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ISBN : 2742741534
Éditeur : Actes Sud (31/12/2002)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.62/5 (sur 562 notes)
Résumé :
En tout cas, dit-elle, je suis contente d'avoir passé cette soirée avec vous. Il se mit à rire. On ne trouve jamais complètement désagréable ou inintéressant quelqu'un à qui l'on plaît n'est-ce pas ? Elle fit une moue de sourire et de réflexion. Moi aussi je suis content, murmura-t-il. Il avait retrouvé la voix d'alcôve. Pourquoi êtes-vous content ? dit-elle, au comble du bonheur à cause de la voix. Pff, fit-il, ses mains expliquant qu'on n'en savait rien. C'est com... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (71) Voir plus Ajouter une critique
diablotin0
  11 mai 2018
Ah, les mystères du sentiment amoureux, de la naissance du désir, de l'amour …
Pauline est une jeune femme mariée enceinte et Gilles est un homme, plus âgé, marié qui vient de quitter sa femme. Leur rencontre va bouleverser leur vie . Ne vous méprenez pas, cela n'a rien d'un roman Harlequin !
J'ai envie de dire qu'Alice Ferney porte un regard sociologique sur la vie de couple , regard qui met à mal la notion de fidélité et qui interroge sur ce qu'est aimer
Alice Ferney s'attache à nous faire vivre les pensées de l'un et de l'autre et met ainsi en exergue leur sensibilité différente.
Pour avoir lu certaines critiques, je sais que certains n'ont pas du tout aimé les réflexions et regrettent le manque d'action. Mais c'est justement ces questionnements, ces instants d'introspection, qui font pour moi la force de ce « roman »
Bien que très différents, j'ai autant apprécié Pauline que Gilles qui sont, chacun à leur manière, attachants.
A côté de ce « couple » que l'on va suivre jusqu'au bout, on va découvrir des tranches de vie d'autres couples amis avec l'un ou l'autre lors d'une soirée. Les hommes vont se retrouver d'un côté et les femmes de l'autre. Les échanges sont criants de vérité et m'ont parfois fait sourire !
C'est mon premier Alice Ferney et je suis de fait très tentée de poursuivre ma découverte, j'apprécie sa sensibilité et son regard sur le couple.
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domisylzen
  24 juin 2016
Nos regards se sont croisés à l'école, en déposant les enfants. Je ne suis pas forcément beau, elle superbe. Je la fixe, elle est flattée, une étincelle a alors giclé … le coup de foudre ? A lire son visage, je sais qu'elle a en partie succombé. Comment faire pour l'aborder ? Elle n'est pas de celle qui cède sur un coup de tête. Je pourrais l'inviter à boire un café ... ou à diner ?
Je suis en instance de divorce, Blanche ne me supporte plus. D'elle, je sais qu'elle est mariée, je croise son époux au club auquel je suis adhérent.
Nous finirons par aller diner, nos conjoints et amis ont une soirée au club : gala de boxe à la télé pour les garçons, papotage pour les filles.
Alice Ferney nous décrit toutes les étapes de la séduction des deux points de vue : féminin et masculin. Gilles est sûr de lui, sait exactement ou il veut en arriver. Pauline aime son mari, d'ailleurs elle est enceinte de lui : puis-je aimer deux hommes à la fois ?
Parmi les conjoints et amis, nous trouvons tous les cas possibles de couples : de la relation fusionnelle au désintérêt total.
Nous avons-là une richesse de description des sentiments des personnages, Alice Ferney se sert de conversations entre hommes ou entre femmes pour décortiquer toutes l'ambigüité des rapports amoureux.
Juste, étant un mec, le dialogue sur les couples par les hommes au club me parait un peu surréaliste. Je suis témoin de conversation masculine à ce sujet et ce n'est pas tout à fait les propos que tiennent les garçons.
Une écriture qui peut paraitre lente mais c'est justement ça l'intérêt. On a presque l'impression d'assister à une partie d'échec ou chacun avance et recule ses pions, à coup d'émotions, de réactions, d'hésitations, d'interrogations, de prises de risques et de replis stratégiques.
Tout repose sur la plume de l'auteur, si légère, merveilleuse conteuse. Nous avons l'impression d'être des voyeurs témoins d'une situation. Chacun de nous ayant son protégé.
Alice Ferney ? J'suis en train de devenir trop fan.
