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EAN : 9782072699320
Éditeur : Gallimard (04/01/2018)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 1614 notes)
Résumé :
À la fin de Celle qui fuit et celle qui reste, Lila montait son entreprise d'informatique avec Enzo, et Elena réalisait enfin son rêve : aimer Nino et être aimée de lui, quitte à abandonner son mari et à mettre en danger sa carrière d'écrivain. Car elle s'affirme comme une auteure importante et l'écriture l'occupe de plus en plus, au détriment de l'éducation de ses deux filles, Dede et Elsa.

L'histoire d'Elena et de Nino est passionnelle, et bientôt E... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (240) Voir plus Ajouter une critique
michfred
  19 juillet 2016
A mon grand désespoir, j'ai achevé ce matin le dernier volume de L'Amie Prodigieuse. En VO, car les deux derniers volumes restent encore à traduire malgré le succès énorme des deux premiers : que font les éditeurs?
Toujours est-il que, VO ou pas, ça y est: je quitte Lila et Lénù, devenues vieilles et nettement moins fusionnelles. Je me sens vraiment orpheline...
Je l'ai bien cherché, d'ailleurs: impossible de lâcher ce livre formidable, qui ferme la boucle sans éclaircir tous les mystères, sans révéler tous les non-dits, sans résoudre toutes les ambiguïtés. Riche, plein, sincère, complexe et débordant de VIES , au pluriel, tant cette saga, si elle met en évidence deux femmes surtout, fait aussi la part belle aux autres personnages, criants de vérité et souvent bouleversants. Oui, le dernier volume est le digne couronnement des trois précédents: l'épisode fondateur des poupées perdues, jetées dans la cave du redoutable Don Achille, le maffieux du coin, par deux petites filles, la blonde Lénù et la brune Lila, fondant ainsi leur amitié et leur complicité, trouve enfin dans ce dernier volume tout son sens, et une sorte de réponse ténébreuse mais ouverte...
Ce volume est sous le signe de la perte- la bambina perduta est son titre italien- Il est donc moins solaire, moins débordant de sève et d'audace que les précédents.
Perte des illusions, d'abord: l'amour de Lenù pour le beau Nino Sarratore s'avère une sérieuse perte de temps et d'énergie pour un personnage de séducteur opportuniste qui aura néanmoins réussi le tour de force d'être le grand amour successif des deux amies, si parfaitement décevant à force d'avoir été fantasmé par l'une et par l'autre.
Perte des convictions ensuite: les "années de plomb" italiennes ont fait autant de ravages dans les consciences que dans les vies humaines. la gauche italienne sort de cette lutte contre fascistes et démocrates chrétiens corrompus, laminée et divisée, culpabilisée par les assassinats et enlèvements politiques des brigades rouges dont elle ne peut plus soutenir les exactions. Les "repentis" dénoncent pour s'en sortir à bon compte, les socialistes reprennent les vieilles pratiques clientélistes des démocrates chrétiens...Qui croire? Qui suivre? L'heure des destins collectifs est révolue: place aux individualismes, plus ou moins inspirés.
Perte des attaches, perte de la conscience de classe : les classes populaires du "rione", ce quartier napolitain gangrené par la maffia locale, incarnée par les frères Solara, ne rêve plus que réussite sociale, professionnelle, mais passer par la case culture et éducation est le privilège de quelques intellectuels, comme Lénù, qui ont su nouer des liens avec la bourgeoisie intellectuelle des grandes villes- Turin, Milan, Rome- : les autres, comme Lila, se lancent dans la toute nouvelle informatique, ou se résignent à demander l'appui des Solara et à dealer de l'héroïne dans les jardins publics..
Perte des proches : morts violentes, cancers, infarctus, suicides, tout ce petit monde si grouillant de vie s'émiette sous les assauts conjugués du temps, de la malchance, de la violence qui monte..Et par-dessus tout, perte par escamotage, par disparition de ce qu'on a de plus cher, de plus tendrement vivant, de ce qui est promesse d' avenir: un enfant...
Perte des repères : les liens filiaux, conjugaux, amicaux se distendent, se rompent, se brouillent..Lénù perd sa mère, la terrible Immacolata, boîteuse et vindicative, qu'elle avait fuie si jeune, renoue avec elle, et découvre, face à la mort, leur puissant attachement l'une pour l'autre. Les certitudes s'ébranlent: Pietro était un mari maladroit et défaillant, mais c'est un père très honorable, Nino, lui, n'est décidément ni bon père, ni bon compagnon, Enzo le taiseux quand il parle enfin dit des choses puissantes et profondes qui dévoilent sa perspicacité et sa solidarité à l'égard de Lila, mais surtout: qui est l'amie géniale? Lenù, qui écrit, qui réussit, qui voyage, qui assume son indépendance? Ou Lila qui est cette agitatrice d'esprits qui a marqué tout le monde mais ne veut rien pour elle-même, qui révolutionne tout sans bouger d'un pouce de son éternel "rione" ?
Perte de la propriété de l'écriture aussi: qui écrit vraiment le roman que nous lisons? Lénù qui l'imagine tel que Lila l'aurait écrit, qui le signe et en récolte l'amère victoire, payée très cher? ou Lila qui sans doute tente de l'écrire en cachette mais ne pardonne pas à son amie de livrer leur vie en pâture au public en trahissant, par des artifices littéraires, l'exigence de vérité et de sincérité qu'elle met dans tout écrit, elle qui n'a pas dépassé les études primaires?
Livre-somme, puissant et bouleversant, La Bambina Perduta resserre et noue les fils épars dans les autres volumes, mais sans artifice, sans forcer le sens: ce qui est sans réponse, le reste, comme dans la vie, ce qui est béant aussi, comme ce Vasto napolitain, avec son sous-sol truffé de galeries mystérieuses, comme la bouche fumante du Vésuve, toujours prête à vomir flammes et laves, ou dans un "terremoto" effrayant, à ébranler le sol ...et nos certitudes!
J'ai ADORE cette saga, entre récit, autobiographie et essai, et je rêve de la relire très vite, dès que tous les volumes seront traduits en français.
Un très grand moment de lecture, et que, pour ma part, j'aurais encore aimé plus long, tant il regorge de personnages bien campés et de trajectoires attachantes, tant il sait rendre sensible le Temps, dans le microcosme d'un "rione" napolitain, au coeur d'une Italie en pleine mutation politique et économique..
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Fandol
  07 juin 2019
Et voilà ! Je suis arrivé au bout de l'aventure mais bien d'autres l'ont fait avant moi. J'y suis allé pas à pas, progressivement, laissant du temps entre chacun des quatre volumes mais je suis heureux car le régal a été complet, de tout en bout, grâce au talent d'une autrice disant s'appeler Elena Ferrante.
L'amie prodigieuse (Le nouveau nom ; Celle qui fuit et celle qui reste) m'a permis une belle aventure littéraire et c'est le principal.
Le titre du quatrième volume, le plus long, s'intitule L'enfant perdue, ce qui annonce un drame qui va bouleverser la vie des deux amies : Elena Greco (Lenuccia ou Lenù) et Raffaella Cerullo (Lila ou Lina), la première étant la narratrice.
Revoilà Nino Sarratore au centre des deux tiers de ce quatrième volume, ce Nino qui séduit, enchante les femmes, grand amour de Lenù adolescente, amour qui lui a échappé car Lila avait mis le grappin dessus. Hélas, Nino est déjà marié, père de deux enfants, au moins, avec des femmes différentes et, malgré toutes ses contorsions et ses mensonges, ne quitte pas Eleonora, son épouse pour Lenù.
Celle-ci, justement, fait de grands sacrifices et cela devient très orageux avec Pietro, son mari, ainsi qu'avec sa belle-famille. Dede et Elsa, ses filles, profitent puis souffrent de ces déchirements. Si l'action se déplace entre Gênes et Milan, c'est surtout Naples qui est au centre du livre. L'autrice nous en révèle bien des aspects, une évolution dont les trafics sont symbolisés par les frères Solara, trafic qui basculent vite vers la drogue mais, pour cela, il vaut mieux lire Roberto Saviano.
Lenù est écrivaine et nous suivons l'évolution de sa carrière. Elena Ferrante ne cache aucun des problèmes que pose ce métier à une femme, en Italie. le rôle de la presse est bien montré, comme la jalousie qui émerge dans l'entourage, dans le quartier où vit celle qui tente de publier ses livres.
Les drames sont inévitables comme la maladie qui frappe les êtres chers. Enfin, la fameuse disparition des poupées de Lenù et Lila, racontée dans le premier tome, redevient d'actualité, sur la fin.
Avec Nino et Pasquale, la vie politique italienne est bien suivie et cela permet de suivre son évolution permettant de comprendre ce qui se passe actuellement de l'autre côté des Alpes. La corruption discrédite ceux qui avancent les plus belles idées et fait le lit de l'extrême-droite.
Si Lenù quitte Naples en 1995, pour Turin, alors que Lila se passionne pour l'histoire de sa ville et les détails qu'elle livre donnent envie de connaître plus avant cette ville, au pied du Vésuve.
La formidable épopée de L'amie prodigieuse est terminée, épopée à la fois intimiste, populaire, politique, riche d'expériences, de sentiments, d'amour, de haine, de violence mais riche d'une vie pleine, vies de femmes et d'hommes qui se côtoient, s'aiment, se détestent.
Plusieurs questions se posent à la fin de cette histoire. Que reste-t-il d'une vie ? Faut-il écrire ? Si oui, qui lira tout ça ? Je pense que l'essentiel est de vivre, de passer au-dessus des jalousies, des inimitiés pour mettre à profit les années qui nous sont données. le reste…

Lien : http://notre-jardin-des-livr..
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Annette55
  23 février 2018
J'ai fini le quatrième tome de cette formidable saga.
J'ai déjà beaucoup écrit à propos des trois premiers livres, je serai brève : j'ai été portée, emportée, intéressée par cette fresque autant sociologique , historique et politique que passionnelle, dévorée en deux jours ........on attend , on s'enthousiasme , on continue , un peu désappointée à la toute fin ....un sentiment d'inachevé nous étreint .......mais ne révélons rien !
Cette amitié fusionnelle , complexe, pétrie d'émotions très fortes entre la brune Lila et la blonde Elena , au coeur de cette société italienne en pleine mutation, attachée à ses traditions , à ses contradictions aussi, déroule les douleurs , les combats, les doutes d'Elena qui cherche sa place, sa vérité, ses amours tumultueuses , ses voyages,ses déceptions , ses tracas, ses difficultés avec ses filles , Lila et Elena , complices , brouillées, éloignées , proches ........
Au coeur de ce bouillonnement , à chaque page , on ressent la force de l'amitié indéfectible qui lie les deux femmes !
Une oeuvre sincére, marquante , intense et convaincante que l'on quitte à regret !
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palamede
  02 décembre 2018
La saga d'Elena Ferrante a tenu ses promesses jusqu'au bout. Je dirais même que sa qualité s'est améliorée au fil du temps. Après avoir trouvé le premier tome long (à vrai dire, interminable), j'ai apprécié chaque page des trois opus suivants, bluffée par le naturalisme de la mise en scène de la vie d'Elena et Lila et de l'ambiguïté de leurs rapports, fruit de l’ambivalence de leurs sentiments. Et même si je pense qu'il était bien d’arrêter là, c'est un peu triste, comme si je quittais deux amies pour toujours, que j'ai refermé ce dernier tome persuadée de ne pas les oublier avant longtemps.
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TheWind
  16 février 2018
♫ Capri, c'est fini...♫
Ah non zut, c'est pas Capri, c'est Naples !
Finito, la grande saga italienne d'Elena Ferrante. Et pourtant, on referme ce quatrième tome avec un je ne sais quoi d'inachevé.
Mais, ainsi va la vie...et ce magnifique roman !
Dans ce tome, comme pour les précédents, on suit la narration d'une des héroïnes : Eléna Gréco, devenue mère de trois filles et écrivain célèbre. Elle nous raconte ses amours, ses déceptions, ses petits tracas quotidiens, ses activités chaotiques de romancière et bien sûr, toujours et encore son amitié avec Lila, sa prodigieuse amie !
