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EAN : 9782072733802
208 pages
Éditeur : Gallimard (07/09/2017)

Note moyenne : 3.42/5 (sur 270 notes)
Résumé :
Pourquoi Leda interrompt-elle brusquement ses vacances ? Enseignante à l'université de Florence, seule depuis que ses deux filles sont parties rejoindre leur père au Canada, elle passe quelques semaines au bord de la mer et, parmi les estivants qu'elle observe chaque jour sur la plage, s'intéresse surtout à une famille, une véritable tribu. Elle se lie plus particulièrement d'amitié avec Nina, jeune femme mariée à un homme plus âgé, et à sa fille Elena, qui semblent... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (63) Voir plus Ajouter une critique
michfred
  12 janvier 2016
Une histoire étonnante, dérangeante, inclassable .

Pas vraiment un roman- trop court; pas vraiment une nouvelle -trop long; pas vraiment un essai -il y a quand même une intrigue. Mais un peu tout cela à la fois.
Comme en poésie, on se trouve devant un matériau brut - les durs pépins de la réalité- assailli(e) de sensations fortes, violentes- parfois déplaisantes, parfois enivrantes - mais sans qu'aucune main secourable ne nous guide, sans qu'une analyse rationnelle ne mette tout ce magma à distance en le domestiquant un peu.
Une sorte de petite bombe à fragmentation, de mine anti-personnelle...qui envoie les bons sentiments, les bonnes manières, la morale et le conformisme se faire lanlaire vite fait, bien fait.

Jamais vu, ni lu une chose pareille - si peut-être, en très policé et édulcoré dans Doris Lessing ou Virginia Woolf...
Leda a presque cinquante ans, divorcée, deux filles adultes qui vivent à l'étranger, universitaire,seule, en vacances sur la côté ionienne. Elle va, tous les jours, lire et travailler sur une plage aménagée près d'une pinède et bientôt son attention va être monopolisée par une mère très jeune, sa fille et la poupée qui sert de trait d'union à leurs jeux. La famille, napolitaine, bruyante, envahissante est toujours dans les parages et, le weekend, le mari vient ajouter son ombre massive, mi-menaçante, mi-protectrice, au tableau de groupe.
Fascinée, captivée, jalouse et désireuse de précipiter les conflits ou les tentations qu'elle sent poindre, Leda, prise d'une impulsion irrépressible et qu'elle ne s'explique pas, vole la poupée de l'enfant, provoquant un drame.
Rien de pervers pourtant dans ce geste: juste un grand désarroi.
Celui d'une femme qui vit toujours la culpabilité d'avoir pendant trois ans abandonné ses filles pour tenter de se réaliser elle-même, qui, à l'aube de la cinquantaine, sent s'effriter sa séduction devant celle de ses filles, devant celle de cette toute jeune femme, aimée et convoitée, elle dont les aventures ne se vivront bientôt plus que par procuration...
Dans ce monde de forces obscures les objets se chargent d'une puissance maléfique: les chapeaux de paille voyagent d'une tête à l'autre, s'envolent, décoiffent, servent de signal, de balise; les poupées sont un truchement dérangeant à l'amour maternel, la maternité, la sexualité; et les épingles à chapeau n'ont pas toujours pour fonction de maintenir les chapeaux sur les têtes mais deviennent menaçantes, perfides, presque mortelles...
On ne sort pas indemne de ce voyage dans le corps et l'âme féminins, dans ce grand chamboule-tout des relations mère-fille.
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marina53
  10 août 2020
Professeure universitaire, une fois les corvées administratives et les examens finis, Leda décide de louer un petit appartement sur la côte ionienne. Si celui-ci s'avère minuscule, la grande baie vitrée et le balcon lui permettent d'admirer la côte hérissée de rochers et la mer infinie. Dès le lendemain de son arrivée, elle décide d'aller à la plage. Et c'est au bout de vingt minutes en voiture qu'elle s'en trouve une petite. Entre travail, farniente et rêverie, elle y passe des heures. S'y sentant sereine et apaisée, elle y retourne tous les jours. Mais lorsqu'un après-midi, elle remarque une jeune maman et sa petite fille avec une poupée, elle est à la fois envieuse et agacée. Agacée d'autant plus que la nombreuse famille qui les entoure s'agite dans tous les sens et parle fort. Pour autant, Leda revient sur cette même plage le lendemain et les jours suivants, le regard souvent porté vers cette maman...
