AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2075074151
Éditeur : Gallimard Jeunesse (21/09/2017)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 54 notes)
Résumé :
« En somme, je vais parler de ceux que j'aimais », écrit Albert Camus dans une note pour l'œuvre à laquelle il travaillait au moment de sa mort. Il y avait jeté les bases de ce que serait son récit de l'enfance : une odyssée temporelle et émotionnelle à travers ses souvenirs, un récit qui, sous couvert de fiction, revêt un caractère autobiographique exceptionnel. À la recherche de ses origines, il y évoque avec une singulière tendresse son univers familial, le rôle ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
paroles
  19 septembre 2018
Me voilà réconciliée avec Albert Camus. Non que nous nous soyons quittés fâchés, après s'être croisés au lycée, mais nous nous étions quittés. le goût de le revoir m'avait surprise lors de la lecture de « Nos richesses » de Kaouther Adimi, aussi lorsqu'un ami m'a proposé ce roman graphique, j'ai tout simplement accepté : je voulais redécouvrir Camus.

Jacques Cormery (alias Albert Camus), auteur parisien célèbre, se retourne sur son passé. Il revient sur les pas de son enfance en Algérie et remonte l'histoire pour nous faire connaître ceux qu'il aime : un père presque inconnu mort trop tôt lors de la Première Guerre mondiale, des copains pour faire les 400 coups dans les rues d'Alger, un instituteur très à l'écoute, une grand-mère dure à la tâche et de coeur, une mère quasi muette. Et puis bien sûr une description des conditions de vie dans un quartier pauvre,

J'ai eu grand plaisir à arpenter les rues d'Alger, à croiser l'écrivain en devenir, seul enfant au foyer et vivant parmi des adultes (mère, grand-mère et oncle). J'ai apprécié les aller-retour entre passé et présent qui permettent de s'imprégner lentement de la vie du jeune Jacques. J'ai aimé la description de la mère pauvre et analphabète mais tellement présente, aimante et dépassée par les évènements.
Et bien sûr, j'ai pris soin de détailler les dessins et les couleurs qui servent si admirablement le texte. L'auteur connaît parfaitement et intimement Alger, on plonge avec délice dans l'ambiance des quartiers populaires d'alors. Et surtout, j'ai repris contact avec Camus et je suis bien décidée à relire et à découvrir ses romans.

Roman graphique d'après l'oeuvre d'Albert Camus. Pourquoi ?
Albert Camus préparait une sorte d'épopée (sorte de Guerre et Paix sur les Français en Algérie) quand un platane a surgi devant sa voiture le 4 janvier 1960, mettant fin à son parcours d'écrivain connu et reconnu. le manuscrit du Premier homme a été retrouvé dans la carcasse de la voiture. Mais c'est bien des années après (1994) que sa fille a accepté de faire paraître ce roman inachevé...

Lien : http://mes-petites-boites.ov..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          195
oran
  29 septembre 2017
Il ne s'agit pas ici du livre posthume d'Albert Camus mais de la BD réalisée par Ferrandez (parution septembre 2017) d'après cette oeuvre. Il y a eu confusion dans l'enregistrement de l'Isbn (9782075074155) et les critiques et citations du livre original se retrouvent mêles avec ceux à venir concernant cette nouvelle BD !
Après avoir adopté avec succès "L'hôte » en 2009 et "L'Etranger" en 2013, Jacques Ferrandez s'attache ici à raconter l'enfance de Jacques Cormery inspirée par celle du jeune Camus .
Ferrandez est né à Alger . Sa famille, Fernandez, (son vrai patronyme , est originaire d'Espagne comme la grand-mère maternelle de Camus), ses grands-parents tenaient commerce dans le quartier Belcourt, là où résidait également la famille de Camus . Ce livre, même s'il s'écarte légèrement de l'oeuvre originale, respecte son l'âme et s'enrichit avec une émotion fulgurante de sensations retrouvées, de souvenirs visuels précis, de pataouète (1)nostalgique . Un nouveau personnage qui ne figure pas dans le roman autobiographique vient animer les images, c'est Jessica , l'ombre portée de Mi - Mette Ivers, que Camus rencontra en 1957 au Café de Flore - .Une BD magnifique !
(1) Langage Pied-noir, fait d'un mélange hétéroclite et savoureux de français, espagnol, catalan, italien ,maltais, arabe, kabyle.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          190
Epictete
  22 avril 2018
Une réussite, une fois de plus.
J'avoue que je ne connaissais pas ce roman posthume d'Albert Camus dont le manuscrit a été trouvé dans sa sacoche après l'accident qui lui a coûté la vie.
Un homme est sur les traces de son père, mort pendant la guerre de 1914. Il y retrouvera son enfance, le pays dans lequel il a été élevé et qu'il aime profondément.
C'est à la fois une fresque autobiographique et une belle description de cette phase de notre histoire que fut la colonisation de l'Algérie et la vie avant la guerre (roman inachevé).
Le graphisme de Fernandez est magnifique et traduit vraiment l'ambiance de ce pays qui n'a laissé personne indifférent.
Prochain objectif : lire la version originale du roman.
Commenter  J’apprécie          150
mumuboc
  26 avril 2018
Magnifique ouvrage…… Je retrouve la profondeur de la pensée d'Albert Camus qui entraîne chez moi à chaque fois une réflexion, une remise en question de certaines certitudes, sur nous, sur notre humanité.
Je trouve très intéressante l'idée de mise « en dessins » de ce récit, les illustrations sont très belles, on est plongé dans l'atmosphère algérienne, sa chaleur, sa moiteur, ses terreurs ses déchirements. Les personnages sont très bien rendus et l'on déambule dans le passé et le présent de Jacques Cormery (Albert Camus), sans difficulté, à la recherche de ses racines pour comprendre qui il est, comment on se construit à travers son passé et ce qui fait que l'on est ce que l'on est.
C'est le dernier récit (inachevé) d'Albert Camus dans lequel l'auteur se révèle totalement sur ce qu'il est, ce que fut son enfance, la misère mais surtout l'amour de sa mère, l'inconnu qu'était son père, décédé aux premiers jours de la première guerre mondiale, la rudesse de sa grand-mère etc…. A se pencher sur son enfance on comprend ce que l'on devient, les pourquoi trouvent des explications.
L'importance du lieu où l'on vit, où l'on naît : la difficulté de prendre position quand vos ennemis étaient vos amis, quand vous comprenez leurs revendications mais que vous connaissez le prix du travail de vos aïeux pour cette terre qu'on leur avait promise.
L'absurdité des guerres, les questions qui resteront parfois sans réponse et avec lesquelles il faudra continuer à vivre, vivre pour transmettre et insuffler autour de soi l'amour des siens, des autres, d'un pays. le texte était l'ébauche d'une oeuvre qui se voulait la genèse de toute son oeuvre : celle qui permettait de comprendre qui était Albert Camus, ses forces, ses faiblesses, ses convictions.
Oui je sais je parle en fin de compte plus du fond, des textes d'Albert Camus et peu du travail de Jacques Ferrandez mais je pense que l'illustrateur a été profondément imprégné du livre inachevé (et peut-être que le fait qu'il soit inachevé donne encore plus de poids….. l'homme qui recherche ses racines et ne laissera qu'une ébauche de son travail) car il restitue parfaitement l'atmosphère d'un pays, d'une famille, les expressions des visages, des attitudes, du climat.
Magnifique.
Lien : http://mumudanslebocage.word..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
DOMS
  28 octobre 2017
Le premier homme est basé sur le texte d'Albert Camus dont le manuscrit fut retrouvé dans sa sacoche en janvier 1960, lors de l'accident de voiture qui lui coûta la vie, et qui ne sera publié qu'en 1994. Ce roman graphique nous entraine sur les pas de Jacques Cormery, double fictif de l'auteur, qui de l'Algérie au retour en France va évoquer avec amour la mère, le père disparu à la guerre de 14/18, la grand-mère sévère mais juste, le professeur qui guide l'enfant brillant vers les études supérieures, la reconnaissance de l'écrivain chez Gallimard, et le recherche du père, sa tombe en Bretagne, les amis, la guerre, le pays que l'on aime et que l'on quitte à regret.
Alors si vous aimez Camus, les romans graphiques, et si vous êtes curieux, lisez « le premier homme » peut-être aurez-vous envie de découvrir la version de L'étranger par le même auteur toujours chez Gallimard.
Commenter  J’apprécie          60

critiques presse (4)
Culturebox   14 décembre 2017
Une belle adaptation, qui plonge dans l'Algérie d'avant la guerre et dans l'enfance d'un monument de la littérature française, Albert Camus. Une histoire que Jacques Ferrandez avait toutes les raisons de vouloir adapter.
Lire la critique sur le site : Culturebox
BoDoi   19 octobre 2017
Les souvenirs d’enfance sont touchants, justes. Mais s’il mêle adroitement passé et présent, on peut regretter un côté un peu figé du récit, abreuvé par la plume tourmentée de Camus, ainsi que par un manque d’expressivité des personnages principaux.
Lire la critique sur le site : BoDoi
BDGest   03 octobre 2017
La force d’une œuvre malheureusement restée embryonnaire, la beauté des illustrations d’un bédéiste en pleine possession de ses moyens, Le premier homme ne laissera personne de marbre.
Lire la critique sur le site : BDGest
Culturebox   25 septembre 2017
Jacques Ferrandez avait déjà adapté "L'étranger" et "L'hôte", il publie cette fois "Le Premier homme", ce roman inachevé d'Albert Camus qui raconte l'enfance de Jacques Cormery (Camus lui-même) en Algérie.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (55) Voir plus Ajouter une citation
TREMAOUEZANTREMAOUEZAN   05 octobre 2017
Tout se passait en France, où les Allemands étaient entrés sans prévenir, et où les troupes d'Afrique [avaient été] transportées aussi vite que l'on pouvait, dans une région mystérieuse dont on parlait, la Marne.
On n'avait pas eu le temps de leur trouver des casques. Le soleil n'était pas assez fort pour tuer les couleurs, comme en Algérie...
Si bien que les vagues d'Algériens, arabes et français, vêtus de tons éclatants et pimpants, coiffés de chapeaux de paille, cibles rouges et bleues qu'on pouvait apercevoir à des centaines de mètres, montaient au feu, étaient détruits par paquets.
Et commençaient d'engraisser un territoire étroit sur lequel pendant quatre ans des hommes venus du monde entier, tapis dans des tanières de boue, s'accrocheraient mètre par mètre sous un ciel hérissé d'obus éclairants, d'obus miaulant, pendant que tonitruaient les grands barrages qui annonçaient les vains assauts.
Mais pour le moment, il n'y avait pas de tanière, seulement les troupes d'Afrique qui fondaient sous le feu comme des poupées de cire multicolores, et chaque jour des centaines d'orphelins naissaient dans tous les coins d'Algérie, arabes et français, fils et filles sans pères qui devraient ensuite apprendre à vivre sans leçon et sans héritage...
("Le père, sa mort, la guerre", page 55)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
oranoran   31 mai 2017
Tout au long des arcades, les boutiques de commerçants se succédaient, marchands de tissus en gros dont les façades étaient peintes de tons sombres et dont les piles de tissu clair reluisaient doucement dans l'ombre, épiceries qui sentaient le girofle et le café, petites échoppes où les marchands arabes vendaient des pâtisseries ruisselantes d'huile et de miel, cafés obscurs et profonds où les percolateurs fusaient à cette heure-là (tandis que le soir, éclairés de lampes crues, ils étaient remplis de bruit et de voix, tout un peuple d'homme piétinant la sciure répandue sur le parquet et se pressant devant le comptoir chargé de verres remplis de liquide opalescent et de petites soucoupes pleines de lupins, d'anchois, de céleris coupés en morceaux, d'olives, de frites et de cacahuètes) (...)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          122
oranoran   31 mai 2017
Il y avait aussi, sur le même trottoir, une petite boutique de beignets arabes qui était en vérité un réduit ou trois hommes auraient tenu à peine. Sur l'un des côtés du réduit, on avait creusé un foyer, dont le pourtour était garni de faïences bleues et blanches et sur lequel chantait une énorme bassine d'huile bouillante. Devant le foyer, se tenait, assis en tailleur, un étrange personnage en culottes arabes, le torse à demi nu aux jours et aux heures de chaleur, vêtu les autres jours d'une veste européenne fermée dans le haut des revers par une épingle à nourrice, qui ressemblait, avec sa tête rasée, son visage maigre et sa bouche édentée, à un Gandhi privé de lunettes, et qui, un écumoire d'émail rouge à la main, surveillait la cuisson des beignets ronds qui rissolaient dans l'huile . Quand un beignet était à point, c'est-à-dire lorsque le pourtour était doré tandis que la pâte extrêmement fine du milieu devenait à la fois translucide et craquante (comme une frite transparente), il passait sa louche avec précaution sous le beignet et le tirait prestement hors de l'huile, le faisait ensuite égoutter au-dessus de la bassine en secouant trois ou quatre fois la louche , puis il le posait devant lui sur un étal protégé par une vitre et fait d'étagères percées de trous sur lesquelles étaient déjà alignées, d'un côté les petites baguettes des beignets au miel déjà préparées, et de l'autre, plats et ronds les beignets à l'huile.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          33
oranoran   01 octobre 2017
Dans cette obscurité en lui prenait naissance cette ardeur affamée, cette folie de vivre qui l'avait toujours habité rendant simplement plus amer le sentiment soudain terrible que le temps de la jeunesse s'enfuyait, telle cette femme qu'il avait aimée. Ah oui, il l'avait aimée dun grand amour, de tout le cour, le corps aussi. Oui, le désir était royal avec elle, et le monde quand il se retirait d'elle avec un grand cri muet au moment de la jouissance, retrouvait son ordre brûlant. Et, il l'avait aimée à cause de sa beauté et de cette folie de vivre généreuse et désespérée, qui était la sienne et qui lui faisait refuser, refuser que le temps puisse passer.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
oranoran   01 octobre 2017
Lui comme une lame solitaire et toujours vibrante destinée à être brisée d'un coup et à jamais, une pure passion de vivre affrontée à une mort totale, sentait aujourd'hui la vie, la jeunesse, les êtres lui échapper, sans pouvoir les sauver en rien... Et abandonné seulement à l'espoir aveugle que cette force obscure qui pendant tant d'années l'avait soulevé au-dessus des jours, nourri sans mesure... lui fournirait aussi et de la même générosité inlassable qu'elle lui avait donné ses raisons de vivre des raisons de vieillir et de mourir sans révolte.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Videos de Jacques Ferrandez (19) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jacques Ferrandez
Du 20 juin au 31 juillet 2018, la Galerie Gallimard célèbre aussi "40 ans de roman en bande dessinée" et présente une exposition d'originaux des plus grands récits et artistes qui font la fierté de notre catalogue. ? bit.ly/40ansRomanBD
Nous aurons l'honneur de vous présenter une sélection d'?uvres de Zeina Abirached et Mathias Enard, Baru, Enki Bilal, Max Cabanes, Catel BD et Bocquet José-Louis, Jean-Christophe Chauzy, Didier Comès, Nicolas de Crecy et Sylvain Chomet, Ludovic Debeurme, Frantz Duchazeau, Jacques Ferrandez, Vittorio Giardino, André Juillard, Jacques de Loustal et Philippe Paringaux, Lorenzo Mattotti, M?bius, José Muñoz & Carlos Sampayo, Anthony Pastor, Vincent Perriot, Hugo Pratt, Jean-marc Rochette et Jacques Lob, Grzegorz Rosi?ski et Jean van Hamme, Christian Rossi et Géraldine Bindi, David Sala, Francois Schuiten et Benoit Peeters, Jacques TARDI et Jean Claude Forest, Bastien Vives.
+ Lire la suite
autres livres classés : algérieVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
610 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre