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ISBN : 233010944X
Éditeur : Actes Sud (22/08/2018)

Note moyenne : 3.79/5 (sur 122 notes)
Résumé :
Ce somptueux roman en forme de requiem pour une photographe défunte est aussi l'occasion d'évoquer le nationalisme corse, la violence des guerres modernes et les liens ambigus qu'entretiennent l'image, la photographie, le réel et la mort.
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Critiques, Analyses et Avis (51) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  31 août 2018
Le livre s'ouvre avec un premier chapitre sublime, où la pudeur d'un homme refuse de partager son intimité, dans un monde où pudeur et intimité ont quasiment disparu. Un début qui m'a émue, et m'a donnée plein d'espoirs pour la suite, n'étant pas un fan de Ferrari.
Antonia, jeune femme corse, est photographe. Elle n'a que trente-huit ans quand elle disparaît au détour d'un virage, suite à une nuit blanche. Une mort prématurée qui “constitue toujours, et d'autant plus qu'elle est soudaine, un scandale aux redoutables pouvoirs de séduction.”
Le temps de ses funérailles, Ferrari remonte le temps, à travers des épisodes de la vie de la jeune femme, se servant de sa relation à la photo, pour en faire une profonde méditation sur l'image.
Il part du lien intime qui unit dès l'origine la photographie à la mort......
Des actes brutalement arrachés à la sphère de l'intime pour être exposés en pleine lumière,
Où commence le viol de la sphère intime, l'indécence, l'obscénité ?
“des photos des cadavres, des porcs, des traînées de sang dans la neige.......ils aiment ça, ils adorent ça, tous, et moi aussi.”
Un témoignage nécessaire pour lutter contre « le silence et l'oubli »?....
“Il est encore là quand on vient décrocher les corps pour les entasser sur une charrette, il prend des photos qui ressemblent à des tableaux religieux, des pietà, des descentes de croix.... ”,
L'incarnation de la mort en personne, suspendant le temps,
“Sur les photographies, les vivants mêmes sont transformés en cadavres parce qu'à chaque fois que se déclenche l'obturateur, la mort est déjà passée.”,
L'occasion pour conserver les souvenirs de notre passé, en bien et en mal ,
“....curieusement, les hommes aiment à conserver le souvenir émouvant de leurs crimes, comme de leurs noces, de la naissance de leurs enfants ou de tout autre moment notable de leur vie, avec la même innocence. L'idée qu'ils portent ainsi contre eux-mêmes le plus accablant des témoignages, ne les effleure apparemment pas “,
La mesure de sa puissance bien au-delà de l'Art,
“À Corfou, à la fin du mois de décembre 1915......... il n'a pas seulement pris la photo d'un soldat famélique à l'agonie mais qu'il a capté une fois pour toutes, en une seule image saisissante, le visage du siècle.”,
Pour en arriver, “à Son image “, l'impossible représentation de l'idée de Dieu,....

La mort, la photo, la Corse, le FLNC, et la religion chrétienne sont les ingrédients de ce court roman, qui soulignent l'absurdité de la Vie. Traversant à vol d'oiseau l'histoire du XX iéme siècle, la photo, fil rouge du récit, valide « une mise en scène qui n'a rien à voir avec la réalité mais n'existe que dans l'attente de sa transformation en images. ». Elle souffre « toujours d'un excès ou d'un déficit de signification. »
Les livres de Ferrari m'attirent, par leur sujet et par leur côté qui me défie par les réflexions qu'ils suscitent. Là je suis comblée, et remercie Merik , dont le billet m'a poussée à renouer avec Ferrari, dont je n'avais pas eu l'envie de lire les deux avant-derniers livres.
“.....car Dieu a fait l'homme à Son image......les images sont une porte ouverte sur l'éternité. Mais la photographie ne dit rien de l'éternité, elle se complaît dans l'éphémère, atteste de l'irréversible et renvoie tout au néant.”
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palamede
  15 octobre 2018
Antonia ne croyait pas en Dieu, mais son oncle, qui lui avait offert son premier appareil photo, en célébrant la messe des morts peut pleurer et espérer qu'elle est auprès du Seigneur. A la lumière de photographies, associées à chaque moment de la liturgie de la messe de requiem pour la jeune photographe corse morte accidentellement, se dévoile « ...le lien intime unissant la photographie à la mort ». Un sujet dont Antonia est souvent le lien charnel.
En 1983, Antonia photographie les flammes qui menacent de ravager le village de ses parents et la peur des habitants. Bien avant en 1911, pour un journal Italien Gaston C. photographie à Tripoli des corps suppliciés et des pendaisons qui l'impressionnent mais lui font sentir à quel point il est vivant. A la même époque dans Les Balkans, Rista M. photographie la guerre et les supplices. Quand Antonia est devenue photographe professionnelle, en 1984, réduite à photographier des joueurs de pétanque, elle fait pour elle des photos des morts de la lutte armée des indépendantistes corses. Des jeunes gens à qui elle trouve un manque de crédibilité, bien que proches d'eux et maîtresse d'un des leurs. Et puis comme « Il est des appels auxquels on ne peut que répondre » Antonia part, contre l'avis de sa famille, photographier la guerre en Yougoslavie. Elle ne développera jamais les photos : impossibles à regarder.

Ces épisodes présentés sans chronologie, qui ont pour point commun la photographie et la mort, sont autant de prétextes pour une réflexion sur la foi, sur le nationalisme corse, sur le rôle de la photographie dans les guerres. Avec ce livre remarquable tant dans la forme que dans le fond, une manière pour Jérôme Ferrari de nous pousser à réfléchir sur l'image du réel à laquelle on s'attache, en réalité un instantané déjà dépassé au moment où il est fixé : ... « Sur les photographies, les vivants mêmes sont transformés en cadavres parce qu'à chaque fois que se déclenche l'obturateur, la mort est déjà passée. » Une image de la mort, quand il s'agit des guerres, souvent manipulée, tout aussi incapable de dire leur atroce réalité, de nous faire réfléchir pour qu'elles cessent : « la photographie ne dit rien de l'éternité, elle se complaît dans l'éphémère, atteste de l'irréversible et renvoie tout au néant. »
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Merik
  25 août 2018
« À son image » renvoie celle d'un monde désespérément noir et plombé, porté par la beauté d'une plume majestueuse, adepte de longues phrases comme des salves de mots incessantes.
L'on y entre sur les pas d'Antonia la photographe corse qui sort d'un reportage de mariage pour n'en plus revenir, un banal et stupide accident de voiture et de falaise au bout d'une nuit blanche. C'est son oncle et parrain qui officiera la messe de son enterrement, point d'ancrage final du récit dans une narration qui semble débridée mais ne perd pas le lecteur, à base de retours en flash-back (et d'avancées en contre flash-back). Un parrain devenu prêtre sur le tard, très proche d'Antonia au cours de sa vie, qui a initié sa passion pour la photographie en lui offrant son premier appareil pour ses 14 ans. Jeune adulte elle sera photographe insatisfaite d'être cantonnée à un rôle d'observatrice du quotidien corse, amoureuse insatisfaite de voir son double dans ce nationaliste corse manquant d'envergure en dehors de leur village natal. Elle rêvera d'aller voir ailleurs, de liberté, de Yougoslavie.
Les éléments se mettent en place naturellement dans un puzzle où se mêle tout à la fois photographie de guerre et de quotidien, guerre de scission entre nationalistes corses du FLNC, mais aussi guerre en Yougoslavie, ou religion.
« À son image » semble questionner la photographie dans son rapport à la vie et à la mort : «Sur les photographies, les vivants mêmes sont transformés en cadavres parce qu'à chaque fois que se déclenche l'obturateur, la mort est déjà passée.». Les bios de deux photographes méconnus du début du siècle dernier (Gaston Chéreau et Rista Marjanovic) - « ou plutôt leur contreparties fictives », surgissent dans la narration et élargissent le propos à l'image de guerre : « Car en 1969, il ne peut plus ignorer que ce jour-là, sous la tente d'un hôpital de campagne, au bord du cimetière bleu de la Méditerranée, il n'a pas seulement pris la photo d'un soldat famélique à l'agonie (en 1915) mais qu'il a capté une fois pour toutes, en une seule image saisissante, le visage du siècle. ». Une vision générale sur le monde et ses guerres (et en filigrane l'impact de l'image de guerre), qui m'a semblé pessimiste, limite aquoiboniste. On pourrait y objecter que selon certains (dont Harrari), il y a tout de même de moins en moins de guerres dans le monde.
« Le parrain d'Antonia faisait le tour du cercueil, l'encensoir à la main, en pensant que jamais plus il ne voulait porter en terre quelqu'un qu'il avait connu enfant. S'il restait ici, il lui faudrait pourtant le faire à nouveau. Car rien ne changeait, rien ne cessait, rien ne commençait.»
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Lolokili
  26 octobre 2018
Décidément cet auteur me fascine. Comment peut-on concevoir des phrases aussi longues et en même temps aussi précises, évocatrices et limpides ? Avec Ferrari j'ai l'impression d'avoir tout compris (Jéjé, je vous ai trouvé un slogan, c'est cadeau).

La construction de cette nouvelle oeuvre est tout aussi remarquable. Ancré sur une scène au présent – les obsèques religieuses d'Antonia, jeune photographe d'origine corse – le récit se fragmente en autant de chapitres que d'étapes liturgiques, chacune associée à une photo renvoyant elle-même à certains épisodes significatifs de l'existence d'Antonia.

Ça a l'air touffu comme ça mais chez Ferrari ça roule tout seul, et comme dans son "Sermon sur la chute de Rome", l'intrigue, prenante au demeurant, suscite également d'universelles et captivantes réflexions quant à l'ambivalente fragilité de l'Homme.

Et puis il y a la photographie et son rapport à la mort, l'engagement spirituel ou la lutte nationaliste, des thèmes en parallèle qui transcendent autant de pistes de méditation riches et pertinentes.
Je m'étais promis de faire court. Donc en résumé c'était mon deuxième Ferrari. Et certainement pas le dernier car autant l'avouer, je vous kiffe grave Jéjé.

Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
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fanfanouche24
  03 octobre 2018
"Il avait travaillé pour le journal pendant une trentaine d'années et s'était résigné depuis bien longtemps à ne rien attendre de son métier.
Mais tous les week-ends, il sillonnait l'île à la recherche de bergeries abandonnées, il en avait photographié des centaines, les murs de granite, les murs de schiste, les murs de craie recouverts de ronces, les toits effrontés, le long de chemins dont personne ne se rappelait l'existence, il voulait en faire un livre, il cherchait un éditeur, et Antonia ne comprenait pas qu'on pût ainsi s'infliger de longues randonnées en montagne pour photographier des tas de pierres abandonnées dans des lieux sombres et désolés mais quand il lui montra son travail, elle fut frappée par la puissance esthétique émanant de ce minutieux inventaire de la ruine qui ne parlait ni du passé ni de la nature mais seulement de l'inéluctable défaite des hommes. "(p. 72-73)
Les univers romanesques de Jérôme Ferrari sont denses, mêlant le plus sombre de la condition humaine, comme ses fulgurances flamboyantes... J'ai débuté mon ressenti de lecture par un extrait qui me tient à coeur... et le dernier ensemble de mots serait, ...pourrait être un concentré de la voix de cet écrivain corse : "L'inéluctable défaite des hommes ..."
Le pitch a déjà été fait : une jeune photographe , Antonia trouve la mort dans un accident de voiture... Décès si prématuré, et révoltant... Son parrain, le prêtre du village, est pressé par sa soeur [mère d'Antonia] de célébrer la messe funéraire... Il aimerait tant être déchargé de sa fonction, pour n'être plus que le tonton et le parrain de sa nièce , Antonia, qu'il adorait, et à qui, il a offert, pour ses 14 ans, au grand dam des parents, son premier appareil photographique...
Le récit se fait à plusieurs niveaux passant du tout début du 20e aux années 80...avec en alternance cette messe d'enterrement où le parrain se souvient des moments avec sa nièce, leur affection , puis sa rebellion, sa colère contre le Dieu de son parrain qui ne soulage pas la douleur des Hommes...d'autres personnages, lors de cet office des défunts, se souviennent d'Antonia, de sa personnalité, de ses amours, de ses coups de gueule... et en noyau central, cette passion de la photographie, des images : tour à tour esthétiques, poétiques ou toxiques, montrant l'insupportable....
J'ai le sentiment que l'auteur prête sa voix aux deux personnages centraux: Antonia, cette jeune photographe, dans la douleur et les questionnements quant à son métier de photographe [ surtout après le choc de son séjour, pendant la guerre de Yougoslavie, d'où elle ne rapportera aucun cliché !]. Jeune femme déchirée, entre son attachement à un militant nationaliste, et les horreurs de la guerre , hors de son île... dont on assiste par personnages interposés à ses obsèques ! et le deuxième personnage, son parrain et prêtre qui doit assurer cet office des défunts... A travers cet oncle-parrain-prêtre, on fait connaissance avec la courte vie d'Antonia mais aussi avec les rituels religieux, les questions de la foi, du mal dans l'histoire des Hommes...
Une lecture dense, d'une indéniable qualité et originalité, mais pour des raisons qui me restent très
obscures, je reste à la lisière... de l'univers de Jérôme Ferrari...ne parviens pas à m'y immerger totalement , comme je le souhaiterai!
J'ai souvent la sensation de ne ! pas saisir toute la complexité et les ramifications de ses écrits... Ainsi
je me suis replongée dans l'entretien très éclairant de l'écrivain dans le numéro de LIRE de septembre 2018.
Reste un moment de lecture aussi bouleversant, que dérangeant, mais aussi à l'image des polyphonies corses: Sombres, poignantes, musique , voix chavirantes....et philosophie de vie , identité d'une terre...etc.
Je pense que dans un temps futur, je relirai ce roman mêlant à la fois la littérature et la philosophie et tant d'autres choses...!
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*******Je me permets une parenthèse : dans l'interview de Jérôme Ferrari, dans le LIRE de septembre 2018...
il exprime , entre autres questions, ses sentiments et sa posture vis à vis de la religion ...
" Quel rapport entretenez-vous avec la religion ?
-J.F. Je n'ai pas du tout aimé le catéchisme, je trouvais ça niais. (...) En revanche, j'ai toujours apprécié le rituel- j'ai dû être enfant de choeur au village deux ou trois fois-et j'adorais sonner les cloches ! J'ai découvert les textes en latin-qui, eux, ne sont pas du tout niais- par le chant corse.
Ils sont sublimes. Je dois dire que s'il y a bien une chose magnifique en Corse, ce sont les différentes messes chantées en polyphonie. Même si, pour moi, ça ne s'accompagne pas de la foi, elles provoquent quelque chose de très profond.
- A Son image met en scène une messe de funérailles. Que représente pour vous le rituel de la messe ?
-J.F. En Corse, il s'agit encore d'une affaire sociale. Tout le monde se retrouve dans un événement qui dépasse le cercle familial. Dans les moments de deuil, la société nous rappelle que la cérémonie n'est pas réservée aux proches. En même temps, c'est l'aspect le plus rituel et
collectif des chants qui dit le mieux la peine personnelle. " (p. 43)
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critiques presse (10)
LeFigaro   07 septembre 2018
Rythmé par la liturgie catholique des obsèques, le nouveau roman de Jérôme Ferrari mêle le destin d'une femme libre, une ­chronique de la Corse et l'intemporel des ­paroles sacrées.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Bibliobs   05 septembre 2018
En racontant les funérailles d'une jeune femme, le Goncourt 2012 signe un beau roman sur la Corse, la photo et la violence.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LaCroix   31 août 2018
À travers l’histoire d’une photographe corse, Jérôme Ferrari dresse un tableau aigu de l’obscénité des guerres fratricides devant l’Éternel.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LeDevoir   29 août 2018
Le nouveau roman de Jérôme Ferrari, À son image, plonge le lecteur dans l’ambiguïté de la photographie, le confrontant à l’arme à deux tranchants des images, qui, tout en conscientisant le public, risquent aussi, à la longue, de l’immuniser contre la laideur du monde.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
Actualitte   27 août 2018
A son image est aussi sombre que riche. Pas de faux-semblant. Pas de flagorneries. La complaisance est exclue. Ne pas s'attendre à flâner rêveusement dans les tendres villages corses.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Bibliobs   24 août 2018
Le Goncourt 2012 crée le personnage troublant d'une femme happée par la passion de l'image. La photo, à la source de son émancipation (de sa famille, de son île corse, d'un amant nationaliste), va l'entraîner vers la guerre en Yougoslavie. Lumineux et crépusculaire.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Telerama   24 août 2018
Photographe, Antonia immortalisait le monde, tragique ou heureux. Après sa mort, les siens sont démunis. Une fiction mystique et politique.
Lire la critique sur le site : Telerama
LeMonde   23 août 2018
Avec « A son image », l’histoire d’une photoreporter corse, le Prix Goncourt 2012 porte un regard tendre et sardonique sur la faiblesse humaine. Somptueux.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Lexpress   22 août 2018
Jérôme Ferrari happe au plus près des branle-bas émotionnels le basculement des êtres, quand les certitudes s'effondrent et qu'apparaît une vérité longtemps guettée. Chaque révélation en appelle une autre et d'autres encore, dans un bouillonnement envoûtant.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Culturebox   22 août 2018
"A son image" (Actes Sud) est une oraison funèbre à la mémoire d'Antonia, ancienne photographe de guerre morte à 38 ans sur une route corse. Un des grands livres de cette rentrée, qui s'interroge, avec virtuosité, sur l'impuissance des images à changer nos vies.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (77) Voir plus Ajouter une citation
chocoladdictchocoladdict   12 novembre 2018


« revoir aussi tout ce qui, grâce à elle, existait encore au moins sous forme d’images qu’il accrochait aux murs de sa cellule ».
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FuyatingFuyating   30 octobre 2018
Ils n'espéraient rien, ne regrettaient rien, ils étaient admirables dans l'échec, bien plus qu'ils l'eussent été si l'opération avait réussi et que, personne, jamais n'avait pu voir leurs visages. Il n'y avait pas de supercherie, pas de mise en scène mais seulement la puissance de la vérité.
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LolokiliLolokili   24 octobre 2018
Dans la prière que le Christ lui-même a enseignée aux apôtres, il est dit « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ». La phrase grecque originale que conserve le texte de la liturgie en latin, devrait pourtant être traduite ainsi : « Remets-nous nos dettes comme nous les remettons aussi à nos débiteurs ». Cette distorsion flagrante s’explique peut-être par la répugnance que nous inspire l’image d’un Dieu se livrant à de sordides calculs de comptabilité. C’est au fond sans importance. Car les hommes qui récitent cette prière traitent les offenses comme les dettes : ils ne remettent pas plus les unes qu’ils ne pardonnent les autres. Au moment où Antonia discutait avec Pascal, les deux camps du mouvement nationaliste inscrivaient scrupuleusement dans leurs livres de compte chaque offense, chaque manquement, chaque parole insultante, chaque menace qui tous attendaient d’être remboursés plus tard, avec les intérêts afférents, en monnaie de sang.
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fanfanouche24fanfanouche24   27 septembre 2018
" Quel rapport entretenez-vous avec la religion ?

-J.F. Je n'ai pas du tout aimé le catéchisme, je trouvais ça niais. (...) En revanche, j'ai toujours apprécié le rituel- j'ai dû être enfant de choeur au village deux ou trois fois-et j'adorais sonner les cloches ! J'ai découvert les textes en latin-qui, eux, ne sont pas du tout niais- par le chant corse.
Ils sont sublimes. Je dois dire que s'il y a bien une chose magnifique en Corse, ce sont les différentes messes chantées en polyphonie. Même si, pour moi, ça ne s'accompagne pas de la foi, elles provoquent quelque chose de très profond.

- A Son image met en scène une messe de funérailles. Que représente pour vous le rituel de la messe ?

-J.F. En Corse, il s'agit encore d'une affaire sociale. Tout le monde se retrouve dans un événement qui dépasse le cercle familial. Dans les moments de deuil, la société nous rappelle que la cérémonie n'est pas réservée aux proches. En même temps, c'est l'aspect le plus rituel et
collectif des chants qui dit le mieux la peine personnelle. " (p. 43)

Interview de Jérôme Ferrari par Baptiste Liger [ cf. Lire- n° 468- septembre 2018]
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fanfanouche24fanfanouche24   26 septembre 2018
Interview avec Baptiste Liger - Lire n°468- septembre 2018

Enfin , le café est un lieu très récurrent dans votre oeuvre. Pourquoi ?

J.F. Je vais vous étonner : j'adore les bars ! En Corse, ils rassemblent les habitants. A cause de la particularité sociale liée à l'île, on se retrouve dans un endroit minuscule dans lequel non seulement tous les villageois sont réunis, mais aussi les touristes. On découvre alors une variété sociologique que, personnellement, je n'ai jamais vue ailleurs. Un berger peut boire avec un mec qui sort de taule et un agrégé de lettres classiques. Leur point commun est qu'ils vivent tous dans le même patelin. (...) Une unité de lieu formant un concentré de la société, qui est tout à fait réel. Difficile de rêver mieux pour un écrivain. (p. 45)
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Interview de Jérôme Ferrari pour "A son image".
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