Dans ce roman, l'on fait la connaissance de Leda, universitaire et maman de deux grandes filles qui, aujourd'hui, sont parties s'installer à Toronto avec leur papa. Au contact de Nina et de sa fille, Elena, la presque cinquantenaire revient sur sa propre expérience de mère et analyse le comportement qu'elle a eu avec ses filles, des années auparavant. Elle se souvient également de sa difficulté à assumer aussi bien son rôle de mère que d'épouse. Apparaissant un brin égoïste, perverse et éternelle insatisfaite, la personnalité de Leda, tout au long de ces pages, est d'une richesse et d'une ambiguïté sans équivoque. Elena Ferrante aborde, avec lucidité et froideur, la maternité mais aussi l'amour, la culpabilité, la jalousie et explore l'âme humaine avec une grande sincérité. Un court roman, profond et fort, qui donne à réfléchir...
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jeunejane
  24 août 2020
Leda, 48 ans, professeur d'université, divorcée, a deux filles parties vivre avec leur père au Canada.
Elle vit donc seule en Italie et se déclare, au début du roman, très soulagée de n'avoir plus à penser aux repas, aux côtés domestiques qu'engendrait la présence de ses filles.
Les vacances sont arrivées, elle prend le chemin de la mer et loue un petit appartement.
Elle ne tarde pas à découvrir une plage près d'une pinède.
C'est là qu'elle va commencer à observer une jeune mère en relation très fusionnelle avec sa petite fille et sa poupée.
Elle découvre par la suite toute la famille qui accompagne la petite et sa maman.
Cette observation réveille des souvenirs d'enfance où sa mère les aimait mais piquait des colères en les menaçant de disparaître.
Elle revient aussi sur la relation avec ses deux filles et on découvre alors une âme tourmentée qui s'abrutissait dans le travail scolaire.
Un jour, elle retrouve la petite fille qui s'était égarée mais en même temps commet un étrange larcin bien visible dans le titre.
C'est une étude de caractère très profonde que nous donne à lire Elena Ferrante. On retrouve au passage, sa fine observation des familles, les mots très vifs des Italiens entre eux qu'on rencontrait déjà dans "L'amie prodigieuse".
La narratrice qui n'est autre que Leda s'adresse à nous à la première personne. Elle nous livre un roman intimiste assez étrange mais intéressant pour moi, parfois un peu monotone si je dois lui trouver un défaut.
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Ziliz
  22 novembre 2017
Leda, quadragénaire en vacances, assiste à une scène idyllique sur la plage : une jeune et jolie maman et sa petite fille de trois ans jouent à la poupée ensemble. Elles sont charmantes.
Leda les observe de loin, à la fois fascinée et agacée par la mère et l'enfant parfaites. Ce spectacle et l'agitation vulgaire de la famille qui accompagne (belle-soeur, beaux-frères, grands-parents, et toute une marmaille mal élevée), la replongent dans sa jeunesse, la confrontent à ses faiblesses de mère, elle dont les filles adultes ont pris leur envol.
Universitaire issue d'un milieu populaire, Leda souffre toujours de ses origines. Elle est devenue épouse et mère trop jeune, alors qu'elle était encore étudiante et espérait échapper à la 'médiocrité' familiale. Elle a étouffé, voulu respirer ; son couple et ses filles en ont pâti...
Cette femme rappelle beaucoup la Lena de 'L'amie prodigieuse' (même auteur) : trajectoire sociale, dureté et éternelle insatisfaction identiques.
Mais, tandis que Lena m'agace crescendo au fil des épisodes de la série (3/4), cette Leda me touche. Elle paraît complètement dingue, perverse, malveillante et dangereuse, mais on peut se retrouver dans certains de ses sentiments ambivalents et mesquins, de ses comportements les plus vils de 'mauvaise mère' :
« Je voulais être une bonne mère, une mère irréprochable, mais mon corps s'y refusait. Je pensais parfois aux femmes du passé, écrasées par leurs enfants trop nombreux, aux rites qui les aidaient à guérir ou à supprimer les petits les plus démoniaques : les abandonner une nuit seuls dans les bois, par exemple, ou les immerger dans une source d'eau glacée. »
Beaucoup d'idées terribles comme celles-là donnent l'impression d'entendre un cri. Un long cri sur deux cents pages troublantes, envoûtantes, et dérangeantes, parce que les aveux de Leda nous tendent un miroir à peine déformant, un condensé de nos erreurs, de nos faux-pas.
La voix de femme de Leda m'a souvent fait penser à Annie Ernaux ; sa voix de femme, d'universitaire, de mère et de fille à Catherine Cusset.
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diablotin0
  24 novembre 2017
Poupée volée nous fait part des réflexions de Leda la narratrice, sur la maternité, sur la difficulté de concilier le rôle de mère avec celui de femme et une soif de liberté, d'émancipation. Cette difficulté va l'amener à quitter son mari et abandonner ses deux filles pendant trois ans.
Elena Ferrante va alors disséquer les pensées de Leda, ses état d'âme, son cheminement psychologique en tant que mère, femme et universitaire.
Cette poupée volée par Leda surprend le lecteur mais cet acte insensé peut prendre sens si l'on considère que la poupée joue un rôle de substitut à l'enfant et redonne ainsi à Leda le rôle de mère qu'elle a eu tant de mal à assumer.
Ce petit roman montre une fois de plus le talent d'Elena Ferrante pour dépeindre des personnages et analyser avec finesse et beaucoup de sensibilité la psychologie des personnages blessés par la vie et ses exigences.
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Citations et extraits (64) Voir plus Ajouter une citation
doricethibeaultdoricethibeault   25 octobre 2020
« Le plus difficile à raconter, c’est ce que nous ne parvenons par nous-mêmes à comprendre » (P.10).
Commenter  J’apprécie          10
ZilizZiliz   21 novembre 2017
[...] je les ai tous aimés, les premiers fiancés de mes filles, et je les récompensais par une affection exagérée. Je voulais peut-être les féliciter parce qu'ils avaient reconnu leur beauté, leurs qualités, et ainsi ils les avaient arrachées à leur angoisse d'être laides et à leur certitude de ne pas avoir de pouvoir de séduction. Ou bien je voulais les récompenser parce que, de manière providentielle, ils m'avaient sauvée moi aussi de leur mauvaise humeur, des conflits, des lamentations et de mes efforts pour les apaiser : je suis moche, je suis grosse ; mais moi aussi je me sentais moche et grosse à votre âge ; non, toi tu n'étais pas moche et grosse, toi tu étais belle ; vous aussi vous êtes belles, vous n'avez même pas idée de la manière dont on vous regarde ; ce n'est pas nous qu'on regarde, c'est toi.
(p. 65)
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michfredmichfred   12 janvier 2016
-Je me suis résignée à vivre peu pour moi et beaucoup pour mes deux filles : petit à petit cela a bien marché
-Alors ça passe, dit-elle.
-Quoi?"
Elle fit un geste qui indiquait un vertige mais aussi une sensation de nausée.
"Le bouleversement."
Je me souvins de ma mère et dis:
"Ma mère utilisait un autre mot, elle appelait ça le broyage."
Elle reconnut son sentiment dans ce mot et eut le regard d'une petite fille apeurée.
"C'est vrai, ton cœur est broyé : tu n'arrives pas à supporter de rester avec toi-même et tu as certaines pensées que tu ne peux pas dire."
Puis elle me demanda à nouveau, cette fois avec l'expression douce de celle qui cherche une caresse:
"Donc ça passe?"
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ZilizZiliz   03 décembre 2017
A qui s'adressaient les regards de désir ? Quand Bianca avait quinze ans et Marta treize, j'en avais moins de quarante. Leurs corps de petites filles s'adoucirent presque en même temps. Pendant quelque temps, je continuai de croire que le regard des hommes dans la rue m'étaient adressés, comme cela se produisait depuis vingt-cinq ans : j'avais désormais l'habitude de les recevoir, de les subir. Puis je me rendis compte qu'ils glissaient horriblement sur moi pour s'arrêter sur elles : je m'alarmai, j'en fus flattée, et enfin je me dis avec une mélancolie ironique : cela annonce la fin d'une époque.
(p. 65)
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diablotin0diablotin0   20 novembre 2017
Je l'observais étonnée et déçue, et je me promettais de ne pas lui ressembler, de devenir vraiment différente, moi, et de lui démontrer ainsi combien il était inutile et méchant de nous effrayer avec ses " vous ne me reverrez plus, jamais plus", alors qu'il fallait changer pour de vrai, ou bien elle devait quitter la maison pour de vrai, nous abandonner, disparaître.
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Avec l'ami Gilbert Chevalier de Franceinfo, de modestes conseils de lecture... Avec lalibrairie.com et LIBREST - "Mauvaise graine", Nicolas Jaillet Ziziquettes, La manufacture de livres - "Croc fendu", Tanya Tagaq, Éditions Christian Bourgois - "Le cafard", Ian McEwan, Gallimard - "La vie mensongère des adultes", Elena Ferrante, Gallimard
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Elena Ferrante est le pseudonyme de Erri De Luca, le véritable auteur des romans.

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