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ISBN : 8426402151
Éditeur : Lumen Press (28/06/2016)

Note moyenne : 5/5 (sur 2 notes)
Résumé :
From the author of The Days of Abandonment, The Lost Daughter is Elena Ferrante's most compelling and perceptive meditation on womanhood and motherhood yet. Leda, a middle-aged divorce, is alone for the first time in years when her daughters leave home to live with their father. Her initial, unexpected sense of liberty turns to ferocious introspection following a seemingly trivial occurrence. Ferrante's language is as finely tuned and intense as ever, and she treats... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (2) Ajouter une critique
michfred
  19 juillet 2016
A mon grand désespoir, j'ai achevé ce matin le dernier volume de L'Amie Prodigieuse. En VO, car les deux derniers volumes restent encore à traduire malgré le succès énorme des deux premiers : que font les éditeurs?
Toujours est-il que, VO ou pas, ça y est: je quitte Lila et Lénù, devenues vieilles et nettement moins fusionnelles. Je me sens vraiment orpheline...
Je l'ai bien cherché, d'ailleurs: impossible de lâcher ce livre formidable, qui ferme la boucle sans éclaircir tous les mystères, sans révéler tous les non-dits, sans résoudre toutes les ambiguïtés. Riche, plein, sincère, complexe et débordant de VIES , au pluriel, tant cette saga, si elle met en évidence deux femmes surtout, fait aussi la part belle aux autres personnages, criants de vérité et souvent bouleversants. Oui, le dernier volume est le digne couronnement des trois précédents: l'épisode fondateur des poupées perdues, jetées dans la cave du redoutable Don Achille, le maffieux du coin, par deux petites filles, la blonde Lénù et la brune Lila, fondant ainsi leur amitié et leur complicité, trouve enfin dans ce dernier volume tout son sens, et une sorte de réponse ténébreuse mais ouverte...
Ce volume est sous le signe de la perte- la bambina perduta est son titre italien- Il est donc moins solaire, moins débordant de sève et d'audace que les précédents.
Perte des illusions, d'abord: l'amour de Lenù pour le beau Nino Sarratore s'avère une sérieuse perte de temps et d'énergie pour un personnage de séducteur opportuniste qui aura néanmoins réussi le tour de force d'être le grand amour successif des deux amies, si parfaitement décevant à force d'avoir été fantasmé par l'une et par l'autre.
Perte des convictions ensuite: les "années de plomb" italiennes ont fait autant de ravages dans les consciences que dans les vies humaines. la gauche italienne sort de cette lutte contre fascistes et démocrates chrétiens corrompus, laminée et divisée, culpabilisée par les assassinats et enlèvements politiques des brigades rouges dont elle ne peut plus soutenir les exactions. Les "repentis" dénoncent pour s'en sortir à bon compte, les socialistes reprennent les vieilles pratiques clientélistes des démocrates chrétiens...Qui croire? Qui suivre? L'heure des destins collectifs est révolue: place aux individualismes, plus ou moins inspirés.
Perte des attaches, perte de la conscience de classe : les classes populaires du "rione", ce quartier napolitain gangrené par la maffia locale, incarnée par les frères Solara, ne rêve plus que réussite sociale, professionnelle, mais passer par la case culture et éducation est le privilège de quelques intellectuels, comme Lénù, qui ont su nouer des liens avec la bourgeoisie intellectuelle des grandes villes- Turin, Milan, Rome- : les autres, comme Lila, se lancent dans la toute nouvelle informatique, ou se résignent à demander l'appui des Solara et à dealer de l'héroïne dans les jardins publics..
Perte des proches : morts violentes, cancers, infarctus, suicides, tout ce petit monde si grouillant de vie s'émiette sous les assauts conjugués du temps, de la malchance, de la violence qui monte..Et par-dessus tout, perte par escamotage, par disparition de ce qu'on a de plus cher, de plus tendrement vivant, de ce qui est promesse d' avenir: un enfant...
Perte des repères : les liens filiaux, conjugaux, amicaux se distendent, se rompent, se brouillent..Lénù perd sa mère, la terrible Immacolata, boîteuse et vindicative, qu'elle avait fuie si jeune, renoue avec elle, et découvre, face à la mort, leur puissant attachement l'une pour l'autre. Les certitudes s'ébranlent: Pietro était un mari maladroit et défaillant, mais c'est un père très honorable, Nino, lui, n'est décidément ni bon père, ni bon compagnon, Enzo le taiseux quand il parle enfin dit des choses puissantes et profondes qui dévoilent sa perspicacité et sa solidarité à l'égard de Lila, mais surtout: qui est l'amie géniale? Lenù, qui écrit, qui réussit, qui voyage, qui assume son indépendance? Ou Lila qui est cette agitatrice d'esprits qui a marqué tout le monde mais ne veut rien pour elle-même, qui révolutionne tout sans bouger d'un pouce de son éternel "rione" ?
