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ISBN : 2203388137
Éditeur : Casterman (01/01/1990)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 58 notes)
Résumé :

Au début du XIXe siècle, dans les salons parisiens, la mode est à l'Orient et aux Sultanes. Accompagnant les militaires français qui entament la conquête de l'Algérie, ceux que l'on appellera les Orientalistes découvrent la lumière du Maghreb. Parmi eux, Joseph rencontre Alger et le monde musulman sous les traits délicats de Djemilah.

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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Petitebijou
  14 avril 2013
Jacques Ferrandez nous propose une aventure passionnante : la lecture des dix tomes de ses "Carnets d'Orient", une oeuvre courageuse par son ambition, et disons-le dès ce premier tome : j'ai énormément appris en lisant ces dix tomes en un temps volontairement court pour ne pas perdre le fil d'une histoire terriblement complexe. le coeur de l'histoire est le drame de la colonisation en Algérie, de 1830 à 1962. Je rends hommage à l'auteur d'avoir su avec talent retracer le conflit de ses racines à son dénouement, en mettant en scène tous les acteurs du déchirement, avec le plus d'équité possible. La lecture n'est pas aisée, car les données du problème sont tellement complexes que, même arrivée à la fin, j'ai bien conscience de ne pas avoir tout compris. La réussite,et le seul moyen il me semble d'appréhender cette histoire dont chacun a déjà sa vision tant elle fait partie de nos vies (et notamment de la mienne, puisque je suis méditerranéenne), est de mettre en parallèle la "grande" et la "petite" histoire. Ainsi, c'est une saga que nous offre Jacques Ferrandez, des histoires de familles, avec des personnages attachants, ambigus, des histoires d'amour, à travers des couples plus ou moins classiques, et surtout une histoire de guerre, et qui dit guerre dit absurde, tant l'on finit par se dire que la race humaine n'évolue jamais, dans sa soif de possession, son orgueil démesuré, son obsession communautaire... Cette histoire m'a profondément déprimée, d'autant que j'ai la particularité (le défaut pour certains) de n'avoir jamais eu le désir de possession de quoi que ce soit, terre, maison, personne, animal, de ne m'être jamais sentie enracinée si ce n'est dans un élément liquide, la méditerranée justement, ni affiliée à quelque communauté que ce soit. Mais je crois que je suis comme les autres, puisque ce fait n'est pas un choix mais le résultat de mon arbre généalogique éclaté, de géniteurs inconnus, de cette multitude de composantes qui me dépassent. Tout juste ai-je au moins l'illusion d'en être consciente et d'essayer de ne pas revendiquer une légitimité imbécile. Car, arrivée au bout des dix tomes, j'ai pensé à la fin du film "La règle du jeu" de Jean Renoir, "Le problème, c'est que tout le monde a ses raisons". Pour finir et avant de commenter chaque tome, je pense bien sûr à Camus, au silence de Camus qui lui a été tant reproché, Camus présent dans l'oeuvre de Ferrandez comme un repère pour chacun des protagonistes du conflit : ce silence dénoncé comme une marque de lâcheté fut sûrement davantage le silence d'un homme impuissant et meurtri s'interdisant de condamner les uns ou les autres, pour trop bien les comprendre. le silence de Camus résonne comme une interrogation que tout homme devrait se poser avant d'émettre tout jugement, et me paraît d'une actualité aveuglante en nos temps de "petites phrases", "commentaires", "buzz". Rien n'a changé, chacun manipule comme chacun est manipulé, tout le monde veut sa petite reconnaissance et sa part du gâteau, chacun est tour à tour bourreau ou victime. Se taire est peut-être le seul moyen d'arrêter un instant le temps qui passe pour tout le monde, de prendre le temps de regarder la terre algérienne d'une beauté pérenne et inaccessible, cette terre qui restera quand les générations de combattants y seront tous réduits en poussière. L'homme meurt de se croire immortel.
Dans ce premier tome, nous faisons la connaissance d'un peintre Orientaliste, Joseph Constant, débarquant en 1836 sur une terre algérienne qui va l'ensorceler peu à peu, à l'image d'une jeune et sensuelle Djémilah dont il tombe amoureux passionnément. Djémilah est l'Algérie, mystérieuse, belle, envoutante, dangereuse aussi. Cet amour fantasmé, symbolisé par un tableau qui va se transmettre de générations en générations puis de carnets, fil rouge des dix tomes, sera aussi l'illustration des racines du conflit. Déjà sont présentes les humiliations, la notion d'"exotisme", mais aussi le mélanges des langues, les expressions qui s'interpénètrent, le poids des religions...
Il faut un peu s'accrocher pour suivre le récit un peu trop didactique, tant les données présentées sont nombreuses, les références historiques pas très connues, du moins par moi. le dessin de Ferrandez est foisonnant, les couleurs chatoyantes, et les paysages sont ses tableaux les plus beaux. Les hommes ne feront jamais le poids face à la nature.
Lien : http://parures-de-petitebijo..
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paroles
  05 décembre 2017
Au début du XIXe siècle, les jeunes conquérants rêvent tous d'Orient. C'est ainsi que le jeune peintre Joseph Constant débarque à Alger, plein de rêves exotiques. Son ami, Mario Puzzo, portraitiste de son état (dans un pays où l'image n'est pas du tout appréciée), l'attend au port et l'emmène illico visiter d'abord un bordel et ensuite le harem du Chaouch. Il y croise le regard énigmatique de la jeune Djemilah et tombe éperdument amoureux...

Disons-le tout net, l'accroche de ces carnets d'Orient ne m'a pas plu du tout. Pourquoi ? Parce que la découverte de ce pays, vu par le scénariste, commence avec les femmes. Et quant à faire, avec des prostituées. Parce que bien sûr découvrir un nouveau pays (pour le mâle de l'époque, semble-t-il) passe par le découverte de la femme, avant celle du pays et de ses traditions...
Allez, messieurs, allez-y de vos commentaires : encore une féministe ? Pas du tout ! Mais avouez que commencer l'histoire de la colonisation de l'Algérie par...
- non, non, tu ne vas pas oser le dire quand même !
- Si je vais le faire parce que moi ça m'agace ce regard sur un pays.
Donc commencer une histoire par le trou du... moucharabieh est bien une idée de mec ! Romantisme ? Mon oeil oui !
Bref, la colère passée, j'ai quand même découvert le début de la colonisation de l'Algérie par la France, l'arrivée des colonisateurs très imbus d'eux-mêmes et plein d'arrogance, supposés apporter la bonne parole et proposer la bonne gestion du pays pour mettre au pas cette population de « sauvages ».
J'ai également remarqué que la rouerie fonctionnait des deux cotés, chacun essayant de défendre ses valeurs.
Enfin, le dessin ne m'a pas déplu mais j'ai surtout apprécié les couleurs aux tons sépia.
Bon, mes premiers pas sur cette terre tant convoitée semblent hésitants. Mais je compte bien dénicher d'autres lectures qui me permettront de lire une version de l'histoire moins édulcorée. Et on dit que « L'art de perdre » d'Alice Zeniter offre une belle page de ce pan d'histoire si peu connu et reconnu. Alors...

Lien : http://mes-petites-boites.ov..
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jovidalens
  05 novembre 2012
Déçue ! Compte tenue des critiques lues et commentaires récoltés je m'attendais à mieux.
Agacée par les errances du "héros", l'histoire d'amourette "fleur bleue", par le graphisme trop fouillis et trop colorié. Quelques bonnes idées de mise en page.
Bref, un peu trop caricatural. Les colonisateurs sont rustres et arrogants (mais c'est une caractèristique de la situation) : vraiment rien qui les rendent sympathiques. Et il faut bien reconnaitre que la troupe était aussi malmenée que les algériens. Par contre j'apprécie que ce peuple, plusieurs fois envahit, soit montré, lui, sous un jour positif : amoureux de son pays, et toujours prêt à défendre son art de vivre, sa civilisation et sa religion.
Seul intérêt, et pas le moindre, récit d'une période mal connue de beaucoup.
Est-ce que le tome 2 sera plus captivant ???
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abo2008
  01 juin 2011
L'histoire commence en 1836. A Alger, Joseph Constant retrouve un ami peintre, Puzzo. Alors que Joseph s'apprête à repartir en France, il tombe amoureux d'une algérienne, Djemilah. Il décide donc de rester. Mais Djemilah est déjà promise à un autre. Joseph décide alors de la retrouver. Au cours de son périple, il croisera Abd el-Kader, grande figure de la résistance algérienne à la conquête française.
Cette bande dessinée m'a vraiment séduite par plusieurs aspects : déjà, les personnages ne sont pas manichéens : ils sont humains, avec leurs forces et leurs faiblesses. de plus, L'auteur ne prend pas partie pour un camps ou un autre et reste neutre. Ensuite, il y a toute une réflexion sur la guerre, chaque camps considérant son combat comme juste. Enfin, les illustrations sont superbes. L'utilisation de l'aquarelle donne un charme vraiment particulier.
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raph731
  06 décembre 2014
A travers la colonisation de l'Algérie par la France – et les heurts qui saigneront ces deux peuples durant ces années –, c'est l'histoire d'un amour impossible entre un peintre Joseph Constant et la jeune Djemilah qui est narré. le scénario tient en halène de la première à la dernière planche. L'histoire est découpée en chapitre et s'articule parfaitement. Que dire des dessins, si ce n'est qu'ils sont somptueux, pleins de chaleur et de couleur ! Ils éclaircissent une part d'ombre de l'histoire de France. A lire absolument pour tous les amoureux d'histoire et de B.D.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
jovidalensjovidalens   05 novembre 2012
24 mai 1846
[...]
aujourd'hui, on dirait que le voyage en Orient est aussi indispensable pour l'artiste que le pélerinage en Italie...
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raph731raph731   06 décembre 2014
Depuis mon expérience en Algérie, je n'ai cessé de chercher à peindre les mystères et les beautés de l'Orient...
L'Orient est une femme qui tantôt s'offre, tantôt se refuse.
L'Orient est une femme que nous voulons prendre et posséder en allant jusqu'au viol...
L'Orient est une femme qui nous échappera toujours. (pl. 70)
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DecourDecour   29 avril 2014
" de quoi te mêle tu roumi? tu mérites la même mort que ces chiens !.. "
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jovidalensjovidalens   05 novembre 2012
Cette guerre n'est pas pour moi.
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Videos de Jacques Ferrandez (19) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jacques Ferrandez
Du 20 juin au 31 juillet 2018, la Galerie Gallimard célèbre aussi "40 ans de roman en bande dessinée" et présente une exposition d'originaux des plus grands récits et artistes qui font la fierté de notre catalogue. ? bit.ly/40ansRomanBD
Nous aurons l'honneur de vous présenter une sélection d'?uvres de Zeina Abirached et Mathias Enard, Baru, Enki Bilal, Max Cabanes, Catel BD et Bocquet José-Louis, Jean-Christophe Chauzy, Didier Comès, Nicolas de Crecy et Sylvain Chomet, Ludovic Debeurme, Frantz Duchazeau, Jacques Ferrandez, Vittorio Giardino, André Juillard, Jacques de Loustal et Philippe Paringaux, Lorenzo Mattotti, M?bius, José Muñoz & Carlos Sampayo, Anthony Pastor, Vincent Perriot, Hugo Pratt, Jean-marc Rochette et Jacques Lob, Grzegorz Rosi?ski et Jean van Hamme, Christian Rossi et Géraldine Bindi, David Sala, Francois Schuiten et Benoit Peeters, Jacques TARDI et Jean Claude Forest, Bastien Vives.
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