( Mais d'ailleurs, ne serait-ce pas plutôt Eléna l'amie prodigieuse ??)
Ce roman tient sa force de la narration qui ne laisse au lecteur qu'un aperçu de événements. Celui d'Eléna... Un aperçu pour le moins restreint et subjectif mais ô combien savoureux ! A la manière d'Eléna, le lecteur s'y englue, se pose mille questions, tergiverse, doute, espère ...
Espère tant jeter un coup d'oeil, ne serait-ce qu'une seule fois, sur le journal intime de Lila, si toutefois elle en écrivait un !
Oui, c'est fini et c'est avec respect et tendresse que l'on tourne la toute dernière page de cette saga.
Une saga sociale qui décrit merveilleusement bien une Italie aux traditions machistes encore bien ancrées et à l'esprit mafieux mais une Italie qui peu à peu tente de changer de visage et s'ouvre à des idées plus modernes, plus émancipatrices.
Une saga sincère qui prend sa source au plus profond de nous, qui parle vrai des relations entre les humains, qui résonne si justement !
Une saga intelligente qui s'enveloppe peu à peu d'un halo de mystère, qui pose un doigt délicat sur les tourments de l'âme humaine, qui suggère les
travers des hommes sans jamais les juger, qui contemple et qui raconte avec lucidité...la vie !
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Citations et extraits (293) Voir plus Ajouter une citation
5Arabella5Arabella   29 juillet 2020
Ah, quelle ville ! disait tante Lina à ma fille. Quelle ville magnifique et pleine de trésors ! Imma, ici on a parlé toutes les langues, ici on a construit un tas de choses et on en a détruit tout autant, ici les gens, aussi bavards soient-ils, ne se fient à aucun bavardage, et ici il y a le Vésuve, qui rappelle chaque jour que l'entreprise la plus ambitieuse des hommes les plus puissants, l'oeuvre la plus extraordinaire qui soit, peut être balayée en quelques secondes par le feu, par un tremblement de terre.
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5Arabella5Arabella   28 juillet 2020
Il y a des moments où ce qui nous entoure et semble devoir servir de décor à notre vie pour l'éternité - un empire, un parti politique, une foi, un monument, mais aussi simplement des gens qui font partie de notre quotidien - s'effondre d'une façon tout à fait inattendue, alors même que mille autres soucis nous pressent.
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5Arabella5Arabella   27 juillet 2020
Combien je souffrais, lorsque tout à coup je ne bénéficiais plus du consensus ! Je perdais toute confiance en moi, et j'avais l'impression d'être rejetée au fin fond de mes origines ; je me sentais une nullité en politique, me disais que j'étais une femme qui aurait mieux fait de ne pas s'en mêler et, pendant un temps, j'évitais tout occasion de confrontation publique.
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DelphinePaDelphinePa   26 juillet 2020
On a toujours besoin d'un saint au paradis pour s'orienter dans l'opacité calculée du monde d'ici-bas, et Nino, bien qu'étranger à toute sainteté, m'avait aidée. Maintenant que les saints étaient tombés en enfer, je n'avais personne à qui m'adresser pour avoir de ses nouvelles.
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marina53marina53   05 mai 2018
- Tu habites toujours là-bas, sur la Via Tasso ?
- Oui.
- C'est pas pratique !
- On voit la mer.
- Qu'est-ce que c'est de là-haut, la mer ? Un peu de couleur. C'est mieux de la voir de près : comme ça tu te rends compte que c'est dégueulasse, c'est de la boue et de la pisse et ça pue. Mais vous qui lisez et écrivez des livres, vous aimez vous raconter des mensonges, pas la vérité.
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Avec l'ami Gilbert Chevalier de Franceinfo, de modestes conseils de lecture... Avec lalibrairie.com et LIBREST - "Mauvaise graine", Nicolas Jaillet Ziziquettes, La manufacture de livres - "Croc fendu", Tanya Tagaq, Éditions Christian Bourgois - "Le cafard", Ian McEwan, Gallimard - "La vie mensongère des adultes", Elena Ferrante, Gallimard
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Elena Ferrante est le pseudonyme de Erri De Luca, le véritable auteur des romans.

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