Perte de la propriété de l'écriture aussi: qui écrit vraiment le roman que nous lisons? Lénù qui l'imagine tel que Lila l'aurait écrit, qui le signe et en récolte l'amère victoire, payée très cher? ou Lila qui sans doute tente de l'écrire en cachette mais ne pardonne pas à son amie de livrer leur vie en pâture au public en trahissant, par des artifices littéraires, l'exigence de vérité et de sincérité qu'elle met dans tout écrit, elle qui n'a pas dépassé les études primaires?
Livre-somme, puissant et bouleversant, La Bambina Perduta resserre et noue les fils épars dans les autres volumes, mais sans artifice, sans forcer le sens: ce qui est sans réponse, le reste, comme dans la vie, ce qui est béant aussi, comme ce Vasto napolitain, avec son sous-sol truffé de galeries mystérieuses, comme la bouche fumante du Vésuve, toujours prête à vomir flammes et laves, ou dans un "terremoto" effrayant, à ébranler le sol ...et nos certitudes!
J'ai ADORE cette saga, entre récit, autobiographie et essai, et je rêve de la relire très vite, dès que tous les volumes seront traduits en français.
Un très grand moment de lecture, et que, pour ma part, j'aurais encore aimé plus long, tant il regorge de personnages bien campés et de trajectoires attachantes, tant il sait rendre sensible le Temps, dans le microcosme d'un "rione" napolitain, au coeur d'une Italie en pleine mutation politique et économique..
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isabellelemest
  28 septembre 2015
Quels romans extraordinaires !
Dans sa saga autobiographique "L'Amica geniale- L'amie prodigieuse" Elena Ferrante couvre toute une vie de femme, celle d'Elena Greco, vue au prisme d'une amitié indéfectible, encore qu'ombrageuse et ambivalente, avec l'amie d'enfance à la forte personnalité, Lila, qui aura marqué tout son parcours dans l'existence.
Les quatre tomes évoquent successivement l'enfance (L'Amica geniale), l'adolescence (Storia del nuovo cognome-Histoire du nouveau patronyme), les débuts dans la vie adulte (Storia di chi fugge e chi resta- Histoire de celle qui part et de celle qui reste), puis de la maturité et de la vieillesse (Storia della bambina perduta- Histoire de la fillette perdue). Ils sont devenus un énorme succès de librairie en Italie mais aussi aux USA. Et ce succès est plus que mérité ! On ne lâche plus ces livres, une fois commencés, on les lit fiévreusement , tant ils sont fascinants.
Dans ce tome, "Histoire de la fillette perdue" nous retrouvons la narratrice Elena en train de se séparer difficilement de son mari pour vivre sa passion avec Nino Sarratore, son amour d'enfance. Mais elle est mère de deux fillettes et la promotion de ses livres, ses voyages à l'étranger, sa vie commune avec Nino sont en conflit avec son amour maternel. Elle décide pourtant de quitter Florence, où travaille son ex-mari, et de s'installer à Naples, mais cette fois dans un quartier résidentiel. Mais elle doit se résigner à partager Nino avec sa famille légitime, car il ne veut pas divorcer. Que sont devenues ses exigences de féministe militante ? C'est aussi l'occasion de revoir Lila et de renouer avec le faubourg populaire de sa naissance. Les liens se resserrent entre les deux amies, qui se trouvent enceintes parallèlement, ce qui va les rapprocher davantage. L'infidélité patente de Nino pousse Elena à la rupture et elle choisit de vivre à nouveau dans le "rione", le quartier pauvre de son enfance dans le même immeuble que Lila. Elles sont devenues plus sereines, et sans doute plus proches que jamais, dans l'affection authentique qu'elles portent à leurs enfants, élevés quasiment en commun. Les amis et relations du rione, militants d'extrême gauche proches des Brigades rouges, ainsi que la famille d'Elena alliée aux notables camorristes du quartier, forment une toile de fond qui est cependant loin d'être paisible... La violence omniprésente menace, malgré l'accoutumance des deux héroïnes à ce milieu, jusqu'au drame évoqué par le titre, qui marquera toute la dernière partie du roman.
Formidable roman sur une vie de femme, prise entre maternité, amours, amitié à vie, rapports complexes avec sa mère, ce dernier tome nous montre que la relation auparavant souvent conflictuelle entre Elena et Lila est malgré tout demeurée vitale, surtout intellectuellement : la narratrice est écrivain, mais son inspiration n'est jamais aussi riche que quand Lila, avec sa brillante intelligence, lui ouvre les yeux, l'aide à réfléchir, à penser. Elles se stimulent mutuellement, même si des zones d'ombre et de non-dit ne sont jamais explorées. Pas de mièvrerie dans cette amitié, mais le choc de deux fortes personnalités complémentaires et différentes, qui restent fortement liées à travers les mille vicissitudes de l'existence. Le drame qui va frapper l'une d'elle, est l'occasion de pages émouvantes et lucides sur les affections, amours, haines et ressentiments qui constituent l'arrière-plan psychologique complexe de ces femmes hors du commun.
Au delà de considérations riches et justes sur la condition féminine, l'amitié, la vie politique et ses illusions, la création littéraire ou l'amour maternel, l'auteur sait manier le suspense avec un art consommé, découpant son récit pourtant chronologique en courts chapitres souvent conclus sur un coup de théâtre, fût-il psychologique.
Chapeau bas pour cette somme remarquable ! Mais ce sont de gros romans et on ne sait quand la saga sera traduite intégralement en français ... Rapidement, il faut l'espérer !
Lu en V.O.
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Citations & extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
michfredmichfred   19 juillet 2016
Ma mère était réduite à presque rien, et pourtant elle avait été vraiment encombrante, elle avait pesé sur moi en me donnant l'impression d'être un ver sous la pierre, à la fois protégé et écrasé.
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isabellelemestisabellelemest   29 septembre 2015
J'eus du mal à accepter la mort de ma mère. Meme si je ne versai pas une larme, j'éprouvai une douleur qui dura longtemps et qui peut-être n'a jamais vraiment disparu. Je l'avais trouvée insensible et vulgaire, je l'avais crainte et fuie. Mais juste après son enterrement, je me sentis comme quand il se met brusquement à pleuvoir, qu'on regarde autour de soi et qu'on ne trouve pas d'endroit où s'abriter.
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isabellelemestisabellelemest   29 septembre 2015
Bien qu'elle nous ait toujours tous dominés et nous ait imposé à tous une façon d'être, sous peine de son ressentiment et de sa fureur, elle ressentait en elle-même come un torrent, et tous ses efforts étaient, tout compte fait, destinés à se maîtriser. Quand, malgré ses calculs et ses plans préventifs sur les personnes et sur les choses, le torrent l'emportait, Lila perdait Lila, le chaos devenait l'unique vérité et elle, si active, si courageuse, s'effaçait terrorisée, elle se réduisait à néant.
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isabellelemestisabellelemest   29 septembre 2015
"Toi, tu as peur de la loi, et les Solara, les camorristes, ont peur de ton livre." "J'ai peur qu'avec leur argent, ils ne me détruisent." " Mais justement, toi, tu dois les atteindre dans leur argent. Écris. Plus tu écris sur leurs saloperies, plus tu nuis à leurs affaires." J'étais déprimée. C'était ce que pensait Lila ? C'était son projet ? Je compris seulement alors clairement qu'elle m'attribuait la force que, fillettes, nous avions attribuée à l'auteur des "Quatre filles du Dr Marsh".
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isabellelemestisabellelemest   29 septembre 2015
Lila ironisa. Naples est aussi dégoûtante qu'avant, et si on ne donne pas une bonne leçon aux monarchistes, aux fascistes et démocrates-chrétiens pour toutes les saloperies qu'ils ont faites, si au contraire on met son mouchoir dessus comme est en train de le faire la gauche, les boutiquiers - elle ricana en prononçant ce mot - reprendront vite le contrôle de la ville, ainsi que la bureaucratie communale, les avocats, les géomètres, les banques et les camorristes.
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Vidéo de Elena Ferrante
https://www.librairiedialogues.fr/livre/10774433-le-cas-malaussene-tome-1-ils-m-ont-menti-daniel-pennac-gallimard Lors de la rencontre avec Daniel Pennac, du 8 février 2017 à la librairie dialogues à Brest, l'auteur nous propose sa sélection de livres coups de c?ur du moment ! À savoir : - L'amie prodigieuse d'Elena Ferrante (Folio) - La petite lumière d'Antonio Moresco (Verdier) - La porte de Magda Szabó (Viviane Hamy) - Les deux pigeons d'Alexandre Postel (Gallimard) - Et j'ai su que ce trésor était pour moi de Jean-Marie Laclavetine (Gallimard)
Entretien mené par Laurence Bellon. Réalisation : Ronan Loup.
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Elena Ferrante est le pseudonyme de Erri De Luca, le véritable auteur des romans.

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