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Ambages
  19 août 2017
« Je cherche une définition du verbe aimer, dit Louise. (...) se déprendre de soi-même, c'est une belle définition. »
Je ne pensais pas en ouvrant ce roman que j'y trouverai autant. Tout est dit. Ou plus exactement tout est dit, et ce qui ne l'est pas est pensé et relaté sans détours, pour la complète information du lecteur. J'ai eu l'impression d'être une petite souris qui pouvait tout voir, tout savoir, tout apprendre aussi. Apprendre sur les relations de couples, apprendre sur les relations hommes-femmes, apprendre sur moi.
« L'horloge des femmes et celle des hommes dans l'amour n'ont pas les mêmes aiguilles... »
Que c'est étrange de voir écrit des ressentis que l'on a vécus et pour lesquels on n'a pas eu l'esprit de mettre des mots -par couardise, par manque de mots, par manque de temps. Je me suis régalée pendant cette lecture. Une lecture ardue car le style d'Alice Ferney ne m'a pas été facile d'accès. Il m'a fallu un certain temps pour entrer dans ''son temps''. L'écriture est recherchée, et plus que tout, la psychologie est fine et implacable. C'est difficile parfois de se voir dans des situations décrites avec tout ce qu'on ne voulait justement pas s'avouer, parce que ça renvoie à nos petits mensonges, à des petits échecs, à des petitesses. Mais qu'il est bon de ressentir une vibration, un éclair à la vue de l'âme soeur (espérée, inventée, réelle... ?) Ce frôlement de l'âme au travers d'une voix, une voix d'alcôve qui envoûte, qui dit ce qu'on attend. Personne n'est dupe, mais qu'il est bon ce jeu de la séduction. Au travers de ce livre j'ai découvert toutes sortes de couples, « Guillaume et Louise, Eve et Max, Tom et Sara, Pénélope peut-être, Mélusine et Henri, Gilles et Blanche, Pauline et Marc... » et je ne me suis jamais perdue dans cette imbrication de personnages car Alice Ferney me raccrochait par petites touches bienvenues, avec un petit rappel de ce qui se disait ici ou là, de ce qui se faisait au même moment à l'autre bout de la ville, entre deux ''amoureux'' picorant une fraise. Je suis ressortie de cette lecture avec un sentiment partagé, triste et heureuse. Comme la vie, en somme. « Hop là ! Nous vivons ! » Rien n'est noir, rien n'est blanc et chaque jour nous créons un panel de gris qui nous enrichit. J'ai attrapé quelques éléments que je tiendrai pour réponse, et une question...
« Est-ce que l'on ne serait complètement soi-même que seul ? »
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zellereb
  24 janvier 2016
J'ai eu un gros coup de coeur pour ce roman, qui raconte une l'histoire d'une relation difficile à définir entre un homme et une femme. Ce qui se passe entre Pauline et Gilles, tous deux mariés, est analysé par l'auteur très finement tout au long de leur première rencontre au restaurant (c'est la plus grande partie du récit), au cours d'une soirée, et au fil du temps. Les flash backs permettent de repérer les mécanismes de la séduction qui s'enclenchent, la façon dont un désir prend forme, à l'origine, le premier regard, etc. Une histoire d'amour, de sexe, un charme. La flatterie, la possession, l'inexplicable.
Autour de ce couple, en gravitent d'autres, dont les époux de Pauline et Gilles, tous deux à mon goût très sympathiques. C'est l'occasion de réfléchir sur la vie de couple en général. Et dans ce livre, on est assez largement servis, pour que nous y pensions suffisamment. Tous les cas de figures sont envisagés, jusqu'à celui du couple heureux.
L'auteur aborde le sentiment du désir et comment Gilles s'y prend pour séduire Pauline. Les intentions sont ambigues. J'ai trouvé drôle que Gilles dise de Pauline : « Je suis la personne qui vous connait le mieux au monde ». A noter que Gilles est un séducteur. Et pas de chance, Pauline est pour lui la femme la plus amoureuse qu'il connaisse. Heureusement, il dit aussi plusieurs fois : « J'ai besoin que vous existiez ».
Misà part tout ça, ce que je n'ai pas trop aimé, c'est évidemment la position de la femme, qui en générale à son désavantage et parfois insistante. Peut-être Alice Ferney a-t-elle surtout voulu maintenir une vision réaliste de la société ? Je n'en sais rien de précis. Dans la structure de la plupart des couples présentés, l'homme est plus âgé d'une génération entière. Peut-être aussi pour aller dans ce sens? ... Afin de montrer que l'homme peut décidément tout se permettre dans le champs de la séduction, contrairement à la femme. Ou peut-être pas. Un roman à lire, un petit bijou.
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MarcelineBodier
  29 octobre 2018
Pour beaucoup de raisons, La conversation amoureuse a été pour moi un coup de coeur absolu...
Parce que c'est une rencontre sexuelle, Pauline le sait et (se) le dit : « Elle était sûre que cette rencontre était d'abord sexuelle, à cause du pincement aigu qui avait réveillé son corps ». Mais ce que raconte le livre, c'est le désir, l'attraction, l'attente, la découverte, l'incertitude, le supplice de l'urgence et de la lenteur, la conquête... un peu comme dans nos fantasmes ou nos rêveries éveillées, mais sans avoir besoin de les inventer puisqu'Alice Ferney s'en est chargée.
Parce que ce n'est pas une histoire d'adultère, mais une histoire où il est possible de vivre plusieurs vies en une seule en ne sachant plus laquelle est « la vraie ». « Elle avait l'impression singulière de vivre une scène de film, un moment qui aurait été à côté de sa vraie vie, à part. Un moment faux. » : Pauline et Gilles ? Pauline et son mari ? Ou un couple d'amis ?
Parce que 75 ans après Les faux-monnayeurs, j'ai enfin retrouvé un livre (intéressant) bâti sur l'idée de toujours dévoiler au lecteur les pensées de deux protagonistes à la fois. Le lecteur est Pauline et sait quelles secrètes attentes se cachent derrière ses paroles et ses silences, mais il est aussi Gilles et sait quelles secrètes omissions sont derrière les siens (toute ressemblance avec Edouard et Olivier...). Le lecteur est donc le seul à comprendre comment se sont formés leurs malentendus : il est assis à la place de Dieu, quel privilège...
Parce que ça ne s'arrête même pas à cette place de Dieu : le lecteur a également accès aux pensées que chaque personnage est stupéfait de découvrir en lui-même. L'autre est un étranger, c'est entendu, mais chacun l'est aussi pour soi-même, et Alice Ferney débusque tout cela. « Avez-vous déjà trompé votre femme ? dit-elle, retournant l'offensive dans l'exaltation de la complicité, stupéfaite de ce que lui faisait dire le sentiment de plaire ».
Parce qu'un jour dans notre vie, nous avons tous été Pauline ou Gilles et que grâce à eux, nous pouvons « ... tenir l'attirance érotique pour la plus belle expérience de la vie et [nous] réjouir de la vivre une nouvelle fois ».
Et merci à 20 minutes qui m'a une nouvelle fois permis de parler d'un coup de coeur littéraire dans ce format dynamique et rythmé des « parce que » !
Lien : http://www.20minutes.fr/arts..
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Citations et extraits (183) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   22 mai 2018
Blanche avait recouvré sa totale indépendance affective. Elle avait eu ce jour-là des mots très ordinaires : J'en ai marre. Voilà ce qu'elle avait dit pour signifier que tout était consommé, la passion et l'amour, la souffrance et les larmes. J'en ai marre. Rien de plus. Lui aussi à ce moment en avait assez, il n'était pas heureux, mais il n'avait pas fini de vivre dans ce malheur. J'en ai marre, pour lui, ne voulait pas dire la même chose. il avait à vrai dire aménagé la morosité conjugale. Il possédait un refuge dont Blanche se privait : il était infidèle. Des femmes le courtisaient, nombreuses parce qu'il était séduisant, jeunes parce qu'il ne répondait pas à celles qui ne l'étaient pas. On s'offrait à lui qui semblait susciter, et il ne faisait que profiter, et si étrange que cela pût paraître, ce papillonnement l'attachait encore à son épouse. Elle était la permanence vers laquelle il revenait. Elle était son havre, la gardienne de sa foi dans l'amour, la seule pour qui il ressentait ce sentiment. Tout cela était parfaitement explicable.
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lireanimeslireanimes   04 mai 2008
Je l’ai épousé parce que j’étais sûre que je ne me laisserais pas aller dans une vie que je pourrais un jour regretter. Je voulais réaliser quelque chose, et je savais qu’il m’y aiderait.

Etait-ce de lui qu’elle avait besoin ? Ou bien de la conversation amoureuse et du regard d’un homme ?

C’est tellement inexplicable, ceux qui se contentent de vivre et ceux qui interrogent ce qui est.

Il n’y avait pas de grand jeu, d’effort et de simagrées, il était tout uniquement lui-même, sans se faire valoir, sans pavoiser, sans fausse modestie non plus. Et cela est si rare qu’elle était impressionnée. Une personne qui ne joue pas à être quelqu’un d’autre et qui ne se compare pas, qui est intéressante, qui a de la fermeté et de la confiance en lui, voilà ce qu’il était.

Ainsi Pauline Arnoult se trouvait-elle embellie de l’aisance qui accompagne la confiance en soi.

Vous ai-je jamais fait une seule promesse ? dit-il gravement. Non, souffla-t-elle, et les larmes étaient dans ses yeux. Elle avait tout construit seule. N’avait-elle pas tout simplement été une qui aime un fantôme ? Ne l’avait-elle pas poursuivi justement parce qu’il lui échappait ? Ne tenait-elle pas au sentiment qu’elle avait conçu pour lui plus qu’à lui-même ? Etait-il vraiment aimable ? Ces questions n’avaient pas de réponse. Elle croyait l’amour. Et peu importait si cela n’avait été qu’une façon de ne pas trahir la félicité du commencement. On sait bien comme on se sent parfois prisonnier de ce qu’on a pensé. C’était une question de nature : on avait ou non le goût de la cohérence et de la longévité, qui sont une manière de fidélité. On refusait ou on acceptait que les choses eussent une fin. Elle avait été résolument du côté de ceux qui refusent.[…] Une femme pouvait n’être pas inconstante.
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lireanimeslireanimes   04 mai 2008
Une tonicité pétillait sur son visage : il avait la forme d’intelligence qui est la plus attrayante, non pas celle qui sait résoudre un problème mais celle qui pose les questions. Son esprit était constamment dans l’invention, ce qui suppose une énorme vitalité et puisqu’il alliait à cela une capacité d’observation et de déduction sans faille apparente, il était en toute société, un homme redoutable : clairvoyant.

Est-ce qu’on se détache aisément d’un être qui ne semble voir que vous ? Certains hommes sont ainsi faits (ou se font tels) que les femmes à leur côté ont l’intense sensation d’exister, d’être le cœur du monde, d’évincer toutes les autres, de voir enfin le reflet de leur éclat.

Il ne faudrait pas souhaiter des enfants parce que l’on n’a rien dans sa vie, et n’avoir ainsi rien à leur donner. Certaines mères ont parfois ce travers, dit-il : elles abandonnent leur vie et veulent tout pour l’enfant, elles attendent tout de lui sans plus rien exiger d’elles-mêmes.
Oui, fit-elle, j’ai moi aussi idée que l’on doit apporter à ses enfants quelque chose que l’on est allée trouver seule et que l’on leur rapporte d’un monde dans lequel ils ne sont pas.

Elle n’aimait pas raconter ses journées : c’était la meilleure façon d’en découvrir la vacuité.

Pauline Arnoult était dans ce trouble heureux que beaucoup de femmes éprouvent à être sexuellement admirées. C’était un plaisir primordial et intense : une jouissance de vanité. Elle existait comme une femme. Un intérêt pour cet homme s’était piqué en elle du moment qu’il l’avait regardée. Qui oserait se demander si les femmes ne tombent pas amoureuses par mimétisme ?

Il se sentait dans un état d’acuité perceptive extraordinaire, être au monde était violent et beau, sa conscience des choses et d’une splendeur de la vie était hypertrophiée par le désir. Pour la première fois depuis très longtemps, il pensa à Blanche et Sarah sans que son cœur lui semblât écrasé.
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araucariaaraucaria   24 mai 2018
Qu'adviendra-t-il? demanda-t-il. Je ne sais pas, dit-elle, nous avons déjà fait nos vies, et j'attends cet enfant... Elle n'arrivait pas à réfléchir. Ne croyez-vous pas que l'on puisse aimer deux personnes en même temps? dit-il. Si je le crois, dit-elle, mais on ne peut pas le vivre. Les relations extraconjugales sont vouées au néant, elles n'ont ni le temps ni l'espace pour s'épanouir. Alors, dit-il en se moquant d'elle à nouveau, vous pouvez ressentir une attirance sans succomber?! Elle fit signe que oui. Comme vous êtes forte! dit-il. Oui, dit-elle en baissant la tête. Mais vous avez tort, et un jour vous le regretterez, dit-il. Dans dix ans, dans vingt ans, vous vous demanderez comment on peut se refuser à vivre un amour qui s'offre. Nous sommes faits pour cela, dit-il, c'est cela qui nous fait vivre. Rien d'autre, dit-il.
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araucariaaraucaria   21 mai 2018
Le silence était lourd. Elle pensait encore au mari. Le tromper, est-ce que c'était déjà ce qu'elle faisait? Les mots étaient pleins du venin de ceux qui les prononçaient, Mais ça n'empêchait pas qu'elle le trompait quand même; il ignorait une chose parce qu'elle la lui avait cachée. Elle n'en éprouvait aucun remords. Elle ne parvenait pas à se dire que l'on doit, ou que l'on peut, passer à côté d'une passion. Une passion était comme une vie : il fallait qu'elle fût vécue. Car ils mourraient tous. Ils allaient tous mourir et cela viendrait plus vite qu'ils ne le croyaient, Qui les remercierait de n'avoir pas nourri l'élan et l'ardeur, la douceur et la convoitise? Ils mourraient. Les secrets seraient emportés dans les tombes. Les tourments effacés. Comme leurs existences alors sembleraient dérisoires, leurs angoisses stupides! La pureté d'un lien conjugal sans mensonge était sûrement désirable. Mais on ne pouvait pas renoncer à un nouvel amour. Pas si l'on était vivant. Alors, on devait dans le secret de soi adjoindre un lien à un autre. Cela semblait certain. Dans la grande nomenclature des fautes, au chapitre des manquements conjugaux, un secret d'amour avait la double beauté des choses tues et des sentiments estampillés. Il fallait pourtant que ce fût un amour. Pas une partie de jambes en l'air. La clef de l'innocence était dans cette phrase. Pas une partie de jambes en l'air. Mais comment s'assurer de cela auprès d'un homme?! Comment savoir, au moment de s'élancer, si l'on paraphe un serment ou une bagatelle?
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Vidéo de Alice Ferney
http://www.librairiedialogues.fr/ Numéro 85 de l'émission Dialogues littéraires de décembre 2017, produite par la librairie Dialogues et réalisée par Ronan Loup. Invités : Deon Meyer pour "L'Année du lion" (Seuil), Alice Ferney pour "Les Bourgeois" (Actes Sud), puis la chronique de Nolwenn du rayon Jeunesse. Présentation : Élise le Fourn. Interviews par Annaik Kerneuzet et Élise le Fourn.
Retrouvez-nous aussi sur : Facebook : https://www.facebook.com/librairie.dialogues Twitter : https://twitter.com/dialogues Instagram : https://www.instagram.com/librairiedialogues
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