'Espagne, peut-on lire. Comme si l'Espagne était au-dessus de cela, comme si la dictature de Franco n'avait pas été aussi effroyable que celle de Videla ou Pinochet, comme s'il n'y avait pas des gens « bien » impliqués dans le négoce de ces 30 000 enfants volés.
Commence une course contre la montre contre la police, la justice, le contrôle des médias pour faire éclater la vérité. Et au milieu de tout cela, des assassinats. Quel est le lien ?
C'est avec une certaine fascination que j'ai suivi ce récit aux reflets cinématographiques. La connaissance de l'Espagne contemporaine de l'auteur m'a bluffée, certains risques aussi dans cette dénonciation qu'il fait des évènements. Son analyse sur la raison de ces vols d'enfants est criante de pertinence. Je n'ai pas pu m'empêcher au fil des pages de faire des parallèles avec des éléments récents de l'histoire de l'Espagne. Les bébés volés ont bel et bien existé, le franquisme est toujours là, il vit sous un vernis démocratique, l'Opus Dei n'a pas disparu et continue de tirer certaines ficelles, l'on se débarrasse toujours de juges gênants (le juge Garzón en est un excellent exemple) et l'on a beaucoup de mal à se réconcilier avec son passé.
L'on pourra reprocher une intrigue parfois trop facile, des moments d'introspection qui font retomber parfois la tension narrative, mais j'ai vraiment, vraiment savouré ce roman. J'ai refermé la dernière page en me disant que ça serait bien qu'il franchisse la frontière et ravive un peu les mémoires sur ce que l'on veut oublier là-bas. Après tout, c'est aussi l'un des rôles de la littérature.

Lien : http://lelivrevie.blogspot.f..
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critiques presse (2)
Actualitte   21 novembre 2017
En plus de nous offrir une belle et précise leçon d’Histoire, Marc Fernandez part à la recherche de sa propre histoire.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LePoint   24 juillet 2017
Une intrigue prenante, des personnages attachants, ce premier roman de Fernandez, aussi passionnant que glaçant, est une vraie réussite.
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
canelcanel   29 août 2017
- Je ne vais pas vous faire l'affront de vous raconter l'histoire de la dictature, de l'arrivée de Franco au pouvoir. Mais je vous demande de vous replonger dans cette sinistre époque, de regarder en arrière, en 1939, et les années noires qui ont suivi. Je vous demande aussi de vous rappeler sa mort en 1975, la période de transition qui a suivi, le vote de la nouvelle Constitution en 1978, la loi d'amnistie qui a été promulguée pour nous permettre de vivre aujourd'hui en démocratie. [...] Je ne vous apprends rien en vous disant que de nombreuses exactions ont été commises durant ces trente-six années de franquisme. Et que la transition démocratique n'a été possible que parce que nous avons, tous autant que nous sommes, bien voulu fermer les yeux. Il ne fallait surtout pas remuer le passé, condamner ceux qui les avaient perpétrées. [...]
(p. 58-59)
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canelcanel   30 août 2017
[La TV offre] un spectacle affligeant qui empêche la plupart du temps d'aller au fond des sujets. Des talk-shows encouragés par le gouvernement, qui préfère que le public s'amuse, même sur des affaires graves, plutôt que de réfléchir.
Les chaînes privées s'en sont fait les chantres depuis longtemps déjà. Dès l'arrivée au pouvoir de l'AMP, le service public a suivi cette tendance. Il faut dire que l'actuel ministre de la Culture et de la Communication était président de la première télévision privée du pays. Un poste qu'il a été obligé de quitter pour prendre la tête d'une administration dont le but principal semble être de faire taire toute critique et de favoriser les amis. Les siens, ceux de ses collègues, ceux des députés, des sénateurs et de tous ceux qui ont oeuvré, dans les coulisses (c'est-à-dire ceux qui ont mis la main à la poche durant la campagne électorale), pour remporter les élections. Dès les premiers jours de la nouvelle législature, il a nommé ses proches aux manettes des grands médias publics. Une sorte de 'berlusconisation' du paysage médiatique.
(p. 214)
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canelcanel   31 août 2017
Après de brillantes études de droit, [elle] intègre dès sa sortie de l'université l'un des plus importants cabinets de pénalistes de Paris. Là, elle va gravir tous les échelons, faire ses preuves dossier par dossier, client après client. Le petit dealer de cité finit par laisser sa place aux criminels les plus virulents, les plus en vue aussi. Des comparutions immédiates de ses débuts, elle est passée aux grands procès d'assises médiatiques. Elle a défendu des escrocs, des assassins, des trafiquants de drogue, des braqueurs. Tous les chefs d'accusation y sont passés, sauf les crimes sexuels. Elle a toujours refusé de mettre son talent au service d'un violeur ou d'un pédophile. Seule entorse à son serment d'avocat. Seule entaille dans sa ligne de conduite, elle pour qui chaque personne, quel que soit le crime qu'elle a pu commettre, mérite d'être défendue. Mais les viols, ça, non. C'est au-dessus de ses forces. Elle ne se l'explique pas, mais c'est ainsi.
(p. 52-53)
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canelcanel   05 septembre 2017
Il n'est pas très tard, il y a pourtant peu de monde dans ce quartier proche du centre-ville de Madrid. Il faut dire qu'en plein milieu de la semaine, seuls les touristes déambulent par ici, les Madrilènes préfèrent rester chez eux. Plus d'argent pour aller traîner dans les bars comme avant, même les jours de matchs de Ligue des champions comme ce soir. Les deux grands clubs de la capitale, le Real et l'Atlético, ont déjà été éliminés de la compétition. Les supporters d'ici ne sont pas assez fous pour sortir regarder le Barça, leur rival historique. De toute manière, depuis que le pays s'est enfoncé dans la crise, ils n'ont plus les moyens d'aller au stade non plus ni d'acheter les maillots hors de prix de leur équipe, et encore moins l'envie de suivre les caprices de gamins payés des millions pour courir après un ballon. 'Du pain et des jeux', dit-on. Pour ce qui est du pain, il faut déjà arriver à joindre les deux bouts pour avoir quelque chose à mettre dans son assiette. Alors, les jeux... Ce sera pour plus tard. A part la Loterie nationale, seul espoir (ou rêve) pour certains d'une vie meilleure. C'est-à-dire une vie où on peut payer son loyer en temps et en heure et remplir son frigo convenablement.
(p. 190)
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canelcanel   06 septembre 2017
- [...] Tu savais que son grand-père, son père, qui est mort l'an dernier, et ses oncles, étaient franquistes ?
- Le papi a été secrétaire d'Etat au Travail, je crois. Pour les autres, je l'ignorais. Tu crois qu'il faut fouiller dans cette direction ?
- J'en sais trop rien. En fait, ils ont tous baigné dans la politique, souvent dans l'ombre, mais toujours proches des fachos. Le petit dernier a bien sûr pris la relève, de manière plus soft, en adhérant à l'AMP dans les années quatre-vingt-dix. Il était promis à une belle carrière [...].
Rien de nouveau sous le soleil. Le pays a voté une loi d'amnistie juste après la fin de la dictature, la loi d'amnésie comme dit souvent Diego, pour éviter de se pencher sur cette période trouble. Pas étonnant, du coup, que ceux qui en ont bien profité ne continuent pas comme avant. Eux et leurs enfants. Et les enfants de leurs enfants. Malgré la démocratie, rien n'a vraiment changé.
(p. 36)
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