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ISBN : 2072699320
Éditeur : Gallimard (04/01/2018)

Note moyenne : 3.99/5 (sur 687 notes)
Résumé :

À la fin de Celle qui fuit et celle qui reste, Lila montait son entreprise d’informatique avec Enzo, et Elena réalisait enfin son rêve : aimer Nino et être aimée de lui, quitte à abandonner son mari et à mettre en danger sa carrière d’écrivain.

Car elle s’affirme comme une auteure importante et l’écriture l’occupe de plus en plus, au détriment de l’éducation de ses deux filles, Dede et Elsa.

L’histoire d’Elena et de Nino est p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (143) Voir plus Ajouter une critique
michfred
  19 juillet 2016
A mon grand désespoir, j'ai achevé ce matin le dernier volume de L'Amie Prodigieuse. En VO, car les deux derniers volumes restent encore à traduire malgré le succès énorme des deux premiers : que font les éditeurs?
Toujours est-il que, VO ou pas, ça y est: je quitte Lila et Lénù, devenues vieilles et nettement moins fusionnelles. Je me sens vraiment orpheline...
Je l'ai bien cherché, d'ailleurs: impossible de lâcher ce livre formidable, qui ferme la boucle sans éclaircir tous les mystères, sans révéler tous les non-dits, sans résoudre toutes les ambiguïtés. Riche, plein, sincère, complexe et débordant de VIES , au pluriel, tant cette saga, si elle met en évidence deux femmes surtout, fait aussi la part belle aux autres personnages, criants de vérité et souvent bouleversants. Oui, le dernier volume est le digne couronnement des trois précédents: l'épisode fondateur des poupées perdues, jetées dans la cave du redoutable Don Achille, le maffieux du coin, par deux petites filles, la blonde Lénù et la brune Lila, fondant ainsi leur amitié et leur complicité, trouve enfin dans ce dernier volume tout son sens, et une sorte de réponse ténébreuse mais ouverte...
Ce volume est sous le signe de la perte- la bambina perduta est son titre italien- Il est donc moins solaire, moins débordant de sève et d'audace que les précédents.
Perte des illusions, d'abord: l'amour de Lenù pour le beau Nino Sarratore s'avère une sérieuse perte de temps et d'énergie pour un personnage de séducteur opportuniste qui aura néanmoins réussi le tour de force d'être le grand amour successif des deux amies, si parfaitement décevant à force d'avoir été fantasmé par l'une et par l'autre.
Perte des convictions ensuite: les "années de plomb" italiennes ont fait autant de ravages dans les consciences que dans les vies humaines. la gauche italienne sort de cette lutte contre fascistes et démocrates chrétiens corrompus, laminée et divisée, culpabilisée par les assassinats et enlèvements politiques des brigades rouges dont elle ne peut plus soutenir les exactions. Les "repentis" dénoncent pour s'en sortir à bon compte, les socialistes reprennent les vieilles pratiques clientélistes des démocrates chrétiens...Qui croire? Qui suivre? L'heure des destins collectifs est révolue: place aux individualismes, plus ou moins inspirés.
Perte des attaches, perte de la conscience de classe : les classes populaires du "rione", ce quartier napolitain gangrené par la maffia locale, incarnée par les frères Solara, ne rêve plus que réussite sociale, professionnelle, mais passer par la case culture et éducation est le privilège de quelques intellectuels, comme Lénù, qui ont su nouer des liens avec la bourgeoisie intellectuelle des grandes villes- Turin, Milan, Rome- : les autres, comme Lila, se lancent dans la toute nouvelle informatique, ou se résignent à demander l'appui des Solara et à dealer de l'héroïne dans les jardins publics..
Perte des proches : morts violentes, cancers, infarctus, suicides, tout ce petit monde si grouillant de vie s'émiette sous les assauts conjugués du temps, de la malchance, de la violence qui monte..Et par-dessus tout, perte par escamotage, par disparition de ce qu'on a de plus cher, de plus tendrement vivant, de ce qui est promesse d' avenir: un enfant...
Perte des repères : les liens filiaux, conjugaux, amicaux se distendent, se rompent, se brouillent..Lénù perd sa mère, la terrible Immacolata, boîteuse et vindicative, qu'elle avait fuie si jeune, renoue avec elle, et découvre, face à la mort, leur puissant attachement l'une pour l'autre. Les certitudes s'ébranlent: Pietro était un mari maladroit et défaillant, mais c'est un père très honorable, Nino, lui, n'est décidément ni bon père, ni bon compagnon, Enzo le taiseux quand il parle enfin dit des choses puissantes et profondes qui dévoilent sa perspicacité et sa solidarité à l'égard de Lila, mais surtout: qui est l'amie géniale? Lenù, qui écrit, qui réussit, qui voyage, qui assume son indépendance? Ou Lila qui est cette agitatrice d'esprits qui a marqué tout le monde mais ne veut rien pour elle-même, qui révolutionne tout sans bouger d'un pouce de son éternel "rione" ?
Perte de la propriété de l'écriture aussi: qui écrit vraiment le roman que nous lisons? Lénù qui l'imagine tel que Lila l'aurait écrit, qui le signe et en récolte l'amère victoire, payée très cher? ou Lila qui sans doute tente de l'écrire en cachette mais ne pardonne pas à son amie de livrer leur vie en pâture au public en trahissant, par des artifices littéraires, l'exigence de vérité et de sincérité qu'elle met dans tout écrit, elle qui n'a pas dépassé les études primaires?
Livre-somme, puissant et bouleversant, La Bambina Perduta resserre et noue les fils épars dans les autres volumes, mais sans artifice, sans forcer le sens: ce qui est sans réponse, le reste, comme dans la vie, ce qui est béant aussi, comme ce Vasto napolitain, avec son sous-sol truffé de galeries mystérieuses, comme la bouche fumante du Vésuve, toujours prête à vomir flammes et laves, ou dans un "terremoto" effrayant, à ébranler le sol ...et nos certitudes!
J'ai ADORE cette saga, entre récit, autobiographie et essai, et je rêve de la relire très vite, dès que tous les volumes seront traduits en français.
Un très grand moment de lecture, et que, pour ma part, j'aurais encore aimé plus long, tant il regorge de personnages bien campés et de trajectoires attachantes, tant il sait rendre sensible le Temps, dans le microcosme d'un "rione" napolitain, au coeur d'une Italie en pleine mutation politique et économique..
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marina53
  03 mai 2018
Lena connait le succès grâce à ses livres. de tournées de promotions en conférences, elle voyage beaucoup. Ayant rompu définitivement avec Pietro, le papa de Dede et Elsa, avec qui le divorce devrait être prononcé, elle vit au grand jour son histoire d'amour avec Nino, son amour de jeunesse. Installée à Florence avec ses filles, elle rêve d'emménager avec lui. Malheureusement,ce dernier ne semble guère prêt à se séparer de sa femme...
Lila, quant à elle, vit toujours à Naples avec Enzo et travaille avec lui dans son entreprise d'informatique. Elle tente de renouer des liens avec son amie, Lena, qui elle, redoute de la revoir...
Ce dernier tome de la tétralogie nous emmène à Naples, là où tout avait commencé des décennies auparavant. C'est dans cette ville que Lena retourne s'installer avec ses filles et qu'elle retrouve son amie. Une "amitié" pour le moins mise à mal tant le caractère des deux femmes s'affirme et s'oppose, tant le chemin parcouru par l'une ou l'autre semble avoir pris une direction différente. Une "amitié" emplie à la fois de jalousie, de haine, de rancoeur, de méfiance et d'amertume. Ce dernier volet se révèlera moins exaltant, moins vivant, moins fouillé que les précédents. L'on regrettera, également, les premières pages poussives dans lesquelles Lena se confie, tiraillée entre son métier d'écrivain, ses enfants et son amant, Nino. L'on regrettera une Lila souvent absente, au caractère un brin névrotique.
Malgré cela, Elena Ferrante, avec ce dernier volet, nous offre une saga intense, riche en rebondissements, foisonnante de personnages attachants, remarquables et hauts en couleurs.
À noter que cette saga devrait apparaître sur nos petits écrans sur Canal+ en fin d'année.
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palamede
  02 décembre 2018
La saga d'Elena Ferrante a tenu ses promesses jusqu'au bout. Je dirais même que sa qualité s'est améliorée au fil du temps. Après avoir trouvé le premier tome long (à vrai dire, interminable), j'ai apprécié chaque page des trois opus suivants, bluffée par le naturalisme de la mise en scène de la vie d'Elena et Lila et de l'ambiguïté de leurs rapports, fruit de l’ambivalence de leurs sentiments. Et même si je pense qu'il était bien d’arrêter là, c'est un peu triste, comme si je quittais deux amies pour toujours, que j'ai refermé ce dernier tome persuadée de ne pas les oublier avant longtemps.
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Annette55
  23 février 2018
J'ai fini le quatrième tome de cette formidable saga.
J'ai déjà beaucoup écrit à propos des trois premiers livres, je serai brève : j'ai été portée, emportée, intéressée par cette fresque autant sociologique , historique et politique que passionnelle, dévorée en deux jours ........on attend , on s'enthousiasme , on continue , un peu désappointée à la toute fin ....un sentiment d'inachevé nous étreint .......mais ne révélons rien !
Cette amitié fusionnelle , complexe, pétrie d'émotions très fortes entre la brune Lila et la blonde Elena , au coeur de cette société italienne en pleine mutation, attachée à ses traditions , à ses contradictions aussi, déroule les douleurs , les combats, les doutes d'Elena qui cherche sa place, sa vérité, ses amours tumultueuses , ses voyages,ses déceptions , ses tracas, ses difficultés avec ses filles , Lila et Elena , complices , brouillées, éloignées , proches ........
Au coeur de ce bouillonnement , à chaque page , on ressent la force de l'amitié indéfectible qui lie les deux femmes !
Une oeuvre sincére, marquante , intense et convaincante que l'on quitte à regret !
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TheWind
  16 février 2018
♫ Capri, c'est fini...♫
Ah non zut, c'est pas Capri, c'est Naples !
Finito, la grande saga italienne d'Elena Ferrante. Et pourtant, on referme ce quatrième tome avec un je ne sais quoi d'inachevé.
Mais, ainsi va la vie...et ce magnifique roman !
Dans ce tome, comme pour les précédents, on suit la narration d'une des héroïnes : Eléna Gréco, devenue mère de trois filles et écrivain célèbre. Elle nous raconte ses amours, ses déceptions, ses petits tracas quotidiens, ses activités chaotiques de romancière et bien sûr, toujours et encore son amitié avec Lila, sa prodigieuse amie !
( Mais d'ailleurs, ne serait-ce pas plutôt Eléna l'amie prodigieuse ??)
Ce roman tient sa force de la narration qui ne laisse au lecteur qu'un aperçu de événements. Celui d'Eléna... Un aperçu pour le moins restreint et subjectif mais ô combien savoureux ! A la manière d'Eléna, le lecteur s'y englue, se pose mille questions, tergiverse, doute, espère ...
Espère tant jeter un coup d'oeil, ne serait-ce qu'une seule fois, sur le journal intime de Lila, si toutefois elle en écrivait un !
Oui, c'est fini et c'est avec respect et tendresse que l'on tourne la toute dernière page de cette saga.
Une saga sociale qui décrit merveilleusement bien une Italie aux traditions machistes encore bien ancrées et à l'esprit mafieux mais une Italie qui peu à peu tente de changer de visage et s'ouvre à des idées plus modernes, plus émancipatrices.
Une saga sincère qui prend sa source au plus profond de nous, qui parle vrai des relations entre les humains, qui résonne si justement !
Une saga intelligente qui s'enveloppe peu à peu d'un halo de mystère, qui pose un doigt délicat sur les tourments de l'âme humaine, qui suggère les
travers des hommes sans jamais les juger, qui contemple et qui raconte avec lucidité...la vie !
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Citations et extraits (189) Voir plus Ajouter une citation
palamedepalamede   03 décembre 2018
 J’eus beaucoup de mal à accepter la mort de ma mère. Je ne versai pas une larme, et pourtant la douleur que j’éprouvai dura longtemps, et elle ne m’a peut-être jamais vraiment quittée. ... Aussitôt après l’enterrement, je me sentis comme lorsqu’on est surpris par une violente averse et qu’on regarde autour de soi, sans pouvoir trouver d’abri.
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marina53marina53   05 mai 2018
- Tu habites toujours là-bas, sur la Via Tasso ?
- Oui.
- C'est pas pratique !
- On voit la mer.
- Qu'est-ce que c'est de là-haut, la mer ? Un peu de couleur. C'est mieux de la voir de près : comme ça tu te rends compte que c'est dégueulasse, c'est de la boue et de la pisse et ça pue. Mais vous qui lisez et écrivez des livres, vous aimez vous raconter des mensonges, pas la vérité.
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NathalCNathalC   06 juin 2018
Pour produire des idées, il n'est pas nécessaire d'être un saint. De tout façon, les vrais intellectuels, il y en a très peu. La plupart des gens cultivés passent leur vie à commenter paresseusement les idées des autres. Leur énergie est principalement consacrée à exercer leur sadisme pour contrer tout rival potentiel.
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AllantversAllantvers   11 février 2018
J'aimais ma ville, mais je me fis violence pour m'interdire de prendre automatiquement sa défense. Au contraire, je me convainquis que la déception dans laquelle finissait tôt ou tard tout amour pour Naples était une loupe permettant de regarder l'Occident dans son entier. Naples était la grande métropole européenne où, de la façon la plus éclatante, la confiance accordée aux techniques, à la science, au développement économique, à la bonté de la nature et à la démocratie s'était révélée totalement privée de fondement, avec beaucoup d'avance sur le reste du monde. Etre né dans cette ville ne sert qu'à une chose: savoir depuis toujours, presque d'instinct, ce qu'aujourd'hui tout le monde commence à soutenir avec mille nuances : le rêve du progrès sans limites est, en réalité, un cauchemar rempli de férocité et de mort.
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joedijoedi   18 mars 2018
Les mois de grossesse passèrent rapidement pour moi, malgré mes soucis, et très lentement pour Lila. Nous remarquâmes souvent que nous vivions l'attente de façon totalement différente. J'utilisais des expressions comme «j'en suis déjà au quatrième mois» alors qu'elle disait plutôt «j'en suis seulement au quatrième mois».
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Videos de Elena Ferrante (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Elena Ferrante
Chronique de Pascale Frey sur onlalu à propos de l'ouvrage "L'amie prodigieuse", d'Elena Ferrante, paru aux éditions Folio en mars 2016, et "Le nouveau nom", toujours d'Elena Ferrante, aux éditions Gallimard.
autres livres classés : naplesVoir plus
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Elena Ferrante est le pseudonyme de Erri De Luca, le véritable auteur des romans.

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