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EAN : 9782075109628
160 pages
Gallimard Jeunesse (25/09/2019)
3.66/5   92 notes
Résumé :
Antonio, dit «Bouche d'or», est un homme du fleuve. Mais lorsque Matelot, le vieux bûcheron, vient lui demander de l'aide pour retrouver son fils disparu, il n'hésite pas à emprunter avec lui un chemin plus périlleux qu'il n'y paraît. Les deux hommes se dirigent vers le Haut Pays, territoire du terrible Maudru, chef des bouviers qui règne en maître sur les hommes et les bêtes... Un récit d'aventure mythique où la langue de Giono se mêle aux aquarelles de Jacques Fer... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
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Adapter le chant du monde, roman de Jean Giono publié en 1934, en bande dessinée, c'est ce que vient de réaliser, Jacques Ferrandez. L'enjeu était de taille et c'est une bien belle réussite qu'il nous offre.
Roman d'aventure, véritable épopée, où Matelot, ancien marin, vieux bûcheron qui vit de l'exploitation de la forêt avec son fils "aux cheveux rouges" surnommé le besson part avec Antonio, jeune pêcheur appelé "homme du fleuve" ou "Bouche d'or" car il sait parler et séduire. Ils vont à la recherche de ce fils. Celui-ci, en fait, a enlevé Gina, la fille de Maudru, maître du haut-pays et des troupeaux de taureaux, destinée à un autre.
Jacques Ferrandez est resté fidèle à l'histoire, aux personnages et aux dialogues du roman de Giono. Il a su, par ses dessins, représenter les paysages du roman de façon plus que convaincante. La représentation de Villevieille calquée sur la cité de Sisteron est magnifique et le cadre montagnard choisi tout aussi beau. Les aquarelles représentant les trois saisons traversées, l'automne, l'hiver et le printemps sont de toute beauté et donnent vie et sensualité à cette nature. Quant aux personnages, ils sont vrais et leurs caractères ou leurs sentiments, l'amour comme la haine sont bien représentés (seul petit bémol pour moi, la ressemblance entre Antonio et "cheveux rouges").
Dans ce roman graphique, à l'allure de western, les scènes d'action très réalistes se succèdent de manière soutenue. Lorsque le feu dévorera la propriété de Maudru, ce sera une véritable explosion de teintes cuivrées pour représenter les taureaux et les hommes sur lesquelles vont s'inscrire des onomatopées de plus ou moins grande taille : les cris de ces hommes et de ces bêtes effrayées jaillissent des flammes.
L'auteur de cette bande dessinée a su recréer l'univers de Giono de façon magistrale. Dans ce récit d'aventure les hommes et la nature font corps et la langue de Giono associée aux aquarelles de Ferrandez donne une nouvelle vie à ce roman le chant du monde, une vie magnifiée, à mon avis.
À noter qu'en postface, un texte de Jacques Mény (Président des Amis de Jean Giono) accompagné de plusieurs esquisses relate ce qu'a été ce livre de Giono au cinéma, au théâtre et enfin la démarche de Jacques Ferrandez pour aboutir à cet excellent album que je ne saurais trop recommander.

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C'est un vrai plaisir de lire, d'apprécier, de détailler cette fidèle adaptation du roman de Jean Giono, le Chant du monde, une nouvelle réussite signée Jacques Ferrandez. Excellent dessinateur, il s'est imprégné du texte et a fait beaucoup de repérages pour réussir à représenter des paysages dont Giono ne précise jamais les noms exacts. On pense, bien sûr, à la Durance, pour le fleuve, à Sisteron, pour Villevieille mais l'ensemble est très alpin avec des saisons très marquées et remarquablement dessinées.
L'histoire que Giono qualifiait de feuilleton paysan, fait penser à un western, genre que prisait beaucoup celui qui est né (1895) et qui est mort à Manosque (1970). D'ailleurs, la scène d'ouverture, avec une chasse à l'homme effrayante, les troupeaux, les hommes à cheval, tout cela colle bien à ce type de film.
Cheveux rouges, appelé aussi le besson, a séduit Gina, la fille de Maudru, le grand propriétaire terrien de la région et ils fuient tous les deux. En même temps, Antonio est envoyé à la recherche du besson par sa mère. Son mari, Matelot, l'accompagne et ils remontent le fleuve car l'amant de Gina devait convoyer du bois flotté depuis le haut pays…
Voilà qu'Antonio tombe amoureux de Clara, jeune femme aveugle qu'il a sauvée alors qu'elle accouchait, seule, en pleine forêt. C'est lui le principal héros de l'histoire qui nous fait connaître Toussaint, fameux guérisseur de Villevieille, oncle du besson.
Ce roman graphique est beau, impressionnant, prenant et passionnant avec des couleurs parfaitement adaptées aux différents temps du récit. Qu'elles sont belles ces pages avec le fleuve et les montagnes en été, en hiver aussi et on se déplace dans la neige chaussé de raquettes ou équipé de skis !
Femmes et hommes, jeunes ou vieux, sont beaux avec des visages trahissant le vrai caractère de chacun. Jacques Ferrandez que j'ai connu avec ses fameux Carnets d'Orient, est un artiste qui compte dans le paysage de la bande dessinée et c'est bien, qu'après avoir adapté trois romans d'Albert Camus, il ait travaillé sur cette oeuvre de Jean Giono dont on va marquer, l'an prochain, le cinquantenaire de la mort. Les occasions de découvrir ou de redécouvrir ce grand écrivain ne manqueront pas !

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Matelot va chercher Antonio, l'homme du fleuve, car son fils n'est pas revenu. Tous les deux il remontent le fleuve pour le retrouver dans le haut pays. Ils y trouveront de l'amour et la vengeance.

Je n'ai pas lu le livre de Jean Giono dont cette BD est l'adaptation. Je ne ferais donc pas de comparaison.
Ce que j'ai particulièrement aimé c'est l'hymne à la nature qui s'en dégage bien ca ne soit en rien le sujet. Il y a beaucoup de poésie et de romantisme dans de nombreuses séquences qui nous entraînent dans cet univers.
Au-delà de ca nous avons un récit plutôt épique où de jeunes gens amoureux cherchent à trouver leur liberté malgré l'adversité. Il y a des fuites, des courses poursuites, des combats, de l'attente et beaucoup d'amour. Amour paternel, fraternel, d'amitié ou entre un homme et une femme jusqu'à un point un peu mièvre parfois.
Le principal point négatif sont les dialogues. Je ne sais s'ils sont tirés textuellement du livre datant des années 30 mais ils ne sont pas faciles à lire. Leur contenu, pourtant, est percutant mais le langage et les tournures de phrases ne nous sont pas naturelles et entrainent un manque de fluidité à la lecture.
Par contre les aquarelles sont lumineuses et fait la part belle aux paysages de montagnes.
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Je découvre avec plaisir chaque nouvelle oeuvre de Jacques Ferrandez, surtout quand, après Camus, il s'attelle à des monstres sacrés comme Giono. Je ne connaissais pas encore le chant du monde, malgré l'avoir vu à de nombreuses reprises dans la bibliothèque de mes parents et tenté, plus d'une fois, de me plonger dans sa lecture. J'imaginais plus un poème lyrique, une ode majestueuse à la Nature et moins le récit construit, haletant mouvementé que j'ai pu prendre plaisir à lire. On se croirait même au Far West dans un western trépidant, une chasse à l'homme mille fois vue mais transposée ici dans ces pays des Alpes provençales, sur les hauteurs du Mercantour, du Verdon ou du Lubéron (la région reste imaginaire dans le récit de Giono).
Les personnages sont attachants, notamment le principal. Antonio, "homme du fleuve" (qui pourrait être la Durance) poète, écolo avant l'heure, sans métier particulier, se baignant nu chaque matin parmi les poissons, appelé "bouche d'or", probablement pour sa maîtrise des mots, son talent de conteur et sa sagesse.

Des scènes marquantes dans Villevieille (ville imaginaire qui pourrait être un mélange de Lurs et de Sisteron), à la configuration singulière, notamment lors du carnaval annuel, où des cortèges d'homme-animaux à l'allure inquiétante traversent la ville de part en part. Les chasses et poursuites, sur les hauteurs ou autour du fleuve sont palpitantes. Un passage étonnant dans une vieille grange, où une petite communauté d'hommes et femmes, tous nus, entourés de malades, se réchauffe gaillardement en se fouettant les uns les autres. On retrouve globalement une atmosphère confinée et un brin rassie, centrée autour d'un pays vivant en vase clos, limité par une géographie ardue et un hiver éprouvant, et où s'expriment rancoeurs et esprit de vengeance, mitonnées dans de mauvaises marmites.

Jacques Ferrandez s'est souvent imprégné des paysages de cette région en allant faire des repérages lors de plusieurs saisons. Ce travail a été mis en lumière par un reportage de près d'une heure sur France 3 (https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/emissions/qui-sommes-nous-2/premiere-france-3-manosque-decouvrez-comment-roman-giono-chant-du-monde-ete-adapte-bd-1718439.html).

Un cahier final clôt le livre, où Jacques Mény, président des Amis de Jean Giono, explique la genèse, la vie et les adaptations de cette oeuvre de Jean Giono, qu'il a fini à la fin par renier. Une oeuvre qui, cependant, compte tenu de son équilibre délicat entre hymne à la beauté du monde, western épique, et dialogues profonds d'êtres en recherche, a continué d'inspirer auteurs et lecteurs, pour la rendre immortelle. .
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On ne sait trop où.
On ne sait trop quand.
Mais après tout qu'importe.
Il y en eut beaucoup de versions du Chant du Monde, Giono lui même les fît et les refit au gré de ses inspirations, et celle que nous propose Jacques Fernandez ne démérite pas !

Près d'un fleuve qui pourrait être la Durance, dans des montagnes qui rappellent les Alpes, Villevieille, de source plus sûre aurait des airs de Lurs ou de Sisteron.
Ce qui est sûr, c'est que l'histoire revêt un coté « nouveau Western » et que cela lui réussit. Un Road movie, une traque …

Les dessins de l'auteur sont fins et les couleurs somptueuses pour imager une atmosphère poétique ou dans cette histoire qui suit les saisons, la première à être sublimée est la nature.
Antonio l'homme à la bouche d'or tant il parle bien et son vieil ami Matelot, homme des mers, vont secourir Clara, fille-mère, aveugle, trouvée dans la forêt en bien mauvaise posture. Mais en vérité, c'est un fils disparu qu'ils recherchent, le Besson, l'homme aux cheveux rouges qui n'est plus revenu depuis quelques lunes. Une mère le réclame, son père craint le pire, ils se mettent en route vers le coeur du Haut Pays.
Si l'un a dans le coeur la fille de la forêt, le plus âgé est taraudé par ses envies de prendre le large, la mer, il y revient toujours.
Et pourtant, ce sont vers les embrouilles que leurs pas les mènent, une route faite de vengeance, de trahison, d'amour et de mort.

Tour à tour, dans les pages, sera magnifié l'amour d'un père, d'une mère, d'une amoureuse qui attend quelque part, d'une autre née au mauvais endroit, du temps révolu et de la nature aussi.
Cette nature puissante, vivante et sensuelle pour reprendre les mots de présentation de la quatrième de couverture car il ne saurait y en avoir de meilleurs que ceux-là.

Alerte coup de coeur.
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critiques presse (4)
Sceneario
28 février 2020
Sous le couvert d’une histoire d’amour interdite, on devient le témoin privilégié d’une double vendetta aux accents dramatiques évidents. Nombreux sont les personnages qui interviennent pour étoffer les péripéties et, de par leurs spécificités, génèrent moult soubresauts dans le récit. Une revisite du roman de Jean Giono hautement réussie !
Lire la critique sur le site : Sceneario
ActuaBD
03 décembre 2019
L’aquarelle de Ferrandez est méthodique et appliquée. Les grands paysages dans lesquels s’insèrent l’intrigue opposent leur sérénité inébranlable à des personnages parfaitement caractérisés : le Matelot, Antonio, le Besson, Maudru, Toussaint le guérisseur, Clara l’aveugle accouchée... et à une intrigue simple de chasse à l’homme. En 140 planches, le résultat impressionne.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
LeSoir
14 octobre 2019
Jacques Ferrandez dessine l’esprit libre de Jean Giono à travers l’adaptation en bande dessinée du western provençal du « Chant du monde », un roman culte de la génération post-soixante-huitarde.
Lire la critique sur le site : LeSoir
BDGest
01 octobre 2019
Privilégiant fréquemment un fond blanc ou abstrait, il invite le lecteur à concentrer son attention sur les acteurs, particulièrement sur l’expressivité des regards, entre autre la colère contenue dans celui de Gina et le désarroi dans les yeux de son compagnon. Jacques Ferrandez fait de jolies choses avec un roman un peu banal.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
Mais c'est toujours la même chose ! Avec qui que ce soit, au bout du compte, on est toujours seul. Mets ça dans ta poche avec le mouchoir dessus.
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Si c'est pour nous faire rire, fais-toi des moustaches avec de la boue et puis danse un peu au soleil. Ça nous fera peut-être rire, mais le mieux, c'est que tu t'occupes de tes affaires !
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Je ne voulais pas que tu me connaisses dans ce lit de malade avec mon odeur d'accouchée. Les autres tant pis. Mais toi, j'aurais voulu que tu me connaisses avec ma jupe qui bouge autour de moi comme du blé mûr. Et que je sois assise dans l'herbe des prés, au mois de mai, au bon soleil, toi venant à travers les fleurs, comme les chansons.
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On ne fait pas des enfants rien qu'avec du lait caillé, vieux père ... et on ne les fait pas comme on veut. On les fait comme on est, et ce qu'on est, on ne sait pas, on a tant de choses dans son sang.
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Quand une mère Maudru fait une fille, on dirait que celle-là en sortant lui a curé le ventre de toute sa provision de beauté ! Et alors, toujours, une fille en premier. Les garçons viennent après et il sont faits avec des restes. Donc, quant Gina entrait à cette époque dans la courtille des taureaux, on prenait toujours le temps de la regarder d'un clin d’œil... Ça valait le coup de corne...
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Vidéo de Jacques Ferrandez
À l'occasion de la 33ème édition du festival "Etonnants voyageurs" à Saint-Malo, Jacques Ferrandez vous présente son ouvrage "Suites algériennes : 1962-2019. Vol. 2. Seconde partie" aux éditions Casterman.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2762559/jacques-ferrandez-suites-algeriennes-1962-2019-vol-2-seconde-